Posté le 30.12.2007 par houseofgeeks
Attention !
En 2008 outre-atlantique, une nouvelle équipe artistique va présider à la destinée des 4 fantastiques.
Rien moins que le duo responsable de la bombe atomique ULTIMATES volumes I et II. !
Et oui, Mark Millar (déjà responsable récemment de Civil War) et son compère depuis The Authority Brian Hitch reprennent le titre en main !!
Ils ont intérêt à prévoir des délais extensibles vu la lenteur de Hitch pour dessiner. En même temps, plus c'est plus c'est bon. Et vu le talent du bonhomme, on est prêt (moi je le suis en tout cas) à patienter des mois durant, comme lors de la publication des Ultimates.
NUFF' SAID !!!
Posté le 27.12.2007 par houseofgeeks
Comme je l'ai dit dans le post précédent, en occultant le roman d'origine, le film en l'état s'avère une bonne surprise.
Evidemment, marketé pour tous publics (star internationale et fêtes de fin d'année obligent), n'évite pas les poncifs. Mais je le répète, considérant le traitement adopté c'est assez bien fichu et certaines scènes demeurent remarquables.
Ceci étant dit, nous sommes tout de même passé bien prêt d'un pur chef d'oeuvre si le script monumental de Mark Protosevich n'avait pas été dénaturé par les pontes de la warner.
Pour avoir un aperçu du joyau en devenir, voici le lien vers un article de Rafik Djoumi (dont le blog entier est une merveille !) et qui le raconte beaucoup mieux que moi :
http://rafik.blog.toutlecine.com/1499/Je-fus-une-legende/
Une véritable adaptation du génial roman de Matheson reste donc à faire.
Espérons que la prochaine fois ils se baseront sur le scénario de Protosevich.
E je terminerai par l'équation de la mor qui devrait enflammer l'imagination (et provoquer quelques explosions dans les caleçons !) de tout bon cinéphile qui se respecte ! :
Script de Protosevich + Guillermo Del Toro = phantasme ultime
Posté le 27.12.2007 par houseofgeeks
Réputation sulfureuse, succès dans tous les festivals où il a été projetté, « DOG BITE DOG » est enfin distribué en France. Mais en dvd. Encore une fois, la frilosité et l’incapacité des distributeurs français à apprécier une œuvre autrement que par des catégories (polar, horreur, S.F,comédie…) et une grille de lecture bien définies, priveront ce film d’une large distribution. Jetez-vous donc sans attendre sur ce film inclassable et incroyable de radicalité.
Le réalisateur Soi Cheang n’est pas le plus connu des cinéastes de Hong-Kong. Beaucoup moins prolifique qu’un Johnnie TO ou déjanté qu’un Tsui HARK, il peut sans peine briguer à une reconnaissance équivalente. Son précédent film (inédit jusqu’alors et sorti depuis peu, là aussi en dvd) « Love battlefield » étant annonciateur du renouveau opéré dans le cinéma de l’ex-colonie britannique. Fini l’ironie ou les débordements extravagants. Place à la peinture d’une société hong-kongaise en pleine mutation où le sentiment de désespoir le dispute au doute et à la fragilité émotionnelle, le tout rythmé par des affrontements aussi violents que sanglants.
« Dog bite dog » s’affirme donc comme une alternative on ne peut plus radicale et inhabituelle. Mais le taxer de film renouvelant complètement l’industrie locale est cependant exagéré. TO a tout de même livré avec son diptyque sur les triades « Election I et II » (ses meilleurs films) une vision moins ludique mais plus adulte et plus politique de la confrontation d’idéologies antagonistes.
Mais il est vrai que le film de Soi CHEANG étonne par ces sentiment d’urgence et de rage qui l’imprègnent.
Une machine à tuer débarque sur l’île pour exécuter un contrat, tuer une avocate influente. Mais dès la mission remplie, il croise la route de l’inspecteur Waï qui n’aura de cesse de le poursuivre, pour se venger de la mort de son co-équipier en même temps que cette traque sera le moyen pour lui d’exorciser ses sentiments ambivalents (amour/haine) envers son père dans le coma, flic modèle et corrompu.
Le tueur interprété par Edison CHEN (acteur surtout employé dans des rôles exploitant sa belle guele) est un véritable animal. D’ailleurs, il a été élevé dans ce sens. Orphelin cambdogien, il a été recueilli dans une ferme d’élevage bien particulière. En effet, ces enfants sont entraînés et conditionnés à se battre continuellement. Pour se nourrir, pour survivre. Une origine relatée dans le film via les extraits d’un documentaire en noir et blanc, afin de renforcer la réalité et le tragique de la situation. Un véritable chien que l’on nourrit en fonds de cale avec une gamelle et que l’on ne sort que pour tuer. Etonnante référence à « Danny the dog » (de Louis Leterrier) qui prendra ici une toute autre dimension radicale. Ici pas trace d’infantilisme bessonien.
Pas non plus de dimension esthétisante. Les affrontements sont loin d’être des ballets chorégraphiés. Ce sont de véritables combats de rue : sales, des corps à corps brutaux et des mises à mort aussi expéditive que dégueulasses. Une ambiance loin d’être fun mais qui ne se complait pas pour autant dans une violence aussi glauque qu’abrupte. Cheang adoptant toujours la bonne distance pour filmer ces oppositions. Pas de ralentis ostentatoires ou de gros plans gore. Le réalisateur se contente de nous asséner de sacrées claques sans nous plonger le visage au milieu de ces amas de chairs tuméfiées ou explosées.
Et l’option de filmer en grande partie de nuit et dans des ruelles crasseuses ou des quartiers semblant avoir été désertés par tout vie sociale et humaine augmente cette impression de déliquescence, d’abandon de la ville à des meutes enragées. Enorme travail sur la photo (contrastes saisissants, sources d’éclairages naturelles) et la bande son (aboiements et grognements de chiens de plus en plus prégnants).
Mais ce qui défini par dessus tout ce film, au-delà de sa violence, c’est ce jeu des vases communicants entre ce flic psychopathe et ce tueur impassible. Tandis que l’un se déshumanise à force de voir son monde s’écrouler (son père qu’il a lui-même mis dans le coma après lui avoir tiré dessus pour l’arrêter, ses collègues qui se détournent de lui à mesure qu’il devient plus incontrôlable), l’autre se sociabilise au contact d’une jeune fille rencontrée dans un décharge publique. Une évolution inverse qui rendra d’autant plus douloureuse la confrontation finale.
Il est intéressant de noter que la figure patriarcale constitutive de la société hongkongaise (et donc chinoise) est sacrément mise à mal et remise en cause. Le père du flic qui en lieu et place d’un modèle d’intégrité se révèle être un dealer, la jeune fille dont le père abusait sexuellement d’elle et le père adoptif du tueur qui n’est avant tout que le propriétaire du chenil.
Et plutôt qu’un pensum auteurisant sur la propagation de la violence, sa réception, Cheang explore plusieurs pistes sans jamais en privilégier une, affirmant par là-même que les causes sont multiples.
Mais au final, quelque soit la voie choisie, il faut payer le prix d’une existence vouée à (l’auto)destruction. Une séquence finale sans concession et d’une noirceur abyssale.
Un film indispensable qui se révèle une pertinente réflexion sur la propagation de la violence. Contaminante (l’équipier de Waï qui à son tour se met à tabasser un indic) ou héréditaire, voir ce plan final, véritable pavé dans la mare.
Posté le 25.12.2007 par houseofgeeks
Stephen King, maître de l’horreur littéraire (étiquette forcément réductrice) mais également roi des adaptations foireuses ! Mais une partie du résultat final peut logiquement lui incomber, puisqu’il a toujours préféré les illustrations serviles (le Fléau, ça…) aux visions d’auteurs à part entière (Shinning de Kubrick vertement renié). La volonté de rester fidèle à l’esprit de l’œuvre est d’autant plus ardue que les livres en question sont des pavés impossibles à mettre en images en l’état sans un véritable travail d’adaptation. Frank Darabont est le rare à avoir pu apporter un certain regard neuf et respectueux. Loués à la fois par la critique, les spectateurs et le King lui-même, « les évadés » ou « la ligne verte » demeurent des exceptions (en attendant « the mist »). Ah non, j’oubliais le magnifique « Stand by me » de Rob Reiner.
Afin d’endiguer le flot de déception, l’écrivain s’essaya même à la réalisation mais le catastrophique « Maximum overdrive » (adaptation de sa nouvelle « trucks » parue dans le recueil « danse macabre ») le renvoya à sa véritable place : derrière une machine à écrire !
Alors, le King inadaptable ? Ce n’est pas loin d’être devenu une évidence. Car quelquesoit l’option choisie, les puristes ou les cinéphiles trouveront souvent à redire.
Pourtant, ce n’est pas ce qui va effrayer les producteurs. Ainsi, est lancé l’adaptation d’une nouvelle parue dans le recueil « Tout est fatal », « chambre 1408 ».
Choix curieux car la nouvelle évolue dans un registre inhabituel pour King, dépeindre des visions dantesques proprement délirantes (on s’interroge constamment sur la santé mentale du protagoniste), créer un sentiment d’immersion absolu qui confine parfois à l’abstraction pure et qui lorgne vers Poe et Lovecraft. Bref, loin d’être une histoire classique de maison hantée (ou chambre en l’occurrence) où seules importent les sensations fortes.
Evidemment, le film de Mickael Hafstrom diverge quelque peu des visions extraordinaires que la lecture de la nouvelle pouvait produire. On est également assez éloigné du discours promotionnel qui vendait ce film comme une excroissance au « Shinning » de Kubrick, en investissant cette fois-ci une chambre particulière de l’hôtel Overlock. Entièrement porté par le toujours très bon (ou presque) John Cusak, le film bénéficie également de la présence, la prestance de Samuel L. Jackson (l’acteur le plus cool du monde) mais ici pas très impliqué dans un rôle de bouche-trou.
De réalisation assez classique, le film réserve cependant quelques scènes aptes à sortir le spectateur de sa léthargie. Une ambiance plus déliquescente aurait été plus appropriée mais le réalisateur parvient à désorienter suffisamment le spectateur pour rendre la vision de ce film sinon intéressante du moins agréable à suivre. Malgré tout, Hafstrom ne retrouve le caractère immersif de la nouvelle qu’au détour d’une scène, lorsque Cusak croyant être sorti de ce cauchemar y être replonge aussitôt lorsque le bureau de poste où il se trouvait s’avère un décor que les employés détruisent à coups de masse, révélant les murs et le mobilier de la chambre maudite.
En fait, ce que l’on peut reprocher à ce film est sa perpétuelle indécision. On navigue entre une intrigue classique de maison hantée et un drame psychologique sans que jamais l’un des genres l’emporte. D’accord, cela illustre (plutôt fortuitement) cette histoire de chambre perdue entre deux mondes, mais l’incapacité de Hafstrom à investir pleinement les genres auxquels il s’attaque nuit clairement au rythme. Au final, le spectateur se retrouve seul et hébété comme le personnage de Cusack, ne sachant trop comment définir ce qu’il vient de voir.
Une indécision qui se répercute jusqu’au bout puisque le dvd zone 1 propose une fin alternative estampillée série B quand la fin exploitée en salles est une sorte de « happy-end inquiétant ».
Au final, et même sans se référer à la nouvelle prêtant son intrigue, « Chambre 1408 » ne restera pas dans les annales. Ce n’est pas non plus une purge, loin s’en faut. Mais une fois encore, l’œuvre de King se sera révélée difficilement transposable telle quelle. Le seul problème étant qu’ici le travail d’adaptation aura consisté ici à amoindrir le caractère incongru et délirant du travail de l’écrivain pour donner un résultat accessible à tous publics.
Parions cependant que Eli Roth (le diptyque « Hostel ») saura transcender le matériau original avec l’adaptation du roman apocalyptique « Cellulaire », où un signal transmis via les téléphones cellulaires (portables) transforme leurs possesseurs en zombies !
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Posté le 22.12.2007 par houseofgeeks
Parlons un peu du maître de Bangor, le plus connu des natifs du Maine, de cet incroyable écrivain qu'est Stephen King.
D'une part parce que c'est quand même le plus grand conteur au monde - il serait capable de rendre passionnante une après-midi dans un supermarché ! - mais surtout parce qu'à l'instar de Tolkien il a crée un univers cohérent et vraisemblable d'où sont tirés tous ses livres et nouvelles. Et je dis bien tout !
Je vais pas revenir sur Tolkien qui en créant la terre du milieu lui a donné une histoire, des mythes et en a donné un aperçu aux lecteurs via différentes oeuvres.
Et bien King c'est pareil. Là vous doutez de ma santé mentale, j'en suis sûr. Car quel rapport entre "le fléau", "Marche ou crève", "le talisman", "Carrie" ou "Christine" ? La tour sombre, le voilà l'élément qui relie toutes les oeuvres de King.
Le cycle de la tour sombre (rien que le nom évoque l'oeuvre de Tolkien, n'est-ce pas ainsi qu'est surnommée Barad-Dür la tour où réside Sauron ?) n'est pas antérieur à Carrie ou même aux premiers livres de King ("Shinning", "Christine", "Firestarter"...) mais il portait en lui depuis toujours les germes de cette histoire qui conte la fin d'un monde. Ce cycle en 7 volumes spécifiques parle d'un monde imaginaire où l'héroïc fantasy, le western et le fantastique se côtoient naturellement. Mais ce monde est à l'agonie du fait de cette tour sombre qui altère non seulement l'existence de ce monde imaginaire mais également le notre.
En effet, les passages entre les deux mondes existent et nombreuses sont les allées et venues de certains de leurs occupants. Chaque monde ayant une influence sur l'autre. Ainsi, toutes les histoires horrifiques ou fantastique de King peuvent-elles être reliées à l'irruption d'éléments n'ayant aucune explication cartésienne. Et de ce fait, on peut estimer que l'origine de ces évènements irrationnels provienne du monde de la tour sombre.
L'inverse est vrai, le monde réel des récits de King (le monde diégétique donc) a une influence sur l'autre monde comme le montre les deux romans ayant trait au talisman des territoires ("le talisman" et "blackhouse").
Ces deux mondes étant inextricablement liés, le cycle de la tour sombre conte la tentative d'une poignée de héros (pour ne pas dire communauté !) d'atteindre cette fameuse tour pour les sauver de l'anéantissement, rien de moins.
C'est bien joli, vous me direz, mais ce ne sont que spéculations, c'est ça ?
Pourtant il est un funeste personnage qui apparaît aussi bien dans le cycle que dans certains autres romans plus "classiques". Il s'agit de Randall Flagg, celui qui dans "le fléau" essaye de prendre le contrôle de cette terre dévastée à 99 % par un virus. Véritable incarnation du mal absolu, il apparaît également dans le talisman (sous un autre nom), est évoqué dans "Marche ou crève" (un roman de Richard Bachman, pseudo de King à l'époque) comme une silhouette sombre et menaçante, le roman plus ciblé jeunesse "les yeux du dragon" raconte en fait des évènement antérieurs au premier tome du cycle de la tour sombre, et le scénario écrit spécialement pour le téléfilm "la tempête du siècle" raconte les déboires d'une petite ville isolée avec un être aux noirs desseins et aux initiales plus qu'explicites de R.F.
On peut voir qu'il est possible d'établir une chronologie des évènements, même si la tâche est d'autant plus difficile que les parutions des livres en question ne suivent en rien cette chronologie fictionnelle
Autre élément récurrent dans certaines oeuvres, la tour sombre elle-même. Bien qu'elle ne soit pas le véritable enjeu de ces récits, elle apparaît comme une vision (de mauvaise augure) au héros (dans "Insomnies" notamment).
Surtout, se sont les références d'un livre à un autre. En effet, "les tommyknockers" parle d'évènements survenus dans "ça", dans "Cujo" et d'autres. Et il en est de même pour la plupart des autre romans du king qui renvoient à des évènements relatés ailleurs. Ces références installent donc ces histoires dans une certaine logique et cohérence, ce qui a pour effet de rendre tous ces évènements vraissemblables (du point de vue de la réalité de la fiction s'entend).
Mais ce qui forme le dernier lien entre les univers de la tour sombre et des récits de King se sont les références, à l'intérieur du cycle même, aux autres récits.
Et afin d'ancrer un peu plus le tout dans notre réalité même, il est fait référence à des chansons, personnages ou des écrits contemporains.
C'est vraiment un univers unique qu'a crée King car il réussi à lier des oeuvres n'ayant à priori rien en commun. Et de parvenir à façonner un monde qui n'a rien de commun.
Mais la principale inquiétude liée à la résolution de ce cycle concerne Stephen King lui-même. C'est l'oeuvre de toute sa vie et malgré son envie, il éprouve les pires difficultés à écrire les tomes suivants (cela fait bien 6 ans que le 4ème tome est sorti). Non pas qu'il ait du mal à composer son histoire, celle-ci est déjà"écrite" dans sa tête, dans tout son être, mais peut être bien est ce la peur de voir mourir ses personnages une fois toute l'histoire écrite. Comme Tolkien qui s'était toujours refusé à donner un terme définitif à sa terre du milieu.
En somme, peut être la tour sombre n'est elle que la représentation fictive de sa source d'inspiration, le pivot du monde imaginaire où il puise ses histoires et qu'en tournant la dernière page de ce cycle, sa source d'inspiration ne se tarrisse ? On peut interpréter dans ce sens la menace qu'il avait fait peser d'arrêter définitivement l'écriture, il y a quelques mois. Les raisons invoquées était sa lassitude, l'accident qui l'a laissé presque mort et surtout la terrible maladie dégénérative qui est en train de lui coûter la vue.
Mais la véritable raison n'était-elle pas de redouter d'arriver au terme du voyage, au pied de la tour sombre ?
Posté le 22.12.2007 par houseofgeeks
A tous les passionnée et amoureux (et même les autres !) de l'univers de Tolkien, existe un bouquin qui analyse les différents motifs du "seigneur des anneaux". Un livre écrit par Vincent Ferré (26 ans au moment de sa publication en 2001) et intitulé " Tolkien : sur les rivages de la terre du milieu".
Très bien fait car il revient au plus près du texte original et agrémente son étude de nombreuses notes liées aux différents écrits ayant trait à la terre du milieu (Le Silmarillion, Tom Bombadil, Bilbo le hobbit) ainsi que des extraits de la correspondance de Tolkien. Ce qui permet de replacer la démarche créatrice de l'auteur dans son contexte et d'en mesurer l'importance et la cohérence.
Ainsi, on peut voir que la volonté de Tolkien était d'éviter toute linéarité du récit et que sa plus grande réussite réside dans le fait de tisser les liens entre les différents morcellements de l'action, créant un enlacement des divers liens narratifs qui, loin de perdre le lecteur malgré la profusion de lieux et de personnages, se répondent et permettent de suivre plusieurs actions simultanées. Le tout sans jamais être confus.
Un livre vraiment passionnant car il met également en exergue la manière dont Tolkien annonce en amont les évènements à venir, par des descriptions, des répétitions ou des situations qui paraissent anodines au premier abord.
Et puis surtout, cela permet d'apprécier encore plus le travail titanesque effectué par l'équipe de Peter Jackson au niveau de l'adaptation. Seul bémol, "le retour du roi" a fait l'impasse du nettoyage de la comté sous domination de Saruman par les hobbits, lors de leur retour.
Parce que cet épisode est important car il montre à l'oeuvre les hobbits qui sont devenus d'authentiques héros. Et il permet d'encadrer, de souligner la quête qui les as vus partir de Fondcombe (lieu où est constitué la communauté) pour atteindre Orodruin (la montagne où est détruit l'anneau).
Si le début de leur quête était placé sous le signe de l'urgence, le retour s'effectue à un rythme plus tranquille. Ce qui renforce la surprise de voir leur comté complètement transformée (industrialisée presque) et devenue une réplique miniature de la désolation régnant en Mordor (pays de Sauron). Ainsi, se rejoue à une échelle plus réduite (en l'occurrence adaptée à la taille des hobbits !) la dernière bataille qui a vu l'anéantissement de Sauron. Avec un pitoyable Sarouman dans le rôle de"l'Ennemi" et la charge des hobbits sur leurs poneys (!) figurant celle des hommes du Rohan sur les champs de Pélennor (lors du siège de Minas Tirith, la cité des rois).
L'oeuvre de Tolkien est vraiment en tous points remarquables car chaque ouvrage détaillant une partie de l'Histoire de ce monde imaginaire (vraiment ?) fait références aux autres et de ce fait accroît la cohérence et la vraisemblance de ces récits.
Ainsi, dans "le seigneur des anneaux" apparaît des personnages rencontrés précédemment dans "Bilbo le hobbit" ou bien sont relatés des évènements intervenus dans "le Silmarillion".
Outre les liens narratifs inhérents à la structure même du "seigneur des anneaux", existent-ils des liens avec les autres livres contant l'existence de la Terre du milieu.
Car on peut vraiment parler d'existence tant l'auteur aura eu à coeur de ne pas mettre un terme à la description de ce monde. Ne plus rien avoir à écrire étant synonyme pour Tolkien que ses personnages étaient morts.
Ainsi malgré toutes les explications, les compléments qu'il a pu apporter à son oeuvre, des blancs restent toujours à combler. Ce n'est pas pour rien que le recueil paru à titre posthume s'intitule "Contes et légendes inachevés". Il continuait d'ailleurs à travailler dessus à un mois de mourir.
Et pour être complètement exhaustif sur la question, voir le lien suivant qui vous ménera vers le blog du spécialiste français de Tolkien, Monsieur Vincent Ferré (auteur de 2 commentaires ici même) :
http://pourtolkien.free.fr/
Posté le 22.12.2007 par houseofgeeks
Avant d'aborder la critique proprement dite du diptyque magistral de Johnnie TO, petit coup de gueule aux distributeurs français qui non content de cantonné ces films à une sortie confidentielle en salles, sabordent purement et simplement leur sortie dvd. Pour pouvoir prendre possession de ces 2 films indispensables, commandez les sur le site ASIA Diffusion.com. Très bon rapport qualité/prix, vitesse dexpédition et films proposés en zone 2 et surtout en V.O.S.T.F (version originale sous-titrée français).
Voilà, ça c'est fait.
Passons aux choses sérieuses.
Sous prétexte de redéfinir le genre du film de triades, Johnnnie TO livre une intéressante et étonnante réflexion sur le pouvoir. Car à l'instar de ses personnages soi-disant attachés aux traditions ancestrales pour les fouler du pied dans la minute suivante, Johnnie TO dynamite l'image de ces chefs de clan plus attachés à préserver leur domination qu'à un sacro-saint code d'honneur.
The milky way
Réalisateur insaisissable, travaillant sur plusieurs films au cours de l'année, sans que l'on puisse jamais connaître sa véritable implication, grâce au studio qu'il a fondé – Milky Way-, Johnnie To peut ainsi donner libre cours à son inspiration. Qu'il soit crédité comme « simple producteur » (bien que s'appropriant la « paternité » visuelle de certaines prod.) ou comme réalisateur (de plus en plus souvent en compagnie de quelqu'un d'autre), il a marqué de son empreinte la production de l'ancienne colonie britannique, parvenant en quelques années a monter une véritable usine à polars fonctionnant sur des codes désormais bien établis. Des oeuvres telles que « Running out of time », « the longest nite », « The mission », « Breaking news » ou « PTU » (liste vraiment loin d'être exhaustive !) permettant d'établir un mode d'emploi de son cinéma.
En plus de la comédie (élément fédérateur au niveau local), To injecte toujours une solide dose de mélodrame à ses polars, ceux-ci pouvant être autant définis par une intrigue policière forte que par les tourments émotionnels de ses personnages. Même si certains de ses films ont une trame minimaliste, ce qui caractérise réellement son cinéma est l'observation de l'évolution d'un petit groupe d'hommes aux méthodes viriles autant que par l’infantilisme affiché par nombre de ses personnages, ceux-ci passant le plus clair de leur temps à « jouer ». Un jeu qui se retrouve bien évidemment dans la mise en scène de TO, virtuose et esthétique au possible.
S'il est une véritable constante, c'est que ce réalisateur atypique alterne les productions rentables afin de financer des projets plus personnels et aboutis.
Le cinéma des triades
Et en matière de film personnel, le diptyque ELECTION 1 et 2 se pose là. Car la plupart des caractéristiques de son style sont ici sinon absentes, du moins en sourdine. Car plus qu'une histoire policière ludique, Johnnie TO aborde le genre des films de triades avec sérieux et intelligence, parvenant à souligner les contradictions de ces triades attachées à des valeurs et rites ancestraux mais seulement en tant qu'héritage culturel à respecter pour la forme et plus du tout comme référentiel et factuel de ces organisations criminelles.
A l'origine, c'est au début de la dynastie Mandchou (XVII ème siècle) que naissent de nombreuses sociétés secrètes afin de lutter contre l'oppression impériale. La plus connue étant la Tiandihui, une association fraternelle qui veille au bien être de ses proches et à l'équilibre social d'un milieu fragile, notamment par l'alimentation d'une caisse commune destinée aux mariages et funérailles de la paysannerie chinoise. Mais les notables villageois dénoncent les dérives mafieuses : extorsion de fond et renvoi des immigrés vers leur terre d'origine (entre 4 planches !) s'ils refusent de cotiser à la caisse commune. Les siècles passent et les activités violentes de Tiandihui s'intensifient, l'organisation changeant de nom pour celui de triades.
De fait, les triades s'intéressent bien vite à l'industrie cinématographique locale et les films les mettant en scène seront rarement critiques. Petit à petit les films se font plus réalistes jusqu'à les présenter de manière extrêmement défavorable. Une dérive qui va faire sombrer l'image des triades dans la caricature. Jusqu'à « The Club » (1981 – Che-Kirk WONG) qui met l'accent sur un traitement plus authentique dans la représentation de leurs activités pour arriver au final à les présenter comme un groupe d'individus versatile et opportuniste qui n'a que faire du code d'honneur quand des intérêts financiers et territoriaux sont en jeu. Ce film a fait l'unanimité aussi bien du côté des triades que des forces de l'ordre.
Puis vint « Le Syndicat du crime » (1986 – John WOO), succès qui fait apparaître les triades sous un jour plus glorieux et iconique que jamais, propulsant Chow Yun-Fat et Andy Lau au sommet et engendrant une flopée de films mythifiant l'image de ces gangsters honorables faisant des triades un symbole de glamour à la limite du fantasme adolescent.
Bien que certains films tentent de renverser la tendance ; comme « School on fire » (Ringo LAM) et « Gangs » (Lawrence Ah-Mon) de 1988, traitant de l'infiltration des triades en milieu scolaire pour trouver de la chair fraîche ; le genre continue à se vulgariser à outrance et tombe progressivement dans la médiocrité et le manque d'inspiration flagrant.
La démocratie du crime
Jusqu'à Johnnie TO. Mais plutôt que de reprendre les codes inhérents au genre pour les ressusciter, il va plus loin en faisant une véritable fresque politique sur l'impossibilité pour Hongkong (et par extension la Chine) de devenir une puissance démocratique à part entière.
Bien sûr, TO nous livre tout de même des grands moments d'action teintés d'humour burlesque (pour s'en convaincre voir une bonne partie du 1er où tout le monde tente de s'emparer du sceptre, symbole de la reconnaissance et de l'autorité du nouvel élu en tant que chef, celui-ci passant de main en main de manière tantôt brutale ou amusante), mais aussi des mises à mort aussi brutales qu’imprévisibles et glauques. Car cette fois-ci les personnages ont des motivations autrement plus sérieuses, la conquête du pouvoir.
Et ce n'est pas un hasard si le diptyque de Johnnie TO encadre la rétrocession de HK à la Chine. L'île étant en plein marasme culturel et politique, la fin de l'occupation britannique les laissant dans l'expectative, au bord du chaos (comme admirablement montré par Tsui HARK dans « The Blade » et « Time and Tide » notamment).
La triade ici considérée a la particularité d’opérer à des élections pour désigner leur représentant, le « délégué ». Un désir démocratique perturbé par le recours à des rites anciens à valeur symbolique certes mais auxquels ils restent très attachés puisque constitutifs de leur organisation. Là se pose la question du poids des traditions dans toute construction politique et la difficulté de s'en affranchir.
Mais surtout, ces élections sont entachées par le clientélisme, les pots de vins et l'influence lorsqu'il s'agit d'acheter les voix décisives. Une digne représentation du système à l’œuvre dans nos démocraties ?
Et si finalement c'est Lok qui est élu, les « oncles » le considérant comme le garant de leurs valeurs, il s'avère in fine aussi avide de pouvoir et impitoyable sinon plus que son concurrent, Big D.
L'attitude de Lok dans sa manière de se débarrasser de ses adversaires renvoie à la façon dont Kinji FUKASAKU dépeignait les yakuzas japonais dans des films aux titres aussi explicites que « Combats sans code d'honneur » ou « Le cimetière de la morale ». Alors que les membres de la triade font tout pour éviter une guerre des gangs en recourant à la conciliation et la concession, finalement le nouvel élu va résoudre le problème à sa façon. Le changement s'opérant de manière brutale, par un effet de montage et non pas par l'image. Après avoir tenté de désamorcer tout conflit les trois quart du métrage, on assiste in fine au retour à des méthodes plus expéditives.
Intéressante est justement la manière dont il tue. Pas d'emphase visuelle ou stylistique, restent les images brutes de mises à mort qui illustrent froidement combien il est long et difficile de tuer une personne.
Ainsi le premier ELECTION voit des méthodes féodales se substituer finalement au jeu démocratique afin qu'un semblant d'unité persiste face à la menace de dissidence brandie par Big D. Le sort peu enviable qui lui est réservé pour conclure le film en dit long sur la prise en compte d'un désir d'émancipation. Bien qu'ici le désir de Big D était principalement motivé par la soif d'exercer lui-même un pouvoir total sur le clan et ses actions.
Le mandat du nouvel élu dure deux ans, soit le temps séparant l'action de ELECTION 1 du deuxième. Cette fois-ci, on se retrouve après la rétrocession et on suit le parcours de Jimmy en rupture de ban qui tente de couper les ponts avec l'organisation en se livrant à des activités commerciales licites. Mais la Chine l'acceptera à la condition qu'il prenne le contrôle de la triade. Ainsi, l'accès au libéralisme économique est – il subordonné à la conservation et au maintien de méthodes barbares. Cet opus voyant l'ascension et la prise de pouvoir de la jeune garde incarnée ici par Jimmy qui supplante la vieille génération (Lok), ne s'embarrassant plus d'un héritage culturel ou d'un code d'honneur devenu désuet lorsque des intérêts économiques entrent en compte.
A HK, le plus fort c’est Johnnie TO
Un diptyque étonnant mais surtout impressionnant de la part de Johnnie TO car abordant frontalement, avec intelligence et virtuosité un sujet difficile, les perspectives d'avenir politique de la Chine, le tout via un genre jusque là moribond et ultra codifié, le film de triades. Car au-delà d'un fort contenu politique, TO renouvelle admirablement le film de mafieux. Ce que n'a pas su faire Scorcese avec le remake sans âme de « Infernal Affairs ».
Et au vu de cette oeuvre, l'émergence d'une conscience politique et d'un pouvoir démocratique semble peu envisageable.
Subsiste peut être un espoir incarné par la génération représentée par le fils de Lok, qui après avoir assisté à l'exécution de la fin du 1er film tentera dans le second de suivre l'exemple paternel en intégrant un gang. Mais alors qu'il choisi de tout abandonner par dégoût, il s'en ira vers un ailleurs (meilleur ?) jamais montré à l'écran.
Le plus terrifiant étant que ce que disent ces films de la société hongkongaise (et par conséquent chinoise) peut être rapporté à la logique capitaliste de l'ultra-libéralisme actuel qui phagocyte peu à peu les prérogatives politiques de nos démocraties.
La loi du plus fort étant érigée en tant que paradigme d'un système capitaliste. Ou quand la prédominance de méthodes et règles archaïques ne peut que porter préjudice à toute construction démocratique.
Posté le 21.12.2007 par houseofgeeks
Le roman culte post-apocalyptique de Richard Matheson « I am Legend » (1954 quand même) se voit une nouvelle fois adapté sur grand écran, cette fois-ci par Francis Lawrence, responsable précédemment d’une autre adaptation, de comics cette fois-ci, « Constantine » (avec un Keanu Reeves à l’époque à ce point auréolé du succès de la saga Matrix que certains considéraient ce film comme le Matrix 4.).
Après avoir été incarné par Charlton Heston dans l’inéna(nar)rable « Le survivant », le personnage du dernier homme sur Terre Robert Neville est cette fois-ci interprété par la méga star Will Smith .
Après un « Constantine » bien trop consensuel en rapport au comics ouvertement anti-conformiste, rentre-dedans et limite nihiliste et le calibrage PG-13 induit par l’utilisation d’une star aussi grand public, autant dire que l’on attendait plutôt patiemment ce film.
Mais n’oublions pas que Smith fut un incroyable Ali dans le film de Mann, jouant parfaitement la partition de ce personnage perdu parmi la foule, dont les prises de positions l’isolait de sa famille comme de sa communauté, bref, Will Smith interprétant un personnage seul dans le monde. Et puis, dans « Constantine », la vision dantesque que Lawrence donnait de l’enfer était plutôt originale et assez stupéfiante.
Et malgré les nombreux griefs que l’on peut trouver et opposer, le charme opère. Bien que le texte de Matheson soit foncièrement trahi, Lawrence livre une adaptation personnelle, une variation de la même histoire très marquée action et qui pourtant rend parfaitement justice à ce personnage solitaire par force et finalement par la nature même de son job.
Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.
La civilisation humaine maintenant disparue laisse place au règne végétal (New-York envahit par une flore sauvage) et animal (biches, lions, infectés…). Une peinture sidérante et saisissante de cette ville se transformant en une jungle cette fois-ci primitive. Que ce soit dans le film ou le livre, le but de Neville est de survivre. Mais la manière diffère. Will Smith tente de ranimer l’espoir d’un vaccin curatif en pratiquant des expériences in vivo, tandis que le Neville du livre est totalement enfermé dans une routine exterminatrice et pathétique.
Evacuons d’emblée la comparaison avec le roman. D’une puissance évocatrice étonante, le livre ne vous lâche pas jusqu’à la dernière page. Dépeignant le quotidien angoissant et dramatique de ce dernier rempart de l’humanité contre une société devenue vampire. Ainsi, les journées de Neville sont elles rythmées par la traque et l’exécution de ses anciens voisins, amis ou simples quidam devenus créatures de la nuit et qu’il extermine le jour. Un homme qui remplit la fonction laissée vacante par ces figures mythiques que sont les vampires. Neville, dernier obstacle au développement absolu de la nation vampire et dont la lutte pour sa survie en fera…une légende.
Point de vampires dans ce film, le terme « infectés » désignant dorénavant le résultat de toute altération de la nature humaine, les zombies de « 28 jours plus tard » de la suite « 28 semaines… » ou même du « Planet terror » de Rodriguez étant qualifiés de la sorte. Ces infectés sont ici entièrement générés en CGI (par ordinateur) mais ‘est leur aspect factice qui demeure le plus dérangeant. Ceci dit, les scènes où ils interviennent fonctionnent parfaitement de par leur déplacement en meute et leur propension à grouiller et se déplacer sur toutes parois tels des rats. Si on devine l’influence des reapers de « Blade II », ils n’en restent pas moins des cousins assez proches des crawlers de « The Descent ».
Alors que la bande-annonce était ouvertement orientée vers du tout action, le film s’avère plus contemplatif bien que livrant des séquences remuantes et angoissantes plutôt bien réussies : la prise d’assaut de la maison de Neville par cette horde d’infectés, la visite d’un nid d’un Neville venu avant tout récupérer son seul compagnon, son chien.
Car c’est définitivement dans la transcription de la solitude de Neville que le film est le plus marquant. Un quotidien morne et routinier, rythmé par la recherche de vivres, les expériences, un message lancé chaque jour au même endroit et à la même heure et par ses visites aà son vidéo-club favori. C’est là qu’il rencontre les derniers représentants de sa race, de simples mannequins. Sans doute disposés là par un Neville véritablement angoissé et névrosé, soucieux de retrouver un semblant de normalité dans un monde qui a basculé. Mais c’est bien plutôt pour garder intact son désir de socialisation qu’il joue cette comédie des relations humaines, discutant avec ces mannequins et espérant follement qu’ils lui répondent.
C’est ainsi que notre Neville organise sa survie. Préserver un ilôt de sociabilité au milieu de ce chaos ambiant et ainsi marquer sa différence quand les autres habitants de la ville, les infectés, ne sont plus que mus par l’instinct.
Alors oui, ce film n’est pas parfait. Mais les clichés et écueils de la narration s’intègrent asse bien à une intrigue et une résolution assez classique. Cependant, une scène vaut à elle seule le détour. Celle où les infectés utilise le désir de normalité de Neville pour le piéger comme un animal. En déplaçant le mannequin Fred, ils sèment le doute dans l’esprit des spectateurs (qui en viennent à s’interroger sur la santé mentale du « héros ») et la confusion dans celui de Neville qui se met à invectiver et rudoyer Fred qui n’a absolument rien à faire ici. LA scène casse-gueule par excellence qu’une V.F assez quelconque ne parvient même pas à briser. Pertinente et dramatique, constamment sur le fil du rasoir, cette séquence se conclue par une attaque qui fera perdre à Neville ses dernières illusions et surtout sa dernière balise d’humanité, figurée par sa chienne Sam.
« Je suis une légende » est un très bon film, une vraie bonne surprise à voir sans arrières pensées. Certains clameront fort justement que Matheson a été trahi. Il n’en reste pas moins que Francis Lawrence a su en tirer une variation tout aussi intéressante.
Cependant, il est vrai que cela demeurera toujours en deçà de ce que nos esprits de pur geeks pouvons fantasmer sur une hypothétique adaptation par le génie Guillermo Del Toro. Celui-ci préférant décliner l’offre pour s’en aller tourner la suite de Hellboy « The golden army ».
Posté le 17.12.2007 par houseofgeeks
La fin d'un rêve de gosse : Star wars ou comment le petit Lucas à force de jouer a parfaire son image, s'est mis à dos les vrais fans de la saga.
Attention, là je touche à un des fondements de la culture geek, la mythologie Star Wars. Sans renier lémerveillement lors de la découverte de la trilogie fondatrice, il faut bien reconnaître que la mise en chantier des 3 premiers épisodes relève plus de l'opération marketing d'envergure que d'une véritable envie de conter la génèse du mythe.
Premier problème, on attribue entièrement à Lucas la paternité de cette fresque épique.
Or, à l'époque de la première trilogie (un nouvel espoir, l'empire contre-attaque...) il ne faut pas oublier qu'il était entouré d'une équipe talentueuse malheureusement absente de la nouvelle trilogie.
En premier lieu, John Dykstra le superviseur en chef des effets spéciaux qui a été mis à l'écart peu après le retour du jedi pour d'obscures raisons et qui n'est réapparu au premier plan que 15 ans après en devenant l'un des fondateurs de la boîte d'effets-spéciaux Sony imagework. C'est Dykstra le responsable de ces fantastiques séquences de combats dans l'espace et qui le premier a mis au point le concept d'une caméra dont les mouvement seraient assistés par ordinateur, entre autres choses.
Puis, signalons également que l'ex-femme de Lucas était à la base du montage des trois films.
Ralph Mc Quarrie (scénariste entre autres de la saga indiana jones !) était le concepteur visuel de la saga. En clair, c'est lui le véritable gourou en matière de désign des décors, vaisseaux et personnages. Un de ses indispensables travaux ? Disons que sans lui, Dark Vador aurait ressemblé à l'empereur Ming du film Flash Gordon(comme le voyait Lucas).
Enfin, pièce maîtresse de ces épisode mythiques, le producteur (pas le poste le moins important, hein?) Gary Kurtz, totalement oublié depuis.
Pourquoi la disparition d'une telle dream team ? Simple, ainsi Lucas s'est complètement réapproprié la saga. Et en véritable démiurge, il a mis aux commandes des collaborateurs plus dociles.
Et le terme de Dream Team est réellement approprié, car depuis épisode I - La menace fantôme l'émerveillement, le rêve qui étaient l'essence même de la saga ont disparu. Remplacés par le marketing et les produits dérivés !
Et c'est là une autre preuve de la trahison de Lucas. Il ne pense plus qu'à proposer de plus en plus de figurines issues des films. Pour satisfaire les fans ? Les collectionneurs et les boutiques spécialisées oui !
Pourquoi cet énervement ?
Simple, un collègue me vantait les mérites de l'attaque des clones. Or ce n'est pas un film, c'est une véritable démonstration du mépris de Lucas pour les fans. Et surtout, c'est l'ultime preuve qu'il nous pisse à la raie !
Si, si, le terme n'est pas trop fort. D'abord, il y a encore plus d'images numériques et les péripéties font plus penser à un jeu vidéo (Padmé qui évite les pièges façon jeu de plateforme et surtout Yoda qui se prend pour Sonic !), après avoir présenté la race responsable des clones on les oublie le reste du métrage, la romance Anakin/Padmé est une véritable orgie de guimauve, John Williams le compositeur pète un câble (Non content de mélanger les thèmes musicaux, il nous gratifie d'un gag musical lors du baiser avorté entre Padmé et Anakin, directement hérité des "Y a-t'il..."!) et surtout Lucas n'a rien compris à l'attachement des fans de la première heure pour Bobba Fett le chasseur de prime. Si rattacher Bobba dès le début est intéressant, son "père" Jango avait un potentiel énorme. Mais il meurt comme une merde.
Non franchement, c'est du n'importe quoi.
Mais le pire de tout, la trahison ultime, intervient lors du retour d'Anakin sur Tatouine. Alors qu'il est parti récupérer sa mère prisonnière des hommes des sables, celle-ci meure dans ses bras.
La haine (et donc le côté obscur) le gagne et on va assister au massacre en règle de tout le campement. Et non, un fondu au noir vient interrompre au bout de 20 secondes l'acte fondateur qui fait basculer Anakin. Putain, c'est le moment décisif de la saga, celui où on doit voir la naissance de ce qui deviendra Dark Vador ! Au lieu du déchaînement de rage et de fureur, on a droit à quelques cris en arrière fond et à la méditation agitée de Yoda !
Non, définitivement non, je me fous de voir épisode III.
Et pourtant je l'ai vu. Commme on dit, il ne faut pas mourir idiot.
Je confirme, la curiosité est un vilain défaut.
Une véritable purge, voilà ce qu'est la revanche des Sith. Encore plus d'effets digitaux, un Anakin encore plus à la ramasse (supposé être le jedi ultime, il est même pas fichu de sentir qu'il y a un truc qui cloche chez la chancellier Palpatine !), du haut niveau.
Encore une fois, Lucas passe complètement à côté d'une scène fodatrice, le massacre des padawans se faisant hors-champ. Merde, c'est censé être une trilogie fondée sur la montée en puissance ouis l'apogée du mal via la figure majeure que représente Dath Vader ! Quant à Palpatine, il se ridiculise tout seul avec ses grimaces à deux balles et son air contri ou constipé, on sait pas trop, lorsqu'il balance ses éclairs d'énergie.
La seule approche vraiment intéressante est d'avoir fait des jedi les représentants d'une puissante secte, au comportement assez ambivalent et qui refuse à Anakin tout bonheur ou accomplissement personnel auprès de sa bien-aimé Padmé. Mais là encore, une piste bien mal explorée.
Le combat final entre Obi-Wan et Anakin est plus ou moins bien torché. Son issue tragique est assez poignante, Obi-Wan démembrant son élève et le laissant crever sur place !
Par contre, Lucas foire totalement (et c'est un euphémisme) la naissance physique de Darth Vader. Après avoir bousillé sa "naissance" psychique. Le seigneur Vader n'a plus rien de majestueux. Lorsqu'il s'ébranle, claudiquant à la limite de la chute, on croirait voir Boris Karloff dans "Frankenstein" ! Même démarche robotique qui rend le grand Vador d'autant plus ridicule.
Voilà comment George Lucas a tué dans nos mémoires le souvenir de ce badguy ultime, impitoyable et animé d'une haine et d'une détermination sans nom et prêt à tout afin d'anéantir toute résistance.
Paix à ton âme Dark Vador.....
Posté le 17.12.2007 par houseofgeeks
Attention !
Parution du numéro 12 de la revue mi-janvier. Une excellente occasion de bien commencer l'année !
Au sommaire :
Retour sur Grindhouse
Requiem pour un massacre (come and see) d'Elem Klimo
Dossier "Seuls au monde"
Dossier Sydney Lumet
Dossier Grève des scénaristes/crise des scénarios
Et bien d'autres choses....
Le tout en une soixantaine de pages bien denses et pour la modique somme de 3 euros !!
Pour commander ce petit bijou qui ravira j'en suis sûr votre chère et tendre, rendez-vous sur le site de la revue !
Soit pour commander direct ou pour avoir la liste des fournisseurs agréés.
Site de la revue : http://www.versusmag.com