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houseofgeeks
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Children of men

Publié le 24/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
Children of men
« Les fils de l’homme » est un grand film, passé honteusement inaperçu lors de sa sortie en salles. Noël approchant, c’est loccasion de le réhabiliter en achetant le dvd en masse.

Alfonso Cuaron le réalisateur, avant ce film, peut s’enorgueillir d’avoir livrer l’épisode le plus sombre et passionnant de la saga Harry Potter. Parvenant à inculquer une vision personnelle à une série complètement sclérosée par le manque d’ambition, l’absence de prise de risque de réalisateurs entièrement dévoués au respect servile et confortable d’un best-seller mondial.
Ici, il s’attache à un film plus modeste. En termes budgétaires s’entend. Car en termes narratif et thématique, il sort clairement du lot.

Les fils de l’homme est un film de S.F d’anticipation mais le futur qu’il décrit n’a rien d’apocalyptique comme celui de Mad Max, de loufoque comme Retour vers le futur, ou encore d’infantile et merveilleux comme Star Wars. Soit une dystopie d’autant plus inquiétante que le film dépeint un futur tout à fait crédible.
Mis à part la situation de départ, la stérilité comme pandémie de toute une civilisation appelée à disparaître faute de descendant, la situation géopolitique est à peine exagérée. De telle sorte que la vision de réfugiés clandestins parqués dans des cages géantes, en adéquation avec cette société futuriste au bord du chaos, amène à s’interroger sur le sort réservé aux réfugiés contemporains qui sont maltraités, déboutés de droit d’asile, enfermés dans des camps (pour des populations d’Afrique) ou soumis à des tests ADN et des mesures restrictives humiliantes et racistes.

Le but premier était vraiment de s’interroger sur l’état actuel du monde coincé entre répression des minorités et montée des intégrismes. D’ailleurs, le fait que le film se déroule en 2027, soit à peine 20 ans dans le futur corrobore l’orientation d’être aussi authentique que possible.
Et puis d’emblée, on est immergé dans la fiction. A partir du moment où on suit les premiers pas de Clive Owen (toujours aussi bon) dans ce café et qu’après en être sorti, celui-ci explose peu de temps après en arrière plan, on sera toujours aux côtés du personnage. La caméra épousera chacun de ses mouvements. Au début des travellings latéraux calmes et tranquilles quand il déambule dans la cité, puis des mouvements saccadés et des décadrages sauvages dès qu’il est exposé à une fusillade et qu’il tente d’y échapper.
De même, dans le camp des rebelles, on apprendra en même temps que lui qui étaient les véritables auteur de l’attaque qui a coûté la vie à sa bien-aimé et le véritable objectif qu’ils poursuivent en tentant de préserver la vie de la dernière femme enceinte. Nous n’avons aucun temps d’avance, aucun recul par rapport à la fiction. De telle sorte que l’on prend tout en pleine gueule et que la tension ne baisse jamais.

Ce qui est vraiment admirable dans ce film c’est que l’action est déterminée par des éléments narratifs purement émotionnels. Ce sont vraiment les sentiments des personnages qui les font avancer et les amène à prendre des décisions déterminantes par la suite.
Pour en revenir à la manière de filmer, ce qui est admirable c’est que cette caméra compose un véritable reportage de guerre. On se croirait dans un documentaire pris sur le vif. Et valeur ajoutée, on a pas droit au « hand-shaking » habituel, procédé qui pour figurer une action chaotique secoue la caméra dans tous les sens, de telle sorte que l’action devient incompréhensible !

Tout le monde s’est très justement extasié devant la virtuosité, la fluidité des plans séquences émaillant le film. Notamment lors de l’attaque de la voiture des héros traversant une forêt. Cette manière de filmer n’est jamais gratuite et ostentatoire. Cuaron n’est pas du genre à produire ce genre d’effet juste pour épater la galerie. Non, c’est bien dans le but de donner une réelle unité à l’action filmée pour souligner par contraste le chaos ambiant.
Et que ce soit dans cette séquence admirable ou durant tout le film, le but est clairement d’aboutir à la rencontre du premier plan avec l’arrière plan. Beaucoup de scènes impliquant Owen le montre au premier plan, impassible tandis que le second plan explose -la scène inaugurale du café - ou s’anime - la scène presque onirique où suivant une biche dans les travées d’une école délabrée, il voit à travers une fenêtre brisée la jeune femme enceinte, dernier espoir de l’humanité, faire de la balançoire. Subtilement, Cuaron figure que tout l’enjeu est dans la réunion de ces deux mondes « parallèles ».

Qui dit film de S.F dit effets spéciaux. Aussi invisibles soient-ils, le film en est pourtant truffé. Mais une fois encore pas d’esbroufe visuelle. De simples modifications de décor, ou des rajouts d’explosions cela reste de petites touches qui permettent de crédibiliser un peu plus les lieux d’action et donc l’histoire. Surtout, il faut tout de même savoir que lors de la scène d’accouchement, le bébé est entièrement généré par ordinateur ! La tension et le jeu des acteurs sont tels qu’on ne se rend compte de rien. Encore une preuve irrémédiable que tous les effets sont au service du récit.

Si la trame narrative n’a rien d’originale, en d’autres mains elle aurait été réduite à sa plus simple expression afin de laisser libre cours à l’action. Soit ce que ce cher Michael Bay réussi parfaitement à faire avec The island.
Mais Alfonso Cuaron a su transcender son matériau de base pour faire un film formellement abouti et émotionnellement très riche. Assurément un des films de 2006 et qui deviendra au fil du temps une véritable référence en la matière.

IRREVERSIBLE

Publié le 23/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
IRREVERSIBLE
Voilà un film qui a subi l'opprobre d'une bonne partie des critiques à cause de deux scènes chocs.
Franchement, laissez lui une chance et regardez le, en entier.

Ce n'est en aucun cas un film fait dans le but de choquer les bien pensants à tout prix. C'est au contraire un film bien pensé et qui relate surtout de l'inutilité de la vengeance, de la fragilité du bonheur et de l'amour comme seul réconfort.
Vous avez dû entendre parler de sa structure inhabituelle puisque débutant par "la fin". C'est un parti pris finalement très logique et non pas stylistique. Cela permet à Noé d'étayer son propos et de montrer que la vengeance ne sert à rien puisque ne ramènera pas ce qui était.
Surtout, la vengeance ne conclut pas le film comme si la violence coulait de source. Au contraire, elle n'est que le manifeste ponctuel d'un chaos organique et humain, en rien un apaisement. A ce titre, fort bien illustré par les mouvements épileptiques d'une caméra prise de convulsions. Une façon d'"imager" les sentiments ressentis par les protagonistes (confusion, chaos, colère, haine...).
Noé démontre qu'une justice basée sur un sentiment de vengeance est dangereuse, la niant en tant que fin en soi puisque niée en tant que fin narrative.
Reste les moments apaisants, beaux, où un sentiment d'amour prédomine. L'amour comme ultime souvenir qui a brutalement, irréversiblement, dégénéré.
Même si le pire est arrivé, ce qui était beau prédominera toujours. Ne serait ce qu'en l'état de reproduction mentale. Et même si dans les souvenirs les images s'effacent, il reste toujours la perception du sentiment de bien être et de bonheur alors ressenti.
Le temps détruit tout, certes, mais il n'efface rien.

Il est vrai que sortie du contexte du film, on peut s’interroger sur la volonté du réalisateur. Choquer pour choquer ? Une manière de dire, serez-vous capable de rester jusqu’au bout ? Je ne pense pas. S’il nous renvoie notre voyeurisme en pleine face (Vous aimez mater, hein ? Régalez-vous !), c’est en servant le scénario, la structure décomposée du récit.


C’est clair que le malaise, il le fait bien passer ; faisant de nous les premiers témoins, incapables de réagir ou ne le voulant pas. C’est de notre attitude que vient le malaise et pas seulement de la scène en elle-même. Une scène qui est le pivot du film, puisque les évènements expliqués en amont renforcent nos sentiments de compassion, de tristesse, d’impuissance.

Car tout le film illustre une chose, la fragilité du bonheur, de la vie, de l’existence. Un geste, une parole non dite, peut tout faire basculer. Mais ce n’est pas de la fatalité, seulement un constat. Amer, certes. Mais la construction du métrage, nous proposant de voir le début « théorique » à la fin, permet de finir sur une note d’espoir.
Et c’est justement cette construction un peu anarchique, une caméra épousant l’état d’esprit des personnages (de l’agitation frénétique au calme contemplatif) qui permet de « créer une distance esthétique » entre les propos du réalisateur et les actes du film.
«Irréversible », faux film choc et vrai film d’auteur.

YA-TAAA !!

Publié le 22/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
YA-TAAA !!
La grève faisant rage actuellement à Hollywood touche de plein fouet de nombreuses séries. Et parmi elles, "Heroes" a le plus à craindre si sa diffusion venait à être différée trop longtemps.

Véritable phénomène outre-atlantique l’année dernière, et dans une moindre mesure chez nous, la série déjà en appel après une fin de 1ère saison complètement ratée (et c’est un euphémisme) hypothéquerait sûrement ses chances de prolonger l’expérience au-delà de la saison en cours.

Pourtant elle mérite une seconde chance tant Tim Kring a su interpeller un auditoire le plus large possible autour du concept super-héroïque le plus basique. Si les fans de comics et des x-men plus particulièrement (influence non avouée mais carrément prégnante) apprécie la série, ce n’est vraiment pas pour son originalité. Son succès permet aux comics-addicts de sortir de l’ornière et déclamer à une audience incrédule que leurs bande-dessinées ne sont pas si attardées.

Si la série est estampillée comics et contre-culture, on le doit à l’ami de Kring, Jeph Loeb scénariste star dans l’industrie qui a emmené dans ses bagages le dessinateur Tim Sale (les peintures d’Isaac Mendez, sont de lui) car Kring avoue lui-même qu’il n’y connaît rien à la culture comics ! Un comble. L’autre influence majeure est sans conteste le chef-d’œuvre de Shyamalan (supérieur à son « 6ème sens », c’est dire) « Unbreakable ». Film qui revoit le mythe du sur-homme (et la légende de Superman en particulier) d’une manière naturaliste, poétique et dramatique. Ils sont parmi nous, nous ressemblent et ont les mêmes problèmes (ou presque) existentiels. Cette approche permet surtout un traitement réaliste et de remiser le spandex, véritable épouvantail de la ménagère moderne. Choix hautement stratégique et parfaitement justifié par l’ambiance conspirationiste à la x-files qui imprègne la série.

Cependant, la série peine à assumer ses influences. Pire elle traite le genre et les fans avec une certaine condescendance. Les nombreux angles de prises de vues style comics, l’emploi d’acteurs ayant un lien avec le milieu (Stan Lee, George « Sulu » Takei), le personnage de Hiro le geek ultime sont avant tout destiné à légitimer auprès des soi-disant fans de comics un vulgaire soap !
D’accord, j’y vais fort. Mais avec du recul, on observe que tout tourne autour des relations entre des personnages qui font peu ou proue partie de la même famille ! Si les caractères sont plus fouillés qu’à l’accoutumée on échappe pas aux révélations sur l’existence d’une fille cachée, d’une liaison extra-conjugale ou la mère aimante se révélant la pire manipulatrice !
Admettons, cela pimente l’intrigue. Mais en faire l’axe principal est carrément indigne surtout développé en 23 épisodes (au moins 8 de trop). Sans parler des personnages sous exploités, Sylar notamment dont les motivations et la transformation en super-vilain sont proprement expédiés en un épisode et d’autres sur-exposés, Nikki et Suresh sont aussi insipides qu’insupportables.

Cependant, la série peut se montrer passionnante et ambitieuse quand elle ne démord pas de son fil narratif, empêcher la destruction de New-york. Après un début assez lent, le rythme s’accélère pour culminer avec l’épisode 20 « Five years gone », hommage appuyé aux magnifiques et mythiques épisodes 141 et 142 de Uncanny X-Men, « Days of future past ». Malheureusement le soufflé retombe plutôt lourdement lors de l’épisode final digne de X-Men 3 ! Alors que toutes les sous-intrigues culminaient tant bien que mal pour aboutir au face à face promis et tant attendu entre Sylar et les heroes, l’affrontement dantesque fantasmé se résume à un échange de quelques coups de poings ! C’était bien la peine de barder tout le monde de super-pouvoirs, tiens.

Malgré le manque de respect évident pour la communauté geek, la série bénéficie d’un capital sympathie énorme. A cela une seule raison. La relation entre les frères Petrelli fonctionne plutôt bien mais le véritable intérêt de toute la série est l’alchimie qui s’opère entre l’énigmatique M.Bennett et sa pom-pom girl de fille. La série doit tout au charisme et au talent de Jack Coleman. D’ailleurs, c’est à travers leur histoire que les scénaristes s’avèrent les plus inspirés et touchants. La rédemption de Bennet dans l’épisode 17 « Company man » est à pleurer. Comme le générique français d’ailleurs, sauf qu’on ne sait si c’est de rire ou de consternation.

Contrainte, pour sa deuxième saison, de solidifier des bases narratives bancales, la grève arrive au pire moment. Le semi-échec de la saison 1 n’empêchera pas de lancer un « spin-off » d’un genre nouveau. 6 épisodes seront produits et diffusés à mi-saison afin que le public vote pour le nouveau personnage digne d’intégrer la série. Une nouvelle façon d’impliquer le téléspectateur, qui traduit aussi une forme de constat d’échec.
Ce que l’on ne pourra pas enlever à « Heroes » c’est d’avoir introduit le grand public à la culture geek. Certes, cela relève plus d’une façade commerciale mais les scénaristes ont su prendre quelques risques et faire preuve d’un minimum d’inspiration et d’ambition.

La vengeance a un nouveau visage !

Publié le 20/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
La vengeance a un nouveau visage !
On reste dans l'univers du "vigilante flick" avec le nouveau film du petit prodige James Wan.
ça s'appelle "Death sentence" et ça va faire mal !
Exit les références au maîtres italiens de l'horreur (Argento, Bava, Fulci), l'obsession pour les poupées et donc la manipulation, les ambiances baroques et les twists (cf "saw" et "dead silence" sorti, enfin, le 21/11/2007)
Non, cette fois-ci on va plonger en plein cauchemar urbain pour suivre la lente et inexorable descente aux enfers d'un père de famille bien tranquille interrété par Kevin Bacon. Acteur sous-estimé et sous utilisé.
Témoin du meurtre brutal de son fils aîné lors du rite d'initiation d'un gang de rue, Nick Hume entreprend d'éliminer lui-même les responsables. Mais ce faisant, il déclenche une réaction en chaîne qui aura des conséquences dramatiques sur les membres de sa famille.
Bien que reprenant un pitch presque semblable aux origines de notre punisher préféré, le traitement du personnage sera aux antipodes. Pas d'iconisation à outrance ou de badass attitude. Nick Hume est en mission. Pas de pitié ou compassion, le responsables y laisseront leur peau. Mais dans l'opération, Hume y laissera peut être son âme.
Si le concept et l'histoire du film tiennent en 3 ignes, c'est véritablement le traitement jusqu'au boutiste et la violence âpre et sans concession qui vont procurer leur lot d'émotions.
Après le déjà bon et intéressant "A vif" avec Jodie Foster, préparez vous à un choc.
On en reparle à sa sorte le 16 janvier 2008

Mortel !

Publié le 19/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
Mortel !
Après Sandy Collora, voici un autre jeune réalisateur qui a tout compris à la manière de mettre en scène nos super-héros préférés. En plus il est français !
C'est David Sarrio et il a un talent fou ! Vous avez déjà dû entendre parler de ce teaser consacré à Daredevil et qui explose façon puzzle le long réalisé par Mark Steven Johnson ?
Et bien suite au succès de ces petits teaser, sa réputation a fait le tour de la toile. Tant est si bien qu'il a été sélectionné avec 14 autres candidats pour réaliser la suite de "the punisher", daube infâme avec Thomas Jane et réalisé par Johnathan Heinsleigh (j'sais jamais comment ça s'écrit, je vous parle même pas de la prononciation !).
Et pour mettre toutes les chances de son côté et plutôt que d'arriver avec sous le bras son cv, il réalise carrément, avec un budget minime et une tonne d'abnégation et de talent, le teaser de "the punisher 2" !
Malheureusement, ce fut insuffisant.
Et pourtant, regardez moi ça et dites moi que ça vous fait pas tripper de voir ça sur 2 heures de temps ! Osez que je vous démastique la gueule à coup de grenade !!

Vidéo Youtube

MIAMI VICE

Publié le 19/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
D'abord une série à succès et emblématique des glorieuses eighties, voilà nos « deux flics à Miami » transposés au grand écran.
Mann a enfin concrétisé son projet de film suivant le quotidien de deux flics infiltrés dans une organisation mafieuse et tentaculaire, toujours à la limite de la légalité et risquant à chaque fois d'oublier qu'ils sont en mission.
Le film explose complètement ce qui avait fait le succès de la série. Tout le clinquant a disparu au profit d'une esthétique plus contemporaine, donc plus noire. Mais c'est surtout dans sa manière de présenter le milieu criminel qui a changé. Si la série se bornait à des gangsters locaux, le film repousse les frontières et envisage dorénavant une mondialisation du crime concomitante de la collusion de la politique et de l'économie. C'est à dire que cette fois-ci, les mecs ont d'énormes moyens logistiques et relationnels, l'organisation a circoncire expoite les richesses de petits pays (panama, paraguay...) bref se comporte comme un Etat dans l'Etat.
Rico et Sonny vont donc s'infiltrer profondément dans les arcanes de ce cartel au point que la limite à ne pas dépasser devienne floue et s'amenuise dangereusement. Ceci étant illustré par les nombreux effets de mirroir parsemant le film. Omniprésence de surfaces réfléchissantes et transparentes (eau, mirroirs, vitres...) rendues opaques par un tournage à 90 % de nuit.
D'ailleurs le tournage avec une caméra Haute - Définition donne vraiment un grain particulier aux images, leur sensibilité à la lumière en est augmenté ce qui donne cet effet de réel vraiment impressionnant. On est aux côtés de Crockett et Tubbs. Et cette immersion totale dans la fiction est encore renforcée par le fait que le film fait l'économie du générique de début. On rentre direct dans le vif du sujet, en l'occurence une opération dans une boîte de nuit, et le film ne nous lâche plus.
Mann retrouve ses réflexes de l'époque où il réalisait des documentaires, notamment sur l'IRA fin des années 60. On est embarqué avec les personnages et on a vraiment l'impression de voir des images prises sur le vif. Un reportage de guerre en somme. Car les deux flics de Miami sont en guerre. Que ce soit dans la manière de progresser pour prendre d'assaut un bungalow, leur accoutrement et les armes employées (fusils d'assaut, armes anti-char pour les bad-guys...) les protagonistes sont des soldats. Finis les fusillades en costard Armani. Cette fois les balles fusent à vos oreilles et vous avez vite fait de vous retrouver avec un gros trou dans la cuisse si vous ne vous êtes pas mis assez vite à couvert !
A ce titre, si la fusillade finale renvoie directement à celle de Heat (attaque d'un fourgon blindé par De Niro et son équipe) elle en est l'exacte opposé. Ici, il fait nuit et c'est une vraie scène de guerre. Et c'est vraiment en terme de réalisation que ce fait la différence. On est en plein reportage, la caméra se déplace constamment, les décadrages fréquents permettent de saisir tout ce qui se passe...Mais attention, c'est pas du Mickaël Bay non plus. On a pas droit à des plans filmés par un épileptique en pleine crise. Non, loin de là, car le découpage est proprement incroyable, la séquence étant d'une totale lisibilité. Sérieux, cette scène est digne d'éloges de par son approche opératique et formelle. A ranger aux côtés du gunfight final de "la horde sauvage".
La filmo de Mann est traversé par la figure du héros solitaire qui se débat avec cette condition et se trouve confronté à son antithèse, le revers de la même médaille (De Niro/Pacino, Crowe/Pacino, Cruise/Foxx). Sauf qu'ici, cette dichotomie se trouve personnifiée par 2 membres d'un même milieu. L'un black, posé et qui rassure, l'autre blanc, chien fou et "borderline".
Ce réalisateur est vraiment remarquable car nanti d'un gros budget (150 millions de dollars quand même) et malgré les impératifs commerciaux inhérents à ce genre de production, plutôt que de faire un bon gros blockbuster pétaradant, il a réussi à détourner à son profit la machinerie hollywoodienne pour nous livrer rien moins qu'un chef-d'oeuvre expérimental.

The devil's rejects

Publié le 19/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
The devil's rejects
C'est une sorte de suite/spin-off de "the house of 1000 corpses" sorti directement en dvd. Si ce dernier s'apparente plus à une espèce de train fantôme géant où nous sont présentés les membres dégénérés d'une famille de bouseux américains tous plus sadiques les uns que les autres (mention spéciale au "docteur satan" qui est une merveille de monstre) faisant subir les pires sévices à 4 jeunes apprentis écrivains sur fond de folklore d'halloween, "the devil's rejects" tape dans la catégorie au-dessus, celle du pur film d'horreur mâtiné de road-movie où aucun second dégré (et autres gags à deux balles) n'est là pour alléger l'ambiance déliquescente du film (un anti "Hostel" en somme !).
Un petit résumé ? Ok.
Donc trois des personnages principaux du premier film (house of 1000 corpses pour ceux qui suivent pas au fond !) sont pris en chasse par le shériff local bien décidé à venger la mort de son frère adoré, assassiné par ces pourritures. Voilà donc nos trois larrons , Otis le fiston au look de Jésus Christ dégénéré et plus terrifiant que Charles Manson, Baby la fille, véritable gueule d'ange mais allumeuse et allumée comme pas deux et le patriarche, le cultissime clown captain spaulding ; cherchant refuge dans un bordel tenu par un ami du captain, parssemant leur route d'exactions et de tortures en tout genre.
Pendant ce temps, le shériff pète un câble de voir sa poursuite se transformer en merdier sanglant et le voilà qui transforme sa vengeance en mission de punition mystique quasi divine ! Et quand je dis qu'il pète un plomb je suis loin du compte...En fait, il va s'opérer un renversement total des valeurs, le shériff devenant pire que les monstres qu'il pourchasse. Limite si on est pas désolé pour eux quand ils se font à leur tour torturer !
Et c'est là le noeud gordien du film, cette radicalisation du point de vue qui fait que l'on ne peut prendre fait et cause pour l'une ou l'autre des parties, fait de ce film un modèle de subversion totale. Et c'est à dessein que l'histoire se déroule en 1978 dans la campagne américaine. Cela renvoie à tout un pan du cinéma d'horreur américain des années 70 (notamment "massacre à la tronçonneuse", la colline à des yeux et " la dernière maison sur la gauche") qui était le parfait reflet du chaos dans lequel se situait la société américaine. A la fois déchirée par le conflit vietnamien et la perte de repères institutionnels et politiques dûe au scandale du watergate notamment.
the devil's rejects se veut à la fois un vibrant hommage à ses glorieux aînés, un tribut que le réalisateur Rob Zombie (ex leader du groupe de métal "White Zombie") paye aux films qui ont forgé sa cinéphilie mais aussi un amer constat sur la perte des idéaux qui ont fondé la nation et ce quelque soit les époques.
Quelquepart on peut voir ces "rebuts" comme les victimes d'une société dont les idéaux ont été mis à mal et qui rejette les inadaptés, les "freaks".
Mais ce qui est vraiment marquant dans ce film, outre qu'il soit bien déviant et hargneux, c'est l'amour que Rob porte à ses personnages. Comme il le prouve dans ce très beau final à la "Thelma et Louise" en plus hardcore où c'est lui même qui met fin au massacre. Oui ils méritent 1000 fois la mort mais ils sont la quintescense même du genre dans lequel ils évoluent, des archétypes qui n'obéissent à aucun dogme, qui suivent leur instinct de prédateur. Alors oui on est un peu triste car leur fin sonne quelquepart le glas d'une époque où toutes les transgressions étaient sinon permises du moins acceptées.
Mais en même temps l'espoir demeure car Rob Zombie avec ce dytpique magistral (House / Devil's rejects) rejoins le bataillon de réalisateur respectueux et amoureux du genre et surtout complètement intègre (c'est à dire aucune compromission ou concession aux costards-cravates régissant les studios !). Et ça franchement, ça fait bien plaisir !!
Pour terminer rapidos, juste signaler que des gueules célèbres des seventies ont des seconds rôles remarqués, comme Ken Foree (le black héros du mythique "Zombie" de Roméro), Mickaël Berryman (une vraie gueule cassé découverte dans "la colline à des yeux", l'original de Craven) et une tronche plus contemporaine celle de Dany Tréjo (le mexicain à la queue de cheval vu dans Despérado, une nuit en enfer, spy kids (sic !)...) Bref que du lourd !!

Une fois n'est pas coutume...

Publié le 16/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
Une fois n'est pas coutume...
...et pour rendre hommage au divin chauve ayant fait l'objet d'un précédent billet, faisons la peau d'un nanar intersidéral, d'un gros Z qui tâche et qui fâche, la pitoyable suite du chef-d'oeuvre d'Alexandre aja et Grégory Levasseur, "la colline a des yeux II". Pour pleurer sûrement.
Dans ce film, le seul truc de valable est son affiche !

Papy Craven au vu du remake de sa « colline a des yeux » par les deux frenchies Aja et Levasseur a failli attraper une attaque. Mille fois supèrieur a son film en termes visuels, narratifs et de tension. Catalogué à tort maître de l’horreur, Wes Craven a surtout œuvré dans le domaine de l’horreur sinon familiale du moins cynique. Certes « la dernière maison sur la gauche » et « la colline a des yeux » ont marqués leur époque mais ils ont salement vieillis. Pas franchement le gage d’œuvres classiques et impérissables. A sauver, « the serpent and the rainbow » et « nighmare on elm street » qui ont su apporter un certain renouveau aux genres respectifs qu’ils explorent. De toute façon, lui-même avoue qu’il s’est tourné vers l’horror-movie par dépit, car c’était le genre (avec le porno), qui permettait à n’importe qui de faire du cinéma. Arrêtons de tirer sur l’ambulance en n’évoquant pas ces dernières réalisations (Cursed, Red eye, et avant freddy sort de la nuit et la série des Scream….). C’est donc dans le but de reprendre en main la franchise ainsi relancée qu’il confie la réalisation de la suite à l’allemand Martin Weisz.
Alors que le pitch était plus qu’alléchant, une unité de la garde nationale venu aider une équipe scientifique se retrouve confronté à la meute de mutants dégénérés peuplant ce coin du désert du nouveau Mexique, sorte de Aliens-like, las on se retrouve avec un canard boiteux hésitant entre la zèderie assumée (et donc drôle) et la série B décomplexée et jouissive.
Si certaines scènes demeurent efficaces (à défaut d’être marquantes) le tout est gâché par une caractérisation pachydermique, des maquillages parfois indignes et un manque flagrant de direction artistique. Subsiste l’impression continuelle de voir un assemblage hétéroclite de scènes (plus ou moins bien fichues) sans aucun lien narratif.
Pourtant, le père et le fils Craven aurait pu pondre un scénario autrement plus audacieux et ambitieux. Déjà, pour garder un minimum de sérieux, il aurait peut être fallu que l’unité qui va se faire décimer nous soit présentée comme une élite (genre escadron de la mort de Starship Troopers) et pas comme une équipe de bleu-bites !
Surtout, la mise en scène ne les mets jamais en valeur. Ce qui aurait pu compenser les piètres dialogues. Jamais marrant ou même ironique en regard de leur situation. A la limite, ils auraient mieux fait de confier lé réalisation à Lloyd Kaufman (le papa du Toxic avenger) ! Au moins, lui il sait rester humble et n’essaie pas de transformer une zèderie en nouveau parangon du survival !
Absences de dialogues savoureux, peu de péripéties, on s’ennuie ferme. Jusqu’au moment où la bombasse latino se fait enlever par un mutant qui l’emmène dans un réseau de tunnels se faire engrosser par le papa du clan. Et là on se prend à espérer qu’il se passe enfin quelquechose. L’espoir fait vivre.
Ah si, elle se fait effectivement violer. Mais la caméra reste constamment sur son visage. Cela n’aurait pas été intéressant d’avoir un plan large où on aurait vu la bête s’échiner sur la belle (sans faire une scène à la « Irréversible » non plus) ?
Et que dire du potentiel jamais exploité de ces galeries souterraines où les soldats se perdent sans pratiquement jamais croiser de menaces potentielles. Cela aurait pu être carrément jouissif de faire un vibrant hommage à « the descent » à défaut d’être original, puisque c’était loin d’être le mot d’ordre.
Cruelle déception après le premier opus d’Aja et Levasseur donc. On leur demandait pas de faire une suite supèrieure mais au moins conforme à l’esprit qui avait animé les deux français.
Or, « la colline a des yeux 2 » est conforme à la vision du genre de papy Craven, essayant de séduire le plus grand nombre sans jamais assumer son statut d’œuvre horrifique.
Et voilà comment plomber une franchise à peine relancée. Merci Wes « le fossoyeur » Craven.

La colline a des yeux

Publié le 16/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
La colline a des yeux
Voilà un film qui mérite d'être dans votre vidéothéque. Sorti depuis un bon moment en dvd, vous devriez le trouver pas trop cher. Les fêtes de fin d'année approchent, pas besoin de vous faire un dessin.


Réalisé par un frenchie, Alexandre Aja (dont le film précédent "Haute tension" est une merveille de film de trouille), c'est le remake d'un film de 1977 réalisé par papy Wes Craven. Je dis papy parce que le remake enfonce clairement l'original tant il est supérieur en matière de rythme, de hargne et tout simplement de réalisation ! Me demande d'ailleurs si à la vision du film Craven n'en a pas fait une syncope, tiens !

L'histoire est basique, très simple mais pas simpliste pour autant. On suit donc une famille d'américains moyens partis en vacances et traversant le désert du nouveau mexique. Lieu qui a abrité il y a 50 ans les premiers essais de la bombe H.
Et les effets de la radio activité se font plutôt violemment ressentir puisque les descendants des mineurs qui n'ont pas voulu évacuer le site sont devenus des mutants dégénérés qui s'éclatent à écraser la gueule des malchanceux traversant leur territoire !
Vous devinez la suite, notre bonne vieille famille va voler en éclat sous les assauts de ces freaks. Et les 3 membres épargnés par la première vague vont devoir réagir sous peine de succomber au deuxième assaut.

Je vous le dis tout de suite, ce film est une réussite complètement inespérée. D'une part il y a eu un changement de boîte de production en cours de route, ce hiatus menaçant carrément la viabilité du projet. Et deux, c'est quand même Craven qui a initié le remake. Pas le mec le plus hargneux cinématographiquement parlant. Mais là où Aja et son pote scénariste Levasseur ont été forts, c'est qu'ils ont réussi à imposer leur vision drastique en douceur à un Craven complètement à la masse (je vous épargne tout ce qu'il voulait voir à l'écran tellement c'est affligeant). Surtout, son absence lors du tournage au Maroc leur a permis de faire ce qu'ils voulaient.
Bien que le comité de censure ait tranché dans quelques scènes, le film reste d'une puissance évocatrice absolument incroyable. La scène d'ouverture est à elle seule emblématique de leurs intentions, montrant 4 scientifiques en tenue hermétiques contrôllant la radio-activité des lieux et se faisant soudainement propulsés sur les rochers à coup de hache. Complètement tétanisant et en même temps réjouissant.
Car tout le film est à l'avenant, aucune concession dans la violence graphique et psychologique. Et la confrontation avec cette famille de dégénéré prend des allures autant de descente aux enfers que de parcours initiatique pour le héros improbable qu'est Doug, le gendre parti récupérer son bébé.
Une tension constante, des scènes parfois gore mais toujours empreintes d'une violence libératrice, et des personnages jamais caricaturaux et vraiment attachants (c'est valable aussi pour les freaks !). Bref, une petite merveille d'intégrité artistique.
Et en ces temps de retour à un ordre moral castrateur, ça fait bien plaisir !

Le toulousain violent !

Publié le 16/11/2007 à 12:00 par houseofgeeks
Le toulousain violent !
Si Paul Verhoven peut se targuer de déchaîner les passions et arborer fièrement le surnom de "le hollandais violent", par sa gouaille, son érudition et son enthousiasme Yannick Dahan est son pendant cathodique !
Présentateur vedette de la déjà culte émission "Opération Frisson", il se démène pour nous faire découvrir des films marquants à plus d'un titre. Le plus remarquable chez lui, c'est sa totale intégrité. Il aime le cinéma, ça s'entend et ça se voit ! Pas de langue de bois ou discours consensuel ou promotionnel, quand un dvd propose une intractivité inexistante, des bonus à chier ou tout simplement quand le film est une purge sans nom (ou bouzasse intergalactique, dixit Yannick), il le dit et explose sur les murs ou sous ses pieds les dvd honnis !!
Mais définir Yannick à sa propension à s'énerver serait par trop réducteur car il sait se montrer lyrique, passionné et sincèrement touché quand un film ou un jeu l'a emballé.
A contrario, il peut se montrer d'une mauvaise foi intersidérale, comme nombre de geeks. Capable d'humilité, de reconnaître la prédominance d'un avis contraire au sien, Yannick Dahan est un putain de critique ciné qui a une vraie réflexion sur les genres abordés et un amour indéfectible du cinéma.

A découvrir de toute urgence donc sur le site de cinecinema qui rediffuse son émission chaque semaine ! Une aubaine pour ceux n'ayant pas le satellite.

Il est également possible de télécharger des anciennes "ope frisson" en allant faire un tour par ici : http://yannickdahan.oldiblog.com

Un critique de ciné officiant à la télé comme dans des magazines qui parle de cinoche avec passion et réflexion, ça se savoure sans modérations !
Et je m'excuse auprès de lui de ne pas en avoir parlé plus tôt, car franchement il mérite le détour.
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