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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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GO FAST

GO FAST

Publié le 04/10/2008 à 12:00 par houseofgeeks
GO FAST
Marek (Roshdy Zem) perd son collègue et meilleur ami lors d'une opération contre un réseau de trafiquants de drogue. Il est alors muté dans un nouveau service et formé pour infiltrer un gang de trafiquants de drogue qui importe de la résine de cannabis en grande quantité depuis l'Espagne. La méthode de transport utilisée est celle du Go Fast : des voitures chargées de drogues remontant à très grande vitesse depuis le sud de l'Espagne vers des villes françaises.

Contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, Go Fast n’est pas une tentative toute franchouillarde de singer les productions Neal H. Morritz et ses Fast and Furious clinquants de bêtise. Le réalisateur de la comédie surréaliste Dikkenek, Olivier Van Hoofstadt s’attaque à un sujet pour le moins original avec la volonté de s’éloigner de ce qui, à force, s’apparente à un cliché, ces personnages de flics abîmés par leur profession et la vie ou incapables de discerner la frontière entre ordre et chaos. Retour au héros positif donc. Seulement voilà, lorsque la caractérisation des personnages est esquissée à grand coup de sabre, cela donne corps à mille autres poncifs.
Dommage car la volonté du réalisateur de donner une assise naturaliste à sa mise en scène promettait beaucoup. Notamment lors du premier quart d’heure et cette planque en pleine cité de Clichy sous bois où les faits et gestes des trafiquants sont observés par le biais d’une caméra DV et écoutés à l’aide de micros cachés. Nous sommes au cœur du dispositif de la police. Immersion totale et tension palpable. De plus, Van Hoofstadt arrive à donner un cachet réaliste quasi documentaire sans bouger sa caméra dans tous les sens. Surtout, quand évidemment l’équipe en planque se fait repérer, les représailles sont immédiates et les coups de feu claquent. Une violence sèche, sans fioriture ni lyrisme. Mais à partir de ce moment où l’ami de Marek (formidable Olivier Gourmet) est éliminé, le film va tenter de soumettre plusieurs registres d’action à un scénario famélique et un récit pour le moins elliptique. Sans grande réussite.

Visiblement, Van Hoofstadt était intéressé par une peinture réaliste et naturaliste de ce milieu, avec le French Connection de Friedkin dans le rétro. Une volonté louable irrémédiablement plombé par des grands moments de comiques involontaire dont un remake de la pub du café El Gringo avec les graines de cannabis à la place du café !
De plus, l’intrigue qui englobe trop de pistes narratives est desservie par le manque d'ampleur (à peine 1h30), du coup impossible dans ces conditions de donner de l’épaisseur à des protagonistes. D’autant plus lorsqu’ils bénéficient de dialogues ineptes. Impossible de développer le moindre affect lorsqu’on assiste médusé à une succession de scènes mille fois vues (consoler la veuve éplorée avec le regard en coin pour le fiston, l’entraînement qui forge notre héros, le héros obligé d’assassiner le traître, etc…) sans la moindre tentative de les lier par un récit un tant soit peu construit ou cohérent. Car le but ultime de l’entreprise est de donner le film le plus authentique possible, celui qui se rapproche le plus de la réalité. Et de ce côté-là, c’est parfaitement réussi. C’est très documenté et même trop documentaire. Seul problème de taille, la fiction est évacuée au profit de scènes qui s’apparentent à une démonstration de force de la police. Oui l’équipe du film a pu filmer dans une banlieue « chaude », à Ketama (haut lieu de la culture haschich), a pu bénéficier du concours des forces de l’ordre, bref toutes choses habituellement peu accessibles. Mais la qualité d’un film ne doit pas se mesurer aux exploits logistiques de la production.
Suprême écueil, la difficulté pour le réalisateur de décider du registre de fiction (polar urbain ? road movie ? narco-polar ? C'est un peu l'auberge espagnole !) neutralise toute tentative de mettre en danger notre héros. Il parvient pourtant à créer une certaine tension lors de la séquence finale sur l’autoroute, lorsque un des trafiquants démasque l’infiltré grâce à une musique entendue précédemment lors de son arrestation en début de métrage. Une ritournelle qui active la reconnaissance, seule bonne idée du film, et qui rappelle Argento.

Un tel sujet aurait mérité un traitement un peu plus ambitieux et qui ne se limitent pas à faire vivre au spectateur une « go fast ». Une expérience qui peut avoir son charme mais il est difficile de prendre du plaisir à un tel spectacle où le manque d’implication du spectateur le dispute à l’absence d’enjeux esthétiques, formels et narratifs. Et après, il y en a qui font la fine bouche devant les films d’Olivier Marchal.

Critique en intégralité chez L'Ouvreuse (http://www.louvreuse.net)



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