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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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19.04.2008
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TRIANGLE....des bermudes !

Posté le 16.01.2008 par houseofgeeks
Aujourd'hui 16 janvier 2008 sort le film du trio de réalisateurs Ringo Lam, Tsui Hark et Johnnie To, TRIANGLE.

Un concept unique - ce que l'on nomme "cadavre exquis", une même histoire divisée en 3 segments, chacun réalisés par un cinéaste différent, l'un reprenant là où c'était arrêté l'autre - pour un résultat qui ne l'est pas moins puisque trois points de vue et styles aussi divergents que différent cohabitent pour livrer une histoire cohérente.

Mais les trois génies de Hong-Kong n'ayant pas une aura internationale démesurée, le film est distribué dans 11 pauvres salles !!
Et encore, estimons nous heureux que ce film bénéficie d'une sortie sur grand écran bien que confidentielle quand une bombe telle que l'inédit "Dog bite dog" de Soi Cheang déboule directement en dvd.

Quel autre alternative les cinéphiles ont de voir ce film ? Attendre plusieurs mois le dvd ou aller directement à la source, soit le voir en salles dans l'ancienne colonie britannique !

Avec un tel mépris affiché par les distributeurs, comment voulez-vous lutter contre le téléchargement ?

Histoire de gros nanars : Nu Image

Posté le 14.01.2008 par houseofgeeks
Désolé, on ne va pas parler cul. Bien que la fin de cet article risque fort de vous procurer une petite jouissance aussi intense qu'impromptue !

Nu Image Films est une société de production américaine, fondée en 1992 par l'israélien Avi Lerner, ancien de la Cannon : elle s'est illustrée par un rythme de production très soutenu (15 à 18 films par an) et par des méthodes de tournage à l'économie qui lui permettent d'engranger un maximum de bénéfices sur le marché des séries B (voire pire)destinées au marché de la vidéo. Des apôtres de la méthode Corman, donc.

Nu Image est connue et reconnue pour son opportunisme limite indécent. « Cyborg Cop » (1993) et sa suite (1995) lorgnant bien évidemment du côté de « Terminato »r et de « Future Cop » avec ce bon JCVD, mais aussi « The peacekeeper » (1997) qui lui louche vers le « peacemaker » de Mimi Ledder avec le beau Georges « what else ?» Clooney (sorti la même année) ou encore cet « Alien versus Alien » sorti en 2007 et qui rappelle furieusement un film dont j'ai oublié le titre...

Une société grandement appréciée également pour sa contribution dans le dur combat de protection d'espèces menacées, on se demande bien pourquoi. Ainsi, avons-nous eu droit à la saga dite des « films d'agressions animales » : la série des « Shark Attack », « Shark in Venice » (voir Venise et mourir...bouffé par un squale !), « Spiders » (nos amies à huit pattes), « Crocodile » et autre « Octopus ». Une saga qui à elle seule aura animée l'année 2000, tous ces films étant produit en quelques mois. Un rendement à faire rougir de plaisir le Sarkozy qui sommeille en nous...
N'oublions pas leur contribution au non moins difficile combat de réhabilitation de gloires passées. Un travail de restauration remarquable puisque célébré dans des films de guerre patriotiques "Air Strike" ou « Opération Delta Force » de Sam Firstenberg (le culte et excellent « American warrior 2 », c’est lui !), et autres films d'action. Avec de vrais morceaux de Steven Seagal ("Piège en Eaux Profondes"), de Jean-Claude Van Damme (« In Hell ») ou de Lundgren (« Detention ») dedans !

Depuis 1999, Nu Image possède d'importants studios en Bulgarie, où sont délocalisés l'essentiel de ses tournages, qu'il s'agisse de reconstituer l'Amérique du sud ou le Pôle nord. Trop forts, les p'tits gars quand même.

Le nom de la compagnie étant connoté "série B", c'est via sa filiale Millenium Films que Nu Image produit des oeuvres plus ambitieuses. Parce que la déconne ça va bien un moment.
Quoique avec « le dahlia noir » de De Palma, « 88 minutes » de Jon Avnett ou « 16 blocks » de Richard Donner on peut se poser la question du sérieux de la démarche.
Une filiale qui se paye le luxe de produire le prochain film de Sly Stalone. Oui, oui carrément le furieux et barbare « John Rambo », en salles début février.

Si je vous parle de ces quelques productions (145 au total à ce jour quand même), c'est bien parce qu'elles méritent d'être découvertes. Non, là je ne rigole pas. Car c'est Nu image qui via cette filiale a acquis les droits du revival de « Conan ». Projet fantasme de nombreux fans et autres geeks un tant soit peu cinéphiles, prévu pour 2009. Mais surtout, un projet auquel est rattaché Gérard « Léonidas forever » Buttler et un certain John Mc Tiernan !
Oui, je vous avais prévenus, c’est le genre d'association qui vous donne une gaule de tous les diables !...

Alors, quand vous irez faire les courses au supermarché le samedi matin, jetez un oeil au bac des DVD à 4,99 €, dans le lot il y aura sûrement un petit Nu Image qui traîne. En l'achetant, vous pourrez fièrement déclarer : « J'ai participé au financement du « Conan » de Mc T. ! »

Le sens de la famille : "30 jours de nuit"

Posté le 13.01.2008 par houseofgeeks
L’année vient à peine de débuter et déjà, une adaptation de comics. Il est vrai que depuis les succès des franchises « X-Men » et « Spiderman », les films tirés de bd à succès se sont multipliés. Et pas toujours pour le meilleur (ghost rider, les 4 fantastiques, hulk…)
Entreprise d’autant plus risquée que « 30 jours de nuit » est basé sur un comic indépendant de Steve Niles et Ben Templesmith (lire édité ailleurs que chez Marvel ou DC) au succès critique et d’estime assez phénoménal mais finalement peu connu du grand public. Impossible donc de capitaliser sur la notoriété de l’œuvre. C’est finalement une chance pour le cinéphile, car afin d’élargir l’audience il faudra effectuer un véritable travail d’adaptation.
Si les films de zombies ont connu un certain pic de forme ces derniers temps, nos amis les vampires sont restés bien sagement dans l’ombre. Ce film est donc l’occasion de les sortir de leur léthargie et moderniser l’image de dandys romantiques qu’ils traînent. Autrement dit, apporter du sang neuf et reconsidérer ce mythe séculaire. Au-delà des réserves formulées à son encontre, « Underworld » a su donner un nouveau souffle et instaurer une nouvelle mythologie intrigante.
Or « 30 jours de nuit » faillit complètement dans sa tentative de livrer un nouveau fleuron du genre. Promesse non tenue mais était-ce bien l’intention du réalisateur David Slade ? Dans le genre film de siège horrifique, on a déjà vu mieux (« Prince des ténèbres » et « Ghosts of Mars » de l’ami Big John Carpenter). Non, l’intérêt du film, comme la vérité, est ailleurs.

Génèse contrariée.

Au départ, Steve Niles n’envisageait son concept de ville la plus au nord des Etats-Unis assiégée par une horde de vampires que comme pitch d’un film d’horreur. Les refus essuyés l’ont amené à repenser son histoire et l’adapter sous forme de scénario pour comics. Le monde à l’envers.
Publié par une branche de Dark Horse, IDW Publishing, « 30 days of night » se révèle un énorme succès pour un titre non commercial. Certes, l’idée de base est originale mais se sont définitivement les dessins de Templesmith qui rendent l’œuvre si spéciale, lui donnant une dimension fantasmagorique qui sied à merveille à l’intrigue. Un duo d’artistes est né, partageant dorénavant la paternité d’un tel hit. Il n’en fallait pas plus à Sam Raimi et Richard Tapert (fidèle ami et collaborateur depuis ses débuts) pour s’y intéresser et envisager une adaptation sur grand écran via leur société de production Ghost House Pictures. La boucle est bouclée.
Et après avoir financé du moyen (« the grudge » 1 et 2) comme du franchement mauvais (« Boogeyman » et « les messagers » des surestimés frères Pang), c’était l’occasion de redorer le blason et acquérir une certaine légitimité. Si Raimi et son compère ont été passablement inspirés, au moins laissent-ils toute latitude à leurs poulains pour donner corps à leur vision.
Et pour scénariser cette adaptation, est fait appel à Stuart Beattie (les 3 « pirates des Caraïbes », boouuhh !) et Brian Nelson (« Hard Candy », Hell yeah !). La réalisation étant confiée à David Slade, auteur du méconnu et dérangeant « Hard Candy » justement. Une première réalisation bluffante de maîtrise et qui questionne nos convictions les plus intimes sur la pédophilie de manière viscérale et saisissante. Un film qui prend aux tripes et entièrement voué à ses personnages et à leurs ressentiments plutôt que focalisé sur la résolution de l’intrigue (coupable ou pas coupable ?). Une réussite.
D’emblée se pose la question de savoir si Slade est l’homme de la situation. Pour livrer un pur film de genre certainement pas. Mais pour imposer une vision toute personnelle de cette histoire, sans problème.


La nuit leur appartient.

Barrow, petite bourgade de l’Alaska s’apprête à vivre une nuit perpétuelle 30 jours durant. Tandis que des familles se séparent momentanément, le shérif Eben (très bon Hartnett pour une fois) fait face à des incidents (portables brûlés, hélico saboté, chiens tués) laissant présager le pire.
Le pire, Eben est en train de le vivre quotidiennement puisqu’il est maintenant séparé de sa femme Stella. Les circonstances vont les contraindre à renouer des liens, pour survivre.
Survivre à l’attaque d’un clan de vampires mettant la ville à feu et bien sûr à sang. Un plan anodin à première vue s’avère pertinent avec le recul. Celui où l’adjoint du shérif modifie le panneau d’entrée de la ville, faisant passer la population à 152 âmes en quelques instants, alors, que les hostilités n’ont même pas débutées.
D’origine inconnue, ils sont précédés par un messager leur ayant préparé le terrain et désirant rejoindre leur rang. Un honneur qui lui sera refusé, comme Renfield dans le Dracula de Bram Stoker.
Assaillis de toute part, Eben, son frère, son ex et quelques autres vont trouver refuge dans le grenier d’une maison, attendant impatiemment que le jour revienne. Une attente rythmée par les conflits internes autant que par les tentatives des vampires pour les débusquer.
Du comics dont il est issu, le film ne garde que les deux personnages principaux, le shérif et Stella sa femme, l’idée de départ, quelques moments clés et les vampires, évidemment.
Autre point commun, dans les deux médiums la difficulté de rendre compte du temps qui s’écoule demeure. Dans la bd, on avait l’impression que tout se déroulait en une seule nuit, narration ramassée oblige (3 numéros de 25 pages ne se prêtent pas à la dilution). Dans le fim, les indications sous forme de cartons des jours écoulés (7 jours, 19 jours,etc…) ne sont guères plus efficaces mais couplées à la particularité du contexte ( nuit, neige, ville coupée du reste du monde) instillent une ambiance onirique plaisante. Un véritable cauchemar éveillé qui commence avec l’assaut des vampires. Attaque intervenant plus tôt que dans le comics et qui s’avère une excellente trahison. Aussi violente que rapide, elle permet en outre d’installer une menace sourde pour le reste du métrage.
D’abord présentés comme des ombres furtives, les vampires mènent leurs premières agressions de manière fugitive. Les victimes sont d’abord happées dans l’ombre puis rejettées presque instantanément salement défigurées. Réalisées de manière remarquable, laissant le spectateur comme les personnages dans l’expectative la plus totale. A quoi a t’on affaire, a quoi ressemble la menace ? Puis c’est la curée lorsque les suceurs de sang se montrent dans toute leur horreur, pénétrant dans les habitations et poursuivant les fuyards, les dévorant bestialement plus qu’ils ne pompent leur carotide. Une séquence là aussi particulièrement réussie, puisque Slade nous montre le massacre d’un point de vue aérien, utilisant une grue en un long travelling vertical, découvrant l’artère principale de la ville grouillant de vampires se jettant sur des proies tentant de riposter. Une séquence digne d’un western à la John Carpenter et qui rappelle une séquence similaire de « 28 semaines plus tard », lorsque les infectés courraient après les citadins de Londres. On le verra, ce n’est pas le seul point commun que les deux films entretiennent.
Bon alors quoi ? Je commence ce texte en annonçant que c’est un film d’horreur moyen et je fais ressortir les qualités de réalisation des premières séquences importantes.
Tout simplement parce que Slade va très vite mettre de côté une réalisation démonstrative pour une réalisation beaucoup plus significative et en adéquation avec le véritable thème et intérêt du film, la défense et la préservation de la communauté et donc des valeurs familiales.

Une nuit sans fin

Confrontés à cette menace inconnue, Eben et ses amis n’ont d’autres choix que fuir et se barricader. Pour survivre et riposter. Et apporter leur aide à d’autres rescapés. Comme dans tout bon western (de Sergio Léone serait-on tenter d’ajouter vu les nombreux gros plans sur des regards et le temps d’action dilaté) qui se respecte, tout se résumera au final en un duel à mort entre les deux leaders, Eben et Marlow le chef des vampires. Ce qui est figuré par un premier échange de regard permettant à chacun de jauger instantanément son adversaire. Des vampires plutôt bien sapés, comme des citadins issus d’une mégalopole hyperactive en fait. Opposition de style avec ces bouseux de l’Alaska. Et une interprétation intéressante de l’agressivité de la ville qui tente de dominer la campagne.
Look inhabituel donc, qui associé à ces visages blafards barbouillés de sang donne un contraste plutôt glauque. Quant en plus, ils s’expriment dans un dialecte mâtiné de roumain aux consonances gutturales et claquantes, leur représentation live surpasse les dessins, pourtant formidables d’étrangeté, de Templesmith. Hélas, ils sont rarement mis en valeur dans des corps à corps rendus confus, une fois encore, par la proximité d’une caméra portée. Autre point commun avec « 28 semaines plus tard », la panique générée par l’absence d’images nettes s’avère sensoriellement et sensitivement efficace mais dessert la lisibilité et la tension censée opérer.
Autre déception, Slade peine à rendre efficiente la topographie de la ville après avoir pourtant fort bien jalonné ses premières séquences des différents lieux d’action. N’est pas Mc TIernan qui veut. De toute manière, le réalisateur est plus intéressé par une conception de la famille similaire animant deux groupes pourtant antagonistes.
Eben le déclame assez régulièrement, l’important est de faire ce qu’il faut pour la préserver. Et c’est là que le film devient passionnant dans ces propositions de mise en scène.
Aidant un voisin caché sous une maison, Eben s’aperçoit soudain qu’il a été contaminé. Il réussit à l’immobiliser et le libére d’un coup de hache en pleine tête. Action que l’on ne verra jamais frontalement, Slade adoptant un point de vue dos à la victime. De même, lorsqu’un des amis révèle qu’il a été mordu lors de la confrontation avec une petite fille vampire (scène par ailleurs formidable dans le malaise généré), il demande à Eben de faire son office tel un bourreau. Une séquence magnifique, toute en pudeur, qui se termine par le shérif emmenant le condamné dans une pièce à l’écart. Là encore, on ne verra rien du supplice, on entendra seulement le bruit de la hache. A chaque fois, Slade impose une distance qui permet à ses deux personnages de rester digne jusqu’au bout. Une maigre récompense pour avoir lutté jusqu’au bout afin de sauver ceux qui pouvaient l’être. Ce sera totalement différent pour l’ami et adjoint de Eben, incapable de protéger sa famille, les tuant avant transformation. Lorsque lui-même sera infecté, il mourra d’un coup de hache bien sûr mais cette fois-ci cadré en gros plan et de face, dans une gerbe de sang. Un plan gore comme punition suprême pour sa lâcheté.


30 jours pendant

Préserver la dignité de la communauté, de la famille, même dans la mort. Une préoccupation que l’on retrouve au sein même de l’autre clan de la ville, les vampires. Contrairement au comic, ils sont présentés comme une meute, dans leur manière de se déplacer ou se nourrir. Renforçant d’autant plus les liens les unissant. Marlow est le chef qui veille à leur bien être, les conduisant là où ils pourront se nourrir. Et tout comme Eben, son souci est la survie.
Lorsque sa compagne se fait rôtir par les rayons ultraviolet d’une lampe brandie par Eben, causant des dégâts irrémédiables, Marlow a les mêmes gestes tendres envers sa congénère que Eben envers les siens, ce avant de lui donner la mort. Une exécution également filmée sans ostentation.
Ainsi, par le truchement d’un film de genre ultra codifié, David Slade explore une thématique plus profonde que la simple lutte pour la survie. Ce qui le lie inextricablement à « 28 semaines plus tard » de Juan Carlos Fresnadillo. Suite du film de Danny Boyle « 28 jours plus tard » (qui lui aussi était bien plus qu’un simple zombies flick), proposant de suivre la décomposition d’une famille confronté à la lâcheté répréhensible du père, préférant sacrifier sa femme pour sauver sa peau. Un acte fondateur qui reviendra le hanter et l’anéantir sous la forme de sa femme réapparue d’entre les morts. Cadres frénétiques lors des attaques, intrigue minimaliste et intérêt resserré sur un petit groupe de survivants, similarités de choix de mise en scène (insistance sur les regards, diversité des points de vue entre autres), en font d’intéressants films complémentaires.
La fin de « 30 jours de nuit », en résolvant le dilemme de Eben – sacrifier l’un, sa femme, pour sauver les autres ? - répond en creux à la séquence d’ouverture de « 28 semaines plus tard » et au choix cruel de Robert Carlyle.
Je n’en dévoilerai pas plus (d’ailleurs n’en ai-je pas trop dit précédemment) mais la confrontation finale crépusculaire laisse place à une conclusion se déroulant au lever du soleil, sans doute le plus beau que vous n’ayez jamais vu. Une fin qui surpasse en terme d’émotion celle de « Blade II », lorsque le diurnambule voit partir en cendres sa bien-aimée.


« 30 jours de nuit » n’est pas le film tant attendu comme remodelant et dynamitant le genre vampirique. Il reste tout de même respectueux et assez efficace et inventif. C’est concrètement dans une thématique liant l’intime à un contexte horrifique que le film atteint les sommets. Cela aurait pu être un chef-d’œuvre, il n’en demeure pas moins en l’état un excellent film.
Une triple réussite pour Ghost House Pictures, parvenant à enfin produire un bon film de genre tout en adaptant avec intelligence un comics. Surtout, cela aura permis au grand public de se familiariser au nom et à l’univers de David Slade.
Les aficionados des vampires et des films d’horreur en général seront sans doute déçus mais s’ils veulent bien être suffisamment réceptifs à ce que propose le film, ils seront comblés par un cinéaste qui sait aussi bien jouer sur les émotions.

The Joker returns

Posté le 09.01.2008 par houseofgeeks
La grosse attente de l'année est sans conteste "the dark knight" de Christopher Nolan.
Encore une affiche teaser qui met l'eau à la bouche et quelques frissons dans le dos, et qui tend à figurer l'orientation noire, dépressive et fantastique prise par le réalisateur.

A suivre de très près donc.

Retour en (dis)grâce ? Aliens versus Predator Requiem

Posté le 09.01.2008 par houseofgeeks
L’annonce de la mise en chantier de « Aliens Versus Predator : Requiem » (ou « AVPR » c’est plus simple et plus vendeur) n’a pas mis le « oueb » en ébullition c’est le moins que l’on puisse dire. Si les premiers visuels diffusés intriguaient, on ne donnait pas cher de la peau de ce nouvel avatar du mercantilisme Hollywoodien.
Une info suscita pourtant quelques timides attentes. Le fossoyeur Paul Anderson (il a quand même à son tableau de chasse 3 franchises majeures : Resident Evil, Alien et Predator !) est remplacé par un tandem de réalisateurs, les frères Strause.


Nécromanciens

Deux frangins connus dans le milieu pour leurs effets spéciaux, notamment sur « X-files le film » et « Terminator 3 ». D’ailleurs, le fait qu’ils aient été balancés sur cette prod pour illustrer le pitch de Shane Salerno, non crédité en tant que scénariste du nullissime « Alien versus Predator » , ne laissait présager rien d’autre qu’une débauche, aussi vaine que puérile, d’effets en tous genres. En clair, le prototype même du film que l’on attend avec la plus grande patience.
Malgré tout, les fans des franchises Alien et Predator gardaient le fol espoir de voir un film capable de les ressusciter après l’enterrement de seconde zone de Paul Anderson. Plus prosaïquement, relancer l’intérêt pour ces deux monstres sublimes.
Le seul intérêt du film de 2004 est son plan final qui voit le torse d’un Prédator exploser pour laisser échapper un hybride en puissance. Intérêt relancé suite à la diffusion de photos de ce Prédalien justement nommé, au design séduisant. Mais c’est bien la note d’intention de Greg et Colin Strause qui ranima la flamme. Simple, ils veulent faire oublier la purge précédente (ok, pas dur), revenir à un concept de base plus méchant et hargneux (yeah !) tout en s’inspirant du « Aliens » de Jim Cameron (oh putain !). C’est pas pour rien qu’ils ont rajouté un « s » à Alien !
Ah ça, question discours promotionnel, ils s’y connaissent les p’tits gars de la Fox. Mais au final cela reste souvent en deçà des promesses entrevues. Malgré tout, on y croit car leur volonté de renouer avec un glorieux passé se traduit par un retour à des créatures plus « gigeresque », retour également de Alec Gillis et Tom Woodruff JR à la conception des créatures et une photographie signée Daniel Pearl. Surtout, les photos et la bande-annonce laissaient entrevoir une ambiance sombre et des moments bien fun (ah, cet égrènement d’une population se faisant décimer…). Sans être un chef-d’œuvre du genre, les frères Strause permettent aux deux franchises de sortir de l’ornière grâce à un film énergique, parfois outrageusement référentiel et plutôt joliment violent.

La question humaine.

Contrairement à son prédécesseur, « AVPR » recentre immédiatement le film sur les sujets principaux, à savoir les deux prédateurs ultimes. L’être humain ne servant plus que de faire-valoir. D’entrée, le tir est rectifié car ce qui plombait le 1er « AVP », outre le script inepte, était sans conteste la présence trop marquée des humains qui parasitait complètement le spectacle. On voulait de la baston homérique entre les deux races belligérantes et on obtenait au final une exploration archéologique bavarde.
« AVPR » reprend donc au moment où surgit le prédalien. Croissance expresse et décimage en règle du vaisseau des prédators ramenant sur leur planète quelques « face-huggers ». Les dommages causés par la bataille dévient le vaisseau de sa trajectoire qui s’écrase sur Terre, plus précisément dans la forêt jouxtant la bourgade paumée de Gunnison, dans le Colorado. Les Aliens se font la malle et le dernier des prédators n’a plus que la force d’envoyer un message de détresse vers sa planète afin qu’un de leur plus grand guerrier rapplique en vitesse faire le grand ménage. Quitte dans l’opération à tuer quelques spécimens de la race humaine.
Pas de fioritures, le film va droit à l’essentiel. En 5 minutes, les enjeux sont clairement exposés sans que l’on ait dû se farcir 10 plombes de dialogues. En plus, nous avons droit à un aperçu de la planète des Prédators au look clairement influencé par les nécromongueurs des « Chroniques de Riddick ».
Autre réjouissance, le sort réservé aux humains qui s’immisceront au combat est préfiguré par un chasseur et son fils tombés sur l’épave du vaisseau et qui finiront le torse explosé. Oui, oui, on voit également celui du fiston de 10 ans laisser échapper un asticot aux dents acérées.
Quant au flic tombant nez à nez avec le Predator chargé du grand nettoyage, il finira dans un hommage au film de Mc Tiernan, pendu par les pieds dans les arbres et complètement pelé.
Tandis que le Predalien rassemble des troupes en utilisant un vivier à disposition, soit des clochards vivant dans les égouts, que le Predator part en chasse, les humains vaquent à leurs occupations typiquement américaine : flirt, réinsertion et retour du soldat au bercail. Et oui, quand les extra-terrestres vedettes sont mis en valeur, les humains se bornent à des stéréotypes à peine esquissés. Une fois encore, les Strause réaffirment leur désintérêt total pour leurs congénères. Identification et développement des caractères sont inutiles puisqu’ils ne serviront que de chair à canon pour des débordements gores réjouissant et plutôt réussis. De toute façon, il n’y a qu’a voir le casting, deux « vedettes » de séries télés (dont Reiko Aylesworth en rupture de « 24 ») et aucune « gueule » pour jouer les seconds couteaux (mais où est passé Lance Henriksen bordel ?).
Mais les frères Strause montrent qu’ils ont tout compris à un concept aussi dégénéré en limitant l’utilité de l’homme à servir d’appât ou de matrice reproductrice. La scène où le Prédalien insémine les femmes enceintes d’un hôpital est aussi choquante qu’imprévisible. Instantanément culte.


Des hommes sous influences.

Les réalisateurs ont été payés pour une seule chose, mettre en scène de manière aussi belle que brutale l’affrontement entre les deux races extra-terrestres les plus badass de l’univers. Mission accomplie et avec la manière en plus. Photo classieuse, cadres soignés, production design magnifique, le film est visuellement accrocheur.
Gros défaut, l’usage trop intensif de gros plans qui nuit à l’action, devenant assez illisible par moments. Une difficulté de lecture accentuée par la caméra portée (mode qui a tout intérêt à passer avant de devenir une constante de tout actionner hollywoodien).
De même le découpage laisse à désirer, dénotant du manque d’expérience de ces artisans des SFX en matière de réalisation.
Mais ne boudons pas notre plaisir, le film demeure inventif et stylisé.
Utilisant à merveille les plans signatures des apparitions des aliens (révélation de leur présence dans le décor par un reflet, leur mâchoire ou leur bave) et iconisant à mort les attitudes du Predator, le film ménage en plus quelques moments bien glauque et craspec. C’est bien joli d’éviscérer un gamin mais montrer une femme enceinte d’à peine quelques mois le ventre implosé, fallait oser. Sans oublier la maternité de l’hôpital transformée en véritable nid à aliens.
Le film est clairement sous influences mais il parvient à suffisamment s’en affranchir pour éviter le plagiat inepte. La séquence dans les égouts où le Prédator tente de piéger les Aliens présents fait nettement penser à une séquence du même type de « Blade II ».
Mais c’est définitivement « Aliens » de James Cameron qui fait office de mètre étalon. Hélas, « AVPR » souffre inévitablement de la comparaison. Là où le film de Cameron se caractérisait par une tension croissante et une ambiance oppressante et anxiogène, celui de Greg et Colin n’en conserve que des passages désormais cultes. Quelques trouffions de la garde nationale exterminés hors-champ, une Ripley et Newt – like (la sergente O’Brien et sa fille), visite de la nursery alien... Des références pourtant jamais trop prégnantes. Les frangins conservent une attitude humble, citant un modèle sans jamais tenter de le surpasser par une surenchère graphique. Une relecture urbaine du chef-d’œuvre de Cameron qui aurait pu être encore plus jouissive avec une mise en scène mieux maîtrisée.
Dommage que le combat final finisse en queue de poisson, ou d’alien en l’occurrence, laissant un goût d’inachevé.


Unanimement condamné.

Malgré ses qualités, le film est victime d’un acharnement tant critique que public pour le moins étonnant. Des scories demeurent, on ne s’improvise pas metteur en scène même si on est un geek doué pour confectionner des effets-spéciaux, c’est évident. Au moins, le duo n’a pas la prétention de surpasser les 4 Alien et les 2 Predator.
On leur reproche également d’être trop fan des franchises en question au point d’avoir abuser de références en tous genres, les vidant de leur essence Elles servent plutôt bien le film, au contexte, certes moins travaillé et à l’intrigue plus linéaire.
Le Predator est devenu un gros bourrin voué à défoncer les portes plutôt qu’à se fondre dans son environnement ? A partir du moment où les Aliens envahissent la ville et que sa mission consiste à effacer toute trace, plus besoin de faire dans la dentelle.
De toute manière, ce n’est pas le propos du film. Le Prédator est là pour annihiler la menace Alien, point. Rien à faire du reste.
Manque d’ampleur, d’ambition ? D’accord, mais l’intention de départ n’a jamais été de révolutionner le genre.
Caractérisation des humains indigne ? On est là pour les stars du film.
Le sort des rescapés importe peu. Ils peuvent bien finir empalés par la queue d’un alien ou l’arme du Predator, rien n’empêchera la confrontation finale aussi photogénique (de nuit et sous la pluie) que dantesque entre l’hybride et son congénère. Une séquence en l’état très bonne mais qui aurait eu plus d’impact encore grâce à une plus grande utilisation de plans larges qui aurait permis de mieux mettre en valeur les belligérants.
Les incohérences (l’ex taulard arrive à faire marcher une arme extraterrestre ?!), les problèmes de rythme de la 1ère partie et les limites des réalisateurs (échelles de plan à revoir) n’enlèvent rien au plaisir primaire de voir Predator et Aliens se foutrent sur la gueule.


En conclusion, vous pouvez oublier le film de Paul Anderson (son seul haut fait d’arme restera à jamais le flippant « Event horizon »).
Première bonne surprise de l’année, « Aliens versus Predator : Requiem » est une bonne grosse série B qui débourre, qui ne se prend pas la tête et qui ne se contente pas d’illustrer un scénario bêtifiant. Jouissif, fun et inventif à souhait, tiercé gagnant pour un film dont on en attendait pas tant.
N’ayez pas honte d’avoir aimé ce film. C’est plutôt marrant de voir certains le descendrent un peu partout sur le net et dans la presse quand les mêmes se paluchent devant du Michael Bay (Bad boys 2 ou Transformers) ou le remake de 2003 de « Massacre à la tronçonneuse ».

Grosse claque : BUG de William Friedkin

Posté le 08.01.2008 par houseofgeeks
Dernier film en date de William Friedkin qui s’avère être un sacré choc à tous les points de vues. Que ce soit sur le fond et la forme, papy Friedkin (71 ans au compteur) en remontre à certains d’jeuns quand il s’agit de foutre mal à l’aise le spectateur et d’aller dans la radicalité la plus totale..
Alors qu’il ne bénéficiait pas d’un « buzz » ou d’une « hype » conséquente par rapport à certaines autres productions, et en retrouvant un système de production cher à l’esprit frondeur des seventies (dont Friedkin est issu) c'est-à-dire budget limité, peu d’acteurs, pas de stars, unité de lieu mais une liberté de ton totale et un contrôle absolu de l’œuvre, voilà qu’il nous pond un film malade et halluciné (voire par moments hallucinant !) digne de Philip K. Dick, un chef d’œuvre viscéral et intense. Mais pas seulement….

Adaptant une pièce à succès et reprenant son interprète principal (Michael Shannon impressionnant), le film s’attache à nous faire vivre au plus près l’inexorable descente en enfer d’un couple de naufragés de la vie. Mais loin d’être apathique et statique (c’est pas du théâtre filmé !), la réalisation de Friedkin épouse parfaitement l’état d’esprit des personnages. Que ce soit des travelling latéraux à l’extérieur qui font peser une menace sourde ou ses décadrages lorsque la caméra suit au plus près les personnages dans leurs déplacements et leurs délires. De même que son expérimentation, notamment dans les cadres, permet de composer de véritables tableaux (d’)hallucinés.
Un film où nous est donné à voir le génie de Friedkin à l’œuvre, s’appropriant une histoire au parti-pris plutôt casse-gueule (deux personnages dans une chambre d’hôtel minable qui à force de délires paranoïaques pètent un plomb), pour livrer un film magistral. Bien que proposant des plans et des séquences hors de cette chambre, tout concourt en fait à nous enfermer de plus en plus dans la psyché torturée des personnages. Au-delà de simples respirations narratives, ces scènes extérieures nous ramènent inexorablement à l’intérieur.
Renouant avec ses thèmes de prédilection, obsessions morbides, pulsions destructrices, contamination du mal, perte d’identité…, on ne peut pas dire que sa démarche relève d’un opportunisme forcené.

Agnès (Ashley Judd enfin convaincante) recluse dans une chambre miteuse d’un motel perdu en plein désert, n’arrive pas à faire le deuil de son fils disparu et vit dans l’angoisse permanente de voir débarquer son ex-mari violent qui vient de sortir de prison.
Arrive un étrange voyageur, Peter (Michael Shannon) à qui elle va finir par se donner corps et âme…
Toute la presse s’est extasiée devant la séquence d’ouverture nous montrant le lieu de l’action vu d’un hélicoptère, d’abord de loin puis se rapprochant de plus en plus pour finalement se focaliser sur la chambre que l’on ne quittera pratiquement plus. Séquence magistrale certes puisque annonciatrice de la teneur paranoïaque du métrage (qui surveille, qui approche, qui téléphone avec insistance ?....) plongeant d’emblée dans l’ambiance.
Mais c’est oublier le premier plan furtif qui ouvre le film. On y voit une pièce où les murs et les meubles sont recouverts de plastique, un cadavre gisant par terre, le tout baignant dans une lumière bleutée semblable à des U.V. Un plan qui parasite d’entrée le film, puisque l’on s’interrogera constamment sur la manière dont on y arrivera. Un parasitage à l’image de ce que provoquera le personnage du vagabond Peter dans l’existence d’Agnès et qui conduira au pire.
Bug signifie insecte comme ceux qui grouillent soi-disant sous la peau des personnages. Mais il signifie également micro caché. C’est donc l’état d’esprit de l’Amérique post 11 septembre qui est ici attaqué. Une Amérique qui vit enfermée entre quatre murs car persuadée d’être assiégée par une menace omniprésente et invisible.
Cette obsession sécuritaire prend la forme d’un esprit qui imagine que son corps a été parasité par l’Autre.
Car d’emblée on sait que les insectes que Peter croit voir n’existent pas. Si au départ le doute était permis, très vite on assiste au dévoilement de sa vraie nature paranoïaque. Le but premier du film n’est pas de nous faire douter de la vraisemblance ou non de son histoire mais bien de montrer comment un esprit fragile, en perte de repères en vient à accepter la folie de l’autre.
On en revient alors à l’unique sujet qui traverse sa filmographie que se soit « l’exorciste », « le convoi de la peur », « police fédérale L.A » ou « Traqué » : la possession, ses conditions de possibilité et ses ravages.
Comme dans tout film de Friedkin, « BUG » suit un processus de contamination. Le personnage d’Ashley Judd accepte elle-même de basculer dans la folie de Shannon. Ce basculement intervient alors qu’il lui raconte son histoire tandis qu’elle s’est réfugiée dans les toilettes. Quand finalement elle en sort, elle se jette dans ses bras et la pièce se met à trembler de plus en plus, le bruit des pâles de l’hélicoptère devient assourdissant, la pièce est baignée dans une lumière aveuglante (le projecteur de l’hélico ?) limite stroboscopique, et tandis qu’on a l’impression que le monde s’écroule autour d’eux, elle tend la main vers sa tempe et saisit un de ces insectes imaginaires. Par ce simple geste, elle accepte de partager son obsession mentale. A la menace d’un monde violent (disparition de son fils, ex-mari brutal), elle préfère un monde fantasmatique dont les lignes de démarcation sont vacillantes mais où elle trouve l’amour.

Et oui, « BUG » est aussi une incroyable histoire d’amour. Un amour possessif et total qui rend Agnès imperméable à toute tentative de la ramener à la raison.
Et Friedkin en cinéaste jusqu’au-boutiste ne rechigne pas à montrer les conséquences extrêmes qu’un tel amour couplé à une paranoïa maladive engendrent. Voir la séquence insoutenable où Shannon se triture la mâchoire à la recherche d’un hypothétique micro, ou le dernier quart d’heure tout entier lorsque la folie consume finalement et littéralement les personnages et le film.
Une œuvre magistrale qui emprunte autant à David Lynch (la séquence où tout bascule pour elle mais aussi ces moments de latence, d’attente qui font monter la pression et augurer du pire) qu’à Mc Tiernan dans sa manière de filmer les face à face des personnages comme des séquences d’action à l’instar de « Basic ». Friedkin transcendant ainsi son huis-clos pour en faire un film incroyablement immersif.

Contrairement à ce que nombre de critiques pensent, « BUG » est moins un film paranoïaque (le doute sur un éventuel complot est assez vite levé) que sur la paranoïa elle-même. Comment elle se propage et ce qu’elle implique comme tourments émotionnels autant que physique. Les années passent et Friedkin reste toujours aussi inventif et virtuose. Libéré des contingences hollywoodiennes, il livre un film vraiment impressionnant tant dans son traitement visuel que par sa résolution radicale. Une véritable expérience à vivre, de laquelle on ne sort pas indemne.

A l'intèrieur

Posté le 08.01.2008 par houseofgeeks
Bientôt en DVD, Blue-ray et HD. Achat indispensable pour tout fan de film d'horreur ou cinéphie qui se respecte.

Première réalisation de Julien Maury et d’Alexandre Bustillo et déjà une vraie réussite. Pourtant, c’était loin d’être gagné. D’une part parce que venant du milieu de la critique (pour le sieur la bustille), l’envie d’utiliser un max de références peut s’avérer futile et handicapant pour l’histoire elle-même (cf Christophe ans, Doug Headline). D’autre part parce que arriver à financer un pur film d’horreur en France tient vraiment de la gageure. Toujours considéré (à tort) comme un genre mineur, le film de trouille peine à séduire les critiques recherchant à justifier leur plaisir par un discours méta-textuel sur la nature humaine, la société ou le genre lui-même, comme les spectateurs blasés par des purges comme les B-movies (sauf Maléfique) ou les ratés « Promenons-nous dans les bois » ou « Ils » (mais pas inintéressants visuellement).
Le film existe aussi grâce au succès rencontré par Alexandre Aja (« Haute tension ») ici ou outre-atlantique (« la colline a des yeux ») et à toute une frange de nouveaux venus nourris depuis l’enfance aux films de genres (horreur, mais aussi polar, fantastique, kung-fu, etc) et qui parviennent à s’installer dans le paysage (Florent Emilio Siri, Gans, Koonen, Marc Caro, et bientôt Xavier Gens et Yannick Dahan).
En l’occurrence « A l’intérieur » a-t-il sa place aux côtés de ses illustres prédécesseurs ?
Grand dieux, oui !!

Porté par l’enthousiasme indéfectible de ses deux réalisateurs, le film s’appuie sur les performances magistrales d’Allison Paradis (la sœur de qui vous savez) et surtout une Béatrice Dalle transfigurée. Histoire minimaliste – une jeune femme (Paradis) à la veille d’accoucher est harcelée par une femme en noir (Dalle) qui veut lui prendre son enfant à naître à même le ventre – unités de temps et de lieu (une seule nuit dans la maison de la victime), bref tous les ingrédients pour faire un huis-clos étouffant au possible. Nous sommes loin du climat de paranoïa qui baignait le dernier film de Friedkin « Bug ». Ici, c’est un affrontement violent, sans concession. Les autres personnages intervenant (la mère, l’ami, les flics) ne sont que des prétextes pour des scènes de meurtres. Mais alors quelles scènes ! Car pour bien nous montrer de quoi est capable cette femme en noir, le hors-champ est proscrit et c’est avec rage et détermination qu’elle poursuit son but ultime.
Mais attention, ce n’est pas du gore jouissif comme « Brain dead » où on se marre et applaudit aux exploits sanguinolents. Non, là on craint vraiment pour la vie de l’héroïne. Et ce jeu du chat et de la souris est magnifié par une photo de toute beauté et un travail remarquable sur les ombres et l’obscurité, accroissant un climat déjà oppressant.
Si le film est parsemé de références (figure du vampire, Halloween, le giallo….), elles ne le parasitent jamais et s’intègrent parfaitement à l’intrigue. Point faible, le fait d’utiliser les émeutes en banlieue fin 2005 comme contexte socio-politique. Un climat déliquescent et de violence comme justification aux actes de cette femme ? Dans tous les cas, cette assertion sera contredite pat la « révélation » finale. Surtout, cette datation enlève tout caractère intemporel au métrage. Du moins au début. Car une fois la traque lancée, on oublie vite ce qui peut se passer à l’extérieur.
Il faut voir Béatrice Dalle bouffer l’écran ! Une présence incroyable mais qui n’éclipse pourtant pas celle de Paradis qui nous évite le traditionnel registre de la scream-queen. Elle souffre presque en silence, de sorte que lorsque les coups reçus lui arrachent des cris, on est vraiment pris aux tripes.
La grande réussite du film, outre de nous présenter des sévices toujours plus « raffinés » (de la tentative d’éventration au ciseau on passe à l’aiguille à tricoter !) est d’être en perpétuelle évolution narrative. Ça commence comme un film d’assaut, on poursuit dans le survival domestique pour petit à petit basculer vers l’abstraction et le conte onirique. Pour s’achèver dans le cauchemar le plus noir.

Alors, ne boudons pas notre plaisir. Certes, ce n’est pas ce film qui va révolutionner le genre ou qui lui apporte une certaine réfléxivité mais bordel, à l’heure actuelle, trouvez-moi un petit film aussi radical et viscéral ?
Et puis, rien que pour Béatrice Dalle et la virtuosité pour filmer la mort, ce film mérite le détour. En tous cas, il ne mérite vraiment pas les commentaires de critiques n’ayant vu que débauche de sang ridicule et vaine, ou pire un bon gros Z de samedi soir. Ceux-là n’y connaissent vraiment rien en termes de grammaire cinématographique.
Alors attendez de voir ce qu’ils vont pouvoir dire après visionnage de « Frontières » de Xavier Gens (survival campagnard où une bande de voyous des cités se retrouve séquestrés en pleine cambrousse par une famille de nazis cannibales !!!).
« A l’intérieur » est un grand petit film. Et des petits films comme ça, j’en veux toutes les semaines !

EDEN LOG : re-connexion du film de genre français

Posté le 04.01.2008 par houseofgeeks
Le cinéma français de genre alors en plein marasme tente de renaître. Pourtant une poignée de réalisateurs (Aja, Bustillo/Maury, Valette, Gans) ont acquis une certaine reconnaissance mais hors de nos frontières. Oeuvrant principalement dans le genre horrifique (« Haute tension », « A l’intérieur », « Maléfique », « Silent Hill ») qui n’a jamais eu les faveurs d’une intelligentsia et diaspora franco-française. Et si Guillaume Canet a trusté les récompenses pour son thriller « Ne le dis à personne », c’est bien plus grâce à l’addition de stars françaises utilisées en contre-emploi plutôt que par ses qualités de réalisation et de narration propres.

Une logique marketing que « Chrysallis » reprend à son compte afin de trouver une fenêtre d’exposition assez large. Porté par l’aura de Dupontel, le film de Julien Leclercq bénéficie d’une photo soignée et de mouvements de caméra inventifs mais le tout s’avère vide de sens, plombé par un scénario qui peine à assumer entièrement la note d’intention initiale, faire une variation du film « Les yeux sans visage » de Franju transposée dans un contexte science-fictionnel. Artistiquement brillant mais désespérément plat émotionnellement. Une curiosité à découvrir car le réalisateur est doué.
« Eden log » évolue quant à lui dans un univers aussi froid et orienté S.F d’anticipation que « Chrysallis » sorti un mois plus tôt. Sauf que « Eden log » s’appuie sur une vision plus pessimiste et primaire de l’homme quand « Chrysallis » dépeignait une société subordonnée aux progrès technologiques high-tech.
Là encore, le film bénéficie de l’aura d’un acteur connu, ici Clovis Cornillac, qui à l’instar de Dupontel, s’est impliqué dans ce projet au budget réduit par conviction et enthousiasme pour l’histoire à raconter.
Dans « Eden log », elle se résume à la quête d’identité de Tolbiac qui parcourt les différents niveaux des bas-fonds de ce futur indéterminé, pour remonter petit à petit à la surface et faire la lumière sur son identité comme sur ce qu’est ce nouvel Eden et ce qu’il implique.
Une fois de plus, la trame scénaristique est de moindre intérêt. Le scénario de Franck Vestiel (également à la réalisation) et de Pierre Bordage (célèbre romancier français oeuvrant dans la S.F ) bat en brèche des classiques de l’anticipation comme « Soleil vert » ou « L’Armée des douze singes ». Là n’est pas l’essentiel pour un film conceptuel et expérimental dépeignant un univers cohérent et immersif dans lequel on est d’emblée dans le vif du sujet puisque le référent du spectateur, Tolbiac, s’avère aussi paumé que lui dans ce monde souterrain. Une désorientation et une confusion majeures comme principal vecteur d’identification. Une implication qui reste fragile puisque subordonnée à un personnage s’exprimant peu ou par grognements, gagné par l’introspection et qui recouvrera in fine la mémoire.

Cependant, l’expérience mérite d’être vécue. D’une part, le monde souterrain ainsi créé est fascinant, d’autre part la réalisation est soignée et maîtrisée car le film parvient à en dire beaucoup avec très peu de dialogues.
Des influences assez bien digérées car si l’on pense inévitablement au « Dernier combat » de Besson, « L’Armée des 12 singes » donc, de Guilliam, l’expressionnisme allemand, où même « Alien » de Ridley Scott et « Predator » de Mc Tiernan (la séquence inaugurale où le perso de Cornillac se réveille couvert de boue, une conscience qui s’éveille d’abord par des râles de douleurs avant d’être bien vite gagné par une dualité homme/bête et où sa survie ne sera rendue possible que par un retour à un comportement bestial), elles ne parasitent jamais le métrage.
De même, s’il utilise des codes narratifs très marqués (le survival, la S.F), le film ne peut se réduire aux genres qu’il investit. Constamment à la lisière, c’est à la fois sa faiblesse comme sa plus grande force. Car s’il peine à entraîner le spectateur dans la logique interne du récit, le film est une remarquable expérience sensitive et sensorielle. Un trip halluciné renforcé par l’ambiance sonore créée par le duo Alex et Willie Cortes (baptisé Sepukku Paradigm), dont la musique et bruits rappellent l’univers post-industriel de Lynch, et des corps à corps rendus confus par une caméra portée.
L’intérêt n’est plus dans la lisibilité des scènes de combats entre Tolbiac et les créatures humanoïdes peuplant les niveaux inférieurs, mais bien dans le rendu du sentiment de confusion (quant à son état et sa quête) qui l’habite. Un procédé également à l’œuvre sur le génial « 28 semaines plus tard » de Juan Carlos Fresnadillo où la totale imprécision des images lors des attaques des zombies instillait un sentiment de peur panique assez bluffant.
Dans « Eden log », le but n’est évidemment pas de faire peur mais bien de générer un climat inquiétant et dépressif. Une ambiance admirablement servie par la tonalité monochromatique d’images de toutes beautés.
Certes, on peut regretter les explications finales assénées avec animation à l’appui (pour ceux qui auraient eu du mal à suivre) qui amoindrissent les ambitions affichées, mais le but est atteint.

Et parvenir, à l’heure actuelle, à fignoler un film de S.F français à l’univers décadent aussi marqué et marquant, et qui invite à une telle exploration des tréfonds de cette société futuriste relevait de la gageure.
Avec un budget réduit, Franck Vestiel signe un film humble, sincère et visuellement grandiose. Allez voir un tel film relève quelque part d’un certain militantisme. Distribué dans à peine 52 salles, on voit bien que le cinéma de genres français a bien du mal a sortir de l’ornière, et ce malgré le succès d’estime (« Nid de guêpes » de Siri) ou public (« Le pacte des loups » de Gans) de certaines prod.
D’autres films vont débarquer ces prochains jours : « Dante 01 » de Marc Caro (le 02/01/08), « Frontières » de Xavier Gens (le 23/01/2008), « Martyrs » de Pascal Laugier (en février ou mars 2008). Mais pour que ces vagues cycliques deviennent sinon une déferlante du moins plus régulière, il faut courir voir ces films.
Et ça commence par allez voir « Eden log ». Ce n’est pas un chef-d’œuvre ou un classique instantané mais vous pouvez être que l’univers ainsi dépeint fera date (et sûrement récupéré).
Alors entre la boursouflure « Hitman » (Gens étant exempt de tout reproche, n’est-ce pas messieurs les exécutifs de la Fox ?) et l’intriguant et envoûtant « Eden log », choisis ton camp camarade !!

La mort d'un idéal

Posté le 04.01.2008 par houseofgeeks
Mais le contre-coup le plus retentissant de « Civil war » est intervenu dans la série « Captain America ». Mark Millar l’avait annoncé, dans sa mini série « Civil war » il ne tuerait pas l’un des leaders de chaque camp, Iron Man ou Cap. Il a tenu parole, laissant le soin à Ed Brubaker de tuer Steve Rogers dans sa série régulière (n°25, épisode déjà mythique. En France publié dans Marvel Icons n°30) ! Captain America est mort. Le symbole vivant des idéaux portés par les pères fondateurs de l’Amérique.
Comme celle de Superman en son temps (en 1992), la mort de Captain America a eu un retentissement médiatique allant bien au-delà du monde des comics. Les médias généralistes à travers le monde en ont parlé, c’est dire l’ampleur du phénomène. Seulement, ils ont vu dans cette mort une critique de la politique de Bush Jr, rendant Cap représentatif de l’idéologie actuellement à l’œuvre. Et non, il ne fallait pas se leurrer, ils n’ont pas lu « Civil war » et ont une connaissance plus qu’approximative de ce personnage.
Car plus que le pouvoir en place, Cap est le symbole, l’ardent défenseur de principes démocratiques universels. Bien souvent, on réduit ce personnage à un patriote ultime du fait de sa tenue taillée à même le drapeau américain. Mais il ne faut pas oublier que la création de ce personnage dans les années 40 coïncide avec la seconde guerre mondiale et qu’il était donc l’affirmation imagée du combat de principes libertaires contre l’obscurantisme nazi. Un symbole fort et une réponse à la propagande d’un régime fasciste oppressif. Cap est un patriote certes, mais qui illustre plutôt ce qu’en pense Mark Twain : « Le patriotisme consiste à défendre son gouvernement entièrement, mais seulement lorsqu’il le mérite ».
Car Steve Rogers a plusieurs fois renoncé à la défroque étoilée pour rejoindre la clandestinité. Et à chaque fois parce qu’il était en désaccord idéologique avec des mesures liberticides ou inappropriées.
Alors, d’où vient le malentendu ?

Tout d’aord, la relance de la série (volume 4) intervenant après le 11 septembre 2001 a vu le personnage se conformer à l’image interventionniste et revancharde de l’Amérique bushiste, Cap combattant des terroristes islamistes à l’intérieur et hors des Etats-Unis.
Deuxièmement, la version ultimate du super soldat le faisait passer pour un combattant bas du front. Des Ultimates (soit les vengeurs de l’univers ultimate) créés par un certain Mark Millar. Ce qui ne manque pas d’ironie.

Ainsi donc Captain America est mort. Il serait toutefois plus juste de préciser que c’est Steve Rogers qui repose en paix. Tué de la main même de sa petite amie l’agent du S.H .I.E.L.D Sharon Carter, soumise à un lavage de cerveau du nouveau Crâne Rouge.
Une décision risquée puisque le duo Brubaker/Epting a su redonner toutes ses lettres de noblesse à un titre en perte de vitesse et même de repères. Faisant évoluer le personnage dans une ambiance plus sombre, au propre comme au figuré puisque baignant dans un climat conspirationiste superbement mis en images par Steve Epting jouant sur les contrastes et utilisant des tonalités foncées et sombres.
Des images et des couleurs ternes en adéquation avec l’état d’esprit du héros alors en plein doute et limite dépressif.
Revenant aux bases du mythe, le duo d’artistes utilise des personnages clés issus du passé du super patriote dans un contexte contemporain (Crâne Rouge, le général Lurkin, l’Hydra…). Une bonne manière de revisiter et surtout redéfinir ce passé justement, en exposant sous un nouveau jour des évènements jusque là immuables.
Et l’impensable arrive, ils ont osé ramener Bucky à la vie, le side-kick de Cap dans les années 40, censé être définitivement mort.

Pourtant les résurrections, aussi improbables qu’incongrues sont monnaie courante dans les comics (Phoenix/Jean Grey, Iron Man, Spider-Man, Cap America déjà, Captain Marvel tout récemment…) mais la mort de Bucky, tout comme celle de Jason Todd (Robin II) était définitive. Suffisait en fait de trouver une bonne raison.
Il est intéressant de noter que le retour de Bucky suit de près celui de Jason Todd intervenu peu avant. Au-delà de l’évidente opération commerciale de tels évènements, il faut préciser que ces résurrections coïncident avec la résurgence d’un passé jusqu’ici refoulé par Cap et donc Batman. A l’instar du cinéma d’horreur des années 70 utilisant ce genre d’allégorie, les morts se relèvent pour hanter les héros mais acquièrent une fonction hautement symbolique. Bucky, désormais appelé le « Winter soldier » (pour plus de détail voir Captain America volume 5, l’excellent run en cours de Brubaker). Un premier choc censé préparer à la véritable conclusion de « Civil war », la mort de Steve Rogers le rebelle.

Un décès parfaitement négocié par Marvel qui dans la foulée de cet épisode instantanément culte, sort la mini série en 5 épisodes « Fallen son » écrite par un Jeph Loeb récemment endeuillé (son fils de 17 ans est mort des suites d’un cancer). Une histoire qui explore toute la palette de sentiments de différents héros (déni, colère, désespoir…) qui vont devoir s’accommoder tant bien que mal.de la perte de l’homme qui personnifiait leur idéal. Et dans tout le panel super-héroïque, c’est Franck « the punisher » Castle qui est le plu affecté.

Un Cap disparu physiquement mais omniprésent dans les pensées, chacun se mesurant à l’aune des valeurs qu’il véhiculait. Quand dans le même temps Iron Man s’impose physiquement u peu partout.
La mort du héros n’a pourtant pas entraîné la mort éditoriale du titre. Bien au contraire, les ventes explosant depuis sa disparition.
Si j’ai autant insisté sur la mort de l’homme derrière le masque, c’est que justement le costume laissé vacant va être repris (voire perverti ?). Jusqu’à la réapparition de Steve Rogers ? Car la seule chose de sûr dans les comics c’est que les héros sont éternels (Thor vient tout juste de revenir après près de 2 ans d’absence).
A suivre donc dans ce que l’on peut considérer comme la plus grande période créative de la maison d’édition..
L’univers Marvel n’est définitivement plus le même. Captain America est mort, vive Marvel !

CIVIL WAR : The aftermath

Posté le 04.01.2008 par houseofgeeks
Les légalistes ont gagné puisque les rebelles emmenés par Captain America ont capitulé. L’idéalisme et la préservation des libertés individuelles n’auront pas résisté aux dommages collatéraux parmi les civils causés par les combats. Iron Man, garant du tout sécuritaire peut donc mener à bien son véritable projet baptisé l’Initiative. Soit créer des équipes fédérales de super-héros entraînés dans un centre gouvernemental et chargées de la protection du territoire. Une équipe par état. Le tout étant chapeauté par tête de fer désormais directeur du S.H.I.E.L.D.

Une saga qui aura rencontré un certain succès commercial et artistique. Les critiques ne tarissant pas d’éloges à son sujet. Car au-delà d’un crossover de plus impliquant tout le marvelverse, « Civil war » aura permis de soulever des interrogations politiques assez inhabituelles dans le mainstream. De plus, parfaitement gérée éditorialement car la trame principale est regroupée en 7 fascicules et pas besoins de lire tous les titres annexes pour suivre. Cependant, les implications et les répercussions sont telles que la lecture des ¾ des séries liées s’avère indispensable afin de mesurer les enjeux dramatiques de cette histoire.
C’est sans aucun doute la plus grande force de « Civil war », proposer différents points de vues sur un même évènements. Et cela va bien au-delà de l’accroche promotionnelle « Dans quel camp êtes-vous ? ». Le travail accompli par les scénaristes (Millar, Strazinski en tête) est admirable car chaque camp, chaque protagoniste ont chacun de très bonnes raisons. Seule la méthode diffère. Encore que pour gagner la bataille finale, même le plus idéaliste des héros est prêt à se salir (indirectement) les mains. Explorant les coulisses des évènements principaux relatés dans les mini « Civil war » et « Civil war : frontline », Marvel parvient à créer un univers foisonnant, diversifié et parfaitement cohérent.

La fin de cette guerre civile sonnant le glas du retour au status quo traditionnel. La donne a changé et le marvelverse s’en trouve compltement bouleversé.
Avec un Iron Man omniprésent et omnipotent (rappelant clairement un certai Big Brother cher à Orwell…), créant une nouvelle équipe de Vengeurs celle-ci pro-gouvernementale (Mighty avengers), des équipes dans chaque état (Avengers : the initiative) et en relançant d’anciennes (New warriors, New thunderbolts, Omega flight…) on peut difficilement occulter le but lucratif poursuivi par la maison des idées en créeant ces nouvelles séries. Mais là aussi la donne a changé. Car ces nouveaux titres ne sont pas appelés à durer. Il arrivera forcément un jour (plus ou moins lointain certes) où les antagonismes trouveront leur résolution et précipiteront donc ces séries dans les limbes.
Le véritable évènement est d’avoir réussi à porter l’intérêt non plus sur des personnages particuliers ou des équipes artistiques mais bien sur un contexte commun. Elargissant ainsi le champ des possibles, les répercussions et interractions entre séries vont se multiplier et leur intérêt croître. Peu importe que certaines d’entre-elles périclitent, elles seront d’autant plus vite digérées, absorbées. Et des personnages comme des storylines « sacrifiés » pourront ainsi être récupérés ailleurs.
Plus que jamais, les séries à lire et à suivre sont chez Marvel.
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