L'étincelle qui met le feu aux poudres vient de l'équipe de seconds couteaux (pour être sympa) des "News Warriors". En mal d'audience, de reconnaissance, L'équipe menée par Speedball s'associe avec une émission de télé-réalité. Malheureusement, lorsqu'ils tentent d'appréhender le vilain Nitro tout dégénère. Avec un nom pareil, pas besoin de vous faire un dessin concernant ses pouvoirs ! En plus, étant shooté à mort par une drogue composé de gênes mutants synthétiques augmentant sa puissance, lorsqu'il explose pour échapper à ses poursuivants, c'est tout le quartier de Stanford qui est balayé. Tuant ainsi des centaines de civils en majorité des enfants. Speedball en réchappe et bien évidemment fait un bouc-émissaire idéal. Pensez, une équipe de jeunes écervelés contrôlant mal leurs pouvoirs, sans aucun sens tactique dont les actions entraînent autant de destruction, c'est du pain béni pour le gouvernement qui peut mettre sur de bons rails sa loi de rescensement des super-héros.
Tandis que Speedball est fait prisonnier, n=bien vite deux camps se dessinent et s'opposent. Les partisans de la loi emmenés par Iron-Man et les résistants dirigés par Cap América.
Spider-man se range auprès de son nouveau mentor, Tony Stark. Par loyauté (celui-ci lui a confectionné un costume-armure et surtout accueilli dans sa tour tante May et sa femme M.J) et aussi par conviction (à grands pouvoirs, grandes responsabilités). Et pour bien montrer sa bonne volonté au monde humain et super-héroïque, sur les conseils de Tony, Spiderman se démasque en pleine conférence de presse, dévoilant à tout le monde qu'il est Peter Parker ! Tout le monde y compris les vilains...Et sa vie déjà pas bien rose vire au cauchemar permanent.
Les deux factions se livrent à une véritable guerre (d'où le titre du cross-over : Civil War), voire même des véritables actes de guérilla urbaine pour les vengeurs secrets de Cap. Les divers affrontements occasionnent de nombreux dégâts matériels mais aussi affectifs. Des équipes se déchirent (l'arc New avengers : la séparation) ainsi que des familles. Et même LA famille. Et oui, les 4 fantastiques sont frappés de plein fouet. D'une part, Johnny Storm se fait agresser par les mêmes gens qui avant Stanford l'adulaient et se retrouve dans le coma. Red prend fait et cause pour Iron Man, la Chose préfère s'exiler à Paris et Jane quitte carrément son mari, persuadé qu'il a tort et surtout meurtri de voir à quel point il s'obstine dans une voie aussi malfaisante, malsaine et fascisante.
Une loi de rescensement qui fait bien entendu écho au "patriot act" instauré par Bush et consorts au lendemain du 11 septembre.
Il faut déplorer également des morts, notamment giant-man, transpercé par la puissance de Thor ! Mais au fait, il était normalement mort celui-là (a peu près au moment de l'arc "les vengeurs : la séparation" Thor et Asgard périssaient sous les coups de Ragnarok). Un dieu du tonnerre ressucité (pas vraiment une surprise chez les super-héros ?) ? Non. Red Richards a commis l'ultime outrage, il a carrément cloné Thor, fabricant un être cybernétique à partir de la dépouille et du marteau de celui-ci !!
Et c'est pas fini.
Cap récupère de nombreux partisans venus de tous horizons, même du camp d'en face et organise la résistance à partir d'anciennes bases secrètes de Nick Fury. Les opérations ainsi menées par leur réussite, font durer le conflit et fragilisent la position de Iron Man. Celui-ci décrétant que tous ceux refusant de se faire ressencer seront pourchassés et emprisonnés !
ça y est, le rubicon vient d'être franchi. Et par qui vont-ils être pourchassés ? D'une part par les héros ayant fait allégeance à la loi et qui se retrouvent désormais à la solde du gouvernement. Et d'autre part, vu l'ampleur prise par le conflit, Tony engage carément les pires vilains de l'univers !
Bon et après, où est-ce qu'on emprisonne tout ce petit monde ? Vous connaissez une prison assez solide pour les contenir tous ? Sur terre, non. Alors Red, le petit génie (du mal ?) de la bande, en construit une immense à l'intérieur de la zone négative (zone interdimensionnelle régie par des lois physiques et temporelles diférentes) !
Et pendant que les héros se fritent entre-eux, c'est le paradis pour le reste des vilains non enrôlés par le gouvernement ! Et là entre en jeu le Punisher. L'occasion pour Marvel de relancer la défunte série "Punisher : War journal". Confiée aux bons soins de Matt Fraction, cette série est enlevée, la violence sèche et les dialogues remarquables. Le punisher rejoint même un temps les rangs de Cap, mais est bien vite viré, ses méthodes un peu trop radicales déplaisant fortement. Mais avant de se faire jeter, il parvient à sauver la mise de notre tisseur de toile adoré qui après une crise de conscience aigüe s'est retourné contre son patron Iron Man.
Pendant ce temps, Speedball toujours emprisonné est soumis à la question (cf les méthodes de l'inquisition) : est-il prêt à reconnaître que tout est de sa faute et à accepter la loi ? Interrogatoires musclés, torture, tentative de meurtre sur sa personne, notre ami est tellement mal en point qu'en réaction son corps génère un nouveau pouvoir intimement lié à la souffrance physique ressentie.
Finalement, au bout du rouleau et ayant dans l'idée d'expier ses fautes, il accepte de signer et devient désormais Penance. Et pour faire pénitence, rien de mieux qu'un nouveau costume genre vierge de Nüremberg (sorte de sarcophage incrusté à l'intèrieur de piques. Vous imaginez le résultat quand on le referme !) avec une pique pour chaque gamin tué qui appuiera sur une zone de douleur. Un résultat impressionant visuellement (cf Civil War 7).
En parallèle, l'heure de l'affrontement final a sonné. L'équipe de Cap s'est introduite dans la prison de la zone négative pour libérer un max d'alliés mais Iron Man et ses acolytes les y attendent. S'en suit une énorme bataille qui bien vite se dérole sur terre après que la Cape ait téléporté tout le monde. Et tandis que cette lutte fratricide génére des destructions massives d'immeubles et une panique générale des citoyens, Cap parvient à prndre le dessus dans son corps à corps avec tête de fer. Tout se résume à ce duel. Et alors que Cap va lui porter le coup de grâce, il prend soudain conscience que son combat certes pour une cause juste l'a aveuglé et l'a obligé à utiliser des méthodes qu'il réprouve habituellement. Pire, au lieu d'aider les gens et leur apporter réconfort, il n'a fait qu'augmenter leur sentiment de peur et de méfiance. Alors, il dépose les armes. Il se rend. A la surprise générale et au grand désespoir de son camp. Le camp légaliste a triomphé mais pas l'idéal de liberté et de justice prôné par les pères fondateurs de la nation américaine et dont Cap était à la fois la personnification et l'agent de propagation. Le captain est emprisonné, les vengeurs secrets se sont terrés et poursuivent leur lutte. Jane et Red se séparent, pour le moment. Mais si elle l'aime toujours elle n'oubliera jamais que l'homme fondamentalement bon et droit qu'elle avait épousé est mort. Du coup Ben Grim et Johnny voit arriver deux nouveaux membres pour les remplacer T'challa dit la Panthère noire et sa femme Ororo Munroe dit "Tornade" des X-men.
In fine, Tony Stark devient le nouveau directeur du SHIELD. Une nouvelle équipe gouvernementale est créée : les thunderbolts, regroupant la pire espèce de tueurs à pouvoirs : Bullseye, Venom, le bouffon,etc....et Penance.
Pour une fois, l'univers Marvel a fait plus que trembler sur ses bases. Il s'est radicalement transformé. On peut remercier toutes les équipes créatives pour leur travail. L'univers Marvel ne sera plus jamais le même. Célèbre assertion accompagnant chaque nouveau crossover ou évènement. Sauf que cette fois-ci, cela vient de se réaliser grâce à une intrigue à forte consonnance politique.
Et encore j'ai oublié de parler de la vendetta de Wolverine parti traquer Nitro, le véritable responsable du massacre initial. Vengeance qui l'embarquera au royaume d'Atlantis et en plein milieu d'une conspiration voyant une entreprise de reconstruction, Damage Control (DC !), utiliser ces batailles homériques pour gagner des marchés (toute ressemblance avec des évènements passés ou présents dans la réalité n'est pas du tout fortuite !!).
La poussière vient à peine de retomber mais il n'est pas encore temps de réfléchir sur les conséquences de tels chambardements. Parce que l'enquête parrallèle menée par les deux journalistes du Bugle Ben Urich et Jessica Jones révèle d'autres aspects de la guerre civile.
Peut être aussi parce que cette guerre a tout dun commencement plutôt qu'un aboutissement. Une sorte d'Initiative....
Peut être que finalement ce conflit devait aboutir à la mort d'un des deux bélligérants principaux. Et le nouvel univers Marvel ainsi défini aurait très bien pu vivre sans Tony Stark.