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Live free or die hard !

Live free or die hard !

Posté le 10.09.2007 par houseofgeeks
John Mc Clane est de retour ! 12 après sa dernière apparition sous l’égide de John Mc Tiernan, il revient enfin.
Las, ce n’est pas Mc T . qui s’en charge mais Len Wiseman. Les deux Underworld sont certes très réussis visuellement mais on ne peut pas dire que l’intéressé ait pour le moment réussi à imposer une vision et un univers à la fois personnel et original. Mais bon, tout le monde ne peut avoir l’étoffe d’un génie cinématographique.
Le bonhomme a un certain talent, pas de doute. Outre l’évidente opération commerciale que représente ce retour inespéré, il est intéressant de noter qu’il participe du revival généralisé des grandes figures héroïques des années 80 (Rocky Balboa l’année dernière et Rambo IV en 2008). Et alors que la démarche de Stalone , au-delà d’une énième tentative de relance de sa carrière, apparaissait sincère et humble de livrer un dernier chapitre à un personnage devenu maintenant mythique, le retour de Mc Clane suscite des interrogations.

Mais d’abord, a-t-on eu droit à du grand spectacle ? Sans retenue, la réponse est bien évidemment oui. Mais en a-t-on eu du bon ? Et là, ça coince un peu.
Pour illustrer un pitch aussi délirant que débile (comme tous ceux de la saga, d’ailleurs) ; une organisation « terroriste » dirigée par un super-patriote se charge de montrer à l’Amérique les failles de son système de protection et de sécurisation en prenant le contrôle du pays par le biais d’une gigantesque OPA ; nous avons droit à des scènes d’action vraiment hénaurmes. Le terrain de jeu ayant cette fois les limites de plusieurs états, nous assistons médusés à un incroyable accident de la circulation dans le pont reliant New-York et le New-Jersey, l’explosion d’une raffinerie de gaz naturel ou encore la destruction d’une autoroute à plusieurs niveaux lors de la poursuite d’un semi-remorque par un avion de chasse !
Tandis que Mc Tiernan utilisait la structure d’un film d’action pour en redéfinir le concept, redonner toute son importance aux véritables héros, ces hommes de la rue dont Mc Clane est à la fois le digne représentant et un modèle indépassable, tout en questionnant et travaillant son statut d’icône, Wiseman se contente de fournir le lot attendu de péripéties toujours plus spectaculaires.
C’est bien beau d’utiliser les gimmicks de la saga (Yipikaye, Mc Clane seul contre tous, le duel final, l’objectif dissimulé des « terroriste », les relations conflictuelles avec sa femme/sa fille ici, etc) mais c’est méconnaître et surtout faire injure au véritable apport de Mc T à cette franchise.
Dans son entreprise d’en faire toujours plus, « Die hard 4 » se rapproche du deuxième épisode tourné par Renny Harlin. Si « 58 minutes pour vivre » était un quasi remake de « piège de cristal », « Die hard 4 » est le quasi remake du troisième opus.
Les deux s’interrogent sur le buddy-movie, (genre emblématique du film d’action estampillé eighties depuis « 48 heures » ou « Lethal Weapon »). Là où Mc T en montrait les limites, Wiseman en utilise les ficelles les plus éculées.
Cependant, le side-kick interprété par Justin Long est loin d’être inutile à l’intrigue. Bien que son jeune âge soit justifié afin que la jeune génération ne connaissant pas John Mc Clane (mais est-ce seulement possible ?) puisse s’identifier, il est là avant tout pour guider Mc Clane au milieu de la technologie numérique et virtuelle qui régit son monde.
Car Mc Clane est un être analogique. L’un des enjeux est donc son adaptabilité à son nouvel environnement.
Après avoir contraint et marqué l’environnement physique des précédents opus, il doit ici passer l’épreuve du numérique.
On ne peut pas dire qu’il en sorte indemne.
Mais plus que des répercussions sur sa personne, c’est bien au niveau de sa représentation que l’icône du film d’action est bouleversée.
Les effets numériques, par nature, lissent les images. Cette fois-ci, ils ont eu la peau de notre anti-conformiste préféré.
Dans « Une journée en enfer » il coopérait déjà avec les forces de police et se pliait aux règles du jeu de Simon Gruber mais cela le conduisait dans une impasse (parfaitement rendue par l’épreuve de la fontaine) et précipitait le retour aux bonnes vieilles méthodes et le chaos (illustré par une caméra et une réalisation en roue libre).
Dorénavant, le personnage lui-même est le garant de l’autorité (voir les remontrances de John au jeune hacker). Alors que précédemment la menace l’impliquait en premier lieu (sa femme étant prise en otage dans les 2 premiers, vendetta du frère Gruber dans le 3ème), cette fois-ci il se trouve juste « au mauvais endroit, au mauvais moment » (suivant le slogan de la campagne promo), n’agissant plus que pour correspondre à l’image de l’ultime cow-boy que sa popularité aura façonnée. Un manque d’enthousiasme patent que révèle son assertion qu’il faut bien que quelqu’un fasse le job. Les années et surtout les exécutifs ont eu raison de la « bad-mother-fucker » attitude de Mc Clane. Toute la force du personnage tenait à sa capacité de se transcender face à un danger l’impliquant personnellement et donc émotionnellement. Et c’est pour corriger cette erreur que les costard-cravates d’hollywood ont orchestrés l’enlèvement de sa fille en milieu de film. Complètement artificiel, il ne fait qu’ajouter à notre déception.
Oubliant d’impliquer émotionnellement le spectateur, le film tente d’imprimer un rythme trépidant balisé par des scènes d’actions toujours plus incroyables.
D’accord, il en prend plein la gueule. Certes, il a encore plus de stigmates qu’avant. Oui, il est précipité dans des situations toujours plus désespérées. Cependant, l’essence même du personnage est pervertie.
La faute à des scènes d’action bien filmées mais sans âme, le charisme défaillant du bad-guy (malgré les efforts louables de Timothy Oliphant) et un duel final trop vite expédié, trop bavard et singeant de manière désolante celui du 1er.
Pire, le costume du héros est carrément passé à la trappe ! Mais où est son « marcel » désormais emblématique ?

Voulant relancer la franchise en la façonnant de telle sorte à attirer la jeune génération tout en essayant de contenter les fans de la première heure, le film s’avère un bon gros actionner très divertissant mais un piètre « Die hard ».
A l’image de l’environnement numérique de ce 4ème épisode (tant esthétique que narratif), la franchise et le personnage sont sous respiration artificielle.
Tant quils ne tombent pas dans un coma avancé, l’espoir demeure.


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Ouaip
Posté par Rise le 15.09.2007
Je suis d'accord avec toi. Le film gache la série, enchainant les scènes spectaculaires et de plus en plus ridicules (pas mal l'avion en vol stationnaire que Mc Lane explose sans trop de pb). Sans oublier les clichés sur les geeks incapables de communiquer, qui se morfondent dans des caves noires, adeptes de théories sombres et pessimistes, et tout le bla bla sur la destruction d'un pays.

Et, peut être le pire, McLane a une attitude résignée, aucune réactivité, il est tout mou, lancer des "je vais te crever conard et te mettre une grenade dans le cul" toutes les 10 minutes ne suffit pas pour faire de lui un héros charismatique.
Dommage qu'autant de moyens soient gachés !
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