Alors que le remake du chef d’œuvre de John Carpenter sortait à peine en salles, que circulait depuis quelques semaines sur le net une version workprint.
A l’inverse de la copie de travail de Hostel II largement téléchargée et qui n’était pas la version définitive puisqu’il manquait des plans à effets spéciaux et la bande sonore (sans compter un montage différent !), la copie de travail du film de Rob Zombie est bien finalisée, ne manque que le générique de fin. En fait, on parle bel et bien d’une véritable version alternative.
Ce qui aura mis le feu aux poudres de nombreux fans (ou geeks) criant au remontage des Weinstein bros et accablant Zombie d’avoir vendu son âme au diable (autrement dit avoir trop concédé de terrain à ses financiers !).
Mais le comparatif des deux versions apporte un cruel démenti et traduit les problèmes de rythme rencontré par Zombie dans le processus de finalisation. Des problèmes presque définitivement réglés avec la version salles.
Qu’est-ce qui change ? Dans le workprint, la première partie relatant de l’enfance de Michael, la scène du petit déj’ est légèrement rallongée pour laisser au beau-père (joué par William Forsythe) le temps de faire une allusion sur des attouchements pratiqués sur sa belle-fille.
Lors de son internement, le rôle du docteur Loomis est plus prégnant de même que celui du directeur du Sanatorium (cette vieille trogne de Udo Kier) prend plus d’importance puisque sont présentes les scènes le concernant (dans la version salle, il n’apparaissait qu’au moment de la constatation de la fuite du monstre). A contrario, le rôle de Danny Trejo est amoindri et la scène fondamentale où Myers l’élimine n’apparaît plus. Fondamentale car le concierge joué par Tréjo était le dernier point d’ancrage de Myers avec une certaine forme d’amitié et de loyauté. D’humanité en somme.
La grosse différence se porte sur l’évasion de Myers. Dans la version salles, il démastique la gueule des gardes chargés de le transférer. Ce qui donnait l’occasion de constituer la garde rapprochée de Myers par les interprètes de « The devil’s rejects » Clin d’œil assez réjouissant bien que la scène soit assez confuse. Dans le workprint, c’est beaucoup plus malsain puisque c’est lors du viol perpétré sur une des internées par 2 infirmiers dans l’antre de Michael qui lui donne l’occasion de prendre la tangente.
Bilan, l’idéal aurait été de conserver la 1ère partie du workprint agrémenté des séquences liées au personnage de Dany Trejo.
Vient la partie remake de l’original proprement dite. Quelques changements infimes (ajouts de certains plans), modification de l’agencement de séquences. Le meurtre du père adoptif de Laurie Strode est moins surprenant (il voit Myers s’avancer et s’en amuser : eh, c’est le soir d’Halloween). Surtout, l’action et la narration sont plus hachées. Cela augmente sans doute la brutalité des meurtres mais amoindri du coup l’atmosphère délétère bien plus prononcée dans la version salles.
Différence majeure : la fin de Myers. Trop rapide et classique dans le workprint, alors que la version salles est empreinte d’un véritable sentiment de danger et de malaise. Ainsi, dans la copie de travail disparaît la poursuite frère/sœur à travers les méandres de la bâtisse familiale en ruines.
Surtout, la fin de la version salles est un joyau de noirceur et de désespoir mêlés.
Verdict : La 2ème partie développée et distribuée en salles l’emporte haut la main.
Qu’en retenir ? Que l’idéal aurait été de mixer la 1ère partie de l’un avec la seconde de l’autre et saupoudrer le tout de plans et séquences absentes de la version « officielle ».
Mais en l’état, la version sorti le 10 octobre est digne d’éloges et contre toute attente apporte à l’original. Mieux, elle est son parfait (ou presque, donc) complément.
Reste l’espoir de voir les deux versions figurer sur le dvd à venir ? Aucune chance, le workprint ayant été vu ou téléchargé par les fans d’horreur de la terre entière, le dvd se cantonnera à la version « officielle ».
Mais peu importe, je le dis et le répète la version telle que sortie sur les écrans est vraiment LA vision de Rob Zombie du mythe.
Parce que ce qui frappe en voyant les deux versions, leurs montages divergents font que l'on assiste vraiment à deux films différents.
On peut même avancer que le workprint se focalise in fine autour du docteur Loomis (voir ses nombreuses scènes absentes par la suite et surtout la fin) alors que la version salles fait de Myers son vériable pivot, à la fois moteur de l'intrigue et agent de sa propre déconstruction.
Alors arrêtons de pinailler et sachons apprécier à sa juste valeur un tel sommet de réalisation aussi viscérale que salutaire dans une industrie toujours plus javellisée et préoccupée par son compte en banque.
....aie aie ...j'ai vu la version dvd en vf zone 1 hier soir. quelle deception. car ayant vu ce fameux workprint!! a cette scene de viol. c'etait trop bon.et glauque. bref meme mon amie n'a pas eu peur...c'est pour dire. bref j'ai cramé 26 dollars pour un navet. je le donne . qui en veux?