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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
20.08.2007 Dernière mise à jour :
19.04.2008
On reste dans l'univers du "vigilante flick" avec le nouveau film du petit prodige James Wan.
ça s'appelle "Death sentence" et ça va faire mal !
Exit les références au maîtres italiens de l'horreur (Argento, Bava, Fulci), l'obsession pour les poupées et donc la manipulation, les ambiances baroques et les twists (cf "saw" et "dead silence" sorti, enfin, le 21/11/2007)
Non, cette fois-ci on va plonger en plein cauchemar urbain pour suivre la lente et inexorable descente aux enfers d'un père de famille bien tranquille interrété par Kevin Bacon. Acteur sous-estimé et sous utilisé.
Témoin du meurtre brutal de son fils aîné lors du rite d'initiation d'un gang de rue, Nick Hume entreprend d'éliminer lui-même les responsables. Mais ce faisant, il déclenche une réaction en chaîne qui aura des conséquences dramatiques sur les membres de sa famille.
Bien que reprenant un pitch presque semblable aux origines de notre punisher préféré, le traitement du personnage sera aux antipodes. Pas d'iconisation à outrance ou de badass attitude. Nick Hume est en mission. Pas de pitié ou compassion, le responsables y laisseront leur peau. Mais dans l'opération, Hume y laissera peut être son âme.
Si le concept et l'histoire du film tiennent en 3 ignes, c'est véritablement le traitement jusqu'au boutiste et la violence âpre et sans concession qui vont procurer leur lot d'émotions.
Après le déjà bon et intéressant "A vif" avec Jodie Foster, préparez vous à un choc.
On en reparle à sa sorte le 16 janvier 2008
Après Sandy Collora, voici un autre jeune réalisateur qui a tout compris à la manière de mettre en scène nos super-héros préférés. En plus il est français !
C'est David Sarrio et il a un talent fou ! Vous avez déjà dû entendre parler de ce teaser consacré à Daredevil et qui explose façon puzzle le long réalisé par Mark Steven Johnson ?
Et bien suite au succès de ces petits teaser, sa réputation a fait le tour de la toile. Tant est si bien qu'il a été sélectionné avec 14 autres candidats pour réaliser la suite de "the punisher", daube infâme avec Thomas Jane et réalisé par Johnathan Heinsleigh (j'sais jamais comment ça s'écrit, je vous parle même pas de la prononciation !).
Et pour mettre toutes les chances de son côté et plutôt que d'arriver avec sous le bras son cv, il réalise carrément, avec un budget minime et une tonne d'abnégation et de talent, le teaser de "the punisher 2" !
Malheureusement, ce fut insuffisant.
Et pourtant, regardez moi ça et dites moi que ça vous fait pas tripper de voir ça sur 2 heures de temps ! Osez que je vous démastique la gueule à coup de grenade !!
D'abord une série à succès et emblématique des glorieuses eighties, voilà nos « deux flics à Miami » transposés au grand écran.
Mann a enfin concrétisé son projet de film suivant le quotidien de deux flics infiltrés dans une organisation mafieuse et tentaculaire, toujours à la limite de la légalité et risquant à chaque fois d'oublier qu'ils sont en mission.
Le film explose complètement ce qui avait fait le succès de la série. Tout le clinquant a disparu au profit d'une esthétique plus contemporaine, donc plus noire. Mais c'est surtout dans sa manière de présenter le milieu criminel qui a changé. Si la série se bornait à des gangsters locaux, le film repousse les frontières et envisage dorénavant une mondialisation du crime concomitante de la collusion de la politique et de l'économie. C'est à dire que cette fois-ci, les mecs ont d'énormes moyens logistiques et relationnels, l'organisation a circoncire expoite les richesses de petits pays (panama, paraguay...) bref se comporte comme un Etat dans l'Etat.
Rico et Sonny vont donc s'infiltrer profondément dans les arcanes de ce cartel au point que la limite à ne pas dépasser devienne floue et s'amenuise dangereusement. Ceci étant illustré par les nombreux effets de mirroir parsemant le film. Omniprésence de surfaces réfléchissantes et transparentes (eau, mirroirs, vitres...) rendues opaques par un tournage à 90 % de nuit.
D'ailleurs le tournage avec une caméra Haute - Définition donne vraiment un grain particulier aux images, leur sensibilité à la lumière en est augmenté ce qui donne cet effet de réel vraiment impressionnant. On est aux côtés de Crockett et Tubbs. Et cette immersion totale dans la fiction est encore renforcée par le fait que le film fait l'économie du générique de début. On rentre direct dans le vif du sujet, en l'occurence une opération dans une boîte de nuit, et le film ne nous lâche plus.
Mann retrouve ses réflexes de l'époque où il réalisait des documentaires, notamment sur l'IRA fin des années 60. On est embarqué avec les personnages et on a vraiment l'impression de voir des images prises sur le vif. Un reportage de guerre en somme. Car les deux flics de Miami sont en guerre. Que ce soit dans la manière de progresser pour prendre d'assaut un bungalow, leur accoutrement et les armes employées (fusils d'assaut, armes anti-char pour les bad-guys...) les protagonistes sont des soldats. Finis les fusillades en costard Armani. Cette fois les balles fusent à vos oreilles et vous avez vite fait de vous retrouver avec un gros trou dans la cuisse si vous ne vous êtes pas mis assez vite à couvert !
A ce titre, si la fusillade finale renvoie directement à celle de Heat (attaque d'un fourgon blindé par De Niro et son équipe) elle en est l'exacte opposé. Ici, il fait nuit et c'est une vraie scène de guerre. Et c'est vraiment en terme de réalisation que ce fait la différence. On est en plein reportage, la caméra se déplace constamment, les décadrages fréquents permettent de saisir tout ce qui se passe...Mais attention, c'est pas du Mickaël Bay non plus. On a pas droit à des plans filmés par un épileptique en pleine crise. Non, loin de là, car le découpage est proprement incroyable, la séquence étant d'une totale lisibilité. Sérieux, cette scène est digne d'éloges de par son approche opératique et formelle. A ranger aux côtés du gunfight final de "la horde sauvage".
La filmo de Mann est traversé par la figure du héros solitaire qui se débat avec cette condition et se trouve confronté à son antithèse, le revers de la même médaille (De Niro/Pacino, Crowe/Pacino, Cruise/Foxx). Sauf qu'ici, cette dichotomie se trouve personnifiée par 2 membres d'un même milieu. L'un black, posé et qui rassure, l'autre blanc, chien fou et "borderline".
Ce réalisateur est vraiment remarquable car nanti d'un gros budget (150 millions de dollars quand même) et malgré les impératifs commerciaux inhérents à ce genre de production, plutôt que de faire un bon gros blockbuster pétaradant, il a réussi à détourner à son profit la machinerie hollywoodienne pour nous livrer rien moins qu'un chef-d'oeuvre expérimental.
C'est une sorte de suite/spin-off de "the house of 1000 corpses" sorti directement en dvd. Si ce dernier s'apparente plus à une espèce de train fantôme géant où nous sont présentés les membres dégénérés d'une famille de bouseux américains tous plus sadiques les uns que les autres (mention spéciale au "docteur satan" qui est une merveille de monstre) faisant subir les pires sévices à 4 jeunes apprentis écrivains sur fond de folklore d'halloween, "the devil's rejects" tape dans la catégorie au-dessus, celle du pur film d'horreur mâtiné de road-movie où aucun second dégré (et autres gags à deux balles) n'est là pour alléger l'ambiance déliquescente du film (un anti "Hostel" en somme !).
Un petit résumé ? Ok.
Donc trois des personnages principaux du premier film (house of 1000 corpses pour ceux qui suivent pas au fond !) sont pris en chasse par le shériff local bien décidé à venger la mort de son frère adoré, assassiné par ces pourritures. Voilà donc nos trois larrons , Otis le fiston au look de Jésus Christ dégénéré et plus terrifiant que Charles Manson, Baby la fille, véritable gueule d'ange mais allumeuse et allumée comme pas deux et le patriarche, le cultissime clown captain spaulding ; cherchant refuge dans un bordel tenu par un ami du captain, parssemant leur route d'exactions et de tortures en tout genre.
Pendant ce temps, le shériff pète un câble de voir sa poursuite se transformer en merdier sanglant et le voilà qui transforme sa vengeance en mission de punition mystique quasi divine ! Et quand je dis qu'il pète un plomb je suis loin du compte...En fait, il va s'opérer un renversement total des valeurs, le shériff devenant pire que les monstres qu'il pourchasse. Limite si on est pas désolé pour eux quand ils se font à leur tour torturer !
Et c'est là le noeud gordien du film, cette radicalisation du point de vue qui fait que l'on ne peut prendre fait et cause pour l'une ou l'autre des parties, fait de ce film un modèle de subversion totale. Et c'est à dessein que l'histoire se déroule en 1978 dans la campagne américaine. Cela renvoie à tout un pan du cinéma d'horreur américain des années 70 (notamment "massacre à la tronçonneuse", la colline à des yeux et " la dernière maison sur la gauche") qui était le parfait reflet du chaos dans lequel se situait la société américaine. A la fois déchirée par le conflit vietnamien et la perte de repères institutionnels et politiques dûe au scandale du watergate notamment.
the devil's rejects se veut à la fois un vibrant hommage à ses glorieux aînés, un tribut que le réalisateur Rob Zombie (ex leader du groupe de métal "White Zombie") paye aux films qui ont forgé sa cinéphilie mais aussi un amer constat sur la perte des idéaux qui ont fondé la nation et ce quelque soit les époques.
Quelquepart on peut voir ces "rebuts" comme les victimes d'une société dont les idéaux ont été mis à mal et qui rejette les inadaptés, les "freaks".
Mais ce qui est vraiment marquant dans ce film, outre qu'il soit bien déviant et hargneux, c'est l'amour que Rob porte à ses personnages. Comme il le prouve dans ce très beau final à la "Thelma et Louise" en plus hardcore où c'est lui même qui met fin au massacre. Oui ils méritent 1000 fois la mort mais ils sont la quintescense même du genre dans lequel ils évoluent, des archétypes qui n'obéissent à aucun dogme, qui suivent leur instinct de prédateur. Alors oui on est un peu triste car leur fin sonne quelquepart le glas d'une époque où toutes les transgressions étaient sinon permises du moins acceptées.
Mais en même temps l'espoir demeure car Rob Zombie avec ce dytpique magistral (House / Devil's rejects) rejoins le bataillon de réalisateur respectueux et amoureux du genre et surtout complètement intègre (c'est à dire aucune compromission ou concession aux costards-cravates régissant les studios !). Et ça franchement, ça fait bien plaisir !!
Pour terminer rapidos, juste signaler que des gueules célèbres des seventies ont des seconds rôles remarqués, comme Ken Foree (le black héros du mythique "Zombie" de Roméro), Mickaël Berryman (une vraie gueule cassé découverte dans "la colline à des yeux", l'original de Craven) et une tronche plus contemporaine celle de Dany Tréjo (le mexicain à la queue de cheval vu dans Despérado, une nuit en enfer, spy kids (sic !)...) Bref que du lourd !!
...et pour rendre hommage au divin chauve ayant fait l'objet d'un précédent billet, faisons la peau d'un nanar intersidéral, d'un gros Z qui tâche et qui fâche, la pitoyable suite du chef-d'oeuvre d'Alexandre aja et Grégory Levasseur, "la colline a des yeux II". Pour pleurer sûrement.
Dans ce film, le seul truc de valable est son affiche !
Papy Craven au vu du remake de sa « colline a des yeux » par les deux frenchies Aja et Levasseur a failli attraper une attaque. Mille fois supèrieur a son film en termes visuels, narratifs et de tension. Catalogué à tort maître de l’horreur, Wes Craven a surtout œuvré dans le domaine de l’horreur sinon familiale du moins cynique. Certes « la dernière maison sur la gauche » et « la colline a des yeux » ont marqués leur époque mais ils ont salement vieillis. Pas franchement le gage d’œuvres classiques et impérissables. A sauver, « the serpent and the rainbow » et « nighmare on elm street » qui ont su apporter un certain renouveau aux genres respectifs qu’ils explorent. De toute façon, lui-même avoue qu’il s’est tourné vers l’horror-movie par dépit, car c’était le genre (avec le porno), qui permettait à n’importe qui de faire du cinéma. Arrêtons de tirer sur l’ambulance en n’évoquant pas ces dernières réalisations (Cursed, Red eye, et avant freddy sort de la nuit et la série des Scream….). C’est donc dans le but de reprendre en main la franchise ainsi relancée qu’il confie la réalisation de la suite à l’allemand Martin Weisz.
Alors que le pitch était plus qu’alléchant, une unité de la garde nationale venu aider une équipe scientifique se retrouve confronté à la meute de mutants dégénérés peuplant ce coin du désert du nouveau Mexique, sorte de Aliens-like, las on se retrouve avec un canard boiteux hésitant entre la zèderie assumée (et donc drôle) et la série B décomplexée et jouissive.
Si certaines scènes demeurent efficaces (à défaut d’être marquantes) le tout est gâché par une caractérisation pachydermique, des maquillages parfois indignes et un manque flagrant de direction artistique. Subsiste l’impression continuelle de voir un assemblage hétéroclite de scènes (plus ou moins bien fichues) sans aucun lien narratif.
Pourtant, le père et le fils Craven aurait pu pondre un scénario autrement plus audacieux et ambitieux. Déjà, pour garder un minimum de sérieux, il aurait peut être fallu que l’unité qui va se faire décimer nous soit présentée comme une élite (genre escadron de la mort de Starship Troopers) et pas comme une équipe de bleu-bites !
Surtout, la mise en scène ne les mets jamais en valeur. Ce qui aurait pu compenser les piètres dialogues. Jamais marrant ou même ironique en regard de leur situation. A la limite, ils auraient mieux fait de confier lé réalisation à Lloyd Kaufman (le papa du Toxic avenger) ! Au moins, lui il sait rester humble et n’essaie pas de transformer une zèderie en nouveau parangon du survival !
Absences de dialogues savoureux, peu de péripéties, on s’ennuie ferme. Jusqu’au moment où la bombasse latino se fait enlever par un mutant qui l’emmène dans un réseau de tunnels se faire engrosser par le papa du clan. Et là on se prend à espérer qu’il se passe enfin quelquechose. L’espoir fait vivre.
Ah si, elle se fait effectivement violer. Mais la caméra reste constamment sur son visage. Cela n’aurait pas été intéressant d’avoir un plan large où on aurait vu la bête s’échiner sur la belle (sans faire une scène à la « Irréversible » non plus) ?
Et que dire du potentiel jamais exploité de ces galeries souterraines où les soldats se perdent sans pratiquement jamais croiser de menaces potentielles. Cela aurait pu être carrément jouissif de faire un vibrant hommage à « the descent » à défaut d’être original, puisque c’était loin d’être le mot d’ordre.
Cruelle déception après le premier opus d’Aja et Levasseur donc. On leur demandait pas de faire une suite supèrieure mais au moins conforme à l’esprit qui avait animé les deux français.
Or, « la colline a des yeux 2 » est conforme à la vision du genre de papy Craven, essayant de séduire le plus grand nombre sans jamais assumer son statut d’œuvre horrifique.
Et voilà comment plomber une franchise à peine relancée. Merci Wes « le fossoyeur » Craven.
Voilà un film qui mérite d'être dans votre vidéothéque. Sorti depuis un bon moment en dvd, vous devriez le trouver pas trop cher. Les fêtes de fin d'année approchent, pas besoin de vous faire un dessin.
Réalisé par un frenchie, Alexandre Aja (dont le film précédent "Haute tension" est une merveille de film de trouille), c'est le remake d'un film de 1977 réalisé par papy Wes Craven. Je dis papy parce que le remake enfonce clairement l'original tant il est supérieur en matière de rythme, de hargne et tout simplement de réalisation ! Me demande d'ailleurs si à la vision du film Craven n'en a pas fait une syncope, tiens !
L'histoire est basique, très simple mais pas simpliste pour autant. On suit donc une famille d'américains moyens partis en vacances et traversant le désert du nouveau mexique. Lieu qui a abrité il y a 50 ans les premiers essais de la bombe H.
Et les effets de la radio activité se font plutôt violemment ressentir puisque les descendants des mineurs qui n'ont pas voulu évacuer le site sont devenus des mutants dégénérés qui s'éclatent à écraser la gueule des malchanceux traversant leur territoire !
Vous devinez la suite, notre bonne vieille famille va voler en éclat sous les assauts de ces freaks. Et les 3 membres épargnés par la première vague vont devoir réagir sous peine de succomber au deuxième assaut.
Je vous le dis tout de suite, ce film est une réussite complètement inespérée. D'une part il y a eu un changement de boîte de production en cours de route, ce hiatus menaçant carrément la viabilité du projet. Et deux, c'est quand même Craven qui a initié le remake. Pas le mec le plus hargneux cinématographiquement parlant. Mais là où Aja et son pote scénariste Levasseur ont été forts, c'est qu'ils ont réussi à imposer leur vision drastique en douceur à un Craven complètement à la masse (je vous épargne tout ce qu'il voulait voir à l'écran tellement c'est affligeant). Surtout, son absence lors du tournage au Maroc leur a permis de faire ce qu'ils voulaient.
Bien que le comité de censure ait tranché dans quelques scènes, le film reste d'une puissance évocatrice absolument incroyable. La scène d'ouverture est à elle seule emblématique de leurs intentions, montrant 4 scientifiques en tenue hermétiques contrôllant la radio-activité des lieux et se faisant soudainement propulsés sur les rochers à coup de hache. Complètement tétanisant et en même temps réjouissant.
Car tout le film est à l'avenant, aucune concession dans la violence graphique et psychologique. Et la confrontation avec cette famille de dégénéré prend des allures autant de descente aux enfers que de parcours initiatique pour le héros improbable qu'est Doug, le gendre parti récupérer son bébé.
Une tension constante, des scènes parfois gore mais toujours empreintes d'une violence libératrice, et des personnages jamais caricaturaux et vraiment attachants (c'est valable aussi pour les freaks !). Bref, une petite merveille d'intégrité artistique.
Et en ces temps de retour à un ordre moral castrateur, ça fait bien plaisir !
Si Paul Verhoven peut se targuer de déchaîner les passions et arborer fièrement le surnom de "le hollandais violent", par sa gouaille, son érudition et son enthousiasme Yannick Dahan est son pendant cathodique !
Présentateur vedette de la déjà culte émission "Opération Frisson", il se démène pour nous faire découvrir des films marquants à plus d'un titre. Le plus remarquable chez lui, c'est sa totale intégrité. Il aime le cinéma, ça s'entend et ça se voit ! Pas de langue de bois ou discours consensuel ou promotionnel, quand un dvd propose une intractivité inexistante, des bonus à chier ou tout simplement quand le film est une purge sans nom (ou bouzasse intergalactique, dixit Yannick), il le dit et explose sur les murs ou sous ses pieds les dvd honnis !!
Mais définir Yannick à sa propension à s'énerver serait par trop réducteur car il sait se montrer lyrique, passionné et sincèrement touché quand un film ou un jeu l'a emballé.
A contrario, il peut se montrer d'une mauvaise foi intersidérale, comme nombre de geeks. Capable d'humilité, de reconnaître la prédominance d'un avis contraire au sien, Yannick Dahan est un putain de critique ciné qui a une vraie réflexion sur les genres abordés et un amour indéfectible du cinéma.
A découvrir de toute urgence donc sur le site de cinecinema qui rediffuse son émission chaque semaine ! Une aubaine pour ceux n'ayant pas le satellite.
Il est également possible de télécharger des anciennes "ope frisson" en allant faire un tour par ici : http://yannickdahan.oldiblog.com
Un critique de ciné officiant à la télé comme dans des magazines qui parle de cinoche avec passion et réflexion, ça se savoure sans modérations !
Et je m'excuse auprès de lui de ne pas en avoir parlé plus tôt, car franchement il mérite le détour.
Voilà comment va être traduit le titre du nouveau film des reères Cohen "No country for old men" !
Non mais je rêve. Mais qui est le responsable de cette "traduction" calamiteuse ?
ça c'est la version politiquement correcte. Pour lire la version hard de ce qui précède, revenez après minuit !
Petit mantra : faites que ce ne soit pas vrai, faites que ce ne soit pas vrai, faites que ce ne soit pas vrai, faites que ce ne soit pas vrai, faites que ce ne soit pas vrai........
Passons. Le film sortira le 20 février 2008 et espérons qu'ils soient d'un niveau supérieur à leurs dernières réalisations "intolérable cruauté" et "ladykillers". Sympathiques au demeurant mais connaissant leur niveau d'exigence et d'excellence, pas mal décevants.
Parler de "ROgue" le nouveau film de Greg McLean (juste en dessous) est l'occasion de revenir sur son premier film "Wolf Creek",un petit bijou de l'horreur.
Les choses sont bien faites quand même.
L'Australie, nouvelle terre d'accueil du fantastique ? Plutôt une sorte de retour au bercail. Après avoir lancé les « bombes » Mad Max et Razorback (et permis d'établir la renommée des sieurs George Miller et Russel Mulcahy ) au milieu des glorieuses eighties, l'Outback a surtout popularisé par la suite Midnight Oil et Kylie Minogue (!). Le cas Peter Weir est un peu à part car s'il a commencé sa carrière tôt (depuis les années 70) il a plus oeuvré dans une veine auteuriste que dans le genre qui nous intéresse proprement dit. Néanmoins, sa contribution demeure très intéressante puisqu'il a quand même livré quelques oeuvres majeures comme l'envoûtant « Pique-nique à Hanging Rock » et l'excellent « The Truman Show ».
Terre d'accueil de certains gros tournages depuis le début du nouveau millénaire (Mission Impossible, Matrix, Superman returns...), voilà que des petites productions s'ingénient à relancer un genre moribond car grandement formaté par les standards ricains. Ainsi, on a vu débarquer avec fraîcheur 2 petits génies, James Wan et Leigh Wannel, qui avec le grandiose « Saw » ont marqué durablement les esprits. Les productions postérieures se définissant dorénavant à l'aune de ce classique instantané du film d'horreur au twist imparable.
Nouvelle preuve du renouveau généré par les films en provenance des antipodes, voici qu'arrive « Wolf Creek ».
Film qui s'est taillé une jolie petite réputation dans les divers festivals où il fut présenté. Le réalisateur Greg Mclean (également auteur du scénario) nous livre un bon petit « survival » où 3 jeunes australiens partent découvrir les beautés naturelles de leurs pays et notamment le site de « Wolf Creek ».
Intrigue minimaliste donc mais c'est la caractéristique même qui fonde ce genre un peu à part qu'est le « survival ».
Wolf Creef se distingue par son traitement narratif assez lent (pendant la moitié du film il ne se passe rien ou presque) voire hypnotique. Prenant le temps de nous familiariser avec ses personnages, et donc de nous y attacher, et de nous présenter le cadre idyllique dans lequel se déroule l'action. Des paysages vraiment paradisiaques qui vont trouver leur contre-point infernal dans la 2ème partie.
En fait toute la première partie se déroule comme dans un rêve, les prémices du drame à suivre se faisant ressentir lors de la halte à une station service, nos trois compagnons se confrontant alors avec la bêtise crasse et l'allure peu engageante des autochtones.
Mais si les paysages s'avèrent grandiose, ils n'en restent pas moins qu'ils font peser une menace sourde, leur immensité soulignant de fait l'état d'isolement dans lequel sont plongés les héros. Car comme pour Alien, dans cet espace personne ne vous entendra crier...
Et puis, au moment de repartir de « Wolf Creek » voilà que leur voiture fait des siennes, refusant de démarrer. A la panique, cède vite la place au soulagement de voir débarquer de nulle part un « redneck » australien à l'allure débonnaire qui se propose de les tracter jusqu'à son campement.
Néanmoins, ils restent pas très rassurés à l'idée de le suivre.
Et évidemment tout bascule.
Là, il est intéressant de noter que le point d'achoppement qui fait passer du rêve au cauchemar se signale visuellement par le seul fondu au noir du film au moment de l'endormissement de nos 3 victimes. Renforçant par là même l'idée qu'il s'agit d'un (mauvais) rêve.
Le réveil est plus que brutal, chacun étant prisonnier et isolé des autres prêts à subir tous les sévices.
Et là, idée aussi simple que géniale, on suit l'action en caméra subjective. Le spectateur épousant le point de vue du personnage, s'approchant progressivement du lieu de torture et découvrant tout en même temps et au même rythme que le personnage.
Ce qui a pour effet d'accentuer le degré de désorientation et de tension générés par la situation.
La suite se révèle assez efficace et réaliste dans son traitement. En effet, la panique éprouvée les privant de lucidité dans leur tentative de fuite. Et surtout, le réalisateur se montre cruel avec ses « héros », car pour le ou les survivants l'aventure aura des implications dans leur vie lors de leur retour dans la société.
Ce n'est pas un chef-d'oeuvre absolu, mais le méchant en titre est génial d'ambiguïté. Alors qu'au début il apparaît comme un bon vieux gars du coin un peu simplet, au fil des conversations ses propos ambivalents font monter la pression. Pour finalement apparaître tel qu'en lui-même, un pervers psychotique toujours prompt à torturer son prochain. Mais est-ce vraiment sa nature où seulement la manifestation des fantasmes de nos 3 héros, alimentés par leur paranoïa et leur peur de cet (l') inconnu ?
Car les héros ne se vengent finalement pas de leur bourreau (comme dans un survival traditionnel) et la réalisation reste assez classique (c'est à dire assez loin de la frénésie de certains bougeant leur caméra dans tous les sens !) tout en ménageant surprises et instants gore. Mais ce qui surprend véritablement, c'est que McLean malmène rudement cet archétype de « la femme forte qui se révèle dans l'adversité » que le cinéma d'horreur à répliquer (avec plus ou moins de bonheur) ces deux dernières décennies. Cette fois-ci, les jeunes filles en détresse subissent de plein fouet sans trouver la parade.
Et c'est justement ce traitement différent qui emporte l'adhésion. En mettant l'accent sur la menace sourde des paysages grandioses et le déchaînement soudain de violence sans aucune justification (pas de mutation ou de consanguinité ayant ravagé le cerveau du tueur), le film baigne ainsi dans une ambiance onirique, laissant finalement planer le doute sur la véracité des évènements montrés et la santé mentale des protagonistes. Ceci étant corroboré par un dernier plan voyant la silhouette du tueur se découper sur fond de soleil couchant, celui-ci retournant d'où il était venu : du fin fond du bush australien ou peut être de l'imagination de son auteur...
Film sorti en dvd depuis un moment, il devrait orner les bacs promos pour noël. Raison supplémentaire pour qu'il se retrouve sous votre sapin.