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Bienvenue chez les ch'barbares : DOOMSDAY

Bienvenue chez les ch'barbares : DOOMSDAY

Posté le 19/04/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Comment parvenir à amalgamer des méga-hits des années 80 à des succès plus récents sans tomber dans la déférence stérile et l’hommage vain ? Un vrai travail de funambule dont Neil Marshall s’acquitte avec talent et enthousiasme.

Lecture d’affiche
Une position d’équilibriste parfaitement illustrée par une promo française ne sachant comment se positionner pour vendre le film. Entre deux explosions en arrière-plan pour signifier que l’on est dans un film d’action et la posture de Ronha Mitra calquée sur celle de Kate Beckinsale pour Underworld, l’affiche française n’est pas franchement explicite. Voire carrément à côté de la plaque comparée au film lui-même et surtout à l’affiche anglaise, sobre et efficace.

Entre remakes et revival des violentes seventies, il semblait inévitable d’assister à un retour d’un cinéma estampillé eighties. Question de mode. Sauf qu’avec le réalisateur du jusqu’au boutiste et tétanisant The Descent, on était en droit d’attendre plus qu’un simple empilage de références. Plutôt que de porter un regard rétrospectif et personnel (comme le fit si bien Tarantino et son Boulevard de la mort) sur un cinéma de la surenchère et du retour à l’ordre viril, Marshall se contente de compiler de façon linéaire des morceaux de bravoures parsemant ses films préférés. Dommage, mais ne boudons pas notre plaisir pour autant, Doomsday reste parfaitement fréquentable, une série B jouissive où la nostalgie le dispute à un amour sincère de cette décennie azimutée.

…façon puzzle.
Neil Marshall l’a toujours ouvertement clamé, son film emprunterait sans aucune équivoque aux films post-nuke italiens, Mad Max 2 et surtout New-York 1997 de John Carpenter. Doomsday étant clairement construit de la même manière que les premières aventures de Snake Plisken. Cette fois-ci, l’enjeu étant la survie de la population de Londres prise en tenaille entre un gouvernement prêt à tous les sacrifices et le reaper-virus ayant ravagé l’Ecosse, territoire désormais en quarantaine permanente.
Comme dans 28 semaines plus tard, l’apocalypse est d’ordre bactériologique. Une référence à l’origine d’une première séquence hallucinante où les soldats de sa glorieuse majesté sont contraints de tirer sur la population civile pour contenir tout risque d’infection. La mort à l’arrivée pour des écossais dont le choix se résume entre mourir dans d’atroces souffrances ou en tentant de passer le mur.
Un tir de barrage qui coûte un œil à une gamine qui 27 ans plus tard deviendra la major Eden Sinclair. Pas de fioritures, elle nous est présentée sans ambages comme un Plisken-like, bad-ass attitude et bandeau sur l’œil compris. Sauf que se serait un Snake qui aurait perdu son venin, Sinclair officiant du côté des forces de l’ordre.
Et plutôt que de se contenter d’activer une jouissance purement cinéphilique, Marhall s’en démarque instantanément en lui conférant une empathie absente chez le maverick interprété par Kurt Russell et la dotant d’un œil-caméra. Un détail aussi amusant que pertinent.
En optant tout le métrage pour une relecture subordonnée à son intrigue (certes simpliste et linéaire), Marshall évite le simple jeu puéril des citations. On peut en dresser la liste complète mais là n’est pas l’essentiel. Nous sommes en terrain connu et pourtant différent. Les seuls clins-d’oeil ouvertement explicites et parasites étant le fait de dialogues faisant référence à l’arche d’alliance ou à 2 personnages empruntant les patronymes de 2 réalisateurs.

Retour vers le futur
A mesure que la troupe emmenée par la major Sinclair progresse dans sa mission, elle recule pourtant mais dans le temps. C’est un même un voyage dans un temps cinéphilique.
A l’intérieur du mur, Londres est donc régie par l’action de 28 semaines plus tard, passé le mur ils tombent dans une embuscade dégénérant en affrontement digne de Aliens pour être fait prisonniers par une horde de guerriers du Bronx ou de la nuit au look hirsute tout droit sortis de Mad Max 2. En fin, au sortir d’un passage sous la montagne, ils débarquent en plein moyen-âge. Et malgré un retour à un mode de vie féodal, les barbares ne sont pas forcément là où l’on pense. Le gouvernement anglais préconisant de sacrifier la population de Londres moins pour enrayer l’épidémie qu’à des fins politiques. Comme le dit Eden, « Same shit, different times »
Et comme beaucoup d’actioner contemporain, on décèle une influence certaine de La vengeance dans la peau lorsqu’il s’agit de filmer les corps à corps et les poursuites en véhicules. Si comme dans le film de Greengrass l’échapée finale est plombée par une bouillie filmique digne de Mickael Bay (l’affrontement dans l’habitacle entre Eden et Sol est incompréhensible), Marshall et Mac Ritchie privilégie le surdécoupage au hand-shaking lors des combats rapprochés. Un montage ultra-cut qui en supprimant des plans intermédiaires parvient à renforcer l’impact visuel des coups portés. C’est notamment frappant lorsque Sinclair lutte contre un mastodonte en armure.

La déception de certains est parfaitement compréhensible après le choc The descent. Un film qui bénéficiait d’un superbe travail de caractérisation des personnages quand les seconds couteaux de Doomsday sont trop archétypaux et Sol à la limite de la caricature.
Malgré tout, Doomsday reste un sacré bon film. Aussi énergisant que sa bande-son tonitruante, son intérêt est dédoublé par la quête personnelle du major Eden Sinclair qui finira pas retrouver un foyer, mais pas maternel.



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