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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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19.04.2008
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Bienvenue chez les ch'barbares : DOOMSDAY

Posté le 19.04.2008 par houseofgeeks
Comment parvenir à amalgamer des méga-hits des années 80 à des succès plus récents sans tomber dans la déférence stérile et l’hommage vain ? Un vrai travail de funambule dont Neil Marshall s’acquitte avec talent et enthousiasme.

Lecture d’affiche
Une position d’équilibriste parfaitement illustrée par une promo française ne sachant comment se positionner pour vendre le film. Entre deux explosions en arrière-plan pour signifier que l’on est dans un film d’action et la posture de Ronha Mitra calquée sur celle de Kate Beckinsale pour Underworld, l’affiche française n’est pas franchement explicite. Voire carrément à côté de la plaque comparée au film lui-même et surtout à l’affiche anglaise, sobre et efficace.

Entre remakes et revival des violentes seventies, il semblait inévitable d’assister à un retour d’un cinéma estampillé eighties. Question de mode. Sauf qu’avec le réalisateur du jusqu’au boutiste et tétanisant The Descent, on était en droit d’attendre plus qu’un simple empilage de références. Plutôt que de porter un regard rétrospectif et personnel (comme le fit si bien Tarantino et son Boulevard de la mort) sur un cinéma de la surenchère et du retour à l’ordre viril, Marshall se contente de compiler de façon linéaire des morceaux de bravoures parsemant ses films préférés. Dommage, mais ne boudons pas notre plaisir pour autant, Doomsday reste parfaitement fréquentable, une série B jouissive où la nostalgie le dispute à un amour sincère de cette décennie azimutée.

…façon puzzle.
Neil Marshall l’a toujours ouvertement clamé, son film emprunterait sans aucune équivoque aux films post-nuke italiens, Mad Max 2 et surtout New-York 1997 de John Carpenter. Doomsday étant clairement construit de la même manière que les premières aventures de Snake Plisken. Cette fois-ci, l’enjeu étant la survie de la population de Londres prise en tenaille entre un gouvernement prêt à tous les sacrifices et le reaper-virus ayant ravagé l’Ecosse, territoire désormais en quarantaine permanente.
Comme dans 28 semaines plus tard, l’apocalypse est d’ordre bactériologique. Une référence à l’origine d’une première séquence hallucinante où les soldats de sa glorieuse majesté sont contraints de tirer sur la population civile pour contenir tout risque d’infection. La mort à l’arrivée pour des écossais dont le choix se résume entre mourir dans d’atroces souffrances ou en tentant de passer le mur.
Un tir de barrage qui coûte un œil à une gamine qui 27 ans plus tard deviendra la major Eden Sinclair. Pas de fioritures, elle nous est présentée sans ambages comme un Plisken-like, bad-ass attitude et bandeau sur l’œil compris. Sauf que se serait un Snake qui aurait perdu son venin, Sinclair officiant du côté des forces de l’ordre.
Et plutôt que de se contenter d’activer une jouissance purement cinéphilique, Marhall s’en démarque instantanément en lui conférant une empathie absente chez le maverick interprété par Kurt Russell et la dotant d’un œil-caméra. Un détail aussi amusant que pertinent.
En optant tout le métrage pour une relecture subordonnée à son intrigue (certes simpliste et linéaire), Marshall évite le simple jeu puéril des citations. On peut en dresser la liste complète mais là n’est pas l’essentiel. Nous sommes en terrain connu et pourtant différent. Les seuls clins-d’oeil ouvertement explicites et parasites étant le fait de dialogues faisant référence à l’arche d’alliance ou à 2 personnages empruntant les patronymes de 2 réalisateurs.

Retour vers le futur
A mesure que la troupe emmenée par la major Sinclair progresse dans sa mission, elle recule pourtant mais dans le temps. C’est un même un voyage dans un temps cinéphilique.
A l’intérieur du mur, Londres est donc régie par l’action de 28 semaines plus tard, passé le mur ils tombent dans une embuscade dégénérant en affrontement digne de Aliens pour être fait prisonniers par une horde de guerriers du Bronx ou de la nuit au look hirsute tout droit sortis de Mad Max 2. En fin, au sortir d’un passage sous la montagne, ils débarquent en plein moyen-âge. Et malgré un retour à un mode de vie féodal, les barbares ne sont pas forcément là où l’on pense. Le gouvernement anglais préconisant de sacrifier la population de Londres moins pour enrayer l’épidémie qu’à des fins politiques. Comme le dit Eden, « Same shit, different times »
Et comme beaucoup d’actioner contemporain, on décèle une influence certaine de La vengeance dans la peau lorsqu’il s’agit de filmer les corps à corps et les poursuites en véhicules. Si comme dans le film de Greengrass l’échapée finale est plombée par une bouillie filmique digne de Mickael Bay (l’affrontement dans l’habitacle entre Eden et Sol est incompréhensible), Marshall et Mac Ritchie privilégie le surdécoupage au hand-shaking lors des combats rapprochés. Un montage ultra-cut qui en supprimant des plans intermédiaires parvient à renforcer l’impact visuel des coups portés. C’est notamment frappant lorsque Sinclair lutte contre un mastodonte en armure.

La déception de certains est parfaitement compréhensible après le choc The descent. Un film qui bénéficiait d’un superbe travail de caractérisation des personnages quand les seconds couteaux de Doomsday sont trop archétypaux et Sol à la limite de la caricature.
Malgré tout, Doomsday reste un sacré bon film. Aussi énergisant que sa bande-son tonitruante, son intérêt est dédoublé par la quête personnelle du major Eden Sinclair qui finira pas retrouver un foyer, mais pas maternel.

No country for old men : l'apocalypse selon saint-Coen !

Posté le 06.04.2008 par houseofgeeks
Depuis The big Lebowsky, les frères Cohen ont livrés des films en demi-teintes. A croire que la fainéantise de The Dude les avait contaminés. Un film réalisé par leurs soins sera toujours au-dessus de la moyenne mais après nous avoir habitués à tant d’excellence, leur cycle « comédies » (O’Brother, Intolérable cruauté, Ladykillers) nous laissait sur notre faim. Alors quand la nouvelle d’un retour à leurs sources d’inspiration fondatrices (Texas, polar et film noir) se fit entendre, les cinéphiles commençaient à trépigner d’espoir. Pas de promo ou de buzz retentissants, seulement la promesse de revoir un vrai bon film des frères Cohen. Et indépendamment des oscars glanés, No country for old men se pose clairement en candidat au titre de meilleur film de l’année, tout simplement. Surtout, il s’impose comme l’égal de ce que je considère comme leur chef d’œuvre absolu, Barton Fink, soit une œuvre aussi riche thématiquement qu’elle parle au cœur des spectateurs. Autrement dit, une bonne petite claque dans votre gueule.

Comme tout bon film des frères Cohen, No Country…est inclassable, aussi atypique que beau. Road-movie à deux à l’heure, film d’action contemplatif, polar sous sédatifs, film noir, western crépusculaire digne de bloody Sam (Peckinpah), il est tout cela et bien plus encore. Et si vous vous obstinez vraiment à ne concevoir le cinéma que par catégories bien définies, alors rangez le dans le compartiment chef-d’œuvre du 7 ème art.

Back to the bases
Adaptation d’un roman de Cormac McCarthy, No country for old men conte l’histoire de Llewelyn Moss (Josh Brolin), cow-boy sans le sou qui s’empare sur les lieux d’un règlement de comptes en plein désert texan, d’une valise remplie de fric. Seulement le tueur chargé de la récupérer, Anton Chigurh (immense Javier Bardem) se lance à ses trousses. Et au milieu des cadavres qui vont bien vite s’amonceler, le shérif local Ed Tom Bell (Tommy Lee Jones impérial comme souvent), trône, complètement dépassé par les évènements. L’occasion pour lui de philosopher sur sa place dans ce monde qu’il ne reconnaît plus.

Tout commença pour les Cohen au Texas avec leur 1er film Blood simple, entre cagnard de plomb, motels, néons, grands espaces et un récit d’une truculente noirceur, et tout semble y finir. Lorgnant intensément vers cette œuvre séminale où les immenses paysages désertiques se font les vecteurs d’un climat oppressant et d’une menace sourde. Jouant de la même ironie mordante, No country… voit Josh Brolin s’enfoncer dans les emmerdes à mesure qu’il tente de tout arranger. Ce qui nous renvoie également à Fargo, dont No country… emprunte la lenteur et la difficulté des déplacements qui deviennent constitutifs du récit.
Un film qui peut se voir comme un hommage à Sergio Leone. Que ce soit l’insistance sur les regards, l’absence de musique qui renforce le moindre son comme ce crissement de pas sur le sol rocailleux, cette façon de jouer sur la temporalité en étirant les séquences, tout concourt à faire monter la tension, rendant les explosions de violence d’autant plus impressionnantes.
Une célébration de l’Amérique, de ces espaces arides et beaux à couper le souffle comme de ses mythes fondateurs (la liberté, la conquête, la frontière).

Jouant des ellipses à merveille (du massacre final nous n’en verrons que le résultat, le sang répandu et les cadavres), No country… tout entier s’appréhende et se raconte par bribes. Au spectateur d’essayer de combler les trous s’il en a l’envie. Une formidable invitation à l’imagination et à la réflexion.
De même nous ne saurons pas grand-chose de l’origine du tueur, de ses réelles motivations, tout juste voyons-nous son mode opératoire et qu’il est impitoyable. Il en va de même du passé de Llewelyn, nous n’en apprendrons que ce qu’en savent les autres personnages. Frustrant peut être, mais le film en est d’autant plus captivant.
Seventies versus eighties

L’action du film se situe à la frontière américano-mexicaine. Mais outre cette frontière géographique, No country… développe plusieurs régimes de narration à la lisière d’un autre. Tout comme la frontière entre les vivants et les morts est ténue et tient à la face d’une pièce. Celle lancée par le tueur qui joue la vie des autres sur un lancer. Et la porosité de cette frontière entre plusieurs états, physiques comme psychologiques, malmène et réarticule ce récit.
Un récit à la force tranquille qui prend son temps. Et en cette ère de caméra frénétique et de décadrages azimutés, ça repose. De ruptures de ton - l’humour noir et à froid des Cohen n’a jamais été aussi présent et prégnant – en digressions, le film se développe calmement en circonvolutions autour de son axe narratif principal.
Or donc, la chasse sanglante de ce psycopathe au pistolet à air comprimé sert de fil rouge. Une bonne partie du film du moins car il va s’en détourner pour s’intéresser au sheriff Bell qui suit tout cela d’assez loin. Peu à peu le film se recentre sur celui dont on entendait la voix-off en début de métrage. Et le massacre avorté à l’écran le figure remarquablement puisqu’on le découvre par les yeux de ce vieil homme au seuil de sa vie professionnelle et qui s’interroge sur son devenir et sa place. Un questionnement que la mæstria des Cohen illustre magistralement dans cette confrontation finalement différée entre le tueur et le sheriff. Présents sur le même lieu, le motel, mais toujours séparés. Par une porte, un placard, une cloison et bien plus encore par le montage. Une séquence qui ne les montre jamais dans le même plan puisque ceux-ci n’appartiennent tout bonnement pas au même monde et encore moins à la même époque. Ou plus prosaïquement au même espace-temps.
No country… S’interroge en creux sur la place d’un cinéma dit classique (centré sur les personnages, prenant le soin et le temps de construire ses plans) à l’ère contemporaine et du numérique. Et le choix de Tommy Lee Jones n’est pas du tout innocent. De la même génération que le grand Clint, son 3 enterrements est un digne successeur et prolongement à ce cinéma dénué d’effets tapageurs et branchouilles et qui s’évertue à raconter une histoire. Que le personnage de Jones questionne son avenir prend ainsi une toute autre dimension.
Et la mise en abyme ne s’arrête pas là.

Car No country…, dont l’action se situe en 1980, raconte finalement la mort du cinoche estampillé seventies, exécuté par celui de la génération suivante, les 80’s.
Javier Bardem interprète cet ange exterminateur qui liquide ainsi les dernières traces d’un cinéma vieillissant. D’origine inconnue, il apparaît à chaque fois comme surgi de nulle part. Sa nature tangible est carrément remise en cause lorsqu’une de ses futures victimes l’interroge s’il va mourir et celui-ci de lui répondre que oui, si il le voit.
Mieux, son inexpressivité, son allure renvoient directement au Terminator, icône emblématique des glorieuses eighties. Tout comme sa détermination, sa capacité à résister à tout dommage physique bien sûr. Et en lui offrant des plans signatures (rechercher dans le bottin l’adresse de sa proie, soigner une blessure à vif), les Cohen affirment un peu plus cette proposition.
Et alors qu’en fin de métrage il est percuté par une voiture, il achète la chemise du jeune garçon accouru l’aider, afin de s’en faire un bandage. Sur fond de coucher de soleil, celui-ci accepte l’argent. Un geste, un plan qui entérine la propagation du cynisme et de l’argent facile et donc signe définitivement l’arrêt de mort des seventies. Un fric qui aura donc commencé à tout gangrener par le biais de cette valise remplie de dollars et entraînant l’incapacité de nombreux protagonistes, et particulièrement Lleweyn Moss, à communiquer autrement qu’en proposant des billets.
Le film aurait très bien pu se terminer sur cette image de Chigurh s’éloignant vers un horizon rougeoyant. Mais les Cohen ont estimé qu’il y a encore de la place pour un cinéma sans doute considéré aujourd’hui comme suranné et concluent comme ils ont commencé, par la voix de Tommy Lee Jones.

Une fois encore, un film des frères Cohen qui peut s’apprécier à divers niveaux de lecture. Mais dont le principal atout est qu’il demeure un fantastique spectacle aussi intense que mélancolique.

The Besson supremacy

Posté le 29.03.2008 par houseofgeeks
La méthode Besson (un peu comme celle de Cauet) a ceci de particulier qu’elle amalgame les clichés les plus putassiers et une narration bas du front aux plus gros succès du moment. C’est un peu notre Menahem Golan (la mythique et défunte Cannon) ou Avi Lerner (Nu Image/Millenium) à nous.


Le dernier né de sa boîte de production Europacorp, bien que tentant de relever le niveau, ne faillit pas à la règle.
Honni, vilipendé par nombre de cinéphiles et critiques, la méthode reste pourtant la même et attire toujours un nombre conséquent de spectateurs. Après tout, s’ils en redemandent, Besson aurait tort de se priver.
C’est à la fois regrettable (un nivellement par le bas s’accentuant dangereusement) et réjouissant. Car pour 4 taxi et 1 yamakasi, Europacorp aura distribué Bang Rajan ou Ong Bak (certes agrémenté d’un insupportable rap) ou produit Haute-tension et les 3 enterrements de Tommy Lee Jones. Surtout, l’argent ramassé par ses œuvres très grand public aura permis à Besson de lancer de jeunes réalisateurs. Cela aurait été dommage de passer à côté de Xavier Gens (aussi imparfaits soient-ils, Hitman et plus encore Frontière(s) sont formellement enthousiasmants) et surtout Alexandre Aja.
Alors relativisons avant de hurler, tel un Jean-Pierre Koffe conditionné par Pavlov, « C’est de la merde ! », dès la connaissance de la participation d’Europacorp dans une production.

Avec Taken, Pierre Morel (Banlieue 13, produit par qui vous savez), s’il ne parvient jamais à s’affranchir de la tutelle envahissante de son producteur-scénariste, sans doute conscient qu’il aurait du mal à exister hors du giron protecteur, se borne à illustrer plutôt efficacement une intrigue au concept limité : faire de Liam Neeson, non pas un Punisher-like mais un vigilante digne du Bronson d’Un justicier dans la ville. Mais au final, on est plus proche d’un succédané de notre saumon-agile préféré, Monsieur Steven Seagal. Clés de bras et brisage de nuques compris.

Un justicier américain à Paris
Seulement, afin sinon de légitimer du moins justifier des débordements réactionnaires voire ultra sécuritaires, le film lance Bryan, ancien agent secret américain, sur les traces d’un gang albanais ayant enlevé sa fille chérie. Le thème de la traite des blanches servant de caution morale reste cantonné à un contexte « exotique ».
Le genre du « vigilante-movie » a ceci de particuliers que les pauvres hères basculant du côté obscur de la vengeance le font suite à un drame les ayant anéanti psychologiquement et moralement. Pas de traumatisme fondateur ici, Bryan (Liam Neeson) gagne un regain d’intérêt parce qu’il a la violence dans le sang, il a été formé pour tuer. Mieux, chez lui c’est une seconde nature. Comme John Rambo. Sauf qu’ici, pas de débordement hardcore comme chez Stallone qui a eu l’honnêteté de débarrasser son alter ego de tous oripeaux moraux.
Le problème est que souvent chez Besson, il n’y a aucune remise en cause à attendre de ses « héros ».
Et Morel épouse à merveille cette conception binaire en opposant à la bulle luxueuse dans laquelle vit la jeune nymphe (Maggie Grace) un monde réel où règnent le danger permanent et la corruption.
Et afin d’illustrer tout ça, le film emprunte une esthétique que l’on croirait issue des seventies (ambiance froide et monochrome, paranoïa latente) mais qui doit en fait tout au dernier succès en date en terme d’action, le surestimé et désormais incontournable La vengeance dans la peau. Poursuites en voitures et affrontements rapprochés illisibles à l’appui. C’est tellement plus aisé de masquer ses carences ainsi que de tenter de reproduire la gestion de l’espace et le découpage des séquences à la gare et sur les toits de Tanger du film de Paul Greengrass.

Comme on dit, mieux vaut pécher par excès…
Là où Taken se distingue de ses illustres aînés (le diptyque Le transporteur, Banlieue 13 ou la saga Taxi), c’est qu’il se permet d’aller encore plus loin en terme de caractérisation débile (la fifille qui pleure toutes les larmes de son corps lorsque son père refuse de lui signer un autorisation de sortie du territoire et qui saute presque littéralement au plafond lorsqu’il accepte), primaire (le boss arabe final avec son couteau à lame recourbée et fard à paupière digne d’un film d’aventure des années 40) qui confine au racisme ordinaire et en termes d’extravagances narratives à tout va (à partir de l’enregistrement de sa voix, le pote de Neeson détermine son appartenance ethnique soit, mais son nom !?, Neeson qui se découvre des dons de profiler, Neeson qui se fait passer pour un flic français…) A ce niveau, on frise le génie surréaliste.
Mais la donnée invariable qui prend ici des proportions hallucinantes est la considération de la femme. D’habitude, au mieux elle est absente ou ignorée au pire, elle sert de potiche. Là, elle est soit droguée à mort, objet de désir concupiscent, réduite en esclavage et soumise au plus offrant. Voire tout cela à la fois lors d’une mémorable séquence de ventes aux enchères.

La fille de Neeson est donc shootée, en string et à la vue des futurs acheteurs. Mentionnons que le fait qu’elle soit toujours vierge fait sacrément monter les enchères. Neeson menace donc le seul arabe parmi les participants afin de l’acheter. Note : alors que tout le film il passe son temps à balancer les bad-guys à travers portes et autres vitres. Ce dernier n’allant pas assez vite pour surenchérir, c’est le père lui-même qui se charge d’acheter sa propre fille. Il faut le voir pour le croire.
Il en va de même pour l’autre scène marquante intervenant un peu plus tôt et qui voit Neeson tirer dans le bras de la femme de son traître d’ami et menacer de lui en « coller une entre les deux yeux » pour obtenir un renseignement capital. Le plus « savoureux » intervenant lorsqu’en partant, Neeson demande à son ami « tu m’excuseras auprès de ta femme ». Instantanément culte.

On résume. Le seul intérêt de Taken reste de voir Liam Neeson si crédible dans un rôle aussi extrémiste. Pour le reste, on veut bien être indulgent avec Besson et sa clique mais faudrait pas trop en abuser.

Soyez sympa, ne remakez pas !!!

Posté le 27.03.2008 par houseofgeeks
Dans la série remakes inutiles, ineptes et tout ce que l'on veut, accrochez-vous car Suspiria de l'ex maître de l'horreur transalpine Dario Argento va passer à la moulinette. Mais le pire est à venir, Michael Bay après avoir dénaturé le chef-d'oeuvre de l'horreur texane de Hooper, s'attaque au Rosemary's baby de Polanski !!?
Viendra ensuite le tour de Robocop par je ne sais plus qui et d'ailleurs on s'en balance !
Mais on atteint le fond lorsqu'ils se proposent de remaker un remake !! En l'occurence, un remake de The thing de Big John Carpenter, "remake" (entre guillemets parce qu'il n'a en commun avec l'original que le pitch de base) de "la chose venue d'ailleurs" de Christian Niby et Howard Hawks.

Au secours, ils sont devenus fous !!
C'est pas possible, il va bien arriver un moment où tout va leur exploser à la gueule. On peut rêver, hein ?

Le règne des geeks aura été de courte durée puisque les costards-cravates reviennent en force aux commandes. Des mecs qui n'ont absolument rien mais alors strictement rien compris au cinéma.
Subordonnés à une vision mercantile du médium, ces remakes n'arriveront jamais à rivaliser avec ces authentiques chef-d'oeuvres. Et ce d'autant moins s'ils en confient la réalisation à des tâcherons analphabètes. Je ne suis pas sectaire, je crie même au génie face au remake d'Halloween de Rob Zombie. Mais parce qu'il a une vraie vision, un respect indéfectible pour l'oeuvre originale et qu'il parvient à s'en éloigner suffisamment pour en donner une variation toute personnelle. Et surtout parce que les nombreuses ellipses narratives du film de Carpenter le permettaient.
Si King est l'auteur le plus adapté, Big John est sans conteste le réalisateur le plus pillé et remaké.
C'est comme MC Tiernan avec son prochain film Run, il est plus que temps qu'il revienne reprendre les choses en mains !

RUN MC T., RUN !!

Posté le 24.03.2008 par houseofgeeks
Le nouveau film de Mc Tiernan sera RUN, histoire d'un agent d'interpol qui en poursuivant un meurtrier à travers plusieurs pays mettra à jour une vaste conspiration. Thomas Jane (The mist) remplace Karl Urban initialement prévu avant les problèmes judiciaires de Mc T. Tournage qui devrait débuter le 14 avril prochain. Produit par Arclight film, le scénario est de Jonah Loop dont c'est le premier script, ce dernier étant plutôt habitué des effets visuels (Rollerball, Basic notamment).
Particularité du film, il devrait se conclure par une méga poursuite de voitures de 51 minutes. Connaissant Mc Tiernan, il devrait nous livrer l'ultime séquence indépassable du genre.
RUN était à la base un script promis à Jan de Bont (collaborateur de Mc T sur Die hard) appélé "Stopping power" et rédigé par Eric Red. Espérons que les producteurs en aient conservé l'essentiel, Eric Red étant quand même l'auteur des scénarios de "Hitcher" (version 1986 et pas la bouse infâme de 2007), "Near dark" et "Blue steel" (tous deux de Kateryn Bigelow), des putains de chef-d'oeuvres.

On était vraiment orphelin du génie de Mc Tiernan quand on voit que certains critiques n'ont rien trouvé de mieux que de proclamer la trilogie Jason Bourne (et surtout le dernier volet) comme référence du genre et modèle à reproduire.
Une soi-disant redéfinition des codes du film d'action qui n'a engendré qu'analphabétisme cinématographique. Pas ou peu de films désormais qui font l'économie d'affrontements à mains nues en plans rapprochés et en caméra secouée. Aussi con qu'illisible.
Il était temps que tu reviennes Mc T, ils sont devenus fous.

10 000

Posté le 21.03.2008 par houseofgeeks
Après la porte des étoiles, la destruction de New-York par des extraterrestres, un monstre japonais et une mère nature ayant pété un câble, et avoir fait son braveheart de la guerre de sécession, Roland Emmerich revient avec le 1er méga blockuster à se mettre sous la dent en 2008. Avec 10 000, il revisite la préhistoire à sa manière. On était pas venus là pour un documentaire anthropologique et ma foi cela aurait été sans doute plus passionnant que ce piètre spectacle.


L’avantage dans ce genre de concept, c’est que l’on sait assez peu de choses sur ce qu’il s’est passé il y a 10 000 ans (au pire, on s’en fout un peu). Une occasion trop belle de faire n’importe quoi. Et Emmerich ne s’en prive pas.
Outre que nos ancêtres parlent couramment un anglais parfait, ils présentent une pilosité assez contemporaine. Ce qui est quand même un avantage pour la jeune Evolette sensée attirer les regards des hommes des cavernes assis dans la salle. Ah oui, petit détail qui ne revêt pas une importance capitale mais bien capillaire, ce sont tous des rastas.
L’histoire est simplissime, Evollette se fait enlever par des barbares (au look de vikings échappés de Pathfinder !?), et D'leh, jeune guerrier en devenir, va donc aller la délivrer. Accessoirement, il en profitera pour libérer son peuple et les milliers d’esclaves occupés à construire des pyramides à la gloire du méchant despote. Bien sûr, Emmerich n’oubliera pas de célébrer la fraternité entre les diverses peuplades avec moult accolades.
Outre les quelques problèmes relevés plus haut, le film manque cruellement de rythme. Pire, pour un budget aussi énorme, il ne se passe pas grand-chose à l’écran. Sans doute la création des mammouths, ou plutôt manachs comme on les appelle dans le film, par Patrick Tatopoulos et son équipe aura englouti le budget alloué au film entier. D’ailleurs, ces manachs sont les seules choses réussies. Emmerich devait en avoir conscience puisqu’il ne manque pas une occasion de les détailler amoureusement avec sa caméra. Mais le plus triste, c’est qu’au-delà de la défaillance artistique totale de l’entreprise, Emmerich semble avoir perdu sa proverbiale joie de tout faire péter. Difficile vous me direz dans un tel contexte, faut dire que ça manquait d’explosifs à l’époque. D'accord, disons qu'il ne compense même pas en proposant des scènes d’actions sinon mémorables du moins fun et jouissives. Il se contente de les amorcer sans jamais donner suite. Exemple emblématique, lors de la révolte finale. Les esclaves se soulèvent et commence à bastonner leurs gardes. Des combats arthritiques suivis d’un début de mouvement de foule. Mais tout souffle épique est bien vite balayé par un plan large en hauteur montrant les pyramides sur lesquelles s’agitent des fourmis (les hommes) et des souris (les manachs).
A se demander si Emmerich a entendu parler du Seigneur des anneaux ou de Kingdom of heaven. Ou même de ce que l’on appelle la grammaire cinématoraphique.
Mais pire que tout, voilà t’y pas que tout le film est raconté par une voix-off absolument insupportable. Je dis bien raconter car elle se borne à décrire ce qu’il se passe sur l’écran. Affligeant.
On sait bien que dans ce genre d'épopée, la réussite tient pour beaucoup au charisme du représentant des forces du mal. Or, celui censé représenter la menace ultime apparaît assez peu et tant mieux dans un sens puisqu'il est entièrement vêtu de voiles couleurs pastel, le faisant ressembler à une grande prêtresse des folles nuits parisiennes. C'est quoi ce délire ?!


En voyant cette catastrophe artistique (à se demander comment Cédric Délélée de Mad Movies peut défendre ce truc), on en vient à regretter Uwe Boll. Voilà un mec qui fait n’importe quoi (Alone in the dark, Bloodrayne, Postal) mais il le fait avec grandiloquence et panache. Autrement dit, quitte à verser dans le portnawak autant y aller à fond. Parce que là pour le coup, 10 000 aurait pu devenir intéressant. Il est bien fait référence un moment à un peuple venu des étoiles. Certains ont voulu y voir une référence à l'Atlantide, sans doute pour légitimer leur plaisir coupable. Mais c'est immédiatement Stargate qui vient à l'esprit et on se prend à rêver de voir des vaisseaux spatiaux débarquer, histoire de booster tout ça. En vain.
Et le tigre à dents de sabre qui orne l'affiche ? On le voit 45 secondes, dans 2 pauvres malheureuses scènes. Alors qu’il aurait été parfait comme monture ou compagnon du héros. En plus, cela aurait pu faire un hommage sympa à Ka-zar, personnage des comics marvel rattaché à l’univers x-men. Imaginer le s’attaquer aux manachs ou égorgeant à coup de dents. Ben non, on a juste droit à un plan signature repris de Alien 3.

Autre plan cité, celui de Jurassic Park celui où Spielberg fait un gros plan de l'oeil reptilien d'un vélociraptor avant l'attaque. Ok, quand l'homme a débarqué, les dinosaures s'étaient depuis longtemps fait la malle. Mais si ça pouvait relever la soupe, pourquoi pas. Raté, nous avons droit à des espèces de méga-autruches traquant nos héros dans les hautes herbes.

C’est d’ailleurs là qu’il faut chercher le seul intérêt du film. Trouver les diverses influences. Pas très difficile, ça fait passer le temps et au moins on rigole en voyant la manière cheap de les reproduire !
En vrac, Apokalypto, 300, Jurassic Park, Pathfinder, Stargate, etc...
Et non content de citer ses propres films, Emmerich s'autoparodie. Un comble. Ou peut être est-ce la meilleure manière d'appréhender ce truc, un grand rassemblement carnavalesque où les citations et les emprunts n'ont d'autre fonction que de réactiver les souvenirs des spectateurs.
Eh oui, 10 000 n'est qu'une pâle copie friquée du Be kind, rewind de Michel Gondry. Seulement ici, toute poésie plastique a disparu et les versions « suédés » sont à pleurer de honte.
Voilà donc la première grosse arnaque de l'année, un film comme on en fait plus depuis 10 000 ans ! Encore un dommage collatéral de la puérile culture hollywoodienne. Rassurez-vous; l'amour est sauf ainsi que la prophétie puisque notre belle héroïne ressuscite in fine. Zut, je viens de révéler la fin. Bon, vous n'avez donc plus aucune raison d'aller voir cette daube, si tant est qu'il en subsistait une...

LOVELY BONES de Peter Jackson

Posté le 21.03.2008 par houseofgeeks
Le nouveau film de Peter Jackson, LOVELY BONES, sortira le 8 avril 2009. On a le temps d'y revenir, mais ça fait tellement de bien d'avoir de ses nouvelles...
Adapté d'un livre de Alice Sebold (couverture reproduite plus haut), l'histoire est racontée du point de vue de Susie Salmon qui réside...au paradis. Violée et tuée alors qu'elle avait 14 ans, elle observe désormais comment ses proches, sa famille, ses voisins vivent et tentent de se reconstruire après ce drame. Là-haut, elle rencontrera une autre jeune fille, Holly, se lieront d'amitié et toutes deux commenceront à "partager" et vivre ensemble dans leur foyer idéal, un duplex.

Après le marathon de la trilogie de L'Anneau, Jackson nous revient avec une histoire plus "tranquille". D'un point de vue logistique seulement, car elle s'annonce éprouvante émotionellement. Car au vu du résumé succinct, on peut envisager Lovely bones non pas comme une suite mais un approfondissement des thèmes abordés dans son magnifique Heavenly creatures.

C'est sûr, ça a l'air beaucoup moins fun que n'importe quelle adaptation de comics pétaradante, mais un peu de finesse dans un monde de brutes n'a jamais tué personne.

A suivre de près, donc....

Influences SPEED RACER : Chiho Aoshima

Posté le 19.03.2008 par houseofgeeks

Chiho Aoshima (née en 1974) est une artiste contemporaine japonaise apparue dans le sillage de Takeshi Murakami. Chiho Aoshima fait partie de cette vague japonaise issue du monde de la bande dessinée et du film d’animation. Elle transcende les techniques traditionnelles de représentation. Aoshima utilise des logiciels pour créer de magnifiques et érotiques mondes plein de fantômes, démons, écolières et d'exquis paysages.
Elle imprime son travail sur toutes sortes de surface, sacs, murs...

Chiho Aoshima est totalement tournée vers l’univers sophistiqué et hyper-léché propre à la BD et aux films d’animation futuristes japonais.

Et pour s'en convaincre, quoi de mieux qu'une petite vidéo ?
7 minutes de féérie :

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Influences SPEED RACER : Takashi Murakami

Posté le 19.03.2008 par houseofgeeks
Dans l'article précédent, je parlais de celui considéré comme le "fondateur" de cette nouvelle vague de pop-art qu'est le "superflat", Takashi Murakami.
Pour avoir une petite idée de son travail absolument fascinant, voici la vidéo qu'il a fait pour la marque Louis Vuitton. Un artiste qui en plus des Wachowski pourrait très bien avoir influencé un autre génie, le réalisateur Satoshi Kon. Pour s'en convaincre, revoir ses films Perfect Blue, Millenium actress, Tokyo godfathers et plus encore le déroutant et remarquable Paprika.

Voici donc, SUPERFLAT MONOGRAM :

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Accrochez vos ceintures !! : SPEED RACER

Posté le 19.03.2008 par houseofgeeks
Les Wachowski reviennent !
5 ans après la fin de la monumentale saga MATRIX, les voilà adaptant un manga de Tatsuo Yoshida, "Mahha Gô Gô Gô". Un manga qui fut adapté une première fois en dessin-animé dans les années 60.
Au vu des premières images, ça risque d'être space. Cependant, n'oublions pas que les deux frangins, à l'instar des Cohen, questionne inlassablement leur oeuvre par rapport au genre et au médium dans lesquels elle s'inscrit.
Ainsi, les Wachowski semblent prolonger leur réflexion entamée avec la saga Matrix sur l’imbrication des différents degrés de réalité, leur pérméabilité et leur capacité à englober personnages comme spectateurs. Le désign général de l’entreprise étant clairement influencé par la nouvelle vague japonaise dite « superflat »
"Superflat" est un mouvement d'art contemporain influencé par l'animé et le manga. C'est une attitude qui vise à analyser la culture japonaise d'après-guerre à travers la sous-culture dite « otaku ». Superflat signifie en anglais « super plat » et se réfère à diverses formes aplaties de l'art graphique japonais ainsi qu'à la superficialité de la culture consumériste japonaise. Ce que le film expérimente en abolisant toute profondeur de champ.
Takashi Murakami est considéré comme le chef de file de ce mouvement.
Il cristallise dans ses œuvres et ses projets, la nouvelle subculture de Tōkyō. Il est le représentant d’une génération imprégnée de l’imaginaire des mangas et des otakus*. Au fil du temps, les personnages se mettent à grouiller sur différents supports en deux dimensions ou sont moulés, dans des formats divers, du minuscule au géant, en fibre de verre et peints (Hiropon, 1997).
Ils prennent aussi la forme de ballons géants en plastique aux couleurs criardes et, gonflés à l'hélium, qui envahissent les espaces d'exposition (Mr.Dob, 1997).
Il réfléchit particulièrement aux scénographies pour que « le public ait l'impression d'être entouré par une multitude de caméras, même s'il se trouve en face d'une seule et même image ». Une figure à grosse tête, Dobe (qui a pris aujourd'hui pour lui « valeur d'autoportrait »), revient de manière répétée (Dobe in the Strange Forest, 1999), de même que les personnages Kaikai et Kiki ainsi que des motifs de champignons (Super Nova), de fleur et d'yeux (Jellyfish Eyes).
Une de ses adeptes est Chiho Aoshima, dont les frangins semblent reprendre les peintures qu'elle peignit dans le métro japonais.

Joel Silver, le producteur, annonce fièrement que SPEED RACER est un film tourné avant tout vers le grand public et les ados.
Sans doute pour ne pas effrayer un public plus "populaire" puisque la promo met en avant les créateurs de "ce machin philosophico incompréhensible".
Mais rassurez-vous, le film sera autrement plus complexe et donc intéressant que ce que la promo laissera voir. La saga MATRIX l'a suffisamment bien démontrée, les Wachowski parviennent toujours à amalgamer leurs nombreuses références littéraires et graphiques de manière cohérente et intelligente.

Mais assez de mots. Matez moi ce trailer.
Et si après ça, vous n'êtes pas impatients de voir SPEED RACER qui sortira chez nous le 18 juin 2008, je ne peux plus rien faire pour vous !...


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