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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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Catastrophix, pathétix et tutti quantix : Astérix

Catastrophix, pathétix et tutti quantix : Astérix

Posté le 27.02.2008 par houseofgeeks
Le meilleur baromètre de ce genre de comédie hénaurme sont les « critiques » des magazines télés ou féminins, bref les non spécialistes. Peu exigeants d'ordinaire (il leur suffit d'une star dans un rôle un peu moins convenu pour crier au génie), tous sont unanimes sur la piètre qualité du métrage. Si même eux trouve le film déplorable, il y a de quoi avoir peur.
Difficile après lecture de se motiver pour aller voir la « bête ».Passant outre toute influence extèrieure, je m'astreins donc à une vision de Astérix aux Jeux Olympique comme tout bon adepte de « gonzo » journalisme. Et le résultat à l'écran est inversement proportionnel à l'ampleur du budget, le plus gros pour un film français. Alors quoi, faut -il tirer sur l'ambulance, crier au loup de concert avec les autres critiques ou tenter de trouver par tous les moyens quelquechose à sauver du désastre ? Un peu des trois, d'autant que l'aspect le plus intéressant et qui a échappé à tout le monde est que le duo de réalisateur Langmann/Forestier fait référence au travail d'un autre duo de réalisateurs, les frères Wachowski.

La monstrueuse parade
78 millions d’euros de budget, distribution sur 1078 écrans, une promo maousse, des guests à la pelle, bref ils ont sorti le grand jeu pour les nouvelles aventures du petit gaulois. Une stratégie qui en rappelle une autre, celle d'un autre énervé, le président Sarkozy, dont l'agitation frénétique et permanente cache mal les mesures iniques prises et l'absence d'une politique cohérente. Sans doute ce qui motive le magazine « Marianne » lorsqu'il titre « Astérix aux J.O, un film Bling-Bling ».
Mais au-delà de toute considération politique, le film en lui-même est une aberration. Alors que le film précédent, Astérix et Obélix : mission Cléopatre, mis en scène par Alain Chabat était un gigantesque hommage au Saturday Night Live (dont l'humour des nuls est directement issu) complètement assumé et drôle à la cohérence narrative intacte, la version à Olympie se contente de gags digne du slapstick le plus primaire (les récurrentes chutes de Alafolix) où ne compte que l'enchaînement aussi improbable qu'inepte de saynètes mettant en vedette les comiques les plus populaires (Dubosc, Semoun, Garcia,etc) mais pas forcément les plus drôles. Le plus triste dans l'affaire étant que ce divertissement se voulant populaire par l'accumulation de figures et têtes reconnues ne satisfera que les masses peu regardantes. Tandis que la promo intensive remplit son office, donc les salles, le bouche à oreille pourtant pas fameux n'entame que légèrement la fréquentation. Donnant un peu plus de poids à l'axiome de la grande distribution qui veut que le succès et la qualité d'un film se mesure au nombre de ses spectateurs.

Le teaser (super drôle au début, moins au bout de plusieurs semaines de tabassage médiatique) annonçait la couleur. On y voyait Poelvoorde en Brutus, ordonner à ses troupes romaines de se mettre en formation « tortue » (d’un point de vue animalier). Le même rectifiant le titre du film Astérix aux Jeux Olympiques en un « Brutus aux Jeux Olympiques ». Une note d’intention limpide puisque effectivement, le film est un show Poelvoorde. Seulement ce dernier fait à peine sourire malgré ses efforts. On ne le redira jamais assez mais faire rire est tout un art. Or, ici l'absence de direction d'acteur et de rythme est rédhibitoire. Comment en vouloir à notre comique belge préféré (après Johnny ?) qui semblait lui-même attéré et affecté par ce tournage (sa dépression a bien une origine). Une incompréhension sans doute partagée par le génial Santiago Ségura (acteur fétiche de Alex De La Iglesia et réalisateur entre autres de la trilogie culte Torrente) dans le rôle de Docteurmabus (sic). On se consolera comme on pourra en constatant avec bonheur le peu de scènes mettant en scène Astérix et Obélix (à part le gros chèque, quelle motivation pour Cornillac ?), les deux héros n'étant plus que les faire valoir des rôles secondaires gravitant partout ailleurs. Malheureusement ceux-ci s'avèrent d'aussi minables ressorts comiques. Et ce n'est pas la tentative de sauvetage de l'homme providentiel Jamel Debouze dans les 5 dernières minutes qui fera remonter la côte d'intérêt du film. Pas mieux non plus du côté de la course de char qui se voulait aussi drôle que celle de Ben Hur était épique. Non, l'intérêt du film est décidemment autre

Astérix, Obélix...Matrix (?)
Après le succès rencontré par le péplum survatiminé de Zach Snyder 300, il n'est pas étonnant de voir ici générer via les CGI les nombreux décors et arrières plans. Pas d'ambiance onirique ou fantasmagorique apte à renforcer un traitement mythologique de l'histoire comme dans le film de Snyder. Au contraire, Astérix aux J.O voit ses acteurs s'ébattrent (se débattrent ?) dans des aplats figurant les décors dessinés par Uderzo dans la B.D, particulièrement lors des épreuves olympiques. En clair, Langmann et Forestier veulent donner l’illusion que les planches s’animent. Cette volonté de faire disparaître toute profondeur de champ se rapproche étrangement de ce qu’expérimente actuellement les frères Wachowski avec leur nouvelle réalisation Speed Racer.


Adaptation d’une série animée japonaise à succès, les premières images de Speed Racer montrent des véhicules ultra-rapides se taper la bourre dans des décors aux couleurs plutôt éclatantes et flashy mais surtout tout droit issus d’un manga. Un film qui semble prolonger leur réflexion entamée avec la saga Matrix sur l’imbrication des différents degrés de réalité, leur pérméabilité et leur capacité à englober personnages comme spectateurs. Le désign général de l’entreprise étant clairement influencé par la nouvelle vague japonaise dite « superflat » (voir le blog de l'ami Rafik pour être complet : rafik.blog.toutlecine.com)

Le « superflat » est un mouvement d'art contemporain influencé par l'animé et le manga. C'est une attitude qui vise à analyser la culture japonaise d'après-guerre à travers la sous-culture dite « otaku ». Superflat signifierait littéralement être "trop enfermé" (dans son appartement, pour lire des manga par exemple). Si la vision des Wachowski s’inscrit dans un projet à la cohérence intellectuelle hors norme (Matrix, ça vous dit quelquechose ?), il n’en est pas de même de ce film, se contentant d’illustrer platement des péripéties assez molles et aux effets spéciaux laids à pleurer. A se demander comment un tel budget a été dilapidé. Les nombreux caméos et rôles secondaires de « stars » peut être ?
Bien évidemment, c'est une pure coïncidence si Astérix aux J.O reprend un concept similaire au futur Speed Racer. Après visionnage, il est impensable qu'ils aient eu la volonté de questionner le média à l'aune du succès historique d'une bande-dessinée franco-belge, encore moins d'en tirer des conclusions ou des pistes de réflexion sur la contre-culture associée.


Conclusion, un film qui sera difficile à oublier non pas tant par sa propension à rater sa cible à chaque fois (encore un gag récurrent ?) mais bien parce qu'un tel budget pharaonique aurait pu financer une quinzaine de films de genres et donner corps aux visions de vrais auteurs. Le plus dommageable sera la réputation de plus gros (budgétairement et artistiquement) nanar jamais produit mettant un peu plus à mal la légendaire « exception française ». Mais, on s'en fout, Astérix aux J.O rapportera un max de thunes. Ce qui est quand même le plus important dans la vision mercantile du cinéma véhiculée par Canal +, TF1, France 2 et consort.



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