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20.08.2007
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Quand Crocodile Dundee pète un câble !

Quand Crocodile Dundee pète un câble !

Posté le 12.11.2007 par houseofgeeks
Parler de "ROgue" le nouveau film de Greg McLean (juste en dessous) est l'occasion de revenir sur son premier film "Wolf Creek",un petit bijou de l'horreur.
Les choses sont bien faites quand même.

L'Australie, nouvelle terre d'accueil du fantastique ? Plutôt une sorte de retour au bercail. Après avoir lancé les « bombes » Mad Max et Razorback (et permis d'établir la renommée des sieurs George Miller et Russel Mulcahy ) au milieu des glorieuses eighties, l'Outback a surtout popularisé par la suite Midnight Oil et Kylie Minogue (!). Le cas Peter Weir est un peu à part car s'il a commencé sa carrière tôt (depuis les années 70) il a plus oeuvré dans une veine auteuriste que dans le genre qui nous intéresse proprement dit. Néanmoins, sa contribution demeure très intéressante puisqu'il a quand même livré quelques oeuvres majeures comme l'envoûtant « Pique-nique à Hanging Rock » et l'excellent « The Truman Show ».
Terre d'accueil de certains gros tournages depuis le début du nouveau millénaire (Mission Impossible, Matrix, Superman returns...), voilà que des petites productions s'ingénient à relancer un genre moribond car grandement formaté par les standards ricains. Ainsi, on a vu débarquer avec fraîcheur 2 petits génies, James Wan et Leigh Wannel, qui avec le grandiose « Saw » ont marqué durablement les esprits. Les productions postérieures se définissant dorénavant à l'aune de ce classique instantané du film d'horreur au twist imparable.
Nouvelle preuve du renouveau généré par les films en provenance des antipodes, voici qu'arrive « Wolf Creek ».
Film qui s'est taillé une jolie petite réputation dans les divers festivals où il fut présenté. Le réalisateur Greg Mclean (également auteur du scénario) nous livre un bon petit « survival » où 3 jeunes australiens partent découvrir les beautés naturelles de leurs pays et notamment le site de « Wolf Creek ».
Intrigue minimaliste donc mais c'est la caractéristique même qui fonde ce genre un peu à part qu'est le « survival ».
Wolf Creef se distingue par son traitement narratif assez lent (pendant la moitié du film il ne se passe rien ou presque) voire hypnotique. Prenant le temps de nous familiariser avec ses personnages, et donc de nous y attacher, et de nous présenter le cadre idyllique dans lequel se déroule l'action. Des paysages vraiment paradisiaques qui vont trouver leur contre-point infernal dans la 2ème partie.
En fait toute la première partie se déroule comme dans un rêve, les prémices du drame à suivre se faisant ressentir lors de la halte à une station service, nos trois compagnons se confrontant alors avec la bêtise crasse et l'allure peu engageante des autochtones.
Mais si les paysages s'avèrent grandiose, ils n'en restent pas moins qu'ils font peser une menace sourde, leur immensité soulignant de fait l'état d'isolement dans lequel sont plongés les héros. Car comme pour Alien, dans cet espace personne ne vous entendra crier...
Et puis, au moment de repartir de « Wolf Creek » voilà que leur voiture fait des siennes, refusant de démarrer. A la panique, cède vite la place au soulagement de voir débarquer de nulle part un « redneck » australien à l'allure débonnaire qui se propose de les tracter jusqu'à son campement.
Néanmoins, ils restent pas très rassurés à l'idée de le suivre.
Et évidemment tout bascule.
Là, il est intéressant de noter que le point d'achoppement qui fait passer du rêve au cauchemar se signale visuellement par le seul fondu au noir du film au moment de l'endormissement de nos 3 victimes. Renforçant par là même l'idée qu'il s'agit d'un (mauvais) rêve.
Le réveil est plus que brutal, chacun étant prisonnier et isolé des autres prêts à subir tous les sévices.

Et là, idée aussi simple que géniale, on suit l'action en caméra subjective. Le spectateur épousant le point de vue du personnage, s'approchant progressivement du lieu de torture et découvrant tout en même temps et au même rythme que le personnage.
Ce qui a pour effet d'accentuer le degré de désorientation et de tension générés par la situation.
La suite se révèle assez efficace et réaliste dans son traitement. En effet, la panique éprouvée les privant de lucidité dans leur tentative de fuite. Et surtout, le réalisateur se montre cruel avec ses « héros », car pour le ou les survivants l'aventure aura des implications dans leur vie lors de leur retour dans la société.
Ce n'est pas un chef-d'oeuvre absolu, mais le méchant en titre est génial d'ambiguïté. Alors qu'au début il apparaît comme un bon vieux gars du coin un peu simplet, au fil des conversations ses propos ambivalents font monter la pression. Pour finalement apparaître tel qu'en lui-même, un pervers psychotique toujours prompt à torturer son prochain. Mais est-ce vraiment sa nature où seulement la manifestation des fantasmes de nos 3 héros, alimentés par leur paranoïa et leur peur de cet (l') inconnu ?
Car les héros ne se vengent finalement pas de leur bourreau (comme dans un survival traditionnel) et la réalisation reste assez classique (c'est à dire assez loin de la frénésie de certains bougeant leur caméra dans tous les sens !) tout en ménageant surprises et instants gore. Mais ce qui surprend véritablement, c'est que McLean malmène rudement cet archétype de « la femme forte qui se révèle dans l'adversité » que le cinéma d'horreur à répliquer (avec plus ou moins de bonheur) ces deux dernières décennies. Cette fois-ci, les jeunes filles en détresse subissent de plein fouet sans trouver la parade.
Et c'est justement ce traitement différent qui emporte l'adhésion. En mettant l'accent sur la menace sourde des paysages grandioses et le déchaînement soudain de violence sans aucune justification (pas de mutation ou de consanguinité ayant ravagé le cerveau du tueur), le film baigne ainsi dans une ambiance onirique, laissant finalement planer le doute sur la véracité des évènements montrés et la santé mentale des protagonistes. Ceci étant corroboré par un dernier plan voyant la silhouette du tueur se découper sur fond de soleil couchant, celui-ci retournant d'où il était venu : du fin fond du bush australien ou peut être de l'imagination de son auteur...


Film sorti en dvd depuis un moment, il devrait orner les bacs promos pour noël. Raison supplémentaire pour qu'il se retrouve sous votre sapin.



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