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houseofgeeks
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20.08.2007
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Réhabilitation

Réhabilitation

Posté le 01.12.2007 par houseofgeeks
Alors qu'un remake de "Escape from New-York" est en projet (Mostow à la réalisation en lieu et place de Ratner, c'est déjà ça de gagné) réhabilitons un des chefs-d'oeuvre de Big John (Carpenter), "Los Angeles 2013".

Suite 16 ans après de "New-York 1997". Mais je préfère le titre original à savoir "Escape from New-York" et donc celui qui nous intéresse "Escape from Los Angeles".

Déjà, le titre annonce la couleur. On va avoir droit à une variation sur le même thème, c'est à dire que le héros (rebelle) est forcé par les autorités de pénétrer une ville et d'en ressortir avec un élément déterminant pour eux. Seul le lieu d'action et l'élément en question changent.
Comme dans un jeu vidéo.
En cela, on peut parler de série des "Escape from..." seul le nom de la ville pouvant changer à loisir (L.A, Boston, Bagdad, Chaumont...)
Souvenez-vous du générique d' "escape from N.Y" où les bâtiments étaient modélisés par ordinateur. Une présentation reprise telle quelle pour l'introduction du jeu vidéo sorti à l'époque.
Et suivait ce générique, un texte présentant la situation, les enjeux.

Donc " Escape from L.A" reprend le personnage de Snake Plisken chargé de reprendre un procédé capable d'anéantir toute forme d'énergie, tombé aux mains de rebelles. Si le système était mis en route, cela signifierait la fin de la civilisation et le retour à l'âge de pierre !
Enjeu énorme mais qui ne motivera que de loin l'action du film. Mais on y reviendra tout de même à la fin qui elle est hénaurme et subversive à souhait.

Ce film s'est fait grâce à l'argent de studio commandant une suite pour commémorer la sortie du premier opus (ils ont osé commander quelquechose au maître !). Espérant ainsi capitaliser un max. Mais ce fut un four complet tant public que critique. Normal avec Big John Daddy, éternel incompris dans son pays d'origine.
Pourquoi a-t'il été aussi mal perçu ? C'était pourtant la reprise exacte du premier .
Pas tout à fait.

Parce que si le déroulement du film est conforme au premier (arrivée dans les locaux de la police, briefing, arrivée dans la ville, etc...) les péripéties changeant quelque peu, le traitement du héros (plutôt de l'anti-héros) est totalement différent.

"Escape from N.Y " a permis de faire de Plisken une icône du film de S.F, dans sa suite Carpenter déstructure complètement ce mythe.
Non, je dirais plutôt qu'il l'émancipe. En clair, Snake s'affranchit de son créateur !
Alors, Snake Plisken premier héros virtuel doué de raison ? Oui. Et je le prouve.

Le premier de la série nous présentait un personnage d'anti-héros révolutionnaire, Snake Plisken, devenu grâce à ce film une icône de la S.F.
La suite se pose comme une extension au premier. Si le déroulement s'avère identique, seul un budget plus conséquent permet à Carpenter de proposer un traitement plus spectaculaire. Que se soit, les costumes, les décors,etc, tout y est magnifié.

Sauf que le personnage de Snake est ici ouvertement présenté comme un personnage de jeu vidéo à qui l'on demande de revenir pour une nouvelle mission. Voir à ce titre son entrée en scène au début du film. Il est transporté dans un fourgon jusqu'au Q.G de la police. Il est assis dans le noir. Soudain, les portes s'ouvrent, créant un cadre dans le cadre. Plisken se lève et s'avance. On est dans son dos et on le voit avancer vers l'ouverture au fond de l'écran. Une fois passé les portes du fourgon, il apparaît plus grand que dans le fourgon. Ou "bigger than life". Autrement dit, le passage du cadre créé par les portes le fait entrer de plein pied dans la fiction et donc le transforme en une figure encore plus héroïque.
C'est un peu théorique mais pour mieux comprendre, revoyez cette scène.

A partir de ce moment là, il va se plier bon gré mal gré aux nouvelles péripéties concoctées par son créateur et se conformer au comportement que l'on attend de lui.

Une scène révèle bien le rapport de Snake avec la fiction auquel il participe, c'est celle où il doit réussir un certain nombre de paniers de basket en un temps record. Une fois que l'épreuve lui a été présentée, arrive de nulle part un ballon de basket. Qui lui a lancé sinon la personne qui se trouve hors champ ; le réalisateur. Pour l'instant il accepte de se prêter au jeu bien qu'il ne se fasse aucune illusion sur son issue, sa victoire est acquise dans le fait même que c'est lui le "héros". En effet, il ne se dégage aucune émotion lorsqu'il réussi l'épreuve à la dernière seconde. Il est sûr de lui. Ou plutôt de son statut.

Précedemment, j'avais esquissé le fait que Snake s'affranchissait de son statut de personnage de fiction. Cette rébellion commence lorsqu'au détour d'une scène, Snake s'arrête et s'assoit ! Il n'y a rien qui justifie qu'il s'arrête d'un coup alors qu'il a une mission à accomplir !

Mais sa véritable émancipation intervient dans le dernier quart d'heure. Donc Snake a réussi à s'emparer du dispositif permettant de paralyser la production d'énergie de la planète. Et c'est pas un hasard si c'est une télécommande qui permet à Snake d'éteindre toutes les lumières (donc toutes sources productrices d'images). Il a compris le pouvoir des images et en a marre de faire les frais de leur manipulation, d'en être prisonnier. Donc il éteint tout, quitte à précipiter le retour à l'âge des (de la ?) cavernes !

Mais sa liberté est incomplète tant qu'il n'a pas démasqué le véritable responsable de ses "malheurs", Carpenter lui-même.
Et il le fait dans une scène anthologique où Snake se tourne vers la caméra et regarde de face en s'adressant un dernière fois à nous et par extension à Carpenter !
Le "regard caméra" est à proscrire pour maintenir l'illusion de la fiction. Le fait de regarder l'objectif de face provoque une mise en abyme de la fiction. Snake a pris conscience qu'on le regardait. Il a pris conscience de son statut de personnage fictif.

Voilà donc un film complètement subversif et qui amène en plus une réflexion sur les images et sur le cinéma de son auteur. Un vrai chef-d'oeuvre mésestimé.


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:: Les commentaires des internautes

Escape From...
Posté par Snake le 08.12.2007
Très très bonne analyse de ce chef-d'oeuvre! ça me donne envie de le revoir une fois de plus. Il est vrai que les films de Carpenter peuvent être vus à différents niveaux de lecture et sont très souvent subversifs (They Live est l'exemple qui me vient immédiatement à l'esprit). Pour compléter ton introduction, n'oublions pas qu'un remake non officiel des "Escape From..." a déjà été réalisé en France sous le titre de Banlieue 13. A croire que Carpenter influence vraiment beaucoup les jeunes réalisateurs français si on considère aussi que Nid de Guêpes est un remake déguisé de Assault on Precinct 13, le premier film de Carpenter. Une idée à creuser...
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Réponse à Snake
Posté par Spider Jerusalem le 08.12.2007
Merci pour le compliment Snake.
Je ne dirai pas que Banlieue 13 est un remake déguisé de Assault. A la limite le pitch peut y faire penser mais ç as'arrête là quand on voit le degré zéro de la narration et de la réalisation. Par contre, c'est exact que Nid de guêpes est un remake non avoué de Assault on precinct 13. Pour le coup, Flrent Emiliio SIri rend un vibrant hommage à Big John en matière de gestion de l'espace, de l'exacerbation des tensions et ces assaillants aussi dangereux qu'impersonnels. Un film qui enfonce le remake officiel avec Ethan Hawke et Laurence Fishburne. Le film de Leterrier livrant un actionner bourrin et jouissif mais qui évacue toute dimension fantastique par un trop plein d'explications sur les motivations des protagonistes. Rodriguez avec son Planet terror a livré une très intéressante relecture de l'oeuvre du maverick. Quant au chef-d'oeuvre de Rob Zombie, son remake d'Halloween est une pure merveille de complémentarité et de violence chaotique.
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