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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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Date de création :
20.08.2007
Dernière mise à jour :
19.04.2008
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L'évènement...

Posté le 07.12.2007 par houseofgeeks
...ou en V.O The happening.
Tel est le titre du nouveau film de M. Night Shyamalan.
Sortie prévue aux states le 13 juin 2008, un vendredi !

Après avoir réglé ses comptes avec la critique et ses financiers au travers du très émouvant "La jeune fille de l'eau", le petit génie revient avec cette histoire d'une famille cherchant à échapper à une prochaine apocalypse.
Un film que son auteur défini comme un huis-clos apocalyptique. Remember cette scène proprement angoissante de "Signes" où Gibson et ses deux fils vivaient une invasion extra-terrestre enfermés dans une cave.
Et que les déçus du petit Spielberg se rassurent, il a mis un terme à sa suffisance avec son personnage irritant d'écrivain au destin messianique dans "La jeune fille de l'eau".
Back to the basis donc.
Mais on peut sattendre à ce qu'il nous offre bien plus qu'un simple divertissement aussi excitant qu'il puisse être.

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Posté le 06.12.2007 par houseofgeeks
Soit le titre original de la nouvelle de cet immense auteur Philip K. Dick et qui a inspiré Ridley Scott pour son chef-d'oeuvre "All time" : Blade runner.

Une méga édition ultimate collector de la mort est sortie le 5 décembre. Edition de 5 dvd, commentaires audio, les 5 versions du film (le final cut de 2007, le workprint, la version US, la version internationale et la version longue de 1992) , une image et un son remasterisés, des galettes pleines à craquer de bonus...

Blade runner, sorti en 1982 est à la fois un film noir ouvertement influencé par les personnages de Bogart et qui transpose ses codes et son ambiance dépressive et déliquescente à un pur univers de S.F.
Le tout réhaussé d'un questionnement philosophique sur le devenir humain de machines sentientes.
Une vision qui rejoint et complète celle de Richard Matheson (autre grand écrivain du genre) qui s'interroge sur ce qu'est être humain.


Quel intérêt de sortir 5 versions ? Tout simplement afin de mesurer à quel point ce film (et par extension le livre dont il est tiré) offre d'alternatives narratives et pour avoir une vision aussi complète que possible de ce chef-d'oeuvre sorti il y a 25 ans et qui n'a pas pris une ride !

Inutile d'ajouter que cette édition est indispensable à tout cinéphile qui se respecte.


L'arbre de vie

Posté le 06.12.2007 par houseofgeeks
Encore un film honteusement passé inaperçu et également sorti fin 2006. Ces fêtes de noël sont l'occasion de rattraper le coup et de commander le dvd du fantastique "The fountain".Le très beau dernier film de Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream), avec Hugh « Wolwerine forever » Jackman et Rachel Weisz.
Ou l'histoire d'amour du docteur Créo (Jackman) et de sa femme Izzy (Weisz) s'étendant sur plusieurs siècles, de la période de conquête espagnole des territoires Maya, en passant par le présent pour aboutir à un futur (?) indéterminé. La quête d'éternité d'un homme n'acceptant pas la mort comme une fin en soi.Une histoire d'amour ternie par le cancer dont est atteint Izzy et que ce bon docteur essaye de soigner coûte que coûte, au point de passer à côté de l'essentiel, l'amour justement.
Si l'histoire s'appuie sur trois périodes distinctes, celles-ci se mêlent de manière harmonieuse et envoutante, de telle façon que par moment les frontières entre les rêves, la réalité, les flash-backs et les souvenirs en viennent à se confondre pour livrer au final une histoire émouvante et universelle d'amour immortel.

Un film inespéré dans la production actuelle pour de multiples raisons.
Premièrement, les nombreux écueils rencontrés par le réalisateur pour le montage financier de ce projet. Au départ, Brad Pitt et Cate Blanchette devaient interpréter les rôles principaux. Des acteurs « bankable » qui offraient toutes les garanties au studio en charge de produire. Malheureusement, la défection successive des deux têtes d'affiche fit pérécliter l'entreprise, du moins pour un temps. Entre paranthèse, Brad lâcha quand même le navire parce que pas assez rémunéré à son goût et pour tourner le très respectable « Troie » de Wolfgang Petersen et surtout aller se compromettre avec sa femme dans « M. et Ms Smith » ! C'est à force de motivation et mû par une véritable obsession pour cette histoire que Daren Aronofski persista. Avant la reprise en main du projet permise par la toute nouvelle renomée de Hugh Jackman, le réalisateur s'était asocié avec le dessinateur Kent Williams pour sortir une version dessinée de son scénario. Chose intéressante, cette adaptation en BD (ou graphic novel tant l'oeuvre, dans sa conception, est éloigné des traditionnels comics) est vraiment une version différente du film pourtant basé sur le même scénario.
Deuxièmement, si l'histoire du film est somme toute basique la réalisation est incroyable. Le soin apporté à la composition des plans qui sont une merveille d'esthétisme et la narration certes inhabituelle pour une intrigue aussi simple mais qui renforce le côté onirique et magique de l'oeuvre. En clair, c'est un véritable émerveillement visuel et émotionnel auquel nous avons droit. La mise en scène a beau être très travaillé, elle n'est pourtant pas boursoufflé par trop de lyrisme ou de grandiloquence, le réalisateur reste humble et constamment à hauteur de ses personnages. Cela rappelle même par moment le film « Solaris » (la version originale de Tarkowski, pas le remake de Soderbergh avec Clooney) dans ses moments de comtemplation et d'élévation spirituelle. Car plus qu'une histoire d'amour, on assiste au parcours initiatique du docteur Créo vers une plénitude et un apaisement atteint par sa femme. Dans sa recherche de l'arbre de vie (l'immortatlité donc) il en a oublié l'essentiel, vivre tout simplement. Et à quoi bon passer l'éternité seul quand on peut rejoindre sa dulcinée de l'autre côté ? Acccepter sa fin terrestre inéluctable pour peut être renaître spirituellement.
En un mot, un film ma-gni-fi-que !

Déjà vu ? Mais pas oublié !

Posté le 05.12.2007 par houseofgeeks
Retour sur le dernier film en date de Tony Scott (True Romance, Ennemi d'Etat, Domino, Man on fire mais aussi Top Gun et Day of Thunder...), "Déjà vu" avec Denzel Washington, Val "j'ai sacrément enflé" Kilmer et la toute mimi Paula Patton.
Sorti en fin d’année 2006 et qui a pâtit du succès mitigé de son précédent « Domino » où il poussait très loin (trop loin selon certains) ses expérimentations formelles.

La nouvelle Orléans vient à peine de se relever de l'ouragan Katrina qu'un terroriste fait sauter un ferry, faisant 543 victimes. Un agent de l'ATF Doug Carlin (Denzel) est chargé de l'enquête. Et puisqu'il est natif de la région et doit savoir ou regarder, il est enrôlé dans une nouvelle section du FBI qui utilise un procédé révolutionnaire qui donne la possibilité de voir ce qu'il s'est passé 4 jours et 6 heures avant ! Seul probléme, les enquêteurs n'ont droit qu'à une seule vision. Impossible de reculer ou d'avancer à l'envie, seuls les changements d'angles de vue sont possibles.
Où regarder ? Que chercher ? Carlin choisi de s'intéresser à la vie de la très belle Claire Kurchever, retrouvé morte et à moitié brûlée mais 1 heure avant l'explosion. Et là, il va tomber amoureux de cette femme, cherchant toujours à en savoir plus et avec comme ambition impossible de pénétrer dans sa vie, passer de l'autre côté de l'écran...Et si Claire peut ressentir la sensation d'être observée, ne serait-il pas envisageable de la prévenir, d'envoyer un message voire mieux de se transporter de "l'autre côté" ? Et oui, car plus qu'une machine permettant de visionner passivement ce qu'il s'est passé 4 jours avant, c'est en fait une fenêtre sur le passé qui peut être entrouverte l'espace d'un instant.

Le pitch est alléchant et l'intrigue bien construite. A déplorer quelques incohérences dans certaines réactions du héros. Mais peut être est-ce dû aux fluctuations temporeles engendrées par son escapade, allez savoir !
Mais ce qui est vraiment intéressant c'est que Denzel effectue le rêve de tout fan de cinoche, arriver à pénétrer et influer sur le film qui se déroule devant lui. Au départ,il se contente de modifier les angles de vision instantanément réalisant le premier fantasme de tout bon fan (ou même de réalisateurs), agir en véritable démiurge. Et puis, sa fascination pour ce qu'il voit l'amène à tenter de rentrer carrément dans l'écran. Alors que dans le film"la rose pourpre du Caire", le personnage de Woody Allen y parvenait de manière poétique (il était carrément interpellé par l'héroïne de la fiction), ici le procédé est plus technologique.
Alors qu'au départ le personnage de Denzel Washington se contentait, grâce aux changements d'axe de la caméra, d'une analyse de la surface (plane) de l'image, petit à petit il recherche une vérité dans la profondeur de champ. Il est intéressant de noter que cette recherche de la profondeur était rédhibitoire dans le "Blow up" d'Antonioni et dans "les frissons de l'angoisse" de Dario Argento, elle s'avère ici décisive et opportune. D'ailleurs, "Déjà vu" peut être considéré comme une extension moderne de "Blow up" puisque le film de Tony Scott répond à la question sous-jacente dans celui d'Antonioni "Que se passerait-il si Thomas (le héros de Blow-up) arrivait à passer à l'intérieur de la photo qu'il a prise et qu'il analyse ?"

Bon, ok ce ne sont là que points de vues et supputations d'un malade de cinoche (en l'occurence moi !) parce que faut pas oublier que "Déjà vu" est avant tout un film divertissant et qu'il sait rester humble. En même temps, Tony Scott était plus ou moins obligé de réfrener ses ardeurs et revenir à des films plus "mainstream" (grand public pour les anglophobes !) après être arrivé au bout de sa démarche du tout expérimental dont "Domino" (son précédent film) était l'illustre représentant.

Ceci dit, même s' il met le frein à main sur sa frénésie d'expérimentations formelles (longues focales à tout va, lumières et couleurs saturées avoisinant le trip hallucinogène, découpage du récit frisant parfois la crise d'epilepsie, etc...) les thèmes qu'il aborde (et exprimés plus haut) permettent aux cinéphiles un peu retors (comme vous et moi) de trouver leur bonheur dans ce film d'action pétaradant. Oui parce que ça canarde, ça explose et y a une putain de poursuite en bagnole super originale ! Je l'avais pas précisé peut être mais ce film est produit par Jerry "je fais exploser le décor toutes les 20 minutes" Bruckheimer, habituellement connu et reconnu (par les cinéphiles un peu bourrin sur les bords ; comme moi) pour être le chantre du film d'action décompléxé, bien bourrin et sans cervelle ("Rock", Armaggedon, Pearl Harbor, Bad boys II, The Island....) ! Mais pas sans émotions.
Car c'est quand même là où il fait la différence par rapport à d'autres productions, c'est qu'on se prend d'affection pour les personnages. On est pas seulement intéressé par les explosions qui font péter les bagnoles 20 mètres en l'air, on s'inquiète sur le sort des persos. Bon, disons que là je suis magnanime (période de noël oblige !) parce que ce petit plus est surtout apporté par les scénarios parce que je suis pas du tout sûr que l'empathie envers les héros soit la raison principale qui l'anime !

Bref, ce film porte définitivement la patte de Tony Scott puisque l'image est super belle, les plans et leur agencement sont précis et sans fioritures et surtout il essaie d'aller plus loin que la simple série B de commande. Mais il porte définitivement également la patte de son producteur, puisque le cahier des charges en matière d'explosions et fusillades est respecté ! En somme un film bien fun et super intéressant thématiquement. A voir donc.
Ah si, j'oubliais. On ressent très bien la patte Bruckheimer dans la toute fin, qui est à mon humble avis "too much", mais bon.

Allez pour en finir avec ce très bon film, on peut le rapprocher dans sa thématique de "Ennemi d'Etat" avec Will Smith et Gene Hackman. "Déjà vu" pouvant être défini comme la version science-fictionnelle d'"Ennemi d'Etat". Ce qui rend encore plus intéressant ce film pour les fans hardcore de cinéma...

Réhabilitation

Posté le 01.12.2007 par houseofgeeks
Alors qu'un remake de "Escape from New-York" est en projet (Mostow à la réalisation en lieu et place de Ratner, c'est déjà ça de gagné) réhabilitons un des chefs-d'oeuvre de Big John (Carpenter), "Los Angeles 2013".

Suite 16 ans après de "New-York 1997". Mais je préfère le titre original à savoir "Escape from New-York" et donc celui qui nous intéresse "Escape from Los Angeles".

Déjà, le titre annonce la couleur. On va avoir droit à une variation sur le même thème, c'est à dire que le héros (rebelle) est forcé par les autorités de pénétrer une ville et d'en ressortir avec un élément déterminant pour eux. Seul le lieu d'action et l'élément en question changent.
Comme dans un jeu vidéo.
En cela, on peut parler de série des "Escape from..." seul le nom de la ville pouvant changer à loisir (L.A, Boston, Bagdad, Chaumont...)
Souvenez-vous du générique d' "escape from N.Y" où les bâtiments étaient modélisés par ordinateur. Une présentation reprise telle quelle pour l'introduction du jeu vidéo sorti à l'époque.
Et suivait ce générique, un texte présentant la situation, les enjeux.

Donc " Escape from L.A" reprend le personnage de Snake Plisken chargé de reprendre un procédé capable d'anéantir toute forme d'énergie, tombé aux mains de rebelles. Si le système était mis en route, cela signifierait la fin de la civilisation et le retour à l'âge de pierre !
Enjeu énorme mais qui ne motivera que de loin l'action du film. Mais on y reviendra tout de même à la fin qui elle est hénaurme et subversive à souhait.

Ce film s'est fait grâce à l'argent de studio commandant une suite pour commémorer la sortie du premier opus (ils ont osé commander quelquechose au maître !). Espérant ainsi capitaliser un max. Mais ce fut un four complet tant public que critique. Normal avec Big John Daddy, éternel incompris dans son pays d'origine.
Pourquoi a-t'il été aussi mal perçu ? C'était pourtant la reprise exacte du premier .
Pas tout à fait.

Parce que si le déroulement du film est conforme au premier (arrivée dans les locaux de la police, briefing, arrivée dans la ville, etc...) les péripéties changeant quelque peu, le traitement du héros (plutôt de l'anti-héros) est totalement différent.

"Escape from N.Y " a permis de faire de Plisken une icône du film de S.F, dans sa suite Carpenter déstructure complètement ce mythe.
Non, je dirais plutôt qu'il l'émancipe. En clair, Snake s'affranchit de son créateur !
Alors, Snake Plisken premier héros virtuel doué de raison ? Oui. Et je le prouve.

Le premier de la série nous présentait un personnage d'anti-héros révolutionnaire, Snake Plisken, devenu grâce à ce film une icône de la S.F.
La suite se pose comme une extension au premier. Si le déroulement s'avère identique, seul un budget plus conséquent permet à Carpenter de proposer un traitement plus spectaculaire. Que se soit, les costumes, les décors,etc, tout y est magnifié.

Sauf que le personnage de Snake est ici ouvertement présenté comme un personnage de jeu vidéo à qui l'on demande de revenir pour une nouvelle mission. Voir à ce titre son entrée en scène au début du film. Il est transporté dans un fourgon jusqu'au Q.G de la police. Il est assis dans le noir. Soudain, les portes s'ouvrent, créant un cadre dans le cadre. Plisken se lève et s'avance. On est dans son dos et on le voit avancer vers l'ouverture au fond de l'écran. Une fois passé les portes du fourgon, il apparaît plus grand que dans le fourgon. Ou "bigger than life". Autrement dit, le passage du cadre créé par les portes le fait entrer de plein pied dans la fiction et donc le transforme en une figure encore plus héroïque.
C'est un peu théorique mais pour mieux comprendre, revoyez cette scène.

A partir de ce moment là, il va se plier bon gré mal gré aux nouvelles péripéties concoctées par son créateur et se conformer au comportement que l'on attend de lui.

Une scène révèle bien le rapport de Snake avec la fiction auquel il participe, c'est celle où il doit réussir un certain nombre de paniers de basket en un temps record. Une fois que l'épreuve lui a été présentée, arrive de nulle part un ballon de basket. Qui lui a lancé sinon la personne qui se trouve hors champ ; le réalisateur. Pour l'instant il accepte de se prêter au jeu bien qu'il ne se fasse aucune illusion sur son issue, sa victoire est acquise dans le fait même que c'est lui le "héros". En effet, il ne se dégage aucune émotion lorsqu'il réussi l'épreuve à la dernière seconde. Il est sûr de lui. Ou plutôt de son statut.

Précedemment, j'avais esquissé le fait que Snake s'affranchissait de son statut de personnage de fiction. Cette rébellion commence lorsqu'au détour d'une scène, Snake s'arrête et s'assoit ! Il n'y a rien qui justifie qu'il s'arrête d'un coup alors qu'il a une mission à accomplir !

Mais sa véritable émancipation intervient dans le dernier quart d'heure. Donc Snake a réussi à s'emparer du dispositif permettant de paralyser la production d'énergie de la planète. Et c'est pas un hasard si c'est une télécommande qui permet à Snake d'éteindre toutes les lumières (donc toutes sources productrices d'images). Il a compris le pouvoir des images et en a marre de faire les frais de leur manipulation, d'en être prisonnier. Donc il éteint tout, quitte à précipiter le retour à l'âge des (de la ?) cavernes !

Mais sa liberté est incomplète tant qu'il n'a pas démasqué le véritable responsable de ses "malheurs", Carpenter lui-même.
Et il le fait dans une scène anthologique où Snake se tourne vers la caméra et regarde de face en s'adressant un dernière fois à nous et par extension à Carpenter !
Le "regard caméra" est à proscrire pour maintenir l'illusion de la fiction. Le fait de regarder l'objectif de face provoque une mise en abyme de la fiction. Snake a pris conscience qu'on le regardait. Il a pris conscience de son statut de personnage fictif.

Voilà donc un film complètement subversif et qui amène en plus une réflexion sur les images et sur le cinéma de son auteur. Un vrai chef-d'oeuvre mésestimé.


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Au commencement...

Posté le 01.12.2007 par houseofgeeks
Chainsaw texas massacre : the beginning


La vie est un éternel recommencement, le cinéma aussi. Sans doute est-ce symptomatique d'une période trouble où les sociétés actuelles sont en pertes de repères, en quête d'une identité perdue, aussi assiste t'on depuis quelques temps au cinéma au retour des icônes de notre jeunesse (Batman, James Bond, Leatherface, les chevaliers du ciel....Euh, on s'abstiendra de parler de ces derniers pour rester courtois.). Mais plus que des résurgences d'un passé idéalisé, on assiste à une redéfinition de ces personnages emblématiques d'une époque afin de les adapter à notre monde moderne.


Les raisons qui animent ces productions sont avant tout économiques puisque cela permet de relancer des franchises moribondes pour un nouveau départ. Mais cette redéfinition s'appuie avant tout sur les origines de ces mythes. Ainsi « Batman Begins » opte pour un traitement comparable à celui qui a présidé au succès de « Blade », c'est à dire un retour aux comics d'origine (pas innocent si c'est l'oeuvre du même scénariste, David Goyer grand fan de comics) et surtout une approche plus authentique. « Casino Royale » revient également à sa source littéraire puisqu'il adapte le 1er roman des aventures du plus célèbre des agents secrets. Mais plutôt que de repartir de zéro et de faire table rase des films précédents (en même temps ce serait dur d'oublier 20 films), l'option choisie est de se référer et de dynamiter ce qui a défini le personnage pendant 30 ans, condition nécessaire à son adaptation au nouveau millénaire.
Plus qu'une réécriture de leur histoire, on assiste à un retour aux sources afin de développer une nouvelle genèse.
Et en ces temps d'incertude et de confusion (sociale, politique...), ce n'est pas vraiment une surprise de retrouver ce bon vieux Leatherface. Ici dans une tentative de lui donner une origine, essayer de situer le moment où tout à basculer pour lui mais aussi pour nous (?).

Déjà, se pose la question de la légitimité d'une telle entreprise. Car tout le contexte social et politique est déjà explicité dans le seul et unique « Massacre à la tronçonneuse », c'est à dire le chef d'oeuvre absolu de Tobe Hooper de 1974, par le biais de flash infos radiophonique et l’ambiance déliquescente. Mais ce qui est visé ici c'est donner à voir ce qui a pu engendrer un monstre pareil, quelles sont les circonstances de la vie dans ce coin paumé du Texas qui ont transmuté un attardé mental en machine à tuer.
Soit, après tout c'est la politique actuelle des studios de tout expliciter. Au risque d'enlever toute part de mystère qui fait la force de ce genre de mythe moderne.
Il n'y a qu'à voir d'ailleurs la sortie le même jour d'un film racontant la jeunesse d'Hannibal Lecter, sous-titré « les origines du mal ». Déjà, peut on envisager une origine bien définie à l'abstraction totale qu'est le « mal » ? Passons cette rhétorique philosophique et revenons à nos agneaux (Lecter...agneaux... Ouais je sais, celle là j'aurais pu m'en passer. Bref.).
Outre la qualité discutable des origines de ce bon docteur Lecter, au moins on en a pour notre argent et on assiste tant bien que mal à la « naissance » de ce psychopathe.
Ce qui est loin d'être le cas de « Massacre... ».

Ah si, on assiste bien à la naissance physique (et assez glauque) de « face de cuir », mais 10 minutes après on embraye sur un remake de « Massacre... » version 1974 ! A la trappe la naissance figurative. John Liebesmann, le réalisateur, déclarant comme profession de foi, que trop en raconter sur Leatherface lui enlèverait une trop grande part de mystère. D'où l'intérêt de faire un film intitulé le commencement (sic)...



Là, les plus attentifs et cinéphiles se demandent : « Mais n'y avait-il pas déjà eu un remake tourné en 2004 par Marcus Nispel ? » Et oui. Et c'est là que le bât blesse. Car « Massacre...le commencement » se voulait une préquelle au film de Nispel. Or, il ne fait que raconter encore et toujours la même histoire. En encore moins bien en plus. Car si le remake de Nispel n'avait pas oser se frotter de trop près à l'original, préférant ne pas reproduire des passages obligés comme le diner familial (par respect soi-disant. Par trouille de la comparaison déjà inévitable,oui !), celui de Liebesmann ne s'embarrasse pas et livre une version décérébré de tout ce qui a fait la renommé de l'original.
En outre, il tente vainement de réintroduire une dimension politique absente du précédent par les personnages de ces deux frangins qui partent rejoindre leur base avant d'aller au vietnam. Mais cela reste peu développé et ne sert finalement qu'à justifier leur trip de ce côté ci du Texas.
La seule contribution à la saga qui aurait pu être intéressante est le personnage du shérif Hoyt, l'oncle de Leatherface qui préfère buter les gens travesti en homme de loi. Las, il n'arrive pas à la cheville du shérif complètement azimuté de « The devil's rejects » (chef d'oeuvre de Rob Zombie). D'autant plus dommage que l'acteur qui l'incarne, R. Lee Ermey, est très bon et surtout il est lui même un vétéran du vietnam, ce qui aurait donné plus de relief a un film désespérément trop plat.
De même, on retrouve la même facture visuelle du Nispel, c'est à dire une belle image, une photo et des éclairages très classes alors que le tout devrait être très crasse.
Quels enseignements en tirer ? Que le premier « massacre » demeure un horizon indépassable pour des studios qui veulent s'encanailler et que Liebesmann reste un solide faiseur mais un yes-man patenté dont on attend rien.
Le plus regrettable étant de voir l'incapacité de studios à transcender un tel matériau original qui trouve pourtant dans l'actualité quotidienne suffisamment de points d'ancrage pour faire un film autrement plus pertinent, trash et avec une réelle portée politique.

Après la vague de cynisme post-Scream, on assiste à un renouveau du film d'horreur qui tente de retrouver l'esprit frondeur, violent et sans concession des films des années 70. Las, Hollywood tente d'appliquer à sa production un traitement similaire sur la forme (ah ça, c'est plus glauque que d'habitude) en omettant de donner au fond une véritable envergure. On se retrouve avec des films plus violents mais tout aussi formatés et lénifiants que précédemment. Plutôt que de faire confiance à de vrais auteurs, ils tentent d'appliquer des « recettes »pour rendre leur soupe commerciale plus épicée.

SSSHHHTTT....

Posté le 28.11.2007 par houseofgeeks
James Wan et son compère Leigh Wannel sont bien connus des fans d’horreur pour être les créateurs de Jigsaw, le célèbre manipulateur de la franchise à succès Saw. Budget serré, contraintes artistiques multiples (décors, temps de tournage réduit,etc) admirablement contournés par un scénario roublard à souhait. Pourtant, si le twist final carrément imparable relève la sauce d’un film assez conventionnel en termes dintrigues , il ne saurait occulter la maîtrise et l’amour indéfectible que ce duo porte au genre. Véritable hommage au cinéma transalpin, Saw intègre à merveille ses diverses influences dans une narration morcelée (façon puzzle) et ménageant des moments autant flippant que stressant.
Restant associée à la saga Saw en tant que producteurs et consultant scénaristique, les deux amis préfère explorer d’autres horizons que s’enfermer dans la routine de séquelles se vidant peu à peu de leur substance.
C’est ainsi que leur dernier né Dead silence s’articule tout entier autour de la fascination et la peur qu’éprouvent Wan pour les poupées et son admiration des bandes horrifique italienne.
Initialement envisagé sous le titre SSSSHHHHTTTT, Dead silence aura connu son lot de déboires en tous genres avant d’être enfin distribué en salles dans nos contrées. Terminé depuis presque 2 ans, il était devenu presque incontournable qu’il débarque en direct to dvd au milieu du tout venant des inédits.
S’il est loin de révolutionner le genre dans lequel il s’inscrit, Dead silence reste un magnifique conte macabre.
Intrigue simple voire minimaliste, narration linéaire mais une ambiance gothique et funèbre à souhait.
Un couple retrouve un étrange paquet devant leur porte. A l’intérieur, une poupée de ventriloque baptisée Billy. D’allure inquiétante, elle se révèle mortelle pour la femme. Poupée dotée d’une vie propre ou simple réceptacle d’un esprit démoniaque. Afin d’éclaircir l’affaire, l’homme revient dans sa ville natale pour enquêter. Au fur et à mesure de ses recherches, il apprend que ce meurtre est lié au passé refoulé des habitants et mettant en cause une inquiétante ventriloque Mary Shaw. Celle-ci bien que décédée continue a terrifier et demeure ancrée dans l’inconscient collectif.

Débutant son action en milieu urbain, l’appartement du jeune couple, l’action va bien vite être transposée dans la bourgade natale de notre héros. Et alors que sa voiture pénètre dans la ville, l’impression d’une force maléfique à l’œuvre se fait pressante. Une entrée digne d’un western lorsque la voiture remonte la rue principale où magasins et habitations semblent abandonnés depuis des lustres. Une ville fantôme, déjà. Avant d’être une ville de fantômes.

C’est en allant visiter son père avec lequel les relations sont tendues qu’il se remémore une vieille comptine que lui chantait sa mère, ayant pour sujet Mary Shaw et destinée à effrayer les enfants. Entre son père, la nouvelle jeune compagne de celle-ci et un vieux couple s’occupant de la morgue locale, tous semblent terrorisé et taire un secret inavouable.
Travaillant les cadres comme autant de peintures gothiques et clairement influencés par les films de Mario Bava (Le masque du démon surtout)comme de la Hammer (célèbre firme anglaise qui produisit de nombreux films mettant en scène un bestiaire désormais légendaire : le loup-garou, la momie, Dracula…), les couleurs désaturées donnent un ton à la limite monochromatique que vient relever une couleur rouge utilisé de la même manière que dans le 6ème sens de Shyamalan. Un climat oppressant qu’aucune blague à deux balles ne vient détendre. Et si le scénario est plus minimaliste et linéaire que leur précédente collaboration, c’est à dessein. Le but recherché est de générer la peur avec un minimum d’effets.
Et c’est parfaitement réussi. Les scènes impliquant la ventriloque sont à ce titre éloquentes. Sa représentation étant marquée par l’influence des terza madre d’Argento. Une Mary Shaw apparaissant de prime abord comme une riche excentrique vivant dans son théâtre sur l’eau et offrant à tous ses talents de ventriloque. Un talent bien vite remis en cause lors de la scène de flashback où 50 ans en arrière une altercation entre un enfant du public et la poupée Billy avait plombé l’ambiance. Un Billy vindicatif qui revendiquait son droit d’exister. C’est là le moment qui fait passer le film de chef-d’œuvre à excellente bande fantastique. Car plus jamais cette ambiguïté sur l’existence d’une conscience chez ce pinocchio dégénéré ne sera abordée, le scénario préférant rebondir sur une classique histoire de réincarnation.
Cependant, le film ménage de bons moments de trouille, notamment une apparition spectrale en droite ligne du Ring de Nakata. Attention, pas de petite fille aux cheveux longs et sales. Mais bien dans la manière de déclarer sa présence dans la pénombre (apparition d’une main cadavérique) avant qu’elle ne surgisse.
Pas d’autre ambition que de créer des émotions fortes pour James Wan qui s’y emploie avec délectation, utilisant de magnifiques décors aptes à recréer cette impression de peur latente que les films de couloirs (parfois très long, les couloirs) de la Hammer savait si bien véhiculer. Le théâtre où se situe une des dernières séquences semble hors du temps car isolé à la fois par l’eau environnante et l’épais brouillard que l’on doit traverser pour y accéder. Un lieu qui rappelle dans ses derniers instants la maison de Inferno de ce bon Argento.
Des références qui ne desservent jamais le film puisqu’elles ne sont jamais ostentatoires. Là n’est pas l’essentiel car même si on passe à côté, et quelque part tant mieux, l’histoire demeure envoûtante.
Et on arrive au grand twist final. Pouvant paraître préfabriqué, il relève clairement un film parfois un peu froid. Il fonctionne d’ailleurs assez bien, donnant au final une conclusion digne des « contes de la crypte ».
En conclusion, si ce film ne rénove pas le genre il sait s’en montrer digne et respectueux. L’utilisation et la mise en scène des obsessions et références de Wan sans être originales n’en demeure pas moins belles.
Mais des petits génies responsables du shocker Saw on attendait autre chose qu’une simple relecture de l’horreur gothique classique. Une petite déception donc.
Qui sera bien vite effacée par le rageur et tonitruant Death sentence d’un James Wan en solo , donnant à Kevin Bacon son rôle peut être le plus marquant dans un vigilante flick inespéré au regard de la radicalité et du jusqu’auboutisme affichés.
On en reparle ici même en janvier.

Children of men

Posté le 24.11.2007 par houseofgeeks
« Les fils de l’homme » est un grand film, passé honteusement inaperçu lors de sa sortie en salles. Noël approchant, c’est loccasion de le réhabiliter en achetant le dvd en masse.

Alfonso Cuaron le réalisateur, avant ce film, peut s’enorgueillir d’avoir livrer l’épisode le plus sombre et passionnant de la saga Harry Potter. Parvenant à inculquer une vision personnelle à une série complètement sclérosée par le manque d’ambition, l’absence de prise de risque de réalisateurs entièrement dévoués au respect servile et confortable d’un best-seller mondial.
Ici, il s’attache à un film plus modeste. En termes budgétaires s’entend. Car en termes narratif et thématique, il sort clairement du lot.

Les fils de l’homme est un film de S.F d’anticipation mais le futur qu’il décrit n’a rien d’apocalyptique comme celui de Mad Max, de loufoque comme Retour vers le futur, ou encore d’infantile et merveilleux comme Star Wars. Soit une dystopie d’autant plus inquiétante que le film dépeint un futur tout à fait crédible.
Mis à part la situation de départ, la stérilité comme pandémie de toute une civilisation appelée à disparaître faute de descendant, la situation géopolitique est à peine exagérée. De telle sorte que la vision de réfugiés clandestins parqués dans des cages géantes, en adéquation avec cette société futuriste au bord du chaos, amène à s’interroger sur le sort réservé aux réfugiés contemporains qui sont maltraités, déboutés de droit d’asile, enfermés dans des camps (pour des populations d’Afrique) ou soumis à des tests ADN et des mesures restrictives humiliantes et racistes.

Le but premier était vraiment de s’interroger sur l’état actuel du monde coincé entre répression des minorités et montée des intégrismes. D’ailleurs, le fait que le film se déroule en 2027, soit à peine 20 ans dans le futur corrobore l’orientation d’être aussi authentique que possible.
Et puis d’emblée, on est immergé dans la fiction. A partir du moment où on suit les premiers pas de Clive Owen (toujours aussi bon) dans ce café et qu’après en être sorti, celui-ci explose peu de temps après en arrière plan, on sera toujours aux côtés du personnage. La caméra épousera chacun de ses mouvements. Au début des travellings latéraux calmes et tranquilles quand il déambule dans la cité, puis des mouvements saccadés et des décadrages sauvages dès qu’il est exposé à une fusillade et qu’il tente d’y échapper.
De même, dans le camp des rebelles, on apprendra en même temps que lui qui étaient les véritables auteur de l’attaque qui a coûté la vie à sa bien-aimé et le véritable objectif qu’ils poursuivent en tentant de préserver la vie de la dernière femme enceinte. Nous n’avons aucun temps d’avance, aucun recul par rapport à la fiction. De telle sorte que l’on prend tout en pleine gueule et que la tension ne baisse jamais.

Ce qui est vraiment admirable dans ce film c’est que l’action est déterminée par des éléments narratifs purement émotionnels. Ce sont vraiment les sentiments des personnages qui les font avancer et les amène à prendre des décisions déterminantes par la suite.
Pour en revenir à la manière de filmer, ce qui est admirable c’est que cette caméra compose un véritable reportage de guerre. On se croirait dans un documentaire pris sur le vif. Et valeur ajoutée, on a pas droit au « hand-shaking » habituel, procédé qui pour figurer une action chaotique secoue la caméra dans tous les sens, de telle sorte que l’action devient incompréhensible !

Tout le monde s’est très justement extasié devant la virtuosité, la fluidité des plans séquences émaillant le film. Notamment lors de l’attaque de la voiture des héros traversant une forêt. Cette manière de filmer n’est jamais gratuite et ostentatoire. Cuaron n’est pas du genre à produire ce genre d’effet juste pour épater la galerie. Non, c’est bien dans le but de donner une réelle unité à l’action filmée pour souligner par contraste le chaos ambiant.
Et que ce soit dans cette séquence admirable ou durant tout le film, le but est clairement d’aboutir à la rencontre du premier plan avec l’arrière plan. Beaucoup de scènes impliquant Owen le montre au premier plan, impassible tandis que le second plan explose -la scène inaugurale du café - ou s’anime - la scène presque onirique où suivant une biche dans les travées d’une école délabrée, il voit à travers une fenêtre brisée la jeune femme enceinte, dernier espoir de l’humanité, faire de la balançoire. Subtilement, Cuaron figure que tout l’enjeu est dans la réunion de ces deux mondes « parallèles ».

Qui dit film de S.F dit effets spéciaux. Aussi invisibles soient-ils, le film en est pourtant truffé. Mais une fois encore pas d’esbroufe visuelle. De simples modifications de décor, ou des rajouts d’explosions cela reste de petites touches qui permettent de crédibiliser un peu plus les lieux d’action et donc l’histoire. Surtout, il faut tout de même savoir que lors de la scène d’accouchement, le bébé est entièrement généré par ordinateur ! La tension et le jeu des acteurs sont tels qu’on ne se rend compte de rien. Encore une preuve irrémédiable que tous les effets sont au service du récit.

Si la trame narrative n’a rien d’originale, en d’autres mains elle aurait été réduite à sa plus simple expression afin de laisser libre cours à l’action. Soit ce que ce cher Michael Bay réussi parfaitement à faire avec The island.
Mais Alfonso Cuaron a su transcender son matériau de base pour faire un film formellement abouti et émotionnellement très riche. Assurément un des films de 2006 et qui deviendra au fil du temps une véritable référence en la matière.

IRREVERSIBLE

Posté le 23.11.2007 par houseofgeeks
Voilà un film qui a subi l'opprobre d'une bonne partie des critiques à cause de deux scènes chocs.
Franchement, laissez lui une chance et regardez le, en entier.

Ce n'est en aucun cas un film fait dans le but de choquer les bien pensants à tout prix. C'est au contraire un film bien pensé et qui relate surtout de l'inutilité de la vengeance, de la fragilité du bonheur et de l'amour comme seul réconfort.
Vous avez dû entendre parler de sa structure inhabituelle puisque débutant par "la fin". C'est un parti pris finalement très logique et non pas stylistique. Cela permet à Noé d'étayer son propos et de montrer que la vengeance ne sert à rien puisque ne ramènera pas ce qui était.
Surtout, la vengeance ne conclut pas le film comme si la violence coulait de source. Au contraire, elle n'est que le manifeste ponctuel d'un chaos organique et humain, en rien un apaisement. A ce titre, fort bien illustré par les mouvements épileptiques d'une caméra prise de convulsions. Une façon d'"imager" les sentiments ressentis par les protagonistes (confusion, chaos, colère, haine...).
Noé démontre qu'une justice basée sur un sentiment de vengeance est dangereuse, la niant en tant que fin en soi puisque niée en tant que fin narrative.
Reste les moments apaisants, beaux, où un sentiment d'amour prédomine. L'amour comme ultime souvenir qui a brutalement, irréversiblement, dégénéré.
Même si le pire est arrivé, ce qui était beau prédominera toujours. Ne serait ce qu'en l'état de reproduction mentale. Et même si dans les souvenirs les images s'effacent, il reste toujours la perception du sentiment de bien être et de bonheur alors ressenti.
Le temps détruit tout, certes, mais il n'efface rien.

Il est vrai que sortie du contexte du film, on peut s’interroger sur la volonté du réalisateur. Choquer pour choquer ? Une manière de dire, serez-vous capable de rester jusqu’au bout ? Je ne pense pas. S’il nous renvoie notre voyeurisme en pleine face (Vous aimez mater, hein ? Régalez-vous !), c’est en servant le scénario, la structure décomposée du récit.


C’est clair que le malaise, il le fait bien passer ; faisant de nous les premiers témoins, incapables de réagir ou ne le voulant pas. C’est de notre attitude que vient le malaise et pas seulement de la scène en elle-même. Une scène qui est le pivot du film, puisque les évènements expliqués en amont renforcent nos sentiments de compassion, de tristesse, d’impuissance.

Car tout le film illustre une chose, la fragilité du bonheur, de la vie, de l’existence. Un geste, une parole non dite, peut tout faire basculer. Mais ce n’est pas de la fatalité, seulement un constat. Amer, certes. Mais la construction du métrage, nous proposant de voir le début « théorique » à la fin, permet de finir sur une note d’espoir.
Et c’est justement cette construction un peu anarchique, une caméra épousant l’état d’esprit des personnages (de l’agitation frénétique au calme contemplatif) qui permet de « créer une distance esthétique » entre les propos du réalisateur et les actes du film.
«Irréversible », faux film choc et vrai film d’auteur.

YA-TAAA !!

Posté le 22.11.2007 par houseofgeeks
La grève faisant rage actuellement à Hollywood touche de plein fouet de nombreuses séries. Et parmi elles, "Heroes" a le plus à craindre si sa diffusion venait à être différée trop longtemps.

Véritable phénomène outre-atlantique l’année dernière, et dans une moindre mesure chez nous, la série déjà en appel après une fin de 1ère saison complètement ratée (et c’est un euphémisme) hypothéquerait sûrement ses chances de prolonger l’expérience au-delà de la saison en cours.

Pourtant elle mérite une seconde chance tant Tim Kring a su interpeller un auditoire le plus large possible autour du concept super-héroïque le plus basique. Si les fans de comics et des x-men plus particulièrement (influence non avouée mais carrément prégnante) apprécie la série, ce n’est vraiment pas pour son originalité. Son succès permet aux comics-addicts de sortir de l’ornière et déclamer à une audience incrédule que leurs bande-dessinées ne sont pas si attardées.

Si la série est estampillée comics et contre-culture, on le doit à l’ami de Kring, Jeph Loeb scénariste star dans l’industrie qui a emmené dans ses bagages le dessinateur Tim Sale (les peintures d’Isaac Mendez, sont de lui) car Kring avoue lui-même qu’il n’y connaît rien à la culture comics ! Un comble. L’autre influence majeure est sans conteste le chef-d’œuvre de Shyamalan (supérieur à son « 6ème sens », c’est dire) « Unbreakable ». Film qui revoit le mythe du sur-homme (et la légende de Superman en particulier) d’une manière naturaliste, poétique et dramatique. Ils sont parmi nous, nous ressemblent et ont les mêmes problèmes (ou presque) existentiels. Cette approche permet surtout un traitement réaliste et de remiser le spandex, véritable épouvantail de la ménagère moderne. Choix hautement stratégique et parfaitement justifié par l’ambiance conspirationiste à la x-files qui imprègne la série.

Cependant, la série peine à assumer ses influences. Pire elle traite le genre et les fans avec une certaine condescendance. Les nombreux angles de prises de vues style comics, l’emploi d’acteurs ayant un lien avec le milieu (Stan Lee, George « Sulu » Takei), le personnage de Hiro le geek ultime sont avant tout destiné à légitimer auprès des soi-disant fans de comics un vulgaire soap !
D’accord, j’y vais fort. Mais avec du recul, on observe que tout tourne autour des relations entre des personnages qui font peu ou proue partie de la même famille ! Si les caractères sont plus fouillés qu’à l’accoutumée on échappe pas aux révélations sur l’existence d’une fille cachée, d’une liaison extra-conjugale ou la mère aimante se révélant la pire manipulatrice !
Admettons, cela pimente l’intrigue. Mais en faire l’axe principal est carrément indigne surtout développé en 23 épisodes (au moins 8 de trop). Sans parler des personnages sous exploités, Sylar notamment dont les motivations et la transformation en super-vilain sont proprement expédiés en un épisode et d’autres sur-exposés, Nikki et Suresh sont aussi insipides qu’insupportables.

Cependant, la série peut se montrer passionnante et ambitieuse quand elle ne démord pas de son fil narratif, empêcher la destruction de New-york. Après un début assez lent, le rythme s’accélère pour culminer avec l’épisode 20 « Five years gone », hommage appuyé aux magnifiques et mythiques épisodes 141 et 142 de Uncanny X-Men, « Days of future past ». Malheureusement le soufflé retombe plutôt lourdement lors de l’épisode final digne de X-Men 3 ! Alors que toutes les sous-intrigues culminaient tant bien que mal pour aboutir au face à face promis et tant attendu entre Sylar et les heroes, l’affrontement dantesque fantasmé se résume à un échange de quelques coups de poings ! C’était bien la peine de barder tout le monde de super-pouvoirs, tiens.

Malgré le manque de respect évident pour la communauté geek, la série bénéficie d’un capital sympathie énorme. A cela une seule raison. La relation entre les frères Petrelli fonctionne plutôt bien mais le véritable intérêt de toute la série est l’alchimie qui s’opère entre l’énigmatique M.Bennett et sa pom-pom girl de fille. La série doit tout au charisme et au talent de Jack Coleman. D’ailleurs, c’est à travers leur histoire que les scénaristes s’avèrent les plus inspirés et touchants. La rédemption de Bennet dans l’épisode 17 « Company man » est à pleurer. Comme le générique français d’ailleurs, sauf qu’on ne sait si c’est de rire ou de consternation.

Contrainte, pour sa deuxième saison, de solidifier des bases narratives bancales, la grève arrive au pire moment. Le semi-échec de la saison 1 n’empêchera pas de lancer un « spin-off » d’un genre nouveau. 6 épisodes seront produits et diffusés à mi-saison afin que le public vote pour le nouveau personnage digne d’intégrer la série. Une nouvelle façon d’impliquer le téléspectateur, qui traduit aussi une forme de constat d’échec.
Ce que l’on ne pourra pas enlever à « Heroes » c’est d’avoir introduit le grand public à la culture geek. Certes, cela relève plus d’une façade commerciale mais les scénaristes ont su prendre quelques risques et faire preuve d’un minimum d’inspiration et d’ambition.
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