Publié le 31/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
La série XIII est donc terminée. Du moins sur papier puisque est mis en chantier une mini-série (2x90 minutes) adaptant la BD culte. Elle sera d’abord diffusée à Pâques sur canal + puis d’ici à la fin de l’année sur M6.
Une bande-dessinée qui est une adaptation du roman de Robert Ludlum « The Bourne Identity » paru en 1980, s'inspirant de l'histoire de Jason Bourne pour porter un regard rétrospectif sur l'Histoire américaine contemporaine. La bande-dessinée a un tel succès critique comme public que l'on oublie peu à peu sa véritable origine. Sacrée mise en abyme pour une intrigue axée sur un amnésique en quête de ses souvenirs.
Puis en 1988, Richard Chamberlain (« les oiseaux se cachent pour mourir » « Allan Quaterman… ») incarne le héros d’un téléfilm intitulé « la mémoire dans la peau » soit le titre du roman éponyme, mais adaptant l’intrigue de la bande-dessinée !!? Et cette même année 1988, sortait sur les écrans un film assez sympa qui étrangement, fera date dans l’histoire des films d’action, un certain « Die hard » et son héros dur à cuire John Mc Clane. Heureux hasard, on apprend en 1990 dans l’album « la nuit du 3 août », le supposé (à l’époque) vrai nom de XIII, Jason Mac Lane. Et comment être étonné de lire dans ce nom un hommage au héros ayant inspiré la série, Jason Bourne, et celui dont les traits de caractères sont similaires, John Mc Clane ? Outre la perte de souvenirs, XIII entretient d’autres similitudes avec Bourne et notamment la manière dont il se découvre des capacités presque surnaturelles de se défendre. Quant au héros de « Die hard », comme lui, il subit plus qu'il ne provoque les évènements.
Et tandis que les années 90 se terminent, la saga XIII décline peu à peu (voir article précédent pour analyse). Laissant le champ libre au retour du Jason Bourne originel dans le film de Doug Liman « la mémoire dans la peau » (2002). Suivront deux séquelles réalisées par Paul Greengrass et dont la dernière en date s’avère décevante. Mais peu importe, la trilogie a remis au goût du jour des aventures d’espionnages plus réalistes, lumière naturelle, tendance monochromatique, action brutale et âpre, soit une esthétique issue des années 70.
Le 13 novembre 2007 a donc vu la parution du dernier tome des aventures du numéro XIII. Une fin assez quelconque pour une BD qui aura connu un succès sans précédent. C’est donc en toute logique que l’adaptation live est lancée, capitalisant à la fois sur l’album n°19 comme sur le dernier film de la trilogie « la vengeance dans la peau ». Et ironique retour des choses, on se dirige tout droit vers un traitement et une esthétique directement héritée des Jason Bourne. Il n’y a qu’à voir le casting rajeuni pour l’occasion : Stephen Dorff (« Blade », « Cecil B. Demented ») sera amnésique et Val Kilmer (« Top gun », « Spartan ») une « mangouste » ! Ceux qui attendaient une fresque historique digne de la BD en seront pour leur frais. De toute façon, dépeindre en 180 minutes une intrigue aussi foisonnante et traversant des décennies d’Histoire relevait de la gageure. Espérons au moins que le réalisateur Duane Clarck (des épisodes des « Experts ») ne nous filera pas la gerbe avec une caméra frénétique. Déjà que ce casting est assez indigeste.
Bonne chance dans ta nouvelle vie Jason Mac Lane…..
Publié le 31/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Le 13 novembre 2007, sont parus les deux derniers tomes des aventures du plus charismatique des amnésiques du 9ème art, XIII. Albums n°18 « la version irlandaise » dessiné par Jean « Moebius » Giraud et n°19 « le dernier round » qui mettent un terme à ses pérégrinations.
Et il faut bien l'avouer, il était temps que cela se termine !
Victime de son succès
Parue pour la première fois en 1984, XIII connaît un grand succès et devient au fur et à mesure des albums un best seller de la bande dessinée. La série bénéficie du fait d'être l'une des premières à avoir introduit le thème de l'espionnage dans le neuvième art. Il s'agit de plus d'une saga à suivre, contrairement à l'autre grande série populaire du même scénariste, Largo Winch. Cet étalement sur la durée permet à Van Hamme de développer une intrigue complexe mais lisible, aux multiples rebondissements. Le dessin, réaliste et sobre, est très accessible.
Les premiers albums, qui sortent au rythme soutenu d'un par an, connaissent un succès croissant, essentiellement grâce au bouche à oreille. En 1990, après la première année sans XIII, deux albums (« le dossier Jason Fly » et « la nuit du 3 août ») sortent à quelques mois d'écart, soutenus par une importante campagne publicitaire qui ouvre à la série les portes de la grande distribution. Pour l'album suivant « XIII contre un », l’éditeur produit même un spot de huit secondes pour le cinéma, une première dans l'histoire de la bande dessinée, qui propulsera l'album à plus de 175 000 exemplaires vendus. XIII marque le premier mariage à grande échelle entre BD et marketing : peu avant la sortie de chaque nouvel album, les premières planches sont publiées dans différents journaux. Des accords sont passés avec la Française des jeux, avec des éditeurs de jeux vidéos et de jeux de société et XIII est décliné sous tous les angles possibles. La série est devenue un produit dont on crée le besoin grâce à une promo abondante et savamment orchestrée. Ultime accroche, la mention culte est de fait accolée. Pris au propre piège de sa réussite, la série au départ si ambitieuse se mue en une entreprise commerciale de luxe. L’attente de lecteurs de plus en plus nombreux est telle que Van Hamme bâcle ses scénarios qui ne sont plus que des prétextes à de l’action échevelée et des retournements parfois assez rocambolesques. La série demeure plaisante à lire mais dans l’opération, a perdu son âme.
Le fil rouge, soit la recherche désespérée de son identité, a conduit notre numéro fétiche dans une spirale mémorielle qui pris sur la fin des proportions inflationniste : d'un album à l'autre (parfois dans le même) son identité changeait au gré des rebondissements scénaristiques afin de relancer la machine et donc l'intérêt des lecteurs. Qui est vraiment XIII ? C'est là la question à laquelle répond le dernier album. Mais est-ce si important de connaître sa véritable identité ? Pas vraiment, car le plus intéressant dans cette série était justement le parcours alambiqué et torturé de Jason Mac Lane pour tenter de lever le voile sur son passé.
Et c'était véritablement sa capacité de raisonnement et de réaction pour se sortir des embrouilles qui étaient le moteur de l'intrigue. Seulement, à partir du moment où la conspiration fut conjurée et le numéro I démasqué (dans l'excellent album « Le jugement »), XIII devint de plus en plus passif pour peu à peu disparaître du premier plan au bénéfice de tous les personnages secondaires gravitant autour de lui. Devenant plus une présence fantomatique hantant les albums. C'est bien simple, ce sont ses amis les plus intéressés par la découverte de la « vérité ». C’est également dans cet album charnière que disparaît « la mangouste », LE méchant de la série. Tueur responsable de l’amnésie de notre héros – exécution ratée – il tentera par tous les moyens de réparer son erreur. Deux êtres inextricablement liés par le destin, le créateur face à sa « créature ». Le complot mis à jour et son « chien de garde » mis hors d’état de nuire, la série perd son principal ressort dramatique. Reste la quête de XIII, découvrir qui il est. Mais le cœur n’y est plus.
Sans doute par peur de lasser mais plus prosaïquement pour attirer de nouveaux lecteurs (la série dure depuis 1984 quand même), une nouvelle orientation fut donc donnée. Un peu ce que les comics ont l'habitude de faire régulièrement, relancer une série en repartant sur de nouvelles bases. Mais on peut aussi rapprocher « XII » de la série « Twin peaks ». Bien que formellement différentes, Lynch et Van Hamme avaient dans l'idée de faire une série au mystère perpétuel. Ils sont plus intéressés par ce qu'il révèle que par sa résolution. Si nous avons fini par connaître le nom de l'assassin de Laura Palmer, c'est bien à cause des pressions de la chaîne. De même que ce fut une décision éditoriale de stopper en pleine gloire, avant un essoufflement des ventes et une lassitude des lecteurs. Une manière d'assurer une rentabilité maximale sur une série devenue objet de culte : jeu à gratter, promo à grande échelle à chaque nouvel album, jeu vidéo...Et bientôt, adaptation live (voir article suivant).
L’Histoire sans fin
Lorsque Lynch dévoila l'identité du meurtrier, il s'ensuivit dans la seconde partie de « Twin peaks » une exploration aussi passionnante des coulisses du mal à l'oeuvre dans cette ville. Ce que ne réussit pas complètement la saga XIII dans son exploration du passé morcelé de notre héros. Mais ce qui fit le plus grand mal a été la disparition du tueur à gage « la mangouste ». Un vieillard aussi retors, intelligent et impitoyable qui donna bien du mal à l’homme dans la force de l’âge surnommé numéro XIII. Une fois encore, l'adage qui veut que la réussite de toute oeuvre de fiction tienne dans la fascination pour le bad guy se vérifie. Le charisme et l'ambiguïté de « la mangouste » en font une des figures du mal les plus réussies, aussi mythique que peut l'être Dark Vador. Surtout, il était le parfait contre-point de XIII, aussi déterminé à le tuer que l'autre était déterminé à faire la lumière sur ce qu'il lui était arrivé.
Mais le véritable intérêt de la série et le génie de Van Hamme est d'avoir fait de son personnage une quasi feuille blanche sur laquelle se réécrivait son histoire, elle même intrinsèquement liée aux plus grands évènements historiques des États-Unis puisque le premier album (« le jour du soleil noir ») le présente tout de même comme l'assassin du président américain Walter Shéridan. Avec cette série, le véritable propos de Van Hamme est de revisiter l'Histoire de ce pays hanté par ses « démons » : assassinat de JFK, révolution en Amérique latine, mafia, CIA, Ku Klux Klan, le maccarthysme, etc… Le tout, articulé autour d'une intrigue tournant autour d'un complot qui permet de donner forme aux peurs les plus abstraites, paranoïa et origine cachée. C’est ce qui a contribué à son succès, la série s’ingéniant à trouver une explication à ce qui se révèle être une conjonction d'évènements comme à l'éternelle question « Qui suis-je ?».
Horizon vers qui tous les fils narratifs convergent, l'identité de XIII est un Mc Guffin (1) moderne, ni plus ni moins.
Et c'est la popularité croissante de la série qui précipita son arrêt. Par peur d'une désaffection si le mystère demeurait trop longtemps entretenu. Surtout, l'objet de toutes les attentions s'était reporté sur la possibilité donnée ou non à XIII de lever enfin le voile sur tout son passé. On l'a dit, Van Hamme était plus intéressé dans l'exploration de toutes les pistes narratives possibles que dans la révélation. La renommée acquise étant devenu un carcan à son imagination, et pour éviter de perdre les lecteurs, les derniers albums voyaient leurs intrigues tellement diluées qu'au final elles ne racontaient plus rien. Il était temps d'y mettre un terme.
Donc, à la fin de l'histoire, XIII sait qui il est. Ou plutôt il connaît son véritable nom et sait qui il n'est pas. Autrement dit, il doit se reconstruire en repartant presque de zéro. Une deuxième chance sans pareille que par analogie on peut considérer comme une seconde naissance. D'ailleurs, le major Jones (très belle black et petite amie de notre héros) l'a compris dès le départ, refusant de l'appeler autrement que par le nombre porte bonheur, le fameux XIII.
(1) Un McGuffin est un néologisme hitchcockien. C’est un objet qui ne sert qu’à faire agir l’acteur : la recherche de documents, un verre de lait, tout ce qui fait bouger, réagir, vivre le personnage et qui n’a aucune autre utilité que d’accroître le suspens (éventuellement).
Il déclare à Truffaut : « C’est extrêmement important pour les personnages du film, mais sans aucune importance pour moi, le narrateur. »
Le McGuffin ne veut rien dire, ne représente rien. Le nom même est créé pour faire parler les bavards, et imaginer les plus folles théories. Il a une consonnance écossaise, et pourrait être n’importe quoi, tant que c’est absurde.
Voici comment Hitch raconte l'origine du terme :"Deux voyageurs se trouvent dans un train en Angleterre. L'un dit à l'autre : "- Excusez-moi Monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre qui se trouve au-dessus de votre tête?
- Oh c'est un McGuffin.
- A quoi cela sert-il?
- Cela sert à piéger les lions dans les montagnes d'Ecosse.
- Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Ecosse.
- Alors il n'y a pas de McGuffin."
Evidemment l'anecdote est surtout faîte pour faire parler les bavards...et pour répondre à ceux qui voulaient une vraie réponse.
Publié le 27/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Après quelques atermoiements, « Frontière(s) » le premier film de Xavier Gens est enfin sorti. Un accouchement non sans douleurs car le film aura subi une production plus que chaotique - Gens obligé de shooter en cachette les scènes les plus extrêmes, son producteur voulant un film PG-13 (interdit aux moins de 13) – une distribution différée – Europa Corp voulant capitaliser sur « Hitman » - et enfin un comité de censure (appelée chez nous C.S.A) qui impose une affiche absurde et enlaidie par les mentions que le film accumule les scènes de boucherie, etc. Tout est donc réuni pour faire de « Frontière(s) » un bide et un objet honni par la critique, les spectateurs et les soi-disant fans de film de genres. Et c’est ce qui est en train de se passer.
Sans doute l’attente suscitée par un film se positionnant d’emblée dans le genre horreur sans concession aura jouée en sa défaveur. A force, d’attendre sa sortie chacun se sera fait sa petite idée et imaginé les scènes les plus horribles suivant son degré de déviance. Et bien qu’imparfait, souffrant d’une histoire prétexte un rien minimaliste voire parfois simpliste, « Frontière(s) » est pourtant loin d’être le nanar ou le pétard mouillé tant décrié. Mieux, il devient indispensable de le défendre et le supporter en salles si l’on veut que les financiers consentent à donner quelques billes pour de futurs projets aussi risqués commercialement.
Xavier Gens a été assistant réalisateur de Ringo Lam sur « Risque maximum » mais s’est surtout fait remarquer par sa maîtrise de la narration et des cadres avec le court-métrage « Au petit matin » (avec Estelle Lefébure, déjà), « BTK – Born to Kast » et un épisode (le meilleur ?) de l’anthologie Sable Noir et intitulé « Fotographik ». Des programmes courts à la tension permanente et en crescendo qui se terminent bien souvent dans un bain de sang. Réalisateur sevré aux chef-d’œuvres des Hooper, Carpenter, Lustig, Mc Tiernan,etc et élevé voire éduqué par Mad Movies. En clair, un réalisateur qui a tout pour plaire.
Alors, qu’est-ce qui cloche ? Sûrement que le film dérange par son amour des situations les plus extrêmes en mettant en scènes ses figures les plus extrémistes (un Sarko-like puis une famile de nazis cannibales), pour en faire une expérience rare dans le paysage cinématographique actuel.
Le scénario écrit par lui-même est une réaction au passage du Front National au deuxième tour de la présidentielle de 2002, auquel s’est depuis rajouté le traumatisme de vivre en Sarkozie. Des émeutes qui servent de toile de fond et permettent de contextualiser l’intrigue. Et bien que la référence n’alimente autrement l’histoire qu’en l’encadrant, elle permet de mesurer le parcours des protagonistes. Des personnages assez crédibles et qui vont passer un sale quart d’heure.
Globalement, l’interprétation est à saluer. Les quelques réserves concernant Le Bihan dont le cabotinage est à la limite de décrédibiliser la brute épaisse qu’il joue et les dialogues assez pauvres qui n’aident pas vraiment Estelle Lefébure et les autres. Cette dernière est d’ailleurs dans ce film le portrait craché de Sheri Moon Zombie, la femme de notre métalleux préféré. On en vient donc au point névralgique, les références qui imprègnent tout le film.
En premier lieu, le « Massacre à la tronçonneuse » de Hooper puisque « Frontière(s) » en reprend la trame principale et ses moments clés (le repas de famille notamment) mais sans jamais virer au plagiat éhonté. Gens a l’intelligence de s’en démarquer et de ne pas en livrer une pâle copie aussi ostentatoire qu’inutile. Autre film imprégnant le métrage, « Psychose » de Hitchcock mais sans scène de douche. On peut s’amuser à dénombrer les autres emprunts (en vrac « The descent », « Hostel », « la mouche », « Die hard »… mais là n’est pas le but. La reconnaissance cinéphilique importe peu à Gens qui s’en sert surtout pour stimuler les cerveaux des spectateurs.
Un cinéma qui se rapproche d’un autre fan-réalisateur, Christophe Gans. Mais en plus viscéral, Gans peinant à créer un lien avec le spectateur autre qu’esthétique. Ses films sont très beaux et virtuoses mais souffrent d’un manque émotionnel certain.
« Frontière(s) » propose donc de suivre le calvaire initiatique de 4 jeunes des cités, plongés en plein cauchemar nazi au cœur même de la campagne française. Réalisation au cordeau, bien que souffrant parfois du surdécoupage des fusillades, et inventive, photographie léchée, construction des plans remarquable (on sait à chaque instant dans quel lieu se situe l’action, voir carrément de dessiner les plans de la ferme à la sortie de la salle !), Gens est un cinéaste émérite.
A peine si on peut déplorer des séquences de torture et d’action qui ont tendance à s’autonomiser, perturbant quelque peu le rythme.
Mais ce qui laisse pantois, ce sont bien le CSA et certaines critiques taxant le film de complaisance et de voyeurisme. Les rapports de force sont violents, mais jamais gratuit. Mieux, Gens utilise toujours la bonne distance pour filmer ces horreurs. Si les nazis se font découper ou sauter la tête dans des gros plans bien gores et craspec, au contraire les malheureuses victimes subissent les derniers outrages avec dignité, soit à chaque fois à l’abri des regards.
Et si le film se termine dans une rage libératrice, elle est loin d’être apaisante.
« Frontière(s) » est loin d’être le chef-d’œuvre définitif attendu et espéré, la faute à un script bancal et des sautes de rythme sans doute dues à la difficulté de passer d’un format court à un long métrage. Mais en l’état, il reste une formidable expérience éprouvante, un film sincère et humble, transgressif et avec de vraies propositions de mise en scène et que l’on aurait tort de snober. Xavier Gens est un mec à suivre et supporter et non à conspuer. Parce que des films comme ça, déjà que l’on en voit peu, on est pas près d’en revoir.
Alors, lorsque l’on est capable de s’enquiller des « Détour mortel I et II », « Feast », le remake de Nispel de « Massacre à la tronçonneuse » sans sourciller, que l’on estime « A l’intèrieur » sur-estimé et que l’on fait la fine bouche devant « Frontière(s) », il y a de quoi s’inquiéter….
Publié le 27/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Après de nombreuses déceptions - Chrysallis, Dante 01 - autant se tourner vers les valeurs sûres. En l'occurence Mathieu Kassovitz qui nous revient avec une adaptation de "Babylon babies" très bon bouquin du très controversé Maurice G. Dantec.
Aucune raison d'être déçue, l'association Kasso + Dantec + Vin Diesel devrait nous préserver d'une déception de plus.
En 2013, le monde est en flammes, rongé par les nationalismes, les apprentis sorciers, les marchands d'armes, les nouvelles guerres, les mafias, les sectes... Le mercenaire érudit Hugo Cornelius Toorop doit convoyer à Montréal une jeune fille, Marie Zorn. Pour cet aventurier qui a survécu à la guerre de Bosnie, la mission paraît simple. Il ignore cependant que le corps de Marie Zorn est une arme biologique puissante et que la jeune fille est schizophrène.
L'avenir de l'humanité se joue-t-il sur les rives du Saint-Laurent ou au coeur des "schizomachines", des intelligences artificielles capables de se connecter sur l'ADN, et qui pourraient bien avoir conscience de leur propre existence ?
Ambiance dépressive, délires paranoïaque à la Philip K. Dick, ça s'annonce plutôt pas mal.
Sortie le 27 août 2008
Publié le 27/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
A force, on aurait presque fini par y croire. Malheureusement, l’émergence d’un véritable cinéma de genre à la française restera limitée à quelques films véritablement habités par leurs auteurs. Des exceptions qui confirment une fois de trop la règle. Quand Aja, Vestiel, Siri, Gens et consorts investissent le genre pour livrer des œuvres référentielles mais avec la volonté de générer une véritable empathie pour leurs personnages et raconter une histoire pas seulement rythmée par des scènes d’actions et/ou de sévices, les autres (Leclercq, Pitof, Leterrier) se ramassent la gueule pour avoir privilégier les artifices à tout discours humaniste.
Le premier film de Marc Caro, « Dante 01 », faisant contre toute attente partie des ratés.
Pourtant, on aurait aimé qu’il réussisse à imposer une nouvelle vision de la S.F. Quitte à tenter de s’auto-persuader que décidemment non, l’autre moitié du duo Jeunet-Caro ne pouvait faire un mauvais film. Mais contrairement au magistral « Sunshine » de Danny Boyle, « Dante 01 » a beau multiplier les références, il n’arrive jamais à les amalgamer et les soumettre à sa volonté de raconter une histoire.
Plombé par un script de Pierre Bordage indigne et sans ambition, Caro dirige son éternelle troupe de « gueules » (Pinon, Levantal, Hadji-Lazaro…) dans des décors au désign parfois assez limite.
Si « Eden log » bénéficiait également d’un scénario minimaliste de Bordage, Franck Vestiel a su le transcender par une réalisation soignée, significative et évocatrice donnant à son film plusieurs niveaux de lecture. Un film imparfait mais passionnant.
Or, Caro se borne à illustrer une histoire évasive, à la symbolique religieuse et mythologique pachydermique. Entre les noms de persos tels que Perséphone, Moloch ou St-Georges, le pénitencier/hôpital en forme de croix et en orbite autour d’une planète en fusion, une voix-off insupportable d’explications pseudo philosophiques sur les évènements à l’écran, tout pour prendre le spectateur pour un débile fini. Une condescendance intolérable.
Ceci dit, le travail sur la lumière et les cadres reste admirable et la séquence qui voit Dominique Pinon plonger dans un bain bouillonnant pour reprendre le contrôle de la station est superbe et saisissante.
Hélas, on oublie bien vite les quelques bonnes idées parsemant le métrage tant le spectateur un tant soit peu cinéphile demeure dubitatif face à cette resucée sans âme de « Alien 3 » de David Fincher.
Sans rythme, des acteurs en roue libre qui en font le minimum tant leur manque d’implication est patent, le film se permet tout de même l’exploit de s’éterniser sur 1h30. 90 minutes construites sur du vent Dans l’espace, personne ne vous entendra bâiller.
Terminons par des propos de Lambert Wilson sur sa fierté de participer à ce film : e souhaitais simplement m'approcher d'un metteur en scène dont l'imaginaire est puissant et qui a un sens visuel très développé. Ca m'a rappelé les frères Wachowski. Ces trois personnes sont issues de la bande dessinée. Pour elles, le travail commence par l'oeil dans un petit format."
D’une, il n’a rien compris au talent des frangins pour oser les comparer à cette nullité de Caro. Deux, effectivement, la vision qu’a Caro de son média est sacrément étriqué.Lambert Wilson, acteur passable mais bel esprit de synthèse.
En tout cas, Marc Caro nous doit une revanche.
Publié le 26/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
La particularité de VERSUS est de proposer à chaque numéro une double couverture. Soit une superbe photo au recto et une non moins sublime au verso !
Enjoy !
Publié le 26/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Quoi donc ?
Mais le numéro 12 de VERSUS voyons !
Regardez moi cette couverture !....
En vente pas partout malheureusement mais si vous allez faire un tour sur le site de la revue, vous trouverez la liste des revendeurs :
http://www.versusmag.fr
Quant au sommaire :
- Retour sur le duo Tarantino/Rodriguez et leur "Grindhouse"
- Projecteurs sur Andrew Dominick ("L'assassinat de Jesse James...) et Elem Klimov ("Requiem pour un massacre")
- DOSSIERS
Sydney Lumet ("7h58,ce samedi là", "Serpico", "12 hommes en colère"...),
la crise créative à Hollywood (la grève, séries en sursis et blockbusters infantile),
guerres d'Irak ("le royaume", "Lions et agneaux", "Redacted"...),
Vigilante movies ("Un justicier dans la ville", "Vigilante"),
Films de survivants ("Je suis une légende", "Apocalypse 2024"...)
C'est pas alléchant tout ça ?
Allez hop, hop on commande son numéro via le site ou à l'adresse suivante :
Revue VERSUS
3, rue Galilée
93110 ROSNY SOUS BOIS
Publié le 24/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Heath Ledger est mort. La nouvelle a fait le tour d'internet. Au-delà de la peine que représente cette perte pour ses proches, sa mort aura des répercussions sur le "Dark Knight" de Nolan.
Si "The Dark Knight", tourné depuis plusieurs mois, en est au stade de préparation marketing, la question se pose : comment sortir le film - dont les tonalités noires sont l'argument de promotion principal - sans tomber dans le sordide ? D'autant que le poster teaser (photo) joue précisément sur le contraste « clown noir » du personnage du Joker. Les « executives » hollywoodiens planchent actuellement sur une réactualisation complète de la campagne de promotion.
Une interrogation symptomatique des costards-cravates qui ne pensent plus qu'en part de marché, occultant tout le côté artistique. Ce n'est pas faire injure ou manquer de respect à la mémoire de Ledger que de conserver l'ambiance dépressive de la campagne promo. La limite est mince avec une exploitation malsaine de sa mort, c'est clair. Mais le même genre de drame était survenu lors du tournage de "the crow" de Alex Proyas, et jamais on a taxé l'équipe du film de vautours.
A suivre, donc
Publié le 24/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
La saga des « Rocky » est emblématique du parcours personnel de Sylvester Stallone. Un personnage qu'il aura porté en lui avant de le coucher sur papier et en faire un scénario. Prototype du self-made-man, incarnation du rêve américain qui veut que l'on parvienne au sommet à force de travail (et pas mal d'emmerdes au passage !), Rocky contient toute la rage de son auteur pour qui ce film est sans doute la dernière chance d'une carrière jusque là assez confidentielle.
Une saga également représentative des décennies qu'elle aura traversée et illustrée. Si au départ, le personnage de ce boxeur issu des quartiers pauvres de Philadelphie se distingue par une éthique de travail hors normes et des méthodes d'entraînement artisanales, au fur et à mesure qu'il gagne en notoriété, il se relâche et s'abandonne dans le confort autant matériel que mental. Une limite atteinte de plein fouet dans le numéro IV et le choc contre Drago.
La sortie du 6ème film « Rocky Balboa » est l'occasion de fêter les 30 ans de la série et pour les critiques de dresser un panégyrique de 30 ans de coups et de sueur. Une apothéose finale émouvante et élégiaque abondamment relayée.
Pourtant, il est un aspect de cette série mythique occulté par la critique. Par l'entremise de Rocky, l'emprise sur la condition féminine est sans cesse réaffirmée.
Dans le premier, Rocky séduit Adrian une jeune femme timide. Celle-ci est complètement renfermée et ne semble s'épanouir qu'au contact de son amoureux. Ok, le titre du film c'est pas « Adrian », mais jamais on ne la voit autrement qu'au bras de Rocky, en train de la supporter ou de le réconforter. Elle vit sous son aile protectrice, brisant par là-même tout désir d'émancipation.
Adrian, ou le prototype de la femme idéale telle que prôné dans les années 50 : fidèle, dévouée et introvertie. Un modèle qui restera toujours en filigrane dans les décennies suivantes.
Ce schéma, on le retrouve dans le 6ème et dernier épisode. Rocky reste accroché a ces valeurs morales d'un autre temps. Reproduisant un même comportement sur-protecteur avec la jeune fille du premier, devenue dans ce dernier épisode prostituée. Et si elle parvient à s'en sortir, c'est grâce à l'aide de Rocky qui lui offre un travail dans son restaurant.
Pour ne pas avoir suivi les recommandations de l'étalon italien – ne pas sortir seule le soir, faire attention à ses fréquentations et à la manière de se vêtir, etc – elle subira la déchéance.
Rocky Balboa, l'éternel « underdog », incarnation de la volonté faite homme et du mythe du rêve américain. Un personnage jamais en phase avec son époque et qui pourtant parvient à trouver sa place. Il arrive tout bonnement à superposer à la réalité un code moral ouvertement machiste issu des années 50/60. Et si il y arrive, c'est bien que la société en reste imprégnée.
Alors oui, Rocky est un héros au coeur pur, ne renonçant jamais face à l'adversité, un modèle de courage. Mais il est aussi un être ne pouvant s'accomplir que dans la « domination » de la femme.
Un décryptage qui n'enlève pourtant rien à l'aspect attachant de ce personnage dépeint sans fard et avec sincérité par Sylvester Stalonne.
Vu que le prochain « Rambo » sort le 6 février 2008, on peut sans crainte affirmer que le traitement appliqué sera du même acabit que pour la saga « Rocky », un retour aux sources afin de réaffirmer la dimension mythologique d'un personnage qui aura traversé et illustré toutes les époques.
Publié le 23/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Mort et enterré. Comment qualifier autrement le genre « vigilante flick » après un pitoyable « The Punisher » de Johnathan Heinsleigh. Une émasculation en règle qui faisait peine à voir. Rendez-vous compte, Franck Castle plus préoccupé par une volonté de socialisation que par sa vengeance.
Des « revenge movies » dont les plus impressionnants représentants récents sont le « Kill Bill » de Tarantino et surtout « Man on Fire » de Tony Scott.
Et le troisième film de James Wan, « Death sentence » se range clairement dans cette catégorie.
Après avoir lancé la vague des « torture flick » en 2004 avec le remarquable « Saw », Wan refusa d‘en réaliser les suites pour éviter de se voir cantonner dans la catégorie de réalisateur d’horreurs. Rien d’infâmant en soi, mais le bonhomme a suffisamment de talent pour refuser de se laisser enfermer.
Son deuxième long « Dead silence » aura connu une production plus que chaotique, qui ajoutée aux piètres résultats au box-office auront largement fait baisser sa côte. Pourtant, même si cet hommage à Mario Bava et plus largement à l’horreur gothique transalpine et britannique souffre d’un scénario un peu léger, la mise en scène travaillée et au cordeau de Wan fait de « Dead silence » un film aussi beau qu’envoûtant.
Peu épargné par les critiques, frustré de l’incompétence crasse des costards-cravate d’Hollywood, James Wan canalise sa colère et la libère de la plus belle manière qu’il soit avec l’éprouvant « Death sentence ».
Pertes et conséquences
« Death sentence »est donc l’ultime représentant d’un genre ultra codifié qui voit généralement un citoyen modèle subir un traumatisme personnel remettant en cause les valeurs auxquelles il croyait et l’obligeant à prendre les armes pour se faire justice.
Un genre qui aura plus particulièrement connu son âge d’or en Italie durant les années 70 ou « années de plomb » (les poliziotteschi). Des films indissociables du contexte politique et du climat insurrectionnel de l’époque. Au-delà d’un principe d’autodéfense envisagé comme seul moyen d’action, ces films étaient le reflet de ces années de confusion politique et idéologique que seules la rage et la colère étaient à même d’exorciser. Un contexte similaire aux états-unis durant la même période, la méfiance voire la défiance envers les institutions (watergate et viet-nam obligent) donnant des films aussi controversés que radicaux tels la série des Dirty Harry et celles des « Un justicier dans la ville » (« Death Wish ») avec le regretté Charles Bronson.
Des films qui prêtent évidemment le flanc à la critique, les bien-pensants les qualifiant d’emblée de réactionnaire.
Une étiquette réductrice dont a longtemps et injustement souffert Clint Eastwood à cause de son incarnation de l’inspecteur Harry Callahan. Des films qui sont pourtant moins une revendication idéologique nauséabonde que l’illustration de la déliquescence d’un tissu social et d’une société corrompue.
Les conditions politiques ont beau être totalement différentes, le genre commence à renaître de ses cendres. Ainsi, on a vu récemment le très surprenant « The brave one » (« A vif ») de Neil Jordan avec une Jodie Foster complètement métamorphosée en ange-vengeur et exterminateur. Un parcours à l’issue duquel sa vision et sa compréhension de son environnement extérieur seront irrémédiablement transformées.
Et dans nos sociétés contemporaines, apolitiques et soumises au pragmatisme comme seul horizon collectif, le renouveau d’un tel genre traduit dorénavant la fuite en avant d’individus confrontés à la perte des illusions envers un système déficient et incapable d’apaiser leurs peines
Une prise de conscience individuelle aussi violente que destructrice.
Famille, je vous aime
Nick Hume (Kevin Bacon impérial, comme d’hab’) est vice président d’une importante compagnie d’assurances, heureux mari et père de deux garçons, dont l’aîné est promis à une carrière de hockeyeur pro. Tout va donc pour le mieux. Jusqu’au soir où, alors qu’il fait le plein de sa voiture, Nick voit son fils prodigue se faire égorger sous ses yeux par un voyou, accomplissant par ce meurtre un rite initiatique qui lui ouvrira les portes d’un gang. Anéanti par cette perte, il va définitivement péter un câble lorsque la justice sera incapable de punir convenablement le coupable. Aux yeux de Hume, pas d’accord possible, c’est la prison à vie ou rien. Et quand il décide de se rétracter au dernier moment, c’est pour mieux suivre sa proie et se venger. Le début d’un engrenage fatal, pour lui et sa famille…
Premier changement notable pour Wan, ce n’est plus son compère Leigh Wannel (présent au générique en tant qu’interprète d’une petite frappe) qui signe le scénario. Brian Garfield adapte ici son propre roman « Death sentence » donc, séquelle d’un autre de ses romans, un certain « Death wish ». Mais si Joe Kersey (Bronson dans le film de M. Winner) avait une forte conscience sociale de son environnement, Nick Hume a lui une vision circonscrite à un cocon familial idyllique. Ce qui a l’écran se traduit par la présentation de cette famille sous forme d’un enchaînement d’extraits vidéos des meilleurs moments vécus et immortalisés (anniversaire, noël, récompense sportive…).
Une unité familiale artificielle qui, de prime abord, rend difficile une implication émotionnelle. Or, la famille Hume est conforme à cette introduction, voir le dîner où la dispute entre les deux frères reste assez soft et vite maîtrisée par un père attentif et compréhensif. Surtout, cette vidéo figure un passé idéalisé et ressassé comme si tous étaient déjà morts. Une entrée en matière pour le moins morbide, quand bien même les images nous montrent une famille nageant en plein bonheur.
D’un extrême, le film passera à un autre lorsque nous sera présenté une famille cette fois-ci dysfonctionnelle au possible, un père revendeur d’armes (John Goodman) et « employant » un gang auquel appartiennent ses deux fils homicides.
Un réalisateur au diapason
Se sont deux conceptions antagonistes de la famille qui s’affrontent, deux mondes en constante opposition. Si Nick Hume vit dans un univers sécurisant et aseptisé, celui du gang est crade et dangereux.
A son contact, Nick Hume verra une transformation autant physique que psychique opérer. De même que la réalisation se fera plus sèche et brutale.
Wan sait composer ses plans et livre des scènes d’action impressionnantes de violence et de lisibilité. Pas de caméra à l’épaule mais des séquences tournées à la steadycam qui, tout en permettant d’être au plus près des acteurs lors de leurs déplacements ou affrontements, donne une fluidité remarquable à l’ensemble. Comme quoi, il n’est pas besoin de bouger sa caméra dans tous les sens pour figurer la confusion et la perte de repères. A ce titre, la poursuite dans les rues de la ville est un petit chef-d’œuvre de tension et de désorientation, décuplés par les mouvements souples et circulaires de la steadycam.
Une réalisation qui deviendra beaucoup moins lyrique lorsque le vigilante Nick Hume part à l’assaut du repaire du gang, figurant sa nouvelle détermination.
« Death sentence » propose d’ailleurs deux films en un. La première partie est un revenge movie classique, le père de famille tentant d’enrayer le processus mortel engendré par son geste vengeur. Mais une fois qu’il aura failli à la protection de sa famille, une deuxième chance lui est offerte. Revenant d’entre les morts, il accomplit sa mutation finale pour devenir aussi enragé que ses adversaires. Teint blaffard, silhouette cadavérique, Nick Hume ou la mort en marche.
Une dernière partie dans le plus pur style comic-book, plans iconique et violence graphique à l’appui et où on a l’impression de voir à l’œuvre un punisher suicidaire. De toute manière, il n’a plus rien à perdre. D’ailleurs, il avait tout perdu avant même qu’il se lance dans cette vendetta.
Pour Nick Hume, la mort de son fils préféré signifie la mort de sa famille. Son petit frère déjà délaissé auparavant se trouve complètement livré à lui-même. Aucun soutien à attendre de la part de son père qui le laisse pleurer seul la mort de son frère ou l’engueule lorsqu’il le retrouve errant sur les lieux du meurtre. Même sort pour sa femme qu’il délaisse, réduite au rang de présence fantomatique. Une impression particulièrement prégnante lorsqu’un Nick Hume complètement paniqué rentre chez lui afin de fermer toutes les issues, la caméra constamment à ses trousses, occultant toute image de sa femme dont la présence ne sera trahie que par sa voix. Ne réapparaissant qu’au moment où la dernière porte aura été verrouillée. Une scène magistrale, utilisant cette absence comme point de tension paroxystique. Et qui préfigure la perte absolue à venir, le dernier ancrage dans la réalité et l’humanité.
Total western
« Death sentence » est un revenge movie mais peut être également qualifié de western.
La première fois que Nick pénètre sur le territoire du gang, cela coûtera la vie à son fils. Chaque nouvelle incursion le faisant basculer un peu plus dans la folie vengeresse. Histoire de vengeance donc, histoire de familles également mais aussi histoire de territoire à conquérir.
Une fois l’acquittement prononcé, le père meurtri suivra le meurtrier et l’affrontera sur son terrain. Le tuant par accident. Ensuite, se sera au tour du gang de venir en milieu urbain, sur le lieu de travail de Hume avant de pénétrer dans son intimité : sa maison. Pour en finir enfin et venger cet ultime massacre, Nick revêt ses nouveaux oripeaux et s’arme suffisamment avant de partir à leur recherche. Une confrontation finale sur leur territoire et donnant lieu à une scène d’une rare intensité dramatique. Et oui, même un dur peut pleurer.
Finalement, Nick rentre chez lui salement amoché, à l’article de la mort, vautré dans son canapé à regarder le montage vidéo du début. En allant au bout de lui-même, il est devenu un des leurs.
Un film éreintant, ne faisant aucune économie de sentiments et constamment habité par la rage de Wan qui livre ici son film le plus accompli. Et peut être le plus incompris puisque « Death sentence » s’est salement ramassé outre-atlantique.