Posté le 15.03.2008 par houseofgeeks
Attention, le plus hardcore des belges est de retour !
Non, je ne veux pas parler de Jean-Claude Van Damme. Mais du réalisateur Fabrice Du Welz, déjà auteur en 2005 d'une bombe horrifique honteusement passée inaperçue dans nos contrées, le bien nommé "Calvaire" Un film qui suivait le parcours pour le moins traumatique du chanteur de supermarché (ou d'hospices pour vieillards en l'occurence ici) Mark Stevens. Arrivé dans une auberge isolée, il est hébergé par Bartel (Jackie Berroyer, impressionnant) qui ne se remet pas de la perte de sa femme. Et il voit dans ce visiteur le parfait remplaçant pour combler son vide affectif. Séquestré, torturé, travesti, Stevens subi tous les outrages d'un homme rendu par la solitude forcée. C'est sans compter les villageois, encore plus timbrés que Bartel qui se mettent en tête de compromettre son bonheur retrouvé.
Intense, sans concession le film de Du Welz est une pure merveille de survival hardcore. Bien que le "Deliverance" de John Booman soit dans sa ligne de mire, on ne ressent jamais une influence ou déférence trop marquée.
Il nous revient donc avec un film encore plus hardcore et intitulé "Vinyan", fantôme en thaïlandais.
L'action se passe en 2005 suite au tsunami dévastateur, un couple n'arrive pas à faire le deuil de leurs fils disparu. La mère (Emmanuelle Béart) reprendra espoir en croyant apercevoir son enfant au détour d'un reportage sur une bande-vidéo. Bien décidée à la récupérer, elle s'en retourne à Phuket.
On retrouve dans le rôle de son mari Rufus Sewell (Dark City).
Alors que généralement, les ghost storys voient les esprits revenir hanter les vivants, cette fois-ci Du Welz nous entraîne dans l'exploration du territoire des fantômes.
VINYAN sort le 24 septembre 2008. Largement le temps de rattraper votre retard et de découvrir "Calvaire".
Posté le 13.03.2008 par houseofgeeks
Je vous rassure tout de suite, avec L'Orphelinat, on navigue très loin d'Yves Duteil.
Grand prix au dernier festival de Géradmer, pluie de Goyas (équivalents espagnols de nos incomparables César), critiques sous le charme, succès public dans son pays, vous l'aurez compris, le film de Juan Antonio Bayona fait l'unanimité. Cela en fait-il pour autant un bon film, l'engouement suscité peut-il être considéré comme un gage de qualité suffisamment pertinent (voir les Ch'tis notamment) ? Affirmatif, L'Orphelinat est excellent mais on est quand même loin du classique instantané comme peuvent le laisser entendre certaines critiques.
C'est tout de même incroyable de voir comment la perception d'un film fluctue à partir du moment où un nom respectable et reconnu lui est associé. Que le fanboy Guillermo Del Toro (Blade II, Hellboy), ici producteur, ait livré deux chefs-d’œuvre encensés par la critique « officielle » (L'échine du diable et Le labyrinthe de Pan) rend tout de suite plus noble un film fantastique bien troussé aux références parfois un peu trop prégnantes (Poltergeist, La maison du diable). Sans comptez que si vous saupoudrez le tout du thème de l'enfance martyrisée, vous gagnez le jackpot, ou les récompenses en l'occurrence. Attention, n'allez pas croire qu'elles ne sont pas méritées, bien au contraire.
Mais passons sur les sempiternelles considérations d'une critique aveugle que seules des figures tutélaires semble à même de rendre la vue. Au moins, L’Orphelinat profite d’une large distribution comparée à celle indigne de The Mist.
Laura décide de réaménager l'orphelinat dans lequel elle a été élevée il y a 30 ans pour en faire un centre d'accueil pour enfants attardés. Y résidant le temps des travaux avec son mari et leurs fils adoptif Simon, Laura ne prête pas une grande attention aux amis imaginaires de son gamin. Jusqu'au jour de sa disparition...
Tout en chassant sur les terres de son auguste parrain et puisant son inspiration à tout un pan récent du cinéma fantastique espagnol, Bayona parvient à s'approprier ces influences pour faire de ce conte un véritable jeu de pistes à l'ambiance inquiétante.
Si l'on pense forcément à L'Echine du diable, on retrouve également du Fragile de Balaguero ou Les autres de Amenabar. Même manière subtile d'instiller la peur dans le quotidien le plus commun. Comme eux, L'Orphelinat met en valeur une enfance traumatisée par de vieux démons, la résurgence de ce passé sous forme de fantômes venus hanter les survivants renvoie clairement aux dégâts causés par un franquisme pourtant encore bien présent dans les mémoires espagnoles, malgré ce que prétendait Rajoy, l'opposant à Zapatero, durant la récente campagne des élections législatives espagnoles. Un point de vue plutôt prégnant dans l'explicite Labyrinthe de Pan.
Des films chargés de sens, mais pas pour autant revendicateurs ou vindicatifs. Ici, on parle d'un travail de deuil et d'un devoir de mémoire difficiles mais qui doivent être nécessairement entrepris. Dans L’Orphelinat, cela passe par la vision de vieux films d'époque ou la reconstitution fidèle d'un environnement passé.
L'occasion pour Laura de remonter le temps non plus par la grâce d'une machine infernale mais par la juxtaposition de ses souvenirs d'enfance sur une réalité désespérante. Car comme le dit la médium : « Croire c'est voir ». Et c'est en se laissant gagner par la nostalgie ainsi que par la certitude de retrouver son fils que Laura parviendra à convoquer les fantômes de son passé.
Un orphelinat où la réalité et les souvenirs communiquent en permanence par le truchement d’une réalisation sobre, une photo magnifique et un sens du cadre étonnant pour un premier film.
Bayona est un réalisateur qui prend son temps , évite tout effet facile ou gratuit et fait peser une menace sourde par un étirement des séquences et en différant l'apparition de la moindre présence. Et tandis que le temps passe (9 mois) depuis la disparition de Simon, l’intrigue semble mener nulle part jusqu’à ce qu’en désespoir de cause, la mère meurtrie fasse appel à une médium qui viendra relancer son espoir comme la narration.
Une séance de spiritisme par vidéo interposée amorçant une dernière partie qui permet à Bayona de livrer des séquences d'une grande intensité. Jamais un jeu aussi commun que « 1, 2, 3 soleil » ne vous aura paru aussi glaçant.
Une tension qui opère par vagues successives pendant tout le film sans jamais devenir paroxystique dans un climax d'une grande puissance émotionnelle. Histoire de vengeance d'outre-tombe, jeux innocents et cruels tournant mal, le drame survient avant tout du manque d'attention porté à des choses à priori insignifiantes sauf aux yeux d'un enfant.
L'Orphelinat parle de la peur de perdre son enfant, de la perte de toute capacité d'émerveillement. Un film pas exempts de défauts mais dont la résolution tragique autant qu’apaisante vous vrillera le cœur.
Finalement, Wendy sera parvenue à retourner dans le monde de Neverland pour y retrouver « ses enfants »…
Posté le 29.02.2008 par houseofgeeks

Après Rocky l'année dernière, Stallone met personnellement un terme à une autre franchise emblématique des 80's, Rambo. Deux personnages qui entretiennent des liens étroits avec leur interprète. Si Rocky est la face lumineuse de Sly, Rambo en est le versant sombre. On peut même énoncer que l'étalon italien incarne ainsi à lui seul toute l'ambivalence des Etats-Unis. D'un côté le boxeur de Philadephie est la plus belle illustration du mythique rêve américain (partir de rien et réussir à force de volonté) quand le guerrier de l'Arizona en expose le côté cauchemardesque (abandon par la mère-patrie de ses fils partis combattre pour ses envies bellicistes). Comme pour Rocky Balboa, John Rambo est l'occasion d'une dernier retour aux sources afin d'inscrire définitivement les personnages au panthéon du cinéma, une volonté clairement affichée par le choix de leur patronyme entier comme titre. Mais là où le boxeur s'offrait un dernier tour de piste en forme d'apothéose et d'ultime bain de foule, notre vétéran du viet-nam livre rien de moins qu’un baroud d’honneur à la force nihiliste proprement stupéfiante !
Après la tentative de réappropriation des seventies par les studios, voir les innombrables remakes vidés de leur substance, on assiste désormais à une résurgence des icônes des 80's. Si le cas de John Mc Clane est réglé par la Fox qui en a fait le chantre du néo-libéralisme (qu'il tance les hackers se méfiant des infos officielles type Fox news n'est pas du tout innocent !), Stallone saisit avant tout l'occasion de redonner de l'éclat à deux figures ternies par des suites aussi fidèles que possible à l'idéologie des glorieuses eighties : fric, cynisme et patriotisme.
Birman holocaust
Sly a mûri, en près de 30 ans il a eu le temps de digérer le fait de n'être plus identifiable que par ces icônes du film d'action. Rocky Balboa et John Rambo sont sa manière de l'accepter tout en affirmant ses velléités d'auteur à part entière. Autant Rocky Balboa se montrait volubile, expansif et généreux en émotions, autant John Rambo vous laisse comme les rescapés du massacre final, estomaqué et incrédule après ce déchaînement de violence.
Rambo vit maintenant reclus dans la forêt thaïlandaise, capturant les serpents venimeux contre pitance. Toujours pas décidé à rejoindre la soi-disant civilisation américaine qui s'est bien foutu de lui (et de ses compatriotes) après son retour du viet-nam : persécuté dans le 1er film, manipulé dans les suites par son propre père de substitution, cette raclure de colonel Trautman. Retiré des "affaires", il est sollicité par des humanitaires désireux qu'il les conduise en Birmanie pour soigner la population persécutée par la junte militaire. Ils se font capturer et Rambo doit repartir les délivrer en compagnie de mercenaires.
Vu comme ça le pitch s'annonce aussi jouissif que décérébré, à l'image des numéros 2 et 3. Seulement voilà, les premières images annoncent la couleur, ce sera certes une boucherie mais elle sera loin d'être bandante ! Car John Rambo n'est pas moins qu'un hommage à Cannibal holocaust et toutes ces bandes italiennes bien crades. Comme Ruggero Déodato, Stallone utilise pour ouvrir son film des "stocks-shots", ceux-ci ne nous épargnant pas les horreurs des exactions commises à l'encontre du peuple birman. Ou comment plomber l'ambiance de ceux qui s'attendaient à un feu d'artifice festif. Tout le film sera à l'avenant, les corps mis en pièces par les balles, transpercés par les flèches de Rambo, gorge arrachée à mains nues, adversaire littéralement étripé, cadavres pendus aux pieds à moitié dévorés par des cochons, des images fortes et choquantes qui rappellent les mutilations du Dernier monde cannibale et consorts et choisies sciemment par un Stallone appuyant sa démonstration là où ça fait mal ; voilà ce que sont la guerre et la violence. Un examen presque clinique qui annihile toute complaisance pour cette violence extrême.
Si Cloverfield avait des vertus cathartique post-11 septembre, il en est de même pour John Rambo qui permet à son personnage d'exorciser le traumatisme du viet-nam, en une sorte d'exutoire. Cette façon de crier de rage lorqu'accroché à une mitrailleuse lourde il massacre les militaires, l'atteste. L’autre force du film est de parvenir à transcender les faiblesses du scénario. Si les humanitaires et les mercenaires sont stéréotypés, que le très méchant Colonel birman soit si archétypal, c'est bien pour renforcer l'image de ce guerrier atavique et impitoyable que rien ne semble émouvoir.
Une attitude d’autant plus prégnante que durant tout le film Rambo est plutôt avare de mots. Un mutisme qui confine presque à de l'autisme.
God of war
Dans les 3 films précédents aussi il s'avérait peu disert. Seulement ici, c'est bien pour mettre en exergue les quelques paroles qu'il prononce. Quand le nouveau Rambo parle, on l'écoute. Mais le fait qu'il soit peu loquace, que ce soit avec les membres de la mission humanitaire ou avec les mercenaires, souligne un peu plus son détachement de toutes contingences. Il est ailleurs. Voire, il est d'ailleurs. Car Stallone s'ingénie admirablement à reconstruire son personnage et en faire une figure mythologique à part entière. Sly n'utilise peut être pas des mouvements de caméra sophistiqués mais il a un sacré sens du cadre et du découpage. Et c'est bien par l'image que s'opère la transformation de Rambo en véritable dieu de la guerre.
Il en va ainsi de l'attitude monolithique de Stallone tout le long du métrage, de son aptitude à se fondre dans le décor ou à surgir derrière un adversaire. Ensuite, lors de l'abordage des pirates birman, il démontre une réelle capacité surnaturelle à les décimer tous. Au passage, il montre clairement sa détermination en achevant d'une balle dans la tête le seul survivant. Et ce en plan large s'il vous plaît (total respect rien que pour ce plan). Puis, alors qu'il prépare la mission de sauvetage, on le voit forger son arme tel Vulcain. Enfin, lorsque après un combat final absolument tétanisant et renversant, la poussière retombe, on voit John Rambo se tenir debout au-dessus de la plèbe, surplombant la scène tel un dieu contemplant son œuvre. Une scène magistrale et saisissante qui aurait pu (dû) conclure le film. La charge nihiliste n'en aurait été que plus puissante de voir cet agent du chaos se détourner et s'en retourner là d'où il vient, laissant à ses pauvres victimes le soin de gérer le traumatisme vécu. Sans doute dans l’esprit de boucler la boucle, sa mission terminée, John peut rentrer au pays et retourner chez lui, enfin en paix. Dommage.
Le 1er Rambo dénonçait les horreurs de la guerre et le besoin de reconnaissance des soldats qui y avaient vu leurs idéaux bafoués mais de manière allégorique, sous forme de retour au bercail empreint de honte et de persécution. Avec John Rambo, Stallone aborde frontalement le problème et nous donne à voir ce conflit dans toute son horreur. Qu’on ne s’y trompe pas, la volonté de Sly est autant d’alerter sur les conflits en cours (Birmanie donc mais d’autres en filigrane) que ressusciter, pour mieux l’évacuer, le traumatisme de cette guerre du viet-nam. Il y a pourtant eu Platoon, Full metal jacket, Outrages, mais aucun n’avait jamais atteint la force brute du film de Stallone. Barbare John Rambo ? Assurément. Mais en aucun cas “ jouissif ”. C’est un putain de bon film dont la violence, physique et politique, est d’autant plus exacerbée que les personnages virent par moments à l’abstraction pure et simple. Du grand art.
Après deux chefs-d’œuvre tels que Rocky Balboa et John Rambo, la carrière de réalisateur de Stallone s’avère passionnante. Vivement la suite !
Posté le 27.02.2008 par houseofgeeks
Le meilleur baromètre de ce genre de comédie hénaurme sont les « critiques » des magazines télés ou féminins, bref les non spécialistes. Peu exigeants d'ordinaire (il leur suffit d'une star dans un rôle un peu moins convenu pour crier au génie), tous sont unanimes sur la piètre qualité du métrage. Si même eux trouve le film déplorable, il y a de quoi avoir peur.
Difficile après lecture de se motiver pour aller voir la « bête ».Passant outre toute influence extèrieure, je m'astreins donc à une vision de Astérix aux Jeux Olympique comme tout bon adepte de « gonzo » journalisme. Et le résultat à l'écran est inversement proportionnel à l'ampleur du budget, le plus gros pour un film français. Alors quoi, faut -il tirer sur l'ambulance, crier au loup de concert avec les autres critiques ou tenter de trouver par tous les moyens quelquechose à sauver du désastre ? Un peu des trois, d'autant que l'aspect le plus intéressant et qui a échappé à tout le monde est que le duo de réalisateur Langmann/Forestier fait référence au travail d'un autre duo de réalisateurs, les frères Wachowski.
La monstrueuse parade
78 millions d’euros de budget, distribution sur 1078 écrans, une promo maousse, des guests à la pelle, bref ils ont sorti le grand jeu pour les nouvelles aventures du petit gaulois. Une stratégie qui en rappelle une autre, celle d'un autre énervé, le président Sarkozy, dont l'agitation frénétique et permanente cache mal les mesures iniques prises et l'absence d'une politique cohérente. Sans doute ce qui motive le magazine « Marianne » lorsqu'il titre « Astérix aux J.O, un film Bling-Bling ».
Mais au-delà de toute considération politique, le film en lui-même est une aberration. Alors que le film précédent, Astérix et Obélix : mission Cléopatre, mis en scène par Alain Chabat était un gigantesque hommage au Saturday Night Live (dont l'humour des nuls est directement issu) complètement assumé et drôle à la cohérence narrative intacte, la version à Olympie se contente de gags digne du slapstick le plus primaire (les récurrentes chutes de Alafolix) où ne compte que l'enchaînement aussi improbable qu'inepte de saynètes mettant en vedette les comiques les plus populaires (Dubosc, Semoun, Garcia,etc) mais pas forcément les plus drôles. Le plus triste dans l'affaire étant que ce divertissement se voulant populaire par l'accumulation de figures et têtes reconnues ne satisfera que les masses peu regardantes. Tandis que la promo intensive remplit son office, donc les salles, le bouche à oreille pourtant pas fameux n'entame que légèrement la fréquentation. Donnant un peu plus de poids à l'axiome de la grande distribution qui veut que le succès et la qualité d'un film se mesure au nombre de ses spectateurs.
Le teaser (super drôle au début, moins au bout de plusieurs semaines de tabassage médiatique) annonçait la couleur. On y voyait Poelvoorde en Brutus, ordonner à ses troupes romaines de se mettre en formation « tortue » (d’un point de vue animalier). Le même rectifiant le titre du film Astérix aux Jeux Olympiques en un « Brutus aux Jeux Olympiques ». Une note d’intention limpide puisque effectivement, le film est un show Poelvoorde. Seulement ce dernier fait à peine sourire malgré ses efforts. On ne le redira jamais assez mais faire rire est tout un art. Or, ici l'absence de direction d'acteur et de rythme est rédhibitoire. Comment en vouloir à notre comique belge préféré (après Johnny ?) qui semblait lui-même attéré et affecté par ce tournage (sa dépression a bien une origine). Une incompréhension sans doute partagée par le génial Santiago Ségura (acteur fétiche de Alex De La Iglesia et réalisateur entre autres de la trilogie culte Torrente) dans le rôle de Docteurmabus (sic). On se consolera comme on pourra en constatant avec bonheur le peu de scènes mettant en scène Astérix et Obélix (à part le gros chèque, quelle motivation pour Cornillac ?), les deux héros n'étant plus que les faire valoir des rôles secondaires gravitant partout ailleurs. Malheureusement ceux-ci s'avèrent d'aussi minables ressorts comiques. Et ce n'est pas la tentative de sauvetage de l'homme providentiel Jamel Debouze dans les 5 dernières minutes qui fera remonter la côte d'intérêt du film. Pas mieux non plus du côté de la course de char qui se voulait aussi drôle que celle de Ben Hur était épique. Non, l'intérêt du film est décidemment autre
Astérix, Obélix...Matrix (?)
Après le succès rencontré par le péplum survatiminé de Zach Snyder 300, il n'est pas étonnant de voir ici générer via les CGI les nombreux décors et arrières plans. Pas d'ambiance onirique ou fantasmagorique apte à renforcer un traitement mythologique de l'histoire comme dans le film de Snyder. Au contraire, Astérix aux J.O voit ses acteurs s'ébattrent (se débattrent ?) dans des aplats figurant les décors dessinés par Uderzo dans la B.D, particulièrement lors des épreuves olympiques. En clair, Langmann et Forestier veulent donner l’illusion que les planches s’animent. Cette volonté de faire disparaître toute profondeur de champ se rapproche étrangement de ce qu’expérimente actuellement les frères Wachowski avec leur nouvelle réalisation Speed Racer.
Adaptation d’une série animée japonaise à succès, les premières images de Speed Racer montrent des véhicules ultra-rapides se taper la bourre dans des décors aux couleurs plutôt éclatantes et flashy mais surtout tout droit issus d’un manga. Un film qui semble prolonger leur réflexion entamée avec la saga Matrix sur l’imbrication des différents degrés de réalité, leur pérméabilité et leur capacité à englober personnages comme spectateurs. Le désign général de l’entreprise étant clairement influencé par la nouvelle vague japonaise dite « superflat » (voir le blog de l'ami Rafik pour être complet : rafik.blog.toutlecine.com)
Le « superflat » est un mouvement d'art contemporain influencé par l'animé et le manga. C'est une attitude qui vise à analyser la culture japonaise d'après-guerre à travers la sous-culture dite « otaku ». Superflat signifierait littéralement être "trop enfermé" (dans son appartement, pour lire des manga par exemple). Si la vision des Wachowski s’inscrit dans un projet à la cohérence intellectuelle hors norme (Matrix, ça vous dit quelquechose ?), il n’en est pas de même de ce film, se contentant d’illustrer platement des péripéties assez molles et aux effets spéciaux laids à pleurer. A se demander comment un tel budget a été dilapidé. Les nombreux caméos et rôles secondaires de « stars » peut être ?
Bien évidemment, c'est une pure coïncidence si Astérix aux J.O reprend un concept similaire au futur Speed Racer. Après visionnage, il est impensable qu'ils aient eu la volonté de questionner le média à l'aune du succès historique d'une bande-dessinée franco-belge, encore moins d'en tirer des conclusions ou des pistes de réflexion sur la contre-culture associée.
Conclusion, un film qui sera difficile à oublier non pas tant par sa propension à rater sa cible à chaque fois (encore un gag récurrent ?) mais bien parce qu'un tel budget pharaonique aurait pu financer une quinzaine de films de genres et donner corps aux visions de vrais auteurs. Le plus dommageable sera la réputation de plus gros (budgétairement et artistiquement) nanar jamais produit mettant un peu plus à mal la légendaire « exception française ». Mais, on s'en fout, Astérix aux J.O rapportera un max de thunes. Ce qui est quand même le plus important dans la vision mercantile du cinéma véhiculée par Canal +, TF1, France 2 et consort.
Posté le 14.02.2008 par houseofgeeks
Roy SCheider est donc mort. Acteur parmi les figures incontournables des années 70, il aura du mal par la suite à trouver des rôles à sa mesure. Il aura tourné pour les plus grands réalisateurs (Cronenberg, Friedkin, Spielberg) et interprété des personnages emblématiques et archétypaux de ces années dorées (shériff, flic, aventurier/mercenaire...)
Bien sûr, on retiendra ses rôles marquants dans "les dents de la mer", "French connection", "the sorcerer" (le convoi de l apeur en V.F, qu'il serait peut être temps d'éditer en zone 2 !!) ou "le festin nu" de Cronenberg. Mais le reste de sa filmo reste tout de même intéressante.
Rest In Peace Roy.
Filmographie
* 1962 : The Edge of Night (série TV) : Kenny
* 1964 : The Curse of the Living Corpse : Philip Sinclair
* 1965 : Love of Life (série TV) : Jonas Falk
* 1966 : Lamp at Midnight (TV)
* 1967 : The Secret Storm (série TV) : Bob Hill #1
* 1968 : Star!
* 1968 : Paper Lion : No credit
* 1969 : Stiletto : Bennett
* 1970 : Loving : Skip
* 1970 : Portrait d'une enfant déchue (Puzzle of a Downfall Child) : Mark
* 1971 : Klute : Frank Ligourin
* 1971 : French Connection (The French Connection) : Det. Buddy 'Cloudy' Russo
* 1971 : Cannon (série TV) : Dan Bowen
* 1972 : To Be Young, Gifted, and Black (TV)
* 1972 : Assignment: Munich (TV) : Jake Webster
* 1972 : L'Attentat : Michael Howard
* 1972 : Un homme est mort : Lenny
* 1973 : Police puissance 7 (The Seven-Ups) : Buddy Manucci (7up)
* 1975 : Sheila Levine Is Dead and Living in New York : Sam Stoneman
* 1975 : Les Dents de la mer (Jaws) : Police Chief Martin Brody
* 1976 : Marathon Man : Henry Levy
* 1977 : Le Convoi de la peur (Sorcerer) : Jackie Scanlon / "Juan Dominguez"
* 1978 : Les Dents de la mer : 2e partie (Jaws 2) : Police Chief Martin Brody
* 1979 : Meurtres en cascade (Last Embrace) : Harry Hannan
* 1979 : Que le spectacle commence (All That Jazz) : Joe Gideon
* 1982 : La Mort aux enchères (Still of the Night) : Doctor Sam Rice
* 1983 : Tonnerre de feu (Blue Thunder) : Officer Frank Murphy
* 1983 : Jacobo Timerman: Prisoner Without a Name, Cell Without a Number (TV) : Jacobo Timerman
* 1983 : Tiger Town (TV) : Billy Young
* 1984 : 2010 : l'année du premier contact (2010) : Dr. Heywood Floyd
* 1985 : Mishima - une vie en quatre chapitres (Mishima: A Life in Four Chapters) : Narrator (voix)
* 1986 : The Men's Club : Cavanaugh, former Professional Baseball Star
* 1986 : Paiement cash (52 Pick-Up) : Harry Mitchell
* 1989 : Cohen and Tate : Cohen
* 1989 : Listen to Me : Charlie Nichols
* 1989 : Night Game : Mike Seaver
* 1990 : La Quatrième guerre (The Fourth War) : Col. Jack Knowles
* 1990 : Somebody Has to Shoot the Picture (TV) : Paul Marish, Photographer
* 1990 : La Maison Russie (The Russia House) : Russell
* 1991 : Contact: The Yanomami Indians of Brazil
* 1991 : Le Festin nu (Naked Lunch) : Doctor Benway
* 1993 : Wild Justice (TV) : Peter Stride
* 1993 : Romeo pris au piège (Romeo Is Bleeding) : Don Falcone
* 1994 : Wild Justice : Peter Stride
* 1995 : SeaQuest, police des mers (SeaQuest DSV) (série TV) : Captain Nathan Bridger
* 1997 : Money Play$ (TV) : Johnny Tobin
* 1997 : The Definite Maybe : Eddie Jacobson
* 1997 : Pleins feux sur le président (Executive Target) : President Carlson
* 1997 : La Fuite de Plato (Plato's Run) : Alexander Senarkian
* 1997 : Les Enragés (The Rage) : John Taggart
* 1997 : Back home (The Myth of Fingerprints) : Hal
* 1997 : État d'urgence (The Peacekeeper) : President Robert Baker
* 1997 : L'Idéaliste (The Rainmaker) : Wilfred Keeley
* 1998 : The White Raven : Tom Heath
* 1998 : Silver Wolf : John Rockwell
* 1998 : Sécurité maximum (Evasive Action) : Enzo Marcelli
* 1998 : Better Living : Tom
* 1999 : Le Septième papyrus (The Seventh Scroll) (feuilleton TV) : Grant Schiller
* 1999 : RKO 281: La bataille de Citizen Kane (RKO 281) (TV) : George Schaefer
* 2000 : Priorité absolue (Chain of Command) : President Jack Cahill
* 2000 : Falling Through : Earl
* 2000 : The Doorway : Professor Lamont
* 2000 : Daybreak, le métro de la mort (Daybreak) : Stan Marshall
* 2001 : La Dernière rivale (Diamond Hunters) (TV) : Jacobus Van der Byl
* 2001 : Les Anges ne dorment pas (Angels Don't Sleep Here) : Mayor Harry S. Porter
* 2001 : Time Lapse (vidéo) : Agent La Nova
* 2002 : Red Serpent : Hassan
* 2002 : The Feds: U.S. Postal Inspectors : Narrator
* 2002 : Love Thy Neighbor : Fred
* 2002 : Texas 46 : Colonel Gartner
* 2002 : King of Texas (TV) : Henry Westover
* 2002 : New York 911 (Third Watch) (série TV) : Fyodor Chevchenko
* 2003 : Citizen Verdict : Bull Tyler
* 2003 : Dracula II: Ascension (vidéo) : Cardinal Siqueros
* 2004 : The Punisher : Frank Castle Sr.
* 2005 : Dracula III: Legacy (vidéo) : Cardinal Siqueros
* 2006 : Last Chance : Cumberland
* 2007 : The Poet : Rabbi
* 2007 : If I Didn't Care : Linus
Posté le 09.02.2008 par houseofgeeks
Dire que « Cloverfield » était attendu au tournant est un euphémisme. Articulant sa promotion autour de l’absence d’images du monstre et son concept d’une narration ultra réaliste, le film se révèle au final beaucoup plus complexe. Riche de plusieurs niveaux de lecture et d’appréhension, le film se permet d’exorciser un traumatisme collectif tout en rendant un vibrant hommage à l’écrivain Howard Philip Lovecraft (L’appel de Cthulhu, l’abomination de Dunwich, les montagnes hallucinées,etc). Surtout, c'est un film qui ouvre des pistes de réflexion passionnantes sur le besoin irrépressible de fixer des images à vocation testamentaire.
Rarement marketing aura été aussi efficace que dans le cas de « Cloverfield ». Une promo virale qui s’impose en digne successeur du « Projet blair witch » qui avait défrayé la chronique en 1999. Il faut dire que J.J Abrahms est un maître dans l’art de faire monter la pression comme l’a si bien démontré la série « Lost ». D’ailleurs « Cloverfield » entretient un lien de parenté dans la mesure où le buzz est généré par une bande-annonce montrant une jungle cette fois-ci urbaine en proie au chaos et où se font entendre les cris des habitants paniqués. Par quoi, là encore le mystère demeure. Peut être est-ce la même créature vivant sur l’île maudite venu dévaster une autre fiction de son géniteur ? Toujours est-il que le petit monde des cinéphiles du net n’est plus agité que par les spéculations sur l’apparence du monstre. Ou comment détourner l’attention par l’absence d’images. Car savoir à quoi il ressemble, finalement importe peu. Ce monstre agissant en véritable Mc Guffin (élément accessoire autant qu’essentiel puisque moteur de l’intrigue) puisque l’intérêt du film réside bien dans son concept, vivre l’intimité d’une catastrophe.
La fin de l’innocence
Une proximité envisagée comme principal ressort dramatique puisque nous serons constamment accrochés aux basques d’un petit groupe de survivants. Et cela devient même l’enjeu principal puisque la retransmission vidéo débute par les images d’un jeune couple, Rob et Beth, apparemment heureux. Un bonheur très vite contrarié par la superposition des images de la fête de départ du même Rob pour le Japon, le couple étant maintenant séparé. Outre la survie, le but ultime de Rob sera bien évidemment de retrouver celle qu’il aime en dépit des multiples dangers. Et cette idée de montage où des images de leur bonheur passé viennent parasiter le reportage de l’apocalypse ambiante renforce leur quête désespérée d’un bonheur perdu. Un film exprimant parfaitement l’état d’esprit des américains au lendemain des attaques du 11 septembre 2001. « Cloverfield » agissant comme une thérapie cathartique en faisant revivre de l’intérieur la panique immédiate des malheureuses victimes. Une expérience viscérale déjà abordée mais périphériquement par le très bon « Vol 93 » de Paul Grenngrass quand le « World trade center » de Oliver Stone ratait la cible par une bondieuserie trop marquée et une identification rendue impossible par des acteurs reconnus (Nic Cage). Car la force du film de Matt Reeves réside dans ses personnages campés par d’illustres inconnus, procédé qui renforce le climat d’angoisse puisque tous sont menacés de disparition de l’écran. C’est surtout une façon de souligner que la star du film, c’est le film lui-même. Pas de vedettes, une bête qui joue à cache-cache au milieu des buildings, tout passera par la capacité du montage à provoquer toutes sortes d’émotions. Et si le côté amateur est renforcé par le format numérique et les décadrages incessants, les ellipses provoquées dans la fiction sont les signes ostensibles d’un montage maîtrisé afin de contrôler le rythme.

Une attente fébrile et récompensée
Coupons court tout de suite aux critiques mitigées et restant sur leur faim. « Cloverfield » répond parfaitement à nos attentes et se montre aussi éprouvant et tétanisant que possible. Comme son monstre, le film est tout simplement énorme. Le choix d’une caméra DV décuplant les sensations de peur et de désorientation.
Premier coup de maître, l’affiche du film. Les traces des remous laissées dans l’eau et les immeubles éventrés de la berge laissent à penser qu’une créature énorme est sortie des eaux et on pense tout de suite à une sorte de Godzilla. Deuxièmement, la statue de la liberté à la tête tranchée convoque irrémédiablement les dernières images pleines de désespoir du film de Franklin J. Schaffner « La planète des singes ». Et la bande-annonce montrant cette tête atterrir sur le macadam prolonge admirablement cette vision crépusculaire. Outre la forte charge symbolique, cette image d’une statue de la liberté décapitée agit comme un funeste présage à ce qui va suivre.
D’ailleurs, la bande-annonce commence par une introduction digne du « Projet blair witch » puisque nous présentant les images qui vont suivre comme tirées d’un caméscope retrouvé sur les lieux de ce qui était Central Park…
Une habile promo jouant sur la diffusion du moins d’images possible qui couplée à cette introduction liminaire finit d’exacerber le désir d’en voir plus.
Et une fois que la première explosion embrase le ciel, c’est parti pour une course frénétique d’abord pour la survie puis le sauvetage de la belle en détresse. Comme « La guerre des mondes » de Spielberg, la petite histoire rejoint la grande. Sauf qu’ici on abandonnera rapidement toute interaction avec le reste de la population, mis à part l’armée, pour se focaliser sur un groupe restreint à 4 personnes parties à la recherche de leur amie, sachant pertinemment qu’ils ont toutes les chances d’y rester. Le fait que l’introduction ne mentionne pas de survivant scelle un peu plus leur tragique destin.
Isolés, ils traversent un Manhattan en ruines pris entre les ripostes des soldats et les déplacements de la créature. Celle-ci bénéficiant d’apparitions morcelées, une tentacule, un « bras » ou un « pied » gigantesque, quand bien même il se montre d’une taille plutôt respectable. Comme le « Alien » en son temps, montrer le moins possible la créature favorise la tension, elle peut se dissimuler partout et nulle part à la fois. Et ici, malgré sa taille nous n’en aurons jamais une vue d’ensemble nette et précise, profitant des trous et ellipses créés par le montage vidéo.
Certains semblent d’ailleurs plutôt mécontent de ce traitement, le définissant comme roublard et reprocher au film d’être construit sur du vent. Au contraire, le fait que l’origine du monstre soit inconnue, que sa forme réelle soit indéfinissable renvoie à l’impossibilité de décrire l’innommable dans les écrits de H.P Lovecraft. En somme, le meilleur moyen de stimuler l’imagination.
Des reproches qui avaient été faits également au « Projet Blair witch » qui foutait une pétoche d’enfer grâce à la seule force de la suggestion et une image furtive de la menace en toute fin de métrage.
Un seul espoir : témoigner
En toute illogique, le caméraman s’obstine à filmer pendant ses moindres déplacements. Obéissant ainsi au nouvel instinct créé par les nouvelles technologies, témoigner en le filmant ou le prenant en photo du moindre évènement. Image saisissante que ces rescapés agglutinés téléphones portables en main en train d’immortaliser la tête de la statue de la Liberté gisant à terre. Une fois retrouvés leurs esprits voilà ce qu’ils font en premier. Désormais l’instinct de survie est supplanté par ce besoin de témoigner, de laisser une trace. Ce sera d’ailleurs le seul espoir pour nos deux tourtereaux en toute fin pour qu’ils survivent au moins dans la mémoire collective : déclamer son identité face caméra.
Filmer devient une obsession et le véritable sujet du film. Au-delà de revivre le traumatisme du 11 septembre et raconter la quête intime de ses personnages, plus qu’un survival urbain, le film est la traque de cette bête qui échappe à tout objectif, photo ou caméra. Le but ultime est d’arriver à imprimer son image sur pellicule. A chaque fois qu’il sera à proximité, le caméraman tentera d’en avoir des images suffisamment stables, pour savoir ce que c’est et comprendre, peut être. Les circonstances l’en empêcheront toujours (explosion, fuite, attaques d’espèces d’araignées géantes…) jusqu’à ce qu’ils soient évacués en hélicoptère. A l’abri et tandis que l’armée bombarde le monstre, il peut enfin faire la mise au point. Nous en aurons donc un aperçu plus complet malheureusement l’helico finira par se crasher. Un premier avertissement sans frais puisque les 3 héros s’extirpent des décombres. Seulement, une fois que Hud récupère la caméra et qu’il filme en gros plan et de face la créature arrivée sur les lieux (la même ?), il mourra dévoré. Ultime hommage à Lovecraft, car si ses protagonistes devenaient fous et mourraient d’avoir contempler l’indescriptible (Cthulu et consort), le même sort attend les personnages de « Cloverfield » qui parviennent à voir l’infilmable.
Le phénomène « Cloverfield » ouvre donc le bal d’une année qui sera marquée par des films tournés en caméra subjective puisqu’on attend le terrifiant « REC » du duo Balaguero et Plaza et le politique « Diary of the dead » de Romero. Chacun poursuivant un but propre mais tous avec la furieuse envie de proposer une vision ultra-réaliste d’évènements fantastiques à même d’immerger plus profondément encore le spectateur. Avec le développement des technologies liées à la vidéo, chacun peut être le réalisateur de sa vie grâce à son portable ou sa mini caméra DV. Des films qui, comme le « Vidéodrome » de Cronenberg en son temps, illustrent et confrontent les spectateurs à leur devenir image.
Posté le 04.02.2008 par houseofgeeks
Attention, le scénariste du prochain Spiderman est trouvé. Et nul doute que la qualité sera au rendez-vous, alors si en plus Sam "the man" Raimi rempile, on peut s'attendre à du lourd.
Oui, car c'est nul autre que James Vanderbilt qui signera les nouveaux exploits de l'homme araignée. Le bonhomme étant le scénariste de "Basic" (le dernier Mc Tiernan en date, 6 ans déjà) et du monumental "Zodiac" de David Fincher.
Vanderbilt commente : "Je suis un grand amateur des trois premiers films. C'est évidemment un long processus et difficile de se confronter aux scénaristes d'origine qui vous disent ce qu'il va falloir faire. Mais j'ai la chance de leur avoir plu et de pouvoir réellement faire mes preuves. Lorsque la grêve sera terminée, je me lance !"
Aucune date de tournage n'a cependant été avancée et on ne sait toujours pas si Sam Raimi doit reprendre sa casquette de réalisateur !
Posté le 31.01.2008 par houseofgeeks
La série XIII est donc terminée. Du moins sur papier puisque est mis en chantier une mini-série (2x90 minutes) adaptant la BD culte. Elle sera d’abord diffusée à Pâques sur canal + puis d’ici à la fin de l’année sur M6.
Une bande-dessinée qui est une adaptation du roman de Robert Ludlum « The Bourne Identity » paru en 1980, s'inspirant de l'histoire de Jason Bourne pour porter un regard rétrospectif sur l'Histoire américaine contemporaine. La bande-dessinée a un tel succès critique comme public que l'on oublie peu à peu sa véritable origine. Sacrée mise en abyme pour une intrigue axée sur un amnésique en quête de ses souvenirs.
Puis en 1988, Richard Chamberlain (« les oiseaux se cachent pour mourir » « Allan Quaterman… ») incarne le héros d’un téléfilm intitulé « la mémoire dans la peau » soit le titre du roman éponyme, mais adaptant l’intrigue de la bande-dessinée !!? Et cette même année 1988, sortait sur les écrans un film assez sympa qui étrangement, fera date dans l’histoire des films d’action, un certain « Die hard » et son héros dur à cuire John Mc Clane. Heureux hasard, on apprend en 1990 dans l’album « la nuit du 3 août », le supposé (à l’époque) vrai nom de XIII, Jason Mac Lane. Et comment être étonné de lire dans ce nom un hommage au héros ayant inspiré la série, Jason Bourne, et celui dont les traits de caractères sont similaires, John Mc Clane ? Outre la perte de souvenirs, XIII entretient d’autres similitudes avec Bourne et notamment la manière dont il se découvre des capacités presque surnaturelles de se défendre. Quant au héros de « Die hard », comme lui, il subit plus qu'il ne provoque les évènements.
Et tandis que les années 90 se terminent, la saga XIII décline peu à peu (voir article précédent pour analyse). Laissant le champ libre au retour du Jason Bourne originel dans le film de Doug Liman « la mémoire dans la peau » (2002). Suivront deux séquelles réalisées par Paul Greengrass et dont la dernière en date s’avère décevante. Mais peu importe, la trilogie a remis au goût du jour des aventures d’espionnages plus réalistes, lumière naturelle, tendance monochromatique, action brutale et âpre, soit une esthétique issue des années 70.
Le 13 novembre 2007 a donc vu la parution du dernier tome des aventures du numéro XIII. Une fin assez quelconque pour une BD qui aura connu un succès sans précédent. C’est donc en toute logique que l’adaptation live est lancée, capitalisant à la fois sur l’album n°19 comme sur le dernier film de la trilogie « la vengeance dans la peau ». Et ironique retour des choses, on se dirige tout droit vers un traitement et une esthétique directement héritée des Jason Bourne. Il n’y a qu’à voir le casting rajeuni pour l’occasion : Stephen Dorff (« Blade », « Cecil B. Demented ») sera amnésique et Val Kilmer (« Top gun », « Spartan ») une « mangouste » ! Ceux qui attendaient une fresque historique digne de la BD en seront pour leur frais. De toute façon, dépeindre en 180 minutes une intrigue aussi foisonnante et traversant des décennies d’Histoire relevait de la gageure. Espérons au moins que le réalisateur Duane Clarck (des épisodes des « Experts ») ne nous filera pas la gerbe avec une caméra frénétique. Déjà que ce casting est assez indigeste.
Bonne chance dans ta nouvelle vie Jason Mac Lane…..
Posté le 31.01.2008 par houseofgeeks
Le 13 novembre 2007, sont parus les deux derniers tomes des aventures du plus charismatique des amnésiques du 9ème art, XIII. Albums n°18 « la version irlandaise » dessiné par Jean « Moebius » Giraud et n°19 « le dernier round » qui mettent un terme à ses pérégrinations.
Et il faut bien l'avouer, il était temps que cela se termine !
Victime de son succès
Parue pour la première fois en 1984, XIII connaît un grand succès et devient au fur et à mesure des albums un best seller de la bande dessinée. La série bénéficie du fait d'être l'une des premières à avoir introduit le thème de l'espionnage dans le neuvième art. Il s'agit de plus d'une saga à suivre, contrairement à l'autre grande série populaire du même scénariste, Largo Winch. Cet étalement sur la durée permet à Van Hamme de développer une intrigue complexe mais lisible, aux multiples rebondissements. Le dessin, réaliste et sobre, est très accessible.
Les premiers albums, qui sortent au rythme soutenu d'un par an, connaissent un succès croissant, essentiellement grâce au bouche à oreille. En 1990, après la première année sans XIII, deux albums (« le dossier Jason Fly » et « la nuit du 3 août ») sortent à quelques mois d'écart, soutenus par une importante campagne publicitaire qui ouvre à la série les portes de la grande distribution. Pour l'album suivant « XIII contre un », l’éditeur produit même un spot de huit secondes pour le cinéma, une première dans l'histoire de la bande dessinée, qui propulsera l'album à plus de 175 000 exemplaires vendus. XIII marque le premier mariage à grande échelle entre BD et marketing : peu avant la sortie de chaque nouvel album, les premières planches sont publiées dans différents journaux. Des accords sont passés avec la Française des jeux, avec des éditeurs de jeux vidéos et de jeux de société et XIII est décliné sous tous les angles possibles. La série est devenue un produit dont on crée le besoin grâce à une promo abondante et savamment orchestrée. Ultime accroche, la mention culte est de fait accolée. Pris au propre piège de sa réussite, la série au départ si ambitieuse se mue en une entreprise commerciale de luxe. L’attente de lecteurs de plus en plus nombreux est telle que Van Hamme bâcle ses scénarios qui ne sont plus que des prétextes à de l’action échevelée et des retournements parfois assez rocambolesques. La série demeure plaisante à lire mais dans l’opération, a perdu son âme.
Le fil rouge, soit la recherche désespérée de son identité, a conduit notre numéro fétiche dans une spirale mémorielle qui pris sur la fin des proportions inflationniste : d'un album à l'autre (parfois dans le même) son identité changeait au gré des rebondissements scénaristiques afin de relancer la machine et donc l'intérêt des lecteurs. Qui est vraiment XIII ? C'est là la question à laquelle répond le dernier album. Mais est-ce si important de connaître sa véritable identité ? Pas vraiment, car le plus intéressant dans cette série était justement le parcours alambiqué et torturé de Jason Mac Lane pour tenter de lever le voile sur son passé.
Et c'était véritablement sa capacité de raisonnement et de réaction pour se sortir des embrouilles qui étaient le moteur de l'intrigue. Seulement, à partir du moment où la conspiration fut conjurée et le numéro I démasqué (dans l'excellent album « Le jugement »), XIII devint de plus en plus passif pour peu à peu disparaître du premier plan au bénéfice de tous les personnages secondaires gravitant autour de lui. Devenant plus une présence fantomatique hantant les albums. C'est bien simple, ce sont ses amis les plus intéressés par la découverte de la « vérité ». C’est également dans cet album charnière que disparaît « la mangouste », LE méchant de la série. Tueur responsable de l’amnésie de notre héros – exécution ratée – il tentera par tous les moyens de réparer son erreur. Deux êtres inextricablement liés par le destin, le créateur face à sa « créature ». Le complot mis à jour et son « chien de garde » mis hors d’état de nuire, la série perd son principal ressort dramatique. Reste la quête de XIII, découvrir qui il est. Mais le cœur n’y est plus.
Sans doute par peur de lasser mais plus prosaïquement pour attirer de nouveaux lecteurs (la série dure depuis 1984 quand même), une nouvelle orientation fut donc donnée. Un peu ce que les comics ont l'habitude de faire régulièrement, relancer une série en repartant sur de nouvelles bases. Mais on peut aussi rapprocher « XII » de la série « Twin peaks ». Bien que formellement différentes, Lynch et Van Hamme avaient dans l'idée de faire une série au mystère perpétuel. Ils sont plus intéressés par ce qu'il révèle que par sa résolution. Si nous avons fini par connaître le nom de l'assassin de Laura Palmer, c'est bien à cause des pressions de la chaîne. De même que ce fut une décision éditoriale de stopper en pleine gloire, avant un essoufflement des ventes et une lassitude des lecteurs. Une manière d'assurer une rentabilité maximale sur une série devenue objet de culte : jeu à gratter, promo à grande échelle à chaque nouvel album, jeu vidéo...Et bientôt, adaptation live (voir article suivant).
L’Histoire sans fin
Lorsque Lynch dévoila l'identité du meurtrier, il s'ensuivit dans la seconde partie de « Twin peaks » une exploration aussi passionnante des coulisses du mal à l'oeuvre dans cette ville. Ce que ne réussit pas complètement la saga XIII dans son exploration du passé morcelé de notre héros. Mais ce qui fit le plus grand mal a été la disparition du tueur à gage « la mangouste ». Un vieillard aussi retors, intelligent et impitoyable qui donna bien du mal à l’homme dans la force de l’âge surnommé numéro XIII. Une fois encore, l'adage qui veut que la réussite de toute oeuvre de fiction tienne dans la fascination pour le bad guy se vérifie. Le charisme et l'ambiguïté de « la mangouste » en font une des figures du mal les plus réussies, aussi mythique que peut l'être Dark Vador. Surtout, il était le parfait contre-point de XIII, aussi déterminé à le tuer que l'autre était déterminé à faire la lumière sur ce qu'il lui était arrivé.
Mais le véritable intérêt de la série et le génie de Van Hamme est d'avoir fait de son personnage une quasi feuille blanche sur laquelle se réécrivait son histoire, elle même intrinsèquement liée aux plus grands évènements historiques des États-Unis puisque le premier album (« le jour du soleil noir ») le présente tout de même comme l'assassin du président américain Walter Shéridan. Avec cette série, le véritable propos de Van Hamme est de revisiter l'Histoire de ce pays hanté par ses « démons » : assassinat de JFK, révolution en Amérique latine, mafia, CIA, Ku Klux Klan, le maccarthysme, etc… Le tout, articulé autour d'une intrigue tournant autour d'un complot qui permet de donner forme aux peurs les plus abstraites, paranoïa et origine cachée. C’est ce qui a contribué à son succès, la série s’ingéniant à trouver une explication à ce qui se révèle être une conjonction d'évènements comme à l'éternelle question « Qui suis-je ?».
Horizon vers qui tous les fils narratifs convergent, l'identité de XIII est un Mc Guffin (1) moderne, ni plus ni moins.
Et c'est la popularité croissante de la série qui précipita son arrêt. Par peur d'une désaffection si le mystère demeurait trop longtemps entretenu. Surtout, l'objet de toutes les attentions s'était reporté sur la possibilité donnée ou non à XIII de lever enfin le voile sur tout son passé. On l'a dit, Van Hamme était plus intéressé dans l'exploration de toutes les pistes narratives possibles que dans la révélation. La renommée acquise étant devenu un carcan à son imagination, et pour éviter de perdre les lecteurs, les derniers albums voyaient leurs intrigues tellement diluées qu'au final elles ne racontaient plus rien. Il était temps d'y mettre un terme.
Donc, à la fin de l'histoire, XIII sait qui il est. Ou plutôt il connaît son véritable nom et sait qui il n'est pas. Autrement dit, il doit se reconstruire en repartant presque de zéro. Une deuxième chance sans pareille que par analogie on peut considérer comme une seconde naissance. D'ailleurs, le major Jones (très belle black et petite amie de notre héros) l'a compris dès le départ, refusant de l'appeler autrement que par le nombre porte bonheur, le fameux XIII.
(1) Un McGuffin est un néologisme hitchcockien. C’est un objet qui ne sert qu’à faire agir l’acteur : la recherche de documents, un verre de lait, tout ce qui fait bouger, réagir, vivre le personnage et qui n’a aucune autre utilité que d’accroître le suspens (éventuellement).
Il déclare à Truffaut : « C’est extrêmement important pour les personnages du film, mais sans aucune importance pour moi, le narrateur. »
Le McGuffin ne veut rien dire, ne représente rien. Le nom même est créé pour faire parler les bavards, et imaginer les plus folles théories. Il a une consonnance écossaise, et pourrait être n’importe quoi, tant que c’est absurde.
Voici comment Hitch raconte l'origine du terme :"Deux voyageurs se trouvent dans un train en Angleterre. L'un dit à l'autre : "- Excusez-moi Monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre qui se trouve au-dessus de votre tête?
- Oh c'est un McGuffin.
- A quoi cela sert-il?
- Cela sert à piéger les lions dans les montagnes d'Ecosse.
- Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Ecosse.
- Alors il n'y a pas de McGuffin."
Evidemment l'anecdote est surtout faîte pour faire parler les bavards...et pour répondre à ceux qui voulaient une vraie réponse.
Posté le 27.01.2008 par houseofgeeks
Après quelques atermoiements, « Frontière(s) » le premier film de Xavier Gens est enfin sorti. Un accouchement non sans douleurs car le film aura subi une production plus que chaotique - Gens obligé de shooter en cachette les scènes les plus extrêmes, son producteur voulant un film PG-13 (interdit aux moins de 13) – une distribution différée – Europa Corp voulant capitaliser sur « Hitman » - et enfin un comité de censure (appelée chez nous C.S.A) qui impose une affiche absurde et enlaidie par les mentions que le film accumule les scènes de boucherie, etc. Tout est donc réuni pour faire de « Frontière(s) » un bide et un objet honni par la critique, les spectateurs et les soi-disant fans de film de genres. Et c’est ce qui est en train de se passer.
Sans doute l’attente suscitée par un film se positionnant d’emblée dans le genre horreur sans concession aura jouée en sa défaveur. A force, d’attendre sa sortie chacun se sera fait sa petite idée et imaginé les scènes les plus horribles suivant son degré de déviance. Et bien qu’imparfait, souffrant d’une histoire prétexte un rien minimaliste voire parfois simpliste, « Frontière(s) » est pourtant loin d’être le nanar ou le pétard mouillé tant décrié. Mieux, il devient indispensable de le défendre et le supporter en salles si l’on veut que les financiers consentent à donner quelques billes pour de futurs projets aussi risqués commercialement.
Xavier Gens a été assistant réalisateur de Ringo Lam sur « Risque maximum » mais s’est surtout fait remarquer par sa maîtrise de la narration et des cadres avec le court-métrage « Au petit matin » (avec Estelle Lefébure, déjà), « BTK – Born to Kast » et un épisode (le meilleur ?) de l’anthologie Sable Noir et intitulé « Fotographik ». Des programmes courts à la tension permanente et en crescendo qui se terminent bien souvent dans un bain de sang. Réalisateur sevré aux chef-d’œuvres des Hooper, Carpenter, Lustig, Mc Tiernan,etc et élevé voire éduqué par Mad Movies. En clair, un réalisateur qui a tout pour plaire.
Alors, qu’est-ce qui cloche ? Sûrement que le film dérange par son amour des situations les plus extrêmes en mettant en scènes ses figures les plus extrémistes (un Sarko-like puis une famile de nazis cannibales), pour en faire une expérience rare dans le paysage cinématographique actuel.
Le scénario écrit par lui-même est une réaction au passage du Front National au deuxième tour de la présidentielle de 2002, auquel s’est depuis rajouté le traumatisme de vivre en Sarkozie. Des émeutes qui servent de toile de fond et permettent de contextualiser l’intrigue. Et bien que la référence n’alimente autrement l’histoire qu’en l’encadrant, elle permet de mesurer le parcours des protagonistes. Des personnages assez crédibles et qui vont passer un sale quart d’heure.
Globalement, l’interprétation est à saluer. Les quelques réserves concernant Le Bihan dont le cabotinage est à la limite de décrédibiliser la brute épaisse qu’il joue et les dialogues assez pauvres qui n’aident pas vraiment Estelle Lefébure et les autres. Cette dernière est d’ailleurs dans ce film le portrait craché de Sheri Moon Zombie, la femme de notre métalleux préféré. On en vient donc au point névralgique, les références qui imprègnent tout le film.
En premier lieu, le « Massacre à la tronçonneuse » de Hooper puisque « Frontière(s) » en reprend la trame principale et ses moments clés (le repas de famille notamment) mais sans jamais virer au plagiat éhonté. Gens a l’intelligence de s’en démarquer et de ne pas en livrer une pâle copie aussi ostentatoire qu’inutile. Autre film imprégnant le métrage, « Psychose » de Hitchcock mais sans scène de douche. On peut s’amuser à dénombrer les autres emprunts (en vrac « The descent », « Hostel », « la mouche », « Die hard »… mais là n’est pas le but. La reconnaissance cinéphilique importe peu à Gens qui s’en sert surtout pour stimuler les cerveaux des spectateurs.
Un cinéma qui se rapproche d’un autre fan-réalisateur, Christophe Gans. Mais en plus viscéral, Gans peinant à créer un lien avec le spectateur autre qu’esthétique. Ses films sont très beaux et virtuoses mais souffrent d’un manque émotionnel certain.
« Frontière(s) » propose donc de suivre le calvaire initiatique de 4 jeunes des cités, plongés en plein cauchemar nazi au cœur même de la campagne française. Réalisation au cordeau, bien que souffrant parfois du surdécoupage des fusillades, et inventive, photographie léchée, construction des plans remarquable (on sait à chaque instant dans quel lieu se situe l’action, voir carrément de dessiner les plans de la ferme à la sortie de la salle !), Gens est un cinéaste émérite.
A peine si on peut déplorer des séquences de torture et d’action qui ont tendance à s’autonomiser, perturbant quelque peu le rythme.
Mais ce qui laisse pantois, ce sont bien le CSA et certaines critiques taxant le film de complaisance et de voyeurisme. Les rapports de force sont violents, mais jamais gratuit. Mieux, Gens utilise toujours la bonne distance pour filmer ces horreurs. Si les nazis se font découper ou sauter la tête dans des gros plans bien gores et craspec, au contraire les malheureuses victimes subissent les derniers outrages avec dignité, soit à chaque fois à l’abri des regards.
Et si le film se termine dans une rage libératrice, elle est loin d’être apaisante.
« Frontière(s) » est loin d’être le chef-d’œuvre définitif attendu et espéré, la faute à un script bancal et des sautes de rythme sans doute dues à la difficulté de passer d’un format court à un long métrage. Mais en l’état, il reste une formidable expérience éprouvante, un film sincère et humble, transgressif et avec de vraies propositions de mise en scène et que l’on aurait tort de snober. Xavier Gens est un mec à suivre et supporter et non à conspuer. Parce que des films comme ça, déjà que l’on en voit peu, on est pas près d’en revoir.
Alors, lorsque l’on est capable de s’enquiller des « Détour mortel I et II », « Feast », le remake de Nispel de « Massacre à la tronçonneuse » sans sourciller, que l’on estime « A l’intèrieur » sur-estimé et que l’on fait la fine bouche devant « Frontière(s) », il y a de quoi s’inquiéter….