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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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Peter Parker :Spider-Man

Peter Parker :Spider-Man

Posté le 05.11.2007 par houseofgeeks
Afin de faire honneur au nom de ce blog, rendons hommage à l'un des plus grand geek de la terre ! Je veux bien sûr parler de Sam "The Man "Raimi.
Méconnu, pour ne pas dire occulté, par le grand public avant l'avènement de Spider-Man premier du nom, n'oublions pas qu'il nous aura enchanté avec des récits aussi barrés graphiquement qu'émotionnellement captivant comme la trilogie Evil Dead, Mort sur le grill, un plan simple, Darkman, ou le superbe intuitions.

Le premier film X-men peut s'enorgueillir d'avoir relancé la mode des adaptations de comics en 2000. Mais c'est bien Raimi avec SPider-Man en 2002 qui lui donne toutes ses lettres de noblesse. Et alors que le pari relevait de l'impossible, il a su élever son niveau d'exigence et de maîtrise pour faire du deuxième volet des aventures de notre tisseur de toile préféré un film supèrieur au premier.
Avec la sortie ces derniers jours du 3ème (et faut prier pas le dernier tourné par Raimi) opus de la saga, l'occasion de s'apesentir sur un film qui relève purement du miracle dans une industrie de plus en plus sclérosée par son désir de satisfaire les envies les plus basiques des spectateurs et la pression du sacro-saint box-office.

S’il est bien un film que l’on attendait avec impatience, c’était bien celui-là ! Entre les effets d’annonces des producteurs, des fans, les infos lâchées par mégarde ( ?) par Kristen Dunst et les images qui circulaient en boucle sur internet, tous les geeks avaient déjà la bave aux lèvres.
Et franchement, c’est une grande réussite. Une fois de plus.

Car Raimi signe là, rien moins que le meilleur film de la saga. Je n’ose parler de trilogie gardant ainsi intact l’espoir de le voir reprendre sa caméra pour un 4ème épisode.
De toute façon, ce film conclut admirablement ce premier arc narratif. Et s’il devait en rester là, ces trois films se suffisent amplement à eux-mêmes.
Car la véritable réussite de Raimi, outre d’avoir livrer de vraies adaptations de comics référentielles certes mais surtout respectueuses de l’esprit qui les a initiés, il réussit le tour de force d’aller toujours plus crescendo dans l’action mais également dans la caractérisation des personnages et surtout dans l’émotion.

Ce qui est étonnant dans ce film ne sont pas seulement les séquences d’action absolument géniales mais l’importance de la place accordée aux tourments personnels de Peter, M .J, Harry, Sandman… A l’instar de l’excellent film d’Alfonso Cuaron « les fils de l’homme », l’action est déterminée par des éléments narratifs purement émotionnels. Ce sont vraiment les sentiments des personnages qui les font avancer et les amène à prendre des décisions déterminantes par la suite. Les différents combats sont vraiment les points culminants de l’histoire. Que Peter sous l’emprise du symbiote apprenne que Sandman soit vraisemblablement le véritable meurtrier de son oncle, sa recherche obsessionnelle le coupe de M.J et Spider-Man devient impitoyable au point de le tuer.
Cette évolution narrative par l’émotion était déjà présente depuis de 1er film puisqu’à chaque fois le ou les bad-guys sont intimement liés à la vie de notre héros, mais ici tout est exacerbé comme si l’apparition du symbiote en plus d’agir sur la psyché de Parker contaminait tout le film.

Dans ce film, Raimi est vraiment au sommet de son art car il parvient à rythmer parfaitement tout le métrage passant d’une scène intimiste à de la comédie puis d’une scène d’action dantesque à des moments de pure mélancolie.

C’est vraiment le film de la maturité pour le réalisateur mais également pour notre héros. Il est d’ailleurs intéressant de noter le parallèle entre l’évolution de Peter Parker et celle de Sam Raimi à travers les 3 films qui prennent de plus en plus d’envergure au fur et mesure. Dans le premier, confronté au défi de prendre en main une si grosse production en termes de budget mais surtout d’attentes (de public, des fans, des producteurs…), Raimi prend conscience de la responsabilité inhérente à son poste à haut risque comme Peter prend conscience dans le film qu’à grands pouvoirs incombent de grandes responsabilités.
Pour la suite, on peut estimer que le nouveau statut de réalisateur star effraye Raimi puisque maintenant il est impensable de décevoir en faisant une séquelle inférieure. Et cette nouvelle forme de pression a sûrement dû lui faire penser à tout laisser tomber et retourner dans un système plus confortable de productions moins friquées mais plus « libre ». Ce qui se traduit à l’écran par les pouvoirs erratiques de Peter, manifestation de son doute à vouloir continuer d’endosser ses nouvelles responsabilités au risque de se couper de celle qui l’aime le plus, Marie-Jane.
Enfin, pour le troisième opus, Raimi assume complètement sa notoriété et se trouve totalement libéré des contingences hollywoodiennes de par sa nouvelle maîtrise des gros budgets. Il est adulé par les cinéphiles du monde entier, il se lâche et parvient à introduire au sein d’un blockbuster ses thèmes fondateurs : sa fascination pour les anti-héros tragiques (Darkman/sandman), la transformation du héros au contact d’une entité étrangère (Ash/Peter Parker), le double maléfique (Evil Ash / Eddie Brock) ou encore le pouvoir vécu comme une malédiction (Intuitions ). Or Peter Parker ici aussi s’assume complètement, il est adoré de toute la ville (à une exception près : J.J.Jameson !!!) mais dont les actes passés vont revenir le hanter.
Petite précision. Oui la franchise se nomme bien « Spider-Man » et je ne fais que parler de Peter Parker ? Non, il n’y a pas comme un problème. Depuis le début il ne s’agit que de Peter Parker. Sa vie et comment ses nouveaux pouvoirs l’ont transformée. Et d’emblée, le troisième épisode réaffirme de manière claire et explicite cette volonté de s’attacher à l’homme plutôt qu’au masque. On voit Spider-Man déambuler à travers la ville, suspendu à son fil de toile et une voix off nous assène cette évidence : « Et oui, c’est bien moi. Votre ami….Peter Parker ». Et là, tout est dit.
D’autant plus que vous remarquerez que mis à part une ou deux exceptions près, tous les combats de Spider-Man se font sans son masque ou celui-ci est à moitié déchiré.

Mais peut être que le vrai révélateur de l’intégration de Raimi dans un gros budget est l’apparition récurrente de son acteur fétiche, Bruce Campbell. Si Tobey Maguirre incarne son alter-égo pelliculé, Campbell représente tout ce qui à défini jusqu’ici le cinéma de Sam Raimi. Fidèle de la première heure, Bruce voit ses rôles dans la saga prendre plus d’ampleur. Dans le premier il était celui qui trouvait son nom de scène « Spider-Man », dans le deuxième il était le portier qui lui interdisait l’accés à la salle où se produisait M.J (en clair le seul à avoir jamais donné défaite plus cuisante à notre monte-en-l’air adoré !) et cette fois-ci, il est le maître d’hôtel d’un restaurant huppé.
Et là, il participe vraiment à l’action, pour la première fois l’interaction avec les autres personnages est totale. Ou comment symboliser la parfaite osmose du monde des horrors movies à budget limité et le nouvel univers de jeu de Raimi. Et le tout sans se renier. Car la réutilisation de motifs, d’acteurs et de procédés est vraiment sincère et intègre. Aucun cynisme dans sa démarche d’apposer sa patte à la franchise Spider-Man.

De manière remarquable, tout le film va suivre la nouvelle évolution de Peter. Son noir passé refoulé (il a quand même défenestré le meurtrier présumé de son oncle ! Hé, c’est de Spider-Man qu’on parle, pas du vigilante de Gotham !!) va lentement remonter à la surface. Passé personnifié à la fois par Sandman mais surtout il sera tourmenté par l’apparition du symbiote qui lui-même évoluera pour devenir l’alter-égo maléfique de notre héros, Eddie Brock/Vénom !
Car ici, Sam Raimi va utiliser ce qui caractérise tout bon film d’horreur/terreur (notamment de seventies), la réapparition des profondeurs du subconscient de tout ce qui est de l’ordre du refoulé. Que ce soit des actions passées, des sentiments contrariés ou carrément des pulsions (amour /haine/mort….)

Et l’agencement de tout cela, fait qu’une question demeure. Comment un studio a pu filer autant de fric (presque 270 milllions de dollars quand même) pour réaliser un blockbuster aussi atypique ? Dans le sens où de l’histoire aux personnages, tout fait sens. Chaque acte à une résonance sur la vie personnelle de chaque personnage. L’interaction est à son maximum. Mieux, Raimi ne fait aucune économie de sentiments, ne nous laisse aucun répit. Les combats sont à se damner tellement ils sont « lisibles » et trépidants mais ils sont là seulement pour souligner et appuyer les tourments internes de chacun. Ou quand l’action est vraiment au service de l’histoire. De telle sorte, qu’on tremble presque plus de savoir si oui ou non Peter va retrouver les faveurs de Mary-Jane que de l’issue du combat Spider-Man/New Goblin versus Sandman/Venom !
A ce titre, la conclusion de cet affrontement dantesque est à pleurer. Littéralement. Maintenant, on comprend pourquoi Raimi voulait absolument Chrsitian Hayden-Church dans le rôle de Sandman. Cet acteur issu du théâtre est incroyable d’émotions contenues. Pas de pathos inutile ou trop prononcé. Bref, tout le monde est au diapason.

Certains prétexteront pourtant qu’il y a des longueurs, que la romance est trop développée, qu’on croirait un épisode de Beverly-Hills en spandex (et j’en passe…).
Mais Raimi a toujours clamé son attachement au comics de Spidey période années 60/70 où ses problèmes d'ado (relations amoureuses, conflits familiaux, amitiés...) avaient autant d'importance dans l'évolution du personnage que ses confrontations avec le vautour, Doc Octopus ou le bouffon vert. Dire qu'il n'était pas emballé par l'utilisation du personnage de Venom, adoré par les fans mais qui lui était étranger. C'est le producteur Avi Arad qui l'a convaincu, on peut donc aussi le remercier car Venom traduit parfaitement le combat intérieur de Peter et donne encore plus de résonnance à ses actes comme à ses doutes.
Et puis, il y a plus d’action que dans les deux premiers réunis ! Si, si je vous assure.
Bref, après avoir assumé l’identité de Spider-Man cette fois-ci le film se termine sur Peter enlaçant M.J, il est avant tout Peter Parker.
Pour tout ça et plus encore, on dit merci monsieur Raimi.
Ah ça, c’est pas avec un film comme « Transformers » de l’ami (du petit déjeuner, l’ami) Michael Bay qu’on aura droit au affres existentiels de la conscience cybernétique de robots géants venu là seulement pour faire des dégâts « hénaurmes ».




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