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houseofgeeks
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Hommage et coups de gueule !!

Publié le 05/06/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Hommage et coups de gueule !!
Nouvelle pas très neuve, mais bon Sydney Pollack est mort le 26 mai dernier. Réalisateur des inoubliables Les 3 jours du condor, On achève bien les chevaux, Jeremiah Johnson (http://louvreuse.net/Analyse/jeremiah-johnson.html?ac=0)
…Bon, TF1 avec toute la cinéphilie commerciale qui la caractérise aura plutôt rediffusé Out of Africa. Reste les dvd.
En plus d’être un bon réalisateur c’était également un bon acteur, La mort vous va si bien, Eyes wide shut, les Soprano…


Continuons dans la nécrologie, avec un avis de décès plus cynique, celui du film Martyrs de Pascal Laugier. Réalisateur de Saint-Ange, film honteusement sous-estimé alors que le niveau de réalisation est époustouflant. Photo magnifique, personnages bien écrits, des interprètes au diapason (Lou Doillon et ), une ambiance diffuse et palpable de déliquescence, bref que du bon quand bien même certains le vilipendent pour son scénario certes un peu léger. Sans doute des critiques littéralement aveugles.
Martyrs donc qui s’est vu octroyé jeudi 29 mai par la commission de classification des films une interdiction aux moins de 18 ans. Pris de panique, le distributeur Wild Bunch annula purement et simplement la sortie prévue le 18 juin. Une sortie repoussée, peut être à septembre. Toujours est-il que depuis le retour de l’interdiction aux moins de 18 par décret en date du 12 juillet 2001, c’est la première fois qu’un film français qui plus est sans contenu pornographique est frappé d’une telle sanction.
Oui, on peut parler de sanction car cette interdiction va bien évidemment considérablement réduire le parc de salles. Déjà que les films de genre français ont pas trop la côte, c’est clair ça va pas aider la cause. Si cette interdiction est confirmée par le ministère de la culture, c’est clair que son exploitation et plus encore sa promotion vont être compliqués. Car dans une société où le bien-pensant le dispute à un retour tonitruant de l’ordre moral, un film basé sur les tortures autant physiques que psychologiques infligées à de jeunes filles qui n’auront qu’une idée en tête : se venger, face à la monstruosité bien réelle elle du couple Fourniret, le film court droit au lynchage médiatique.
Certains voient pourtant dans cette décision une aubaine pour capitaliser sur cette interdiction, avec le modèle Saw III en tête. Sauf que le Saw III en question était un épisode d’une franchise bien établie et tout sauf transgressive et subversive. Du divertissement pop-corn sanglant certes, mais décérébré. Car mis à part le premier, les suites sont à pleurer de bêtise.
Or, si l’on se réfère au buzz cannois et au pitch du film Martyrs s’avère beaucoup plus graphique, dérangeant et surtout réflexif. Il sera surtout construit autour d’un vrai scénario justifiant le crescendo de l’intrigue.
Seulement ça en France, on s’en contrefout. Si c’est pas con comme Astérix 3 et construit autour de clichés édifiants comme les Ch’tis 1, on en veut pas. Je parle des films français, mais les ricains sont parfois pas mieux logés. Voir le sort réservé au magnifique The Mist de Frank Darabont distribué dans à peine 40 salles !
Mais ce qui inquiète vraiment, c’est que cette classification masque un retour à la censure. Car les représentatns des distributeurs, exploitants , producteurs ont votés pour une interdiction aux moins de 16 ans tandis que les associations familiales ont voté pour l’interdiction aux moins de 18. Evidemment conscient de la mort commerciale qui adviendrait. En effet, outre la difficulté à exploiter le film en salles, cette interdiction condamne l’œuvre à ne pouvoir être diffusée à la télé sur des chaînes payantes entre minuit et 5 heures du mat’ !
Ci-dessous, extrait du communiqué publié par le Syndicat Français de la critique de cinéma :

Dans le traitement clinique de la fiction qu’il met en scène, Martyrs poursuit sur un mode artistique et théorique une problématique qui a nourri toute l’histoire du cinéma d’horreur : les relations complexes entre les corps et l’esprit, la frontière entre la vie et l’Au-delà. Bannir un tel film des écrans relèverait d’une censure insupportable. Or c’est bien le sort qui menace le film si la proposition d’interdiction aux moins de 18 ans de la Commission était suivie par le Ministre de la Culture. (...) Le SFCC demande donc au Ministre de la Culture de reconsidérer l’avis de la Commission pour donner à Martyrs un visa assorti d’une interdiction aux moins de 16 ans, accompagné d’un avertissement sur la violence d’images jamais gratuites au service d’un propos dérangeant.
Comme disait la marionnette de Jospin aux guignols de canal : « Pays de merde ! »



Enfin, terminons cette joyeuse rubrique par l’état de santé inquiétant de LA revue de cinoche toutes catégories confondues, MAD MOVIES.
C’est bien simple, le sommaire du numéro 209 à paraître ces prochains jours laisse sans voix. Bon, ils parlent de Diary of the dead, All the boys love Mandy Lane, etc…Mais à peine une page sur Indiana Jones 4 et ZERO sur SPEED RACER !!?? Tout ça pour laisser de la place à une preview sur X-Files 2 ??!! Et qu’on ne vienne pas me dire que les délais de bouclage couplés avec l’absence de projos de presse, et le point d’honneur à voir exclusivement les films sur grand écran et gnagnagna… Pour Indy, un petit mois de décalage pour avoir un mini dossier sur la saga voir son réalisateur c’était pas la mer à boire. Or, rien ou presque. Une critique et basta. Ok, les autres mag s’en sont donnés à cœur joie (dossier de 30 pages et hors-série) mais Mad est (était ?) quand même reconnu pour sa vision iconoclaste du cinoche et je suis sûr qu’en se foulant un peu ils nous auraient concocté un truc original. (pour ça attendre la parution du numéro 13 de la revue VERSUS début juillet. Vente en ligne à : http://www.versusmag.fr)
Mais apparemment, la politique de la maison c’est plus trop de se creuser les méninges. A part l’irréductible Stéphane Moïssakis et les plumes de JB Herment, G Esposito et Julien Séveon (et aussi le sympatoche B Provezza), pas grand monde pour maintenir la barque à flots. Que se soit en version papier ou sur le net, cela devient de plus en plus la foire aux preview de séries B crétines ou de remakes dont on se contrefout. Bon, j’exagère un peu la revue reste largement au-dessus de tout le reste (et malgré mes sévères critiques sur Mad, c’est dire ce que je pense du reste !). Mais cela devient inquiétant avec le cas Speed Racer. Prochain film des frères Wachowski à sortir le 18 juin, le mag ne s’est JAMAIS fait le relais de la moindre info ou photo (ou si petite que c’est passé inaperçu). Là encore, délais de bouclage, pas de projo, etc… Je veux bien ? Mais une petite preview dans le 209 sur le film avec un retour sur le manga et la série animée dont il est l’adaptation et surtout un ch’ti coup de projecteur sur l’influence esthétique du film (Murakami et le mouvement culturel japonais « Super Flat » et pas Spy Kids comme des incultes l’ont fièrement dit), c’était trop demandé ? Bordel, même CinéLive a fait une preview de quelques pages sur le film, c’est dire !! On me traitera de paranoïaque, de frustré ou de tout ce que vous voudrez, il n’empêche. L’occultation de Spielberg et des Wachos a des relents nauséabond de règlements de compte avec l’ancienne équipe de Mad les Dahan, Bordas et surtout maître Rafik Djoumi. Rafik Djoumi dont 3 des réalisateurs préférés sont Spielberg et les Wachowski. Je me trompe peut être (j’espère). A suivre, donc. Mad n’est pas encore dans le coma mais une petite remise en question lui ferait pas de mal ! Avec pourquoi pas un hors-série sur Spielberg et/ou les W Bros !!

I KNOW WHO KILLED ME

Publié le 31/05/2008 à 12:00 par houseofgeeks
I KNOW WHO KILLED ME
« C’est John Wilson ! » : Chris Siverston, réalisateur

Dans la vie tout est relatif. Impossible de préjugé de la qualité d’un film à son nombre d’entrées (Astérix 3 ou Bienvenue chez les ch’tis 1). Il en va de même des vilains petits canards se payant une réputation peu flatteuse et relayée par des critiques souvent peu inspirées. Voire carrément aveuglées.

Dans le cas de I know who killed me, on peut même avancer qu’elles ont fortement été influencées par les nombreuses nominations et récompenses glanées aux Golden Rasperry awards de mars dernier. Soit, les razzies awards, célèbre contre-cérémonie créée par John Wilson en 1980.
Se pose d’ailleurs la question de la crédibilité d’une telle manifestation. Se voulant un contre-point subjectif aux golden-Globes et autres Oscars, cette cérémonie est victime de son succès puisque désormais certains critiques et cinéphiles légitiment ses verdicts. Il n’y a qu’à voir l’accueil réservé au Showgirls de Verhoeven, primé en 1996, pour se rendre compte de la bêtise d’un tel jugement. Mais bon, il en faut plus pour avoir la peau du hollandais violent !
L’affaire prend une toute autre tournure dès lors que cela concerne le film d’un réalisateur tentant de faire ses preuves. Et I know who killed me de Chris Siverston, malgré ses défauts (mineurs) ne mérite absolument pas l’opprobre dont il a fait l’objet.

Jeune réalisateur cherche reconnaissance, désespérément…

Intéressons-nous donc brièvement à la victime d’un tel aveuglement institutionnalisé.
Siverston est d’abord l’ami de Lucky Mc Kee, le talentueux réalisateur du monumental May et du honteusement sous-estimé The woods. Les deux compères débutent d’ailleurs ensemble leur carrière avec l’inédit All the cheerleaders die. Tout un programme. Mc Kee à la réalisation et Siverston au scénario. Une association qui fera le bonheur des films de Mc Kee. Et puis, désirant sortir de l’ombre de son pote, Chris Siverston décide d’assouvir ses velléités de réalisateur en tournant The lost. Bien évidemment toujours inédit en nos contrées, le film reçoit un accueil plus que mitigé aux Etats-Unis. Pas résigné pour autant, Siverston persévère et signe donc un deuxième long métrage, le bien-nommé I know who killed me.
On le sait, ce que l’on ne comprend pas effraie. Ou plutôt, tout film qui ambitionne d’expérimenter visuellement et narrativement la manière de raconter une histoire est violemment rejeté. Voir ce pauvre Richard Kelly et son fascinant Southland Tales.
Petit Résumé, Aubrey Fleming (Lindsay Lohan) se fait enlever par un serial-killer ensanglantant la région. Lorsqu’elle est retrouvée sur le bord d’une route, elle ne se souvient plus de rien. Les enquêteurs méfiants la soupçonnent de jouer un double et trouble jeu. Car la jeune fille inhibée a fait place à une adolescente sexuellement libérée, au grand désarroi de sa mère. Celle-ci affirmant s'appeler en réalité Dakota Moss. Alors, schyzophrénie dûe au trauma causé par cet enlèvement ou comme elle l’affirme, elle n’est pas Aubrey. Cette dernière croupissant toujours dans un trou ?

Inclassable
Comme dans son précédent long, Siverston explore la psychée de jeunes adultes d’un point de vue transgressif. Le milieu huppé dont sont issus les différents protagonistes étant dynamité par un élément perturbateur externe. Avec I know who killed me, il développe même cette réflexion avec le personnage double de Lindsay Lohan puisqu’elle appartient à la fois à cette middle-class typique et au monde interlope qui gravite aux alentours. Siverston convoque donc le David Lynch de Blue Velvet et le Brian De Palma de Sisters, deux films « malades » dont l’approche esthétique inhabituelle permet de révéler les fêlures d’inadaptés sociaux aussi touchants que dérangés.
Sans doute la forme aura été si déroutante que les spectateurs en viendront à se raccrocher à des assertions certes puériles mais au moins concrètes et identifiables, telles les frasques privées de Lindsay Lohan qui aliment les tabloïds. Des dérapages qui desserviront indirectement le film puisque certains critiques feront l’amalgame aussi stupide que réducteur entre la personnalité de l’actrice et ses personnages.
Pas de doutes, les partis-pris esthétiques de Siverston sont étonnants et gonflés pour une production calibrée. Faisant ressortir la couleur bleu afin de la rendre électrique, il crée ainsi un univers chromatique des plus singuliers. Une ambiance visuelle accentuée par un jeu sur les couleurs et l’éclairage, mettant en opposition le rouge et le bleu. Des couleurs primaires qui ainsi séparées à l’écran induisent deux sortes d’émotions. Les teintes rouges pour le désir, celles bleutées figurant un milieu régi par les conventions sociales, autrement dit où règne l’absence de tout affect. SIverston donnant ainsi à ses plans, ses cadres une tonalité proche du rêve ou plutôt du cauchemar éveillé. L’on pense encore une fois aux travaux de Lynch, ici la porosité entre deux états (le rêve, l’éveil), deux mondes (onirique et réel) étant figurée par ces bleus ou rouges profond, parfois présent dans le même plan. Mais ce travail formel rappelle bien sûr le Dario Argento de Suspiria, Siverston omettant cependant de renforcer ses effets avec un travail sur la bande-son. Il se contente de jouer avec les apparences graphiques et esthétiques. Les blessures infligées à l’une, se retrouvant en stigmates sur l’autre. Une séquence qualifiée de grotesque et ridicule alors que le réalisateur parvient à transformer un passage à l’humour noir en véritable détresse physique.

Certes, l’identité du tueur et ses motivations aisément identifiables et peu originales sont un pur prétexte. De même que l’affrontement final reste assez convenu. Mais le résultat formel sert au mieux le but de Siverston, disserter sur une gémellité refoulée et tendant vers un cas clinique de dédoublement de la personnalité comme peut être physique. Une approche très « cronenbergienne ».
Et si certains gloseront sur une maîtrise technique et formelle masquant des péripéties déjà vues un bon paquet de fois, c’est oublier que ce travail esthétique transcende la narration qui y gagne au passage un caractère vénéneux.

C’est tout de même un comble d’en venir à reprocher des propositions de mise en scène inhabituelles dans ce genre de produit ultra-calibré. Pas de place à l’expérimentation lorsqu’il s’agit de soutirer leur fric aux amateurs de films de genres peu exigeants. Pensez, I know who killed me se permet même de se conclure sur un plan aussi poétique que dérangeant. De quoi mériter 100 fois l’acharnement du public, n'est-ce pas ?

Retrouvez cette critique et d'autres chez L'OUvreuse : http://www.louvreuse.net*

IRON MAN : De grandes espérances

Publié le 23/05/2008 à 12:00 par houseofgeeks
IRON MAN : De grandes espérances
Alors qu’il y a à peine une décennie les adaptations de comics n’existaient qu’à l’état de fantasme de geek, depuis le succès de Blade et plus encore du premier X-Men, pas une année sans ses 2 ou 3 films de super-héros. Une invasion de masse qui, à quelques exceptions près, se sera surtout fait remarquer par un manque d’ampleur et surtout de respect des fans comme des cinéphiles.

Etant la firme de comics la plus populaire, c’est donc le catalogue Marvel qui se voit exploité via des films aussi puérils que lénifiants. Les 4 fantastiques, Ghost Rider, Elektra, X-Men 3 autant de nanars friqués que n’aurait pas reniés Albert Pyun, auteur en 1989 d’une mythique (car désormais invisible) version cheap et ringarde de Captain América. Des films qui auront inexplicablement un certain succès, ouvrant la voie pour d’autres projets.
Enter Iron Man. S’il est loin d’être aussi maîtrisé et définitif que la saga Spider-Man, il rempli sans trop de problème un cahier des charges bien garni en termes d’effets-spéciaux. Livrant une adaptation grand public d’un personnage actuellement au cœur de la tourmente politique et idéologique secouant ses aventures papier, Jon Favreau se montre plutôt inspiré dans les scènes d’action et parvient à capter l’essence du personnage de Tony Stark, concepteur d’arme érotomane et imbu de lui-même.

The Campbell Way
Dans les années 60, Stan Lee et les Kirby, Ditko ou Romita ne s’embarrassaient pas de vraisemblance, de psychologie fouillée ou d’intrigues développées. Pour créer ses héros, Stan Lee livrait les grandes lignes du concept de départ à ses artistes qui devaient s’arranger pour illustrer une histoire un minimum cohérente en 20 pages. Ce que l’on appelle The Marvel way. Ici, l’histoire n’est pas plus compliquée mais il aura fallu pléthore de scénaristes pour l’écrire.
Riche, célèbre, intelligent et donc adulé par les femmes, Anthony Stark fabrique des armes pour l’armée américaine sans autre état d’âme. Jusqu’au jour où, alors qu’il effectue une démonstration en plein désert afghan de ses nouveaux missiles, il se fait enlever par une faction armée. Férus de nouvelles technologies, ils commandent à Stark de leur fabriquer les dits missiles s’il souhaite garder la vie sauve. Déjouant leur surveillance, il arrive tel un Mc Gyver moderne à se fabriquer une armure qui lui permettra de s’échapper. Sorti transfiguré de cette expérience traumatisante, il n’aura de cesse de tenter de se racheter. Première mesure, stopper la manufacture d’armes pour le gouvernement. Deuxièmement, améliorer le prototype d’armure mise au point dans une grotte afin de neutraliser ses armes disséminées partout dans le monde.
Un script plutôt basique donc qui respecte en tous points les préceptes de Joseph Campbell, auteur de « Le héros aux mille visages », ouvrage ayant fortement inspiré un certain George Lucas pour bâtir sa célébrissime saga. Un livre adapté par Christopher Volger qui en fera un mémo donnant les grandes lignes et la marche à suivre pour écrire un scénario quasiment assuré de succès. Et que l’on peut résumer à 3 points essentiels :
Le départ ou l’exil du héros.
L'Initiation, c'est-à-dire une épreuve et une confrontation avec la mort, au moins symbolique du héros
Le Retour du Héros qui le pousse à quitter la quiétude quotidienne, ses rancoeurs égoïstes et lutter au côté des autres dans un but commun, pour ressentir au plus profond de soi le sentiment fabuleux "d'être au monde".
Mais au-delà de ces considérations « philosophiques », Iron Man reste avant tout un pop-corn movie sympathique et pas prétentieux, parsemés de références comics assez discrètes et aux scènes d’action plutôt fun, n’ayons pas peur des mots.

L’homme de fer
Mais l’armure rouge et or ne serait qu’une boîte de conserve collector s’il n’y avait pas un interprète à la hauteur pour incarner le yuppie irresponsable Tony Stark. Et l’idée de génie est d’avoir donné le rôle à Robert Downey Junior, la starlette irresponsable. Ce mec s’est préparé à ce rôle toute sa vie ou presque. Imbuvable, capricieux sur un plateau, il aura poussé le professionnalisme jusqu’à anticiper une séquelle axée sur les problèmes d’alcool de Stark en se mettant en danger lui-même par sa consommation de drogue. Ironie mise à part, Downey Jr est Tony Stark. Il lui donne une présence, voire une prestance assez incroyable et plus que nécessaire quand il s’agit de côtoyer l’immense Jeff Bridges, interprétant Obadiah Stane père adoptif et rival carnassier du héros. Ajoutons à ce mirifique casting une Gwyneth Paltrow transfigurée (sans doute sa teinte rousse qui lui donne des faux airs de Kirsten Dunst en Mary-Jane) dans le rôle de l’assistante personnelle de notre milliardaire. Une sorte de Miss Moneypenny sexuée et qui n’hésite pas à braver le danger pour les beaux yeux de son patron chéri.
Mais la part du lion est bien évidemment taillée par des effets-spéciaux vraiment impressionnants et beaux. Des désigns des armures très proches des versions comics au complexe high-tech qui tient lieu de foyer à Stark, en passant par les séquences de vol de Iron Man, rien à redire. Favreau se permet même des séquences humoristiques pour une fois drôles (les essais infructueux de décollage). Certes, les scènes d’action proprement dite ne sont pas légion, le film s’échinant avant tout a posé les bases pour d’éventuelles suites. Et tout spectacle mainstream qu’il soit, Iron Man a tout de même pour héros un marchand d’armes. Certes, sur le chemin de la rédemption. Et l’air de rien propose un sous-texte plutôt intéressant sur une course à l’armement perpétuelle qui au final pourrait se retourner contre ses instigateurs. Stark ayant le douloureux honneur d’expérimenter son gilet en kevlar lors de l’explosion d’une de ses bombes à fragmentations.
Quant au combat final opposant Stark à Stane, s’il est un vibrant hommage à celui concluant Robocop 2, il lui est techniquement supérieur, les CGI s’avérant plus probant (et moins poétique certes) que l’animation en stop-motion.
Enfin, Favreau conclue son film plutôt inhabituellement. Alors que le moteur de chaque super-héros est de préserver son identité secrète, Tony Stark est tout heureux d’avouer devant un parterre de journalistes qu’il est effectivement Iron Man. Quoi qu’il advienne, ce type est une rock-star. Le personnage n’a pas changé, il a évolué.

Au final, Iron Man est un spectacle divertissant de grande qualité, ne prenant pas ses spectateurs pour des crétins. Ce qui, vous en conviendrez, est déjà pas si mal par les temps qui courent. Mais une seule petite séquence parvient à elle seule à rehausser l’intérêt de cette grosse machine. Une séquence intervenant après le générique et mettant en scène cet homme (voir photo de présentation):
Nick Fury, directeur du S.H.I.E.L.D, agence de sécurité mondiale et totalement indépendante.
Après avoir été dessiné avec la tête de Samuel L. Jackson, juste retour des choses, l’acteur l’incarne enfin. Surtout, il met le feu au poudre en deux phrases évoquant l’existence d’autres super-héros, les vengeurs (sûrement la version Ultimate de Millar et Hitch) et le projet « l’initiative ». Bon, pour s’enflammer faut être amateur de comics récents. Vous avez le temps de vous y mettre d’ici le prochain épisode !...


Retrouvez cette critique et bien d'autres encores sur le site du webzine ciné L'Ouvreuse : http://www.louvreuse.net

Bienvenue chez les ch'barbares : DOOMSDAY

Publié le 19/04/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Bienvenue chez les ch'barbares : DOOMSDAY
Comment parvenir à amalgamer des méga-hits des années 80 à des succès plus récents sans tomber dans la déférence stérile et l’hommage vain ? Un vrai travail de funambule dont Neil Marshall s’acquitte avec talent et enthousiasme.

Lecture d’affiche
Une position d’équilibriste parfaitement illustrée par une promo française ne sachant comment se positionner pour vendre le film. Entre deux explosions en arrière-plan pour signifier que l’on est dans un film d’action et la posture de Ronha Mitra calquée sur celle de Kate Beckinsale pour Underworld, l’affiche française n’est pas franchement explicite. Voire carrément à côté de la plaque comparée au film lui-même et surtout à l’affiche anglaise, sobre et efficace.

Entre remakes et revival des violentes seventies, il semblait inévitable d’assister à un retour d’un cinéma estampillé eighties. Question de mode. Sauf qu’avec le réalisateur du jusqu’au boutiste et tétanisant The Descent, on était en droit d’attendre plus qu’un simple empilage de références. Plutôt que de porter un regard rétrospectif et personnel (comme le fit si bien Tarantino et son Boulevard de la mort) sur un cinéma de la surenchère et du retour à l’ordre viril, Marshall se contente de compiler de façon linéaire des morceaux de bravoures parsemant ses films préférés. Dommage, mais ne boudons pas notre plaisir pour autant, Doomsday reste parfaitement fréquentable, une série B jouissive où la nostalgie le dispute à un amour sincère de cette décennie azimutée.

…façon puzzle.
Neil Marshall l’a toujours ouvertement clamé, son film emprunterait sans aucune équivoque aux films post-nuke italiens, Mad Max 2 et surtout New-York 1997 de John Carpenter. Doomsday étant clairement construit de la même manière que les premières aventures de Snake Plisken. Cette fois-ci, l’enjeu étant la survie de la population de Londres prise en tenaille entre un gouvernement prêt à tous les sacrifices et le reaper-virus ayant ravagé l’Ecosse, territoire désormais en quarantaine permanente.
Comme dans 28 semaines plus tard, l’apocalypse est d’ordre bactériologique. Une référence à l’origine d’une première séquence hallucinante où les soldats de sa glorieuse majesté sont contraints de tirer sur la population civile pour contenir tout risque d’infection. La mort à l’arrivée pour des écossais dont le choix se résume entre mourir dans d’atroces souffrances ou en tentant de passer le mur.
Un tir de barrage qui coûte un œil à une gamine qui 27 ans plus tard deviendra la major Eden Sinclair. Pas de fioritures, elle nous est présentée sans ambages comme un Plisken-like, bad-ass attitude et bandeau sur l’œil compris. Sauf que se serait un Snake qui aurait perdu son venin, Sinclair officiant du côté des forces de l’ordre.
Et plutôt que de se contenter d’activer une jouissance purement cinéphilique, Marhall s’en démarque instantanément en lui conférant une empathie absente chez le maverick interprété par Kurt Russell et la dotant d’un œil-caméra. Un détail aussi amusant que pertinent.
En optant tout le métrage pour une relecture subordonnée à son intrigue (certes simpliste et linéaire), Marshall évite le simple jeu puéril des citations. On peut en dresser la liste complète mais là n’est pas l’essentiel. Nous sommes en terrain connu et pourtant différent. Les seuls clins-d’oeil ouvertement explicites et parasites étant le fait de dialogues faisant référence à l’arche d’alliance ou à 2 personnages empruntant les patronymes de 2 réalisateurs.

Retour vers le futur
A mesure que la troupe emmenée par la major Sinclair progresse dans sa mission, elle recule pourtant mais dans le temps. C’est un même un voyage dans un temps cinéphilique.
A l’intérieur du mur, Londres est donc régie par l’action de 28 semaines plus tard, passé le mur ils tombent dans une embuscade dégénérant en affrontement digne de Aliens pour être fait prisonniers par une horde de guerriers du Bronx ou de la nuit au look hirsute tout droit sortis de Mad Max 2. En fin, au sortir d’un passage sous la montagne, ils débarquent en plein moyen-âge. Et malgré un retour à un mode de vie féodal, les barbares ne sont pas forcément là où l’on pense. Le gouvernement anglais préconisant de sacrifier la population de Londres moins pour enrayer l’épidémie qu’à des fins politiques. Comme le dit Eden, « Same shit, different times »
Et comme beaucoup d’actioner contemporain, on décèle une influence certaine de La vengeance dans la peau lorsqu’il s’agit de filmer les corps à corps et les poursuites en véhicules. Si comme dans le film de Greengrass l’échapée finale est plombée par une bouillie filmique digne de Mickael Bay (l’affrontement dans l’habitacle entre Eden et Sol est incompréhensible), Marshall et Mac Ritchie privilégie le surdécoupage au hand-shaking lors des combats rapprochés. Un montage ultra-cut qui en supprimant des plans intermédiaires parvient à renforcer l’impact visuel des coups portés. C’est notamment frappant lorsque Sinclair lutte contre un mastodonte en armure.

La déception de certains est parfaitement compréhensible après le choc The descent. Un film qui bénéficiait d’un superbe travail de caractérisation des personnages quand les seconds couteaux de Doomsday sont trop archétypaux et Sol à la limite de la caricature.
Malgré tout, Doomsday reste un sacré bon film. Aussi énergisant que sa bande-son tonitruante, son intérêt est dédoublé par la quête personnelle du major Eden Sinclair qui finira pas retrouver un foyer, mais pas maternel.

No country for old men :apocalypse selon St-Coen

Publié le 06/04/2008 à 12:00 par houseofgeeks
No country for old men :apocalypse selon St-Coen
Depuis The big Lebowsky, les frères Coen ont livrés des films en demi-teintes. A croire que la fainéantise de The Dude les avait contaminés. Un film réalisé par leurs soins sera toujours au-dessus de la moyenne mais après nous avoir habitués à tant d’excellence, leur cycle « comédies » (O’Brother, Intolérable cruauté, Ladykillers) nous laissait sur notre faim. Alors quand la nouvelle d’un retour à leurs sources d’inspiration fondatrices (Texas, polar et film noir) se fit entendre, les cinéphiles commençaient à trépigner d’espoir. Pas de promo ou de buzz retentissants, seulement la promesse de revoir un vrai bon film des frères Coen. Et indépendamment des oscars glanés, No country for old men se pose clairement en candidat au titre de meilleur film de l’année, tout simplement. Surtout, il s’impose comme l’égal de ce que je considère comme leur chef d’œuvre absolu, Barton Fink, soit une œuvre aussi riche thématiquement qu’elle parle au cœur des spectateurs. Autrement dit, une bonne petite claque dans votre gueule.

Comme tout bon film des frères Cohen, No Country…est inclassable, aussi atypique que beau. Road-movie à deux à l’heure, film d’action contemplatif, polar sous sédatifs, film noir, western crépusculaire digne de bloody Sam (Peckinpah), il est tout cela et bien plus encore. Et si vous vous obstinez vraiment à ne concevoir le cinéma que par catégories bien définies, alors rangez le dans le compartiment chef-d’œuvre du 7 ème art.

Back to the bases
Adaptation d’un roman de Cormac McCarthy, No country for old men conte l’histoire de Llewelyn Moss (Josh Brolin), cow-boy sans le sou qui s’empare sur les lieux d’un règlement de comptes en plein désert texan, d’une valise remplie de fric. Seulement le tueur chargé de la récupérer, Anton Chigurh (immense Javier Bardem) se lance à ses trousses. Et au milieu des cadavres qui vont bien vite s’amonceler, le shérif local Ed Tom Bell (Tommy Lee Jones impérial comme souvent), trône, complètement dépassé par les évènements. L’occasion pour lui de philosopher sur sa place dans ce monde qu’il ne reconnaît plus.

Tout commença pour les Coen au Texas avec leur 1er film Blood simple, entre cagnard de plomb, motels, néons, grands espaces et un récit d’une truculente noirceur, et tout semble y finir. Lorgnant intensément vers cette œuvre séminale où les immenses paysages désertiques se font les vecteurs d’un climat oppressant et d’une menace sourde. Jouant de la même ironie mordante, No country… voit Josh Brolin s’enfoncer dans les emmerdes à mesure qu’il tente de tout arranger. Ce qui nous renvoie également à Fargo, dont No country… emprunte la lenteur et la difficulté des déplacements qui deviennent constitutifs du récit.
Un film qui peut se voir comme un hommage à Sergio Leone. Que ce soit l’insistance sur les regards, l’absence de musique qui renforce le moindre son comme ce crissement de pas sur le sol rocailleux, cette façon de jouer sur la temporalité en étirant les séquences, tout concourt à faire monter la tension, rendant les explosions de violence d’autant plus impressionnantes.
Une célébration de l’Amérique, de ces espaces arides et beaux à couper le souffle comme de ses mythes fondateurs (la liberté, la conquête, la frontière).

Jouant des ellipses à merveille (du massacre final nous n’en verrons que le résultat, le sang répandu et les cadavres), No country… tout entier s’appréhende et se raconte par bribes. Au spectateur d’essayer de combler les trous s’il en a l’envie. Une formidable invitation à l’imagination et à la réflexion.
De même nous ne saurons pas grand-chose de l’origine du tueur, de ses réelles motivations, tout juste voyons-nous son mode opératoire et qu’il est impitoyable. Il en va de même du passé de Llewelyn, nous n’en apprendrons que ce qu’en savent les autres personnages. Frustrant peut être, mais le film en est d’autant plus captivant.
Seventies versus eighties

L’action du film se situe à la frontière américano-mexicaine. Mais outre cette frontière géographique, No country… développe plusieurs régimes de narration à la lisière d’un autre. Tout comme la frontière entre les vivants et les morts est ténue et tient à la face d’une pièce. Celle lancée par le tueur qui joue la vie des autres sur un lancer. Et la porosité de cette frontière entre plusieurs états, physiques comme psychologiques, malmène et réarticule ce récit.
Un récit à la force tranquille qui prend son temps. Et en cette ère de caméra frénétique et de décadrages azimutés, ça repose. De ruptures de ton - l’humour noir et à froid des Cohen n’a jamais été aussi présent et prégnant – en digressions, le film se développe calmement en circonvolutions autour de son axe narratif principal.
Or donc, la chasse sanglante de ce psycopathe au pistolet à air comprimé sert de fil rouge. Une bonne partie du film du moins car il va s’en détourner pour s’intéresser au sheriff Bell qui suit tout cela d’assez loin. Peu à peu le film se recentre sur celui dont on entendait la voix-off en début de métrage. Et le massacre avorté à l’écran le figure remarquablement puisqu’on le découvre par les yeux de ce vieil homme au seuil de sa vie professionnelle et qui s’interroge sur son devenir et sa place. Un questionnement que la mæstria des Coen illustre magistralement dans cette confrontation finalement différée entre le tueur et le sheriff. Présents sur le même lieu, le motel, mais toujours séparés. Par une porte, un placard, une cloison et bien plus encore par le montage. Une séquence qui ne les montre jamais dans le même plan puisque ceux-ci n’appartiennent tout bonnement pas au même monde et encore moins à la même époque. Ou plus prosaïquement au même espace-temps.
No country… S’interroge en creux sur la place d’un cinéma dit classique (centré sur les personnages, prenant le soin et le temps de construire ses plans) à l’ère contemporaine et du numérique. Et le choix de Tommy Lee Jones n’est pas du tout innocent. De la même génération que le grand Clint, son 3 enterrements est un digne successeur et prolongement à ce cinéma dénué d’effets tapageurs et branchouilles et qui s’évertue à raconter une histoire. Que le personnage de Jones questionne son avenir prend ainsi une toute autre dimension.
Et la mise en abyme ne s’arrête pas là.

Car No country…, dont l’action se situe en 1980, raconte finalement la mort du cinoche estampillé seventies, exécuté par celui de la génération suivante, les 80’s.
Javier Bardem interprète cet ange exterminateur qui liquide ainsi les dernières traces d’un cinéma vieillissant. D’origine inconnue, il apparaît à chaque fois comme surgi de nulle part. Sa nature tangible est carrément remise en cause lorsqu’une de ses futures victimes l’interroge s’il va mourir et celui-ci de lui répondre que oui, si il le voit.
Mieux, son inexpressivité, son allure renvoient directement au Terminator, icône emblématique des glorieuses eighties. Tout comme sa détermination, sa capacité à résister à tout dommage physique bien sûr. Et en lui offrant des plans signatures (rechercher dans le bottin l’adresse de sa proie, soigner une blessure à vif), les Cohen affirment un peu plus cette proposition.
Et alors qu’en fin de métrage il est percuté par une voiture, il achète la chemise du jeune garçon accouru l’aider, afin de s’en faire un bandage. Sur fond de coucher de soleil, celui-ci accepte l’argent. Un geste, un plan qui entérine la propagation du cynisme et de l’argent facile et donc signe définitivement l’arrêt de mort des seventies. Un fric qui aura donc commencé à tout gangrener par le biais de cette valise remplie de dollars et entraînant l’incapacité de nombreux protagonistes, et particulièrement Lleweyn Moss, à communiquer autrement qu’en proposant des billets.
Le film aurait très bien pu se terminer sur cette image de Chigurh s’éloignant vers un horizon rougeoyant. Mais les Coen ont estimé qu’il y a encore de la place pour un cinéma sans doute considéré aujourd’hui comme suranné et concluent comme ils ont commencé, par la voix de Tommy Lee Jones.

Une fois encore, un film des frères Coen qui peut s’apprécier à divers niveaux de lecture. Mais dont le principal atout est qu’il demeure un fantastique spectacle aussi intense que mélancolique.

Retrouvez cette critique et d'autres encore sur le site de la revue VERSUS : http;//www.versusmag.fr

The Besson supremacy

Publié le 29/03/2008 à 12:00 par houseofgeeks
The Besson supremacy
La méthode Besson (un peu comme celle de Cauet) a ceci de particulier qu’elle amalgame les clichés les plus putassiers et une narration bas du front aux plus gros succès du moment. C’est un peu notre Menahem Golan (la mythique et défunte Cannon) ou Avi Lerner (Nu Image/Millenium) à nous.


Le dernier né de sa boîte de production Europacorp, bien que tentant de relever le niveau, ne faillit pas à la règle.
Honni, vilipendé par nombre de cinéphiles et critiques, la méthode reste pourtant la même et attire toujours un nombre conséquent de spectateurs. Après tout, s’ils en redemandent, Besson aurait tort de se priver.
C’est à la fois regrettable (un nivellement par le bas s’accentuant dangereusement) et réjouissant. Car pour 4 taxi et 1 yamakasi, Europacorp aura distribué Bang Rajan ou Ong Bak (certes agrémenté d’un insupportable rap) ou produit Haute-tension et les 3 enterrements de Tommy Lee Jones. Surtout, l’argent ramassé par ses œuvres très grand public aura permis à Besson de lancer de jeunes réalisateurs. Cela aurait été dommage de passer à côté de Xavier Gens (aussi imparfaits soient-ils, Hitman et plus encore Frontière(s) sont formellement enthousiasmants) et surtout Alexandre Aja.
Alors relativisons avant de hurler, tel un Jean-Pierre Koffe conditionné par Pavlov, « C’est de la merde ! », dès la connaissance de la participation d’Europacorp dans une production.

Avec Taken, Pierre Morel (Banlieue 13, produit par qui vous savez), s’il ne parvient jamais à s’affranchir de la tutelle envahissante de son producteur-scénariste, sans doute conscient qu’il aurait du mal à exister hors du giron protecteur, se borne à illustrer plutôt efficacement une intrigue au concept limité : faire de Liam Neeson, non pas un Punisher-like mais un vigilante digne du Bronson d’Un justicier dans la ville. Mais au final, on est plus proche d’un succédané de notre saumon-agile préféré, Monsieur Steven Seagal. Clés de bras et brisage de nuques compris.

Un justicier américain à Paris
Seulement, afin sinon de légitimer du moins justifier des débordements réactionnaires voire ultra sécuritaires, le film lance Bryan, ancien agent secret américain, sur les traces d’un gang albanais ayant enlevé sa fille chérie. Le thème de la traite des blanches servant de caution morale reste cantonné à un contexte « exotique ».
Le genre du « vigilante-movie » a ceci de particuliers que les pauvres hères basculant du côté obscur de la vengeance le font suite à un drame les ayant anéanti psychologiquement et moralement. Pas de traumatisme fondateur ici, Bryan (Liam Neeson) gagne un regain d’intérêt parce qu’il a la violence dans le sang, il a été formé pour tuer. Mieux, chez lui c’est une seconde nature. Comme John Rambo. Sauf qu’ici, pas de débordement hardcore comme chez Stallone qui a eu l’honnêteté de débarrasser son alter ego de tous oripeaux moraux.
Le problème est que souvent chez Besson, il n’y a aucune remise en cause à attendre de ses « héros ».
Et Morel épouse à merveille cette conception binaire en opposant à la bulle luxueuse dans laquelle vit la jeune nymphe (Maggie Grace) un monde réel où règnent le danger permanent et la corruption.
Et afin d’illustrer tout ça, le film emprunte une esthétique que l’on croirait issue des seventies (ambiance froide et monochrome, paranoïa latente) mais qui doit en fait tout au dernier succès en date en terme d’action, le surestimé et désormais incontournable La vengeance dans la peau. Poursuites en voitures et affrontements rapprochés illisibles à l’appui. C’est tellement plus aisé de masquer ses carences ainsi que de tenter de reproduire la gestion de l’espace et le découpage des séquences à la gare et sur les toits de Tanger du film de Paul Greengrass.

Comme on dit, mieux vaut pécher par excès…
Là où Taken se distingue de ses illustres aînés (le diptyque Le transporteur, Banlieue 13 ou la saga Taxi), c’est qu’il se permet d’aller encore plus loin en terme de caractérisation débile (la fifille qui pleure toutes les larmes de son corps lorsque son père refuse de lui signer un autorisation de sortie du territoire et qui saute presque littéralement au plafond lorsqu’il accepte), primaire (le boss arabe final avec son couteau à lame recourbée et fard à paupière digne d’un film d’aventure des années 40) qui confine au racisme ordinaire et en termes d’extravagances narratives à tout va (à partir de l’enregistrement de sa voix, le pote de Neeson détermine son appartenance ethnique soit, mais son nom !?, Neeson qui se découvre des dons de profiler, Neeson qui se fait passer pour un flic français…) A ce niveau, on frise le génie surréaliste.
Mais la donnée invariable qui prend ici des proportions hallucinantes est la considération de la femme. D’habitude, au mieux elle est absente ou ignorée au pire, elle sert de potiche. Là, elle est soit droguée à mort, objet de désir concupiscent, réduite en esclavage et soumise au plus offrant. Voire tout cela à la fois lors d’une mémorable séquence de ventes aux enchères.

La fille de Neeson est donc shootée, en string et à la vue des futurs acheteurs. Mentionnons que le fait qu’elle soit toujours vierge fait sacrément monter les enchères. Neeson menace donc le seul arabe parmi les participants afin de l’acheter. Note : alors que tout le film il passe son temps à balancer les bad-guys à travers portes et autres vitres. Ce dernier n’allant pas assez vite pour surenchérir, c’est le père lui-même qui se charge d’acheter sa propre fille. Il faut le voir pour le croire.
Il en va de même pour l’autre scène marquante intervenant un peu plus tôt et qui voit Neeson tirer dans le bras de la femme de son traître d’ami et menacer de lui en « coller une entre les deux yeux » pour obtenir un renseignement capital. Le plus « savoureux » intervenant lorsqu’en partant, Neeson demande à son ami « tu m’excuseras auprès de ta femme ». Instantanément culte.

On résume. Le seul intérêt de Taken reste de voir Liam Neeson si crédible dans un rôle aussi extrémiste. Pour le reste, on veut bien être indulgent avec Besson et sa clique mais faudrait pas trop en abuser.

Soyez sympa, ne remakez pas !!!

Publié le 27/03/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Dans la série remakes inutiles, ineptes et tout ce que l'on veut, accrochez-vous car Suspiria de l'ex maître de l'horreur transalpine Dario Argento va passer à la moulinette. Mais le pire est à venir, Michael Bay après avoir dénaturé le chef-d'oeuvre de l'horreur texane de Hooper, s'attaque au Rosemary's baby de Polanski !!?
Viendra ensuite le tour de Robocop par je ne sais plus qui et d'ailleurs on s'en balance !
Mais on atteint le fond lorsqu'ils se proposent de remaker un remake !! En l'occurence, un remake de The thing de Big John Carpenter, "remake" (entre guillemets parce qu'il n'a en commun avec l'original que le pitch de base) de "la chose venue d'ailleurs" de Christian Niby et Howard Hawks.

Au secours, ils sont devenus fous !!
C'est pas possible, il va bien arriver un moment où tout va leur exploser à la gueule. On peut rêver, hein ?

Le règne des geeks aura été de courte durée puisque les costards-cravates reviennent en force aux commandes. Des mecs qui n'ont absolument rien mais alors strictement rien compris au cinéma.
Subordonnés à une vision mercantile du médium, ces remakes n'arriveront jamais à rivaliser avec ces authentiques chef-d'oeuvres. Et ce d'autant moins s'ils en confient la réalisation à des tâcherons analphabètes. Je ne suis pas sectaire, je crie même au génie face au remake d'Halloween de Rob Zombie. Mais parce qu'il a une vraie vision, un respect indéfectible pour l'oeuvre originale et qu'il parvient à s'en éloigner suffisamment pour en donner une variation toute personnelle. Et surtout parce que les nombreuses ellipses narratives du film de Carpenter le permettaient.
Si King est l'auteur le plus adapté, Big John est sans conteste le réalisateur le plus pillé et remaké.
C'est comme MC Tiernan avec son prochain film Run, il est plus que temps qu'il revienne reprendre les choses en mains !

RUN MC T., RUN !!

Publié le 24/03/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Le nouveau film de Mc Tiernan sera RUN, histoire d'un agent d'interpol qui en poursuivant un meurtrier à travers plusieurs pays mettra à jour une vaste conspiration. Thomas Jane (The mist) remplace Karl Urban initialement prévu avant les problèmes judiciaires de Mc T. Tournage qui devrait débuter le 14 avril prochain. Produit par Arclight film, le scénario est de Jonah Loop dont c'est le premier script, ce dernier étant plutôt habitué des effets visuels (Rollerball, Basic notamment).
Particularité du film, il devrait se conclure par une méga poursuite de voitures de 51 minutes. Connaissant Mc Tiernan, il devrait nous livrer l'ultime séquence indépassable du genre.
RUN était à la base un script promis à Jan de Bont (collaborateur de Mc T sur Die hard) appélé "Stopping power" et rédigé par Eric Red. Espérons que les producteurs en aient conservé l'essentiel, Eric Red étant quand même l'auteur des scénarios de "Hitcher" (version 1986 et pas la bouse infâme de 2007), "Near dark" et "Blue steel" (tous deux de Kateryn Bigelow), des putains de chef-d'oeuvres.

On était vraiment orphelin du génie de Mc Tiernan quand on voit que certains critiques n'ont rien trouvé de mieux que de proclamer la trilogie Jason Bourne (et surtout le dernier volet) comme référence du genre et modèle à reproduire.
Une soi-disant redéfinition des codes du film d'action qui n'a engendré qu'analphabétisme cinématographique. Pas ou peu de films désormais qui font l'économie d'affrontements à mains nues en plans rapprochés et en caméra secouée. Aussi con qu'illisible.
Il était temps que tu reviennes Mc T, ils sont devenus fous.

10 000

Publié le 21/03/2008 à 12:00 par houseofgeeks
10 000
Après la porte des étoiles, la destruction de New-York par des extraterrestres, un monstre japonais et une mère nature ayant pété un câble, et avoir fait son braveheart de la guerre de sécession, Roland Emmerich revient avec le 1er méga blockuster à se mettre sous la dent en 2008. Avec 10 000, il revisite la préhistoire à sa manière. On était pas venus là pour un documentaire anthropologique et ma foi cela aurait été sans doute plus passionnant que ce piètre spectacle.


L’avantage dans ce genre de concept, c’est que l’on sait assez peu de choses sur ce qu’il s’est passé il y a 10 000 ans (au pire, on s’en fout un peu). Une occasion trop belle de faire n’importe quoi. Et Emmerich ne s’en prive pas.
Outre que nos ancêtres parlent couramment un anglais parfait, ils présentent une pilosité assez contemporaine. Ce qui est quand même un avantage pour la jeune Evolette sensée attirer les regards des hommes des cavernes assis dans la salle. Ah oui, petit détail qui ne revêt pas une importance capitale mais bien capillaire, ce sont tous des rastas.
L’histoire est simplissime, Evollette se fait enlever par des barbares (au look de vikings échappés de Pathfinder !?), et D'leh, jeune guerrier en devenir, va donc aller la délivrer. Accessoirement, il en profitera pour libérer son peuple et les milliers d’esclaves occupés à construire des pyramides à la gloire du méchant despote. Bien sûr, Emmerich n’oubliera pas de célébrer la fraternité entre les diverses peuplades avec moult accolades.
Outre les quelques problèmes relevés plus haut, le film manque cruellement de rythme. Pire, pour un budget aussi énorme, il ne se passe pas grand-chose à l’écran. Sans doute la création des mammouths, ou plutôt manachs comme on les appelle dans le film, par Patrick Tatopoulos et son équipe aura englouti le budget alloué au film entier. D’ailleurs, ces manachs sont les seules choses réussies. Emmerich devait en avoir conscience puisqu’il ne manque pas une occasion de les détailler amoureusement avec sa caméra. Mais le plus triste, c’est qu’au-delà de la défaillance artistique totale de l’entreprise, Emmerich semble avoir perdu sa proverbiale joie de tout faire péter. Difficile vous me direz dans un tel contexte, faut dire que ça manquait d’explosifs à l’époque. D'accord, disons qu'il ne compense même pas en proposant des scènes d’actions sinon mémorables du moins fun et jouissives. Il se contente de les amorcer sans jamais donner suite. Exemple emblématique, lors de la révolte finale. Les esclaves se soulèvent et commence à bastonner leurs gardes. Des combats arthritiques suivis d’un début de mouvement de foule. Mais tout souffle épique est bien vite balayé par un plan large en hauteur montrant les pyramides sur lesquelles s’agitent des fourmis (les hommes) et des souris (les manachs).
A se demander si Emmerich a entendu parler du Seigneur des anneaux ou de Kingdom of heaven. Ou même de ce que l’on appelle la grammaire cinématoraphique.
Mais pire que tout, voilà t’y pas que tout le film est raconté par une voix-off absolument insupportable. Je dis bien raconter car elle se borne à décrire ce qu’il se passe sur l’écran. Affligeant.
On sait bien que dans ce genre d'épopée, la réussite tient pour beaucoup au charisme du représentant des forces du mal. Or, celui censé représenter la menace ultime apparaît assez peu et tant mieux dans un sens puisqu'il est entièrement vêtu de voiles couleurs pastel, le faisant ressembler à une grande prêtresse des folles nuits parisiennes. C'est quoi ce délire ?!


En voyant cette catastrophe artistique (à se demander comment Cédric Délélée de Mad Movies peut défendre ce truc), on en vient à regretter Uwe Boll. Voilà un mec qui fait n’importe quoi (Alone in the dark, Bloodrayne, Postal) mais il le fait avec grandiloquence et panache. Autrement dit, quitte à verser dans le portnawak autant y aller à fond. Parce que là pour le coup, 10 000 aurait pu devenir intéressant. Il est bien fait référence un moment à un peuple venu des étoiles. Certains ont voulu y voir une référence à l'Atlantide, sans doute pour légitimer leur plaisir coupable. Mais c'est immédiatement Stargate qui vient à l'esprit et on se prend à rêver de voir des vaisseaux spatiaux débarquer, histoire de booster tout ça. En vain.
Et le tigre à dents de sabre qui orne l'affiche ? On le voit 45 secondes, dans 2 pauvres malheureuses scènes. Alors qu’il aurait été parfait comme monture ou compagnon du héros. En plus, cela aurait pu faire un hommage sympa à Ka-zar, personnage des comics marvel rattaché à l’univers x-men. Imaginer le s’attaquer aux manachs ou égorgeant à coup de dents. Ben non, on a juste droit à un plan signature repris de Alien 3.

Autre plan cité, celui de Jurassic Park celui où Spielberg fait un gros plan de l'oeil reptilien d'un vélociraptor avant l'attaque. Ok, quand l'homme a débarqué, les dinosaures s'étaient depuis longtemps fait la malle. Mais si ça pouvait relever la soupe, pourquoi pas. Raté, nous avons droit à des espèces de méga-autruches traquant nos héros dans les hautes herbes.

C’est d’ailleurs là qu’il faut chercher le seul intérêt du film. Trouver les diverses influences. Pas très difficile, ça fait passer le temps et au moins on rigole en voyant la manière cheap de les reproduire !
En vrac, Apokalypto, 300, Jurassic Park, Pathfinder, Stargate, etc...
Et non content de citer ses propres films, Emmerich s'autoparodie. Un comble. Ou peut être est-ce la meilleure manière d'appréhender ce truc, un grand rassemblement carnavalesque où les citations et les emprunts n'ont d'autre fonction que de réactiver les souvenirs des spectateurs.
Eh oui, 10 000 n'est qu'une pâle copie friquée du Be kind, rewind de Michel Gondry. Seulement ici, toute poésie plastique a disparu et les versions « suédés » sont à pleurer de honte.
Voilà donc la première grosse arnaque de l'année, un film comme on en fait plus depuis 10 000 ans ! Encore un dommage collatéral de la puérile culture hollywoodienne. Rassurez-vous; l'amour est sauf ainsi que la prophétie puisque notre belle héroïne ressuscite in fine. Zut, je viens de révéler la fin. Bon, vous n'avez donc plus aucune raison d'aller voir cette daube, si tant est qu'il en subsistait une...

LOVELY BONES de Peter Jackson

Publié le 21/03/2008 à 12:00 par houseofgeeks
LOVELY BONES de Peter Jackson
Le nouveau film de Peter Jackson, LOVELY BONES, sortira le 8 avril 2009. On a le temps d'y revenir, mais ça fait tellement de bien d'avoir de ses nouvelles...
Adapté d'un livre de Alice Sebold (couverture reproduite plus haut), l'histoire est racontée du point de vue de Susie Salmon qui réside...au paradis. Violée et tuée alors qu'elle avait 14 ans, elle observe désormais comment ses proches, sa famille, ses voisins vivent et tentent de se reconstruire après ce drame. Là-haut, elle rencontrera une autre jeune fille, Holly, se lieront d'amitié et toutes deux commenceront à "partager" et vivre ensemble dans leur foyer idéal, un duplex.

Après le marathon de la trilogie de L'Anneau, Jackson nous revient avec une histoire plus "tranquille". D'un point de vue logistique seulement, car elle s'annonce éprouvante émotionellement. Car au vu du résumé succinct, on peut envisager Lovely bones non pas comme une suite mais un approfondissement des thèmes abordés dans son magnifique Heavenly creatures.

C'est sûr, ça a l'air beaucoup moins fun que n'importe quelle adaptation de comics pétaradante, mais un peu de finesse dans un monde de brutes n'a jamais tué personne.

A suivre de près, donc....
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