A y est, ils ont lâché la bombe : il y aura un 4ème volet des aventures de l'homme-araignée !
On sait pas encore si tous les acteurs principaux seront de retour mais le projet est sur les rails. Quant à savoir s'il est sur de bons rails, tout dépendra si Raimi retourne derrière la caméra ou non. Ou quand l'espoir des fans ne tient plus qu'à un fil, ou une toile en l'occurence !
Mais pour fêter dignement la sortie en dvd de ce chef-d'oeuvre incontestable (bien que contesté car bizaremment il est loin de faire l'unanimité), on le vend bien en 3 éditions différentes, alors voilà une deuxième critique !
Celle-ci plus concise et ramassée mais non moins enthousiaste.
Vous aimez l'araignée ? Plutôt intérêt vu que nous en avons bouffé à toutes les sauces (burger, céréales, jouets...) ! Mais qu'attendre d'un film apparemment plus porté par des effets d'annonce et un merchandising effréné à part des effets spéciaux toujours plus performants et des scènes d'action super fun ?
Rien moins que le meilleur film de la saga concluant admirablement ce premier arc narratif.
Car la véritable réussite de Raimi, outre d’avoir livré de vraies adaptations de comics référentielles certes mais surtout respectueuses de l’esprit qui les a initiés, est d’aller toujours crescendo dans l’action mais également dans la caractérisation des personnages et surtout dans l’émotion. Parvenant, de fait, à faire l'unanimité parmi les spectateurs amateurs ou non de comics. Un vrai film populaire en somme.
Outre la qualité formelle du film, c'est clairement dans ses enjeux narratifs qu'il se montre le plus ambitieux.
Les relations s'étoffent avec pas moins de deux triangles amoureux,les bad-guys sont toujours intimement liés à la vie de notre héros et l'action reste tributaire d'éléments purement émotionnels. Mais tout est démultiplié comme si l’apparition du symbiote en plus d’agir sur la psyché de Parker contaminait tout le film.
Surtout, Raimi se permet d'aller encore plus loin dans l'interaction, l'imbrication des intrigues et se paye même le luxe de revisiter des scènes fondatrices des deux premiers (le baiser, l'enterrement...). Une mise en abyme qui montre à quel point il maîtrise son sujet et sa mise en scène.
Le film de la maturité pour le réalisateur comme pour notre héros dont l'évolution est concomitante.
Au faîte de sa notoriété, Raimi est totalement libéré des contingences hollywoodiennes et peut donc se permettre de travailler plus en profondeur ses thèmes : sa fascination pour les anti-héros tragiques, la monstruosité (physique mais également sentimentale quand on voit comment est maltraité Mary-Jane !) , la défiguration, le double maléfique ou encore la tragédie familiale ( le déchirement entre frères ; le deuil...).
La franchise se nomme « Spider-Man » et nous ne parlons que de Parker ? Non, il n’y a pas comme un problème. Depuis le début il ne s’agit que de Peter. Sa vie et comment ses nouveaux pouvoirs l’ont transformée. Et d’emblée, cet épisode réaffirme de manière claire la volonté de s’attacher à l’homme plutôt qu’au masque. On voit Spider-Man déambuler, suspendu à sa toile et sa voix off nous assène cette évidence : « Et oui, c’est bien moi. Votre ami….Peter Parker ».
C'est d'autant plus prégnant que presque tous les combats de Spider-Man se font sans son masque ou à moitié déchiré.
Après avoir transcendé les limites inhérentes aux comics, par sa mise en scène d'une virtuosité et d'un classicisme exemplaires quand certains abusent du montage épileptique, Raimi peut explorer le côté sombre de Peter.
Et le personnage de Venom de faire émerger un trauma refoulé, exacerbant ses doutes comme ses pulsions (amour/haine/mort)
Raimi n'oublie pas non plus la dimension iconique du tisseur de par ses postures comme dans sa représentation et son adulation.Le plan ironique du héros sur fond de drapeau américain étant emblématique.
Cet opus ne fait aucune économie de sentiments, ne nous laisse aucun répit, n'hésitant jamais à bousculer les certitudes des spectateurs voire à les choquer (Spider-Man qui tente de tuer Sandman, Peter et M.J proches de la rupture...).
Les combats sont à se damner tant ils sont trépidants mais ils sont là aussi pour souligner les tourments de chacun. A mesure que les protagonistes sont taraudés par une blessure sentimentale, la vengeance, les affrontements deviennent plus impressionnants et violents. Que ce soit par les mots et les attitudes à travers la relation Peter/M.J ou physiquement lors de la confrontation Peter/Harry notamment. Les désirs deviennent obsessionnels et prennent une telle ampleur qu'ils ne trouvent leur résolution que dans un final émotionnellement éreintant
Dont la conclusion est à pleurer. Littéralement. Maintenant, nous savons pourquoi Raimi tenait absolument à Haden-Church pour le rôle de Sandman, incroyable d’émotion contenue.
Certains prétexteront pourtant que la romance est trop développée, qu’on croirait un épisode de Beverly-Hills en spandex. De grands sentiments qui rappellent les comédies romantiques de l'âge d'or et surtout rafraîchissants car anachronique au regard du cynisme habituellement dévolu. Cela peut paraître mièvre mais c'est surtout empreint d'une sincérité non feinte.
Le cahier des charges est respecté (nouveaux personnages, effets spéciaux efficaces...) mais c'est bien la mise à l'épreuve physique autant que sentimentale de Peter qui rend le film si particulier.
Comment un studio a pu financer un blockbuster aussi atypique, où le respect de l'intelligence du spectateur importe plus que les recettes astronomiques à venir ?
Un réalisateur au sommet de son art, rythmant parfaitement tout le métrage entre scènes intimistes, de comédie (Jameson est proprement hilarant), d’action dantesque et moments de pure mélancolie. Raimi signe pour notre plus grand plaisir son meilleur film.
Ultime prouesse, cette fois-ci on termine sur Peter enlaçant M.J. Il est avant tout Parker.
Spider-man est mort. Vive Peter Parker !
Et pour bien faire les choses, c'est à dire en 3 éditions, vous pouvez retrouver une critique supplémentaire dans la revue "VERSUS" (http://www.versusmag.fr/) et écrite par mes soins !