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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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12.07.2008
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Cinema

EDEN LOG : re-connexion du film de genre français

Posté le 04.01.2008 par houseofgeeks
Le cinéma français de genre alors en plein marasme tente de renaître. Pourtant une poignée de réalisateurs (Aja, Bustillo/Maury, Valette, Gans) ont acquis une certaine reconnaissance mais hors de nos frontières. Oeuvrant principalement dans le genre horrifique (« Haute tension », « A l’intérieur », « Maléfique », « Silent Hill ») qui n’a jamais eu les faveurs d’une intelligentsia et diaspora franco-française. Et si Guillaume Canet a trusté les récompenses pour son thriller « Ne le dis à personne », c’est bien plus grâce à l’addition de stars françaises utilisées en contre-emploi plutôt que par ses qualités de réalisation et de narration propres.

Une logique marketing que « Chrysallis » reprend à son compte afin de trouver une fenêtre d’exposition assez large. Porté par l’aura de Dupontel, le film de Julien Leclercq bénéficie d’une photo soignée et de mouvements de caméra inventifs mais le tout s’avère vide de sens, plombé par un scénario qui peine à assumer entièrement la note d’intention initiale, faire une variation du film « Les yeux sans visage » de Franju transposée dans un contexte science-fictionnel. Artistiquement brillant mais désespérément plat émotionnellement. Une curiosité à découvrir car le réalisateur est doué.
« Eden log » évolue quant à lui dans un univers aussi froid et orienté S.F d’anticipation que « Chrysallis » sorti un mois plus tôt. Sauf que « Eden log » s’appuie sur une vision plus pessimiste et primaire de l’homme quand « Chrysallis » dépeignait une société subordonnée aux progrès technologiques high-tech.
Là encore, le film bénéficie de l’aura d’un acteur connu, ici Clovis Cornillac, qui à l’instar de Dupontel, s’est impliqué dans ce projet au budget réduit par conviction et enthousiasme pour l’histoire à raconter.
Dans « Eden log », elle se résume à la quête d’identité de Tolbiac qui parcourt les différents niveaux des bas-fonds de ce futur indéterminé, pour remonter petit à petit à la surface et faire la lumière sur son identité comme sur ce qu’est ce nouvel Eden et ce qu’il implique.
Une fois de plus, la trame scénaristique est de moindre intérêt. Le scénario de Franck Vestiel (également à la réalisation) et de Pierre Bordage (célèbre romancier français oeuvrant dans la S.F ) bat en brèche des classiques de l’anticipation comme « Soleil vert » ou « L’Armée des douze singes ». Là n’est pas l’essentiel pour un film conceptuel et expérimental dépeignant un univers cohérent et immersif dans lequel on est d’emblée dans le vif du sujet puisque le référent du spectateur, Tolbiac, s’avère aussi paumé que lui dans ce monde souterrain. Une désorientation et une confusion majeures comme principal vecteur d’identification. Une implication qui reste fragile puisque subordonnée à un personnage s’exprimant peu ou par grognements, gagné par l’introspection et qui recouvrera in fine la mémoire.

Cependant, l’expérience mérite d’être vécue. D’une part, le monde souterrain ainsi créé est fascinant, d’autre part la réalisation est soignée et maîtrisée car le film parvient à en dire beaucoup avec très peu de dialogues.
Des influences assez bien digérées car si l’on pense inévitablement au « Dernier combat » de Besson, « L’Armée des 12 singes » donc, de Guilliam, l’expressionnisme allemand, où même « Alien » de Ridley Scott et « Predator » de Mc Tiernan (la séquence inaugurale où le perso de Cornillac se réveille couvert de boue, une conscience qui s’éveille d’abord par des râles de douleurs avant d’être bien vite gagné par une dualité homme/bête et où sa survie ne sera rendue possible que par un retour à un comportement bestial), elles ne parasitent jamais le métrage.
De même, s’il utilise des codes narratifs très marqués (le survival, la S.F), le film ne peut se réduire aux genres qu’il investit. Constamment à la lisière, c’est à la fois sa faiblesse comme sa plus grande force. Car s’il peine à entraîner le spectateur dans la logique interne du récit, le film est une remarquable expérience sensitive et sensorielle. Un trip halluciné renforcé par l’ambiance sonore créée par le duo Alex et Willie Cortes (baptisé Sepukku Paradigm), dont la musique et bruits rappellent l’univers post-industriel de Lynch, et des corps à corps rendus confus par une caméra portée.
L’intérêt n’est plus dans la lisibilité des scènes de combats entre Tolbiac et les créatures humanoïdes peuplant les niveaux inférieurs, mais bien dans le rendu du sentiment de confusion (quant à son état et sa quête) qui l’habite. Un procédé également à l’œuvre sur le génial « 28 semaines plus tard » de Juan Carlos Fresnadillo où la totale imprécision des images lors des attaques des zombies instillait un sentiment de peur panique assez bluffant.
Dans « Eden log », le but n’est évidemment pas de faire peur mais bien de générer un climat inquiétant et dépressif. Une ambiance admirablement servie par la tonalité monochromatique d’images de toutes beautés.
Certes, on peut regretter les explications finales assénées avec animation à l’appui (pour ceux qui auraient eu du mal à suivre) qui amoindrissent les ambitions affichées, mais le but est atteint.

Et parvenir, à l’heure actuelle, à fignoler un film de S.F français à l’univers décadent aussi marqué et marquant, et qui invite à une telle exploration des tréfonds de cette société futuriste relevait de la gageure.
Avec un budget réduit, Franck Vestiel signe un film humble, sincère et visuellement grandiose. Allez voir un tel film relève quelque part d’un certain militantisme. Distribué dans à peine 52 salles, on voit bien que le cinéma de genres français a bien du mal a sortir de l’ornière, et ce malgré le succès d’estime (« Nid de guêpes » de Siri) ou public (« Le pacte des loups » de Gans) de certaines prod.
D’autres films vont débarquer ces prochains jours : « Dante 01 » de Marc Caro (le 02/01/08), « Frontières » de Xavier Gens (le 23/01/2008), « Martyrs » de Pascal Laugier (en février ou mars 2008). Mais pour que ces vagues cycliques deviennent sinon une déferlante du moins plus régulière, il faut courir voir ces films.
Et ça commence par allez voir « Eden log ». Ce n’est pas un chef-d’œuvre ou un classique instantané mais vous pouvez être que l’univers ainsi dépeint fera date (et sûrement récupéré).
Alors entre la boursouflure « Hitman » (Gens étant exempt de tout reproche, n’est-ce pas messieurs les exécutifs de la Fox ?) et l’intriguant et envoûtant « Eden log », choisis ton camp camarade !!



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Complément sur "Je suis une légende"

Posté le 27.12.2007 par houseofgeeks
Comme je l'ai dit dans le post précédent, en occultant le roman d'origine, le film en l'état s'avère une bonne surprise.
Evidemment, marketé pour tous publics (star internationale et fêtes de fin d'année obligent), n'évite pas les poncifs. Mais je le répète, considérant le traitement adopté c'est assez bien fichu et certaines scènes demeurent remarquables.

Ceci étant dit, nous sommes tout de même passé bien prêt d'un pur chef d'oeuvre si le script monumental de Mark Protosevich n'avait pas été dénaturé par les pontes de la warner.

Pour avoir un aperçu du joyau en devenir, voici le lien vers un article de Rafik Djoumi (dont le blog entier est une merveille !) et qui le raconte beaucoup mieux que moi :

http://rafik.blog.toutlecine.com/1499/Je-fus-une-legende/

Une véritable adaptation du génial roman de Matheson reste donc à faire.
Espérons que la prochaine fois ils se baseront sur le scénario de Protosevich.

E je terminerai par l'équation de la mor qui devrait enflammer l'imagination (et provoquer quelques explosions dans les caleçons !) de tout bon cinéphile qui se respecte ! :

Script de Protosevich + Guillermo Del Toro = phantasme ultime

Ne pas déranger : Chambre 1408

Posté le 25.12.2007 par houseofgeeks


Stephen King, maître de l’horreur littéraire (étiquette forcément réductrice) mais également roi des adaptations foireuses ! Mais une partie du résultat final peut logiquement lui incomber, puisqu’il a toujours préféré les illustrations serviles (le Fléau, ça…) aux visions d’auteurs à part entière (Shinning de Kubrick vertement renié). La volonté de rester fidèle à l’esprit de l’œuvre est d’autant plus ardue que les livres en question sont des pavés impossibles à mettre en images en l’état sans un véritable travail d’adaptation. Frank Darabont est le rare à avoir pu apporter un certain regard neuf et respectueux. Loués à la fois par la critique, les spectateurs et le King lui-même, « les évadés » ou « la ligne verte » demeurent des exceptions (en attendant « the mist »). Ah non, j’oubliais le magnifique « Stand by me » de Rob Reiner.
Afin d’endiguer le flot de déception, l’écrivain s’essaya même à la réalisation mais le catastrophique « Maximum overdrive » (adaptation de sa nouvelle « trucks » parue dans le recueil « danse macabre ») le renvoya à sa véritable place : derrière une machine à écrire !
Alors, le King inadaptable ? Ce n’est pas loin d’être devenu une évidence. Car quelquesoit l’option choisie, les puristes ou les cinéphiles trouveront souvent à redire.
Pourtant, ce n’est pas ce qui va effrayer les producteurs. Ainsi, est lancé l’adaptation d’une nouvelle parue dans le recueil « Tout est fatal », « chambre 1408 ».
Choix curieux car la nouvelle évolue dans un registre inhabituel pour King, dépeindre des visions dantesques proprement délirantes (on s’interroge constamment sur la santé mentale du protagoniste), créer un sentiment d’immersion absolu qui confine parfois à l’abstraction pure et qui lorgne vers Poe et Lovecraft. Bref, loin d’être une histoire classique de maison hantée (ou chambre en l’occurrence) où seules importent les sensations fortes.
Evidemment, le film de Mickael Hafstrom diverge quelque peu des visions extraordinaires que la lecture de la nouvelle pouvait produire. On est également assez éloigné du discours promotionnel qui vendait ce film comme une excroissance au « Shinning » de Kubrick, en investissant cette fois-ci une chambre particulière de l’hôtel Overlock. Entièrement porté par le toujours très bon (ou presque) John Cusak, le film bénéficie également de la présence, la prestance de Samuel L. Jackson (l’acteur le plus cool du monde) mais ici pas très impliqué dans un rôle de bouche-trou.
De réalisation assez classique, le film réserve cependant quelques scènes aptes à sortir le spectateur de sa léthargie. Une ambiance plus déliquescente aurait été plus appropriée mais le réalisateur parvient à désorienter suffisamment le spectateur pour rendre la vision de ce film sinon intéressante du moins agréable à suivre. Malgré tout, Hafstrom ne retrouve le caractère immersif de la nouvelle qu’au détour d’une scène, lorsque Cusak croyant être sorti de ce cauchemar y être replonge aussitôt lorsque le bureau de poste où il se trouvait s’avère un décor que les employés détruisent à coups de masse, révélant les murs et le mobilier de la chambre maudite.
En fait, ce que l’on peut reprocher à ce film est sa perpétuelle indécision. On navigue entre une intrigue classique de maison hantée et un drame psychologique sans que jamais l’un des genres l’emporte. D’accord, cela illustre (plutôt fortuitement) cette histoire de chambre perdue entre deux mondes, mais l’incapacité de Hafstrom à investir pleinement les genres auxquels il s’attaque nuit clairement au rythme. Au final, le spectateur se retrouve seul et hébété comme le personnage de Cusack, ne sachant trop comment définir ce qu’il vient de voir.
Une indécision qui se répercute jusqu’au bout puisque le dvd zone 1 propose une fin alternative estampillée série B quand la fin exploitée en salles est une sorte de « happy-end inquiétant ».
Au final, et même sans se référer à la nouvelle prêtant son intrigue, « Chambre 1408 » ne restera pas dans les annales. Ce n’est pas non plus une purge, loin s’en faut. Mais une fois encore, l’œuvre de King se sera révélée difficilement transposable telle quelle. Le seul problème étant qu’ici le travail d’adaptation aura consisté ici à amoindrir le caractère incongru et délirant du travail de l’écrivain pour donner un résultat accessible à tous publics.
Parions cependant que Eli Roth (le diptyque « Hostel ») saura transcender le matériau original avec l’adaptation du roman apocalyptique « Cellulaire », où un signal transmis via les téléphones cellulaires (portables) transforme leurs possesseurs en zombies !



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Je suis une légende

Posté le 21.12.2007 par houseofgeeks
Le roman culte post-apocalyptique de Richard Matheson « I am Legend » (1954 quand même) se voit une nouvelle fois adapté sur grand écran, cette fois-ci par Francis Lawrence, responsable précédemment d’une autre adaptation, de comics cette fois-ci, « Constantine » (avec un Keanu Reeves à l’époque à ce point auréolé du succès de la saga Matrix que certains considéraient ce film comme le Matrix 4.).
Après avoir été incarné par Charlton Heston dans l’inéna(nar)rable « Le survivant », le personnage du dernier homme sur Terre Robert Neville est cette fois-ci interprété par la méga star Will Smith .
Après un « Constantine » bien trop consensuel en rapport au comics ouvertement anti-conformiste, rentre-dedans et limite nihiliste et le calibrage PG-13 induit par l’utilisation d’une star aussi grand public, autant dire que l’on attendait plutôt patiemment ce film.
Mais n’oublions pas que Smith fut un incroyable Ali dans le film de Mann, jouant parfaitement la partition de ce personnage perdu parmi la foule, dont les prises de positions l’isolait de sa famille comme de sa communauté, bref, Will Smith interprétant un personnage seul dans le monde. Et puis, dans « Constantine », la vision dantesque que Lawrence donnait de l’enfer était plutôt originale et assez stupéfiante.
Et malgré les nombreux griefs que l’on peut trouver et opposer, le charme opère. Bien que le texte de Matheson soit foncièrement trahi, Lawrence livre une adaptation personnelle, une variation de la même histoire très marquée action et qui pourtant rend parfaitement justice à ce personnage solitaire par force et finalement par la nature même de son job.
Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.
La civilisation humaine maintenant disparue laisse place au règne végétal (New-York envahit par une flore sauvage) et animal (biches, lions, infectés…). Une peinture sidérante et saisissante de cette ville se transformant en une jungle cette fois-ci primitive. Que ce soit dans le film ou le livre, le but de Neville est de survivre. Mais la manière diffère. Will Smith tente de ranimer l’espoir d’un vaccin curatif en pratiquant des expériences in vivo, tandis que le Neville du livre est totalement enfermé dans une routine exterminatrice et pathétique.
Evacuons d’emblée la comparaison avec le roman. D’une puissance évocatrice étonante, le livre ne vous lâche pas jusqu’à la dernière page. Dépeignant le quotidien angoissant et dramatique de ce dernier rempart de l’humanité contre une société devenue vampire. Ainsi, les journées de Neville sont elles rythmées par la traque et l’exécution de ses anciens voisins, amis ou simples quidam devenus créatures de la nuit et qu’il extermine le jour. Un homme qui remplit la fonction laissée vacante par ces figures mythiques que sont les vampires. Neville, dernier obstacle au développement absolu de la nation vampire et dont la lutte pour sa survie en fera…une légende.
Point de vampires dans ce film, le terme « infectés » désignant dorénavant le résultat de toute altération de la nature humaine, les zombies de « 28 jours plus tard » de la suite « 28 semaines… » ou même du « Planet terror » de Rodriguez étant qualifiés de la sorte. Ces infectés sont ici entièrement générés en CGI (par ordinateur) mais ‘est leur aspect factice qui demeure le plus dérangeant. Ceci dit, les scènes où ils interviennent fonctionnent parfaitement de par leur déplacement en meute et leur propension à grouiller et se déplacer sur toutes parois tels des rats. Si on devine l’influence des reapers de « Blade II », ils n’en restent pas moins des cousins assez proches des crawlers de « The Descent ».
Alors que la bande-annonce était ouvertement orientée vers du tout action, le film s’avère plus contemplatif bien que livrant des séquences remuantes et angoissantes plutôt bien réussies : la prise d’assaut de la maison de Neville par cette horde d’infectés, la visite d’un nid d’un Neville venu avant tout récupérer son seul compagnon, son chien.
Car c’est définitivement dans la transcription de la solitude de Neville que le film est le plus marquant. Un quotidien morne et routinier, rythmé par la recherche de vivres, les expériences, un message lancé chaque jour au même endroit et à la même heure et par ses visites aà son vidéo-club favori. C’est là qu’il rencontre les derniers représentants de sa race, de simples mannequins. Sans doute disposés là par un Neville véritablement angoissé et névrosé, soucieux de retrouver un semblant de normalité dans un monde qui a basculé. Mais c’est bien plutôt pour garder intact son désir de socialisation qu’il joue cette comédie des relations humaines, discutant avec ces mannequins et espérant follement qu’ils lui répondent.
C’est ainsi que notre Neville organise sa survie. Préserver un ilôt de sociabilité au milieu de ce chaos ambiant et ainsi marquer sa différence quand les autres habitants de la ville, les infectés, ne sont plus que mus par l’instinct.
Alors oui, ce film n’est pas parfait. Mais les clichés et écueils de la narration s’intègrent asse bien à une intrigue et une résolution assez classique. Cependant, une scène vaut à elle seule le détour. Celle où les infectés utilise le désir de normalité de Neville pour le piéger comme un animal. En déplaçant le mannequin Fred, ils sèment le doute dans l’esprit des spectateurs (qui en viennent à s’interroger sur la santé mentale du « héros ») et la confusion dans celui de Neville qui se met à invectiver et rudoyer Fred qui n’a absolument rien à faire ici. LA scène casse-gueule par excellence qu’une V.F assez quelconque ne parvient même pas à briser. Pertinente et dramatique, constamment sur le fil du rasoir, cette séquence se conclue par une attaque qui fera perdre à Neville ses dernières illusions et surtout sa dernière balise d’humanité, figurée par sa chienne Sam.
« Je suis une légende » est un très bon film, une vraie bonne surprise à voir sans arrières pensées. Certains clameront fort justement que Matheson a été trahi. Il n’en reste pas moins que Francis Lawrence a su en tirer une variation tout aussi intéressante.
Cependant, il est vrai que cela demeurera toujours en deçà de ce que nos esprits de pur geeks pouvons fantasmer sur une hypothétique adaptation par le génie Guillermo Del Toro. Celui-ci préférant décliner l’offre pour s’en aller tourner la suite de Hellboy « The golden army ».

BEOWULF

Posté le 15.12.2007 par houseofgeeks
Vendu comme un film repoussant encore plus loin les limites technologiques de la performance capture, on en oublie que Zemeckis a livré rien moins qu'un putain de film barbare et épique, dans la droite lignée de « Conan ». Non, tout l'intérêt du film ne demeure pas dans la modélisation photo-réaliste des formes et courbes généreuses d'Angelina Jolie. Certes, ils ont grandement amélioré la technique mais à part elle et sir Anthony Hopkins on peine à reconnaître le reste du casting. Au moment de la sortie de « Final fantasy : the spirit within », tout le monde s'accordait à prédire une révolution complète du médium. Il n'en a rien été. Certes, le film bénéficie de superbes images, le travail sur les textures et le grain de la peau est tout bonnement ahurissant, mais plombés par un scénario à la fibre écologique gnangnan et une réalisation poussive, il n'arrive jamais à impliquer un tant soit peu les spectateurs.

La technique de la performance avait été inaugurée par Zemeckis avec Le pôle express et développé avec « Monster House » et augurait d'une liberté nouvelle en terme de réalisation pure. Car ces films sont loin d'être des modèles du genre en terme narratif. Avec « Beowulf » il transforme l'essai, puisque la technique enfin au service de l'histoire transcende son postulat de base et donne à voir une adaptation de la légende de Beowulf pleine de sang et de stupre ! On reste quand même assez loin de « La chair et le sang » de l'ami Verhoeven mais les intentions sont là puisque ces barbares ne pensent qu'à baiser et à se foutre sur la gueule et sont très disert en matière d'avances graveleuses ! C'est clair, c'est pas l'infâme purge de notre Lambert national et de son pote Russel Mulcahy, portant le même nom mais pas la même prestance.
Un film qui ouvre un champ des possibles pratiquement infini car nuls autres que Peter Jackson et James Cameron ont ouvertement clamé leur attachement à cette technique et que leurs prochaines réalisations en profiteraient. A en mouiller son caleçon de plaisir...

Mais revenons à notre sujet. Beowulf donc, guerrier scandinave qui rallie les terres du roi Rothgard (Hopkins) afin de débarrasser le royaume du démon Grendel. Précédé par une légende alors naissante, Beowulf apparaît dans toute son ambivalence. Fort en gueule, suffisant et mythomane, tout concourt à faire douter de la véracité des récits chantés à sa gloire.
Et il faut bien une confrontation d'anthologie entre Grendel et un Beowulf complètement nu pour mesurer son aptitude, son courage et son assurance. Zemeckis jusqu'alors réalisateur très sage se lâche dans les grandes largeurs.
Les attaques de Grendel sont terrifiantes de violence et Beowulf sans pitié. Il faut voir le guerrier répondre, à la bête demandant qui il est, toute une litanie de qualificatifs aussi évocateurs que « pourfendeur, tailladeur,etc.. » et terminer par un puissant « I – AM – BE – O - WULF !! » pour finalement lui arracher le bras coincé dans la porte. A faire se dresser les poils de plaisir.
De même, la bataille contre des monstres marins renvoie aux peintures de Frazetta et au souffle épique d'un « Lord of the ring » ou du jeu vidéo « God of war ». Un Beowulf bestial et déchaîné qui éviscère et coupe à tour de bras. Grandiose et exaltant.
Ambiance sombre, jeu de lumières, Zemeckis ne soigne pas seulement le réalisme de ses personnages, il n’oublie pas de rendre crédible et passionnante cette histoire en soignant la composition des cadres, parachevant le tout de mouvements de caméra de malades et de références visuelles multiples à tout un pan du cinéma de genre, héroïc-fantasy bien sûr mais aussi le genre horrifique (voir la vengeance de la mère de Grendel juste après la mort de celui-ci.).

Cependant, le film ne se résume pas qu'à ses instants de bravoure, aussi réussi et magistraux soient-ils. Il faut rendre justice au scénario écrit conjointement par Neil Gaiman (romancier et auteur de comics tels que le célébrissime Sandman, Miracle Man ou Les éternels) et Roger Avary (auteur du script de « Killing Zoé » et surtout « Pulp Fiction »). D'une grande subtilité autant qu'audacieux - fallait quand même oser sous-entendre les tendances incestueuses voire pédophiles de Rothgard et Beowulf ! - le scénario dresse le tableau d'une civilisation au bord du gouffre. Ragnarok (la fin du monde dans les légendes nordiques) étant figuré à la fois par la montée en puissance du christianisme et un dragon géant, fils improbable de l'union de notre « héros » et de la créature démoniaque génitrice de Grendel (sulfureuse Angelina Jolie).
Une filiation qui sert de fil narratif puisque elle obsède ces 2 rois maudits, incapable d'avoir une descendance autrement que pervertie. Une malédiction qui illustre le renoncement à des valeurs héroïques comme leur abandon à une gloire immédiatement accessible.
Ainsi, Rothgard et Beowulf, aux parcours étrangement similaires, portent-ils en eux les germes de leur propre destruction.

Mais là où le film se montre le plus intéressant et pertinent, c'est définitivement dans sa capacité à confronter Beowulf à sa propre légende. Une légende construite à la fois sur des récits largement exagérés (son combat contre des monstres marins voit leur nombre augmenter à chaque version)) et les cendres de ce qui faisait de Beowulf un noble guerrier, sa bravoure, sa loyauté et son code d'honneur. Une légende favorisée par une invincibilité prodiguée par les bons soins de la mère de Grendel. Ainsi, rongé par la culpabilité, prématurément vieilli par des luttes de territoires incessantes, Beowulf n'est plus que l'ombre de lui-même. A la fois prisonnier de cette terre d'accueil dont il est devenu le roi par « accident » et prisonnier d'une légende à entretenir et qui le contraint à rester en retrait lors des batailles.
Beowulf est un inadapté.
Ce n'est que la perspective de la destruction prochaine de son royaume qui le forcera à remettre des oripeaux devenus trop petits (sa compagne lui fera remarquer que son armure lui seyait mieux plus jeune). Figurant qu’il est devenu une légende « bigger than life ».
Un combat homérique contre un dragon vraiment impressionnant (son fils, faut-il le rappeler) qui au-delà d'une rédemption christique lui permettra d'embrasser véritablement sa légende et s'en montrer enfin digne. Retrouvant l'ardeur et l'abnégation qui en faisait ce combattant admirable, Beowulf parvient à terrasser le dragon non sans y perdre la vie. Un sacrifice en forme de constat d'échec. Pour avoir vécu à l'ombre d'une légende trop imposante, Beowulf aura été incapable d'aimer sa compagne comme elle le méritait, soit lui faire un enfant.
Alors oui, ce ne sont que personnages de synthèse aux attitudes et aux traits imparfaits. Des avatars parfois peu crédibles dans leur mouvements mais capables de générer une véritable empathie. Et c'est là la vraie révolution de ce film. Jamais on aurait cru capable Zemeckis de pareil exploit, susciter une peine immense pour un Beowulf aussi artificiel. Sérieux, voir Beowulf et son « fils » agonisant côte à côte sur une plage après un combat meurtrier, se scruter puis voir enfin Beowulf esquisser un geste empreint de compassion (d'humanité en d'autres termes) vers un fils se liquéfiant littéralement était à pleurer. Un moment aussi furtif que chargé en émotion. Un grand moment.

Je n’étais vraiment pas motivé pour aller voir un tel film, la surprise n'en est que meilleure. Un film dont les nombreuses qualités masquent sans peine les quelques errements techniques et narratifs, galvanisant et aussi respectueux du genre dans lequel il s'inscrit comme des spectateurs, est à saluer et à vanter.
C'est bien plus qu'une cinématique vidéoludique de 1h50 comme l'on prétendu certains frustrés.
Son nom est BE – O – WULF !!!!

SSSHHHTTT....

Posté le 28.11.2007 par houseofgeeks
James Wan et son compère Leigh Wannel sont bien connus des fans d’horreur pour être les créateurs de Jigsaw, le célèbre manipulateur de la franchise à succès Saw. Budget serré, contraintes artistiques multiples (décors, temps de tournage réduit,etc) admirablement contournés par un scénario roublard à souhait. Pourtant, si le twist final carrément imparable relève la sauce d’un film assez conventionnel en termes dintrigues , il ne saurait occulter la maîtrise et l’amour indéfectible que ce duo porte au genre. Véritable hommage au cinéma transalpin, Saw intègre à merveille ses diverses influences dans une narration morcelée (façon puzzle) et ménageant des moments autant flippant que stressant.
Restant associée à la saga Saw en tant que producteurs et consultant scénaristique, les deux amis préfère explorer d’autres horizons que s’enfermer dans la routine de séquelles se vidant peu à peu de leur substance.
C’est ainsi que leur dernier né Dead silence s’articule tout entier autour de la fascination et la peur qu’éprouvent Wan pour les poupées et son admiration des bandes horrifique italienne.
Initialement envisagé sous le titre SSSSHHHHTTTT, Dead silence aura connu son lot de déboires en tous genres avant d’être enfin distribué en salles dans nos contrées. Terminé depuis presque 2 ans, il était devenu presque incontournable qu’il débarque en direct to dvd au milieu du tout venant des inédits.
S’il est loin de révolutionner le genre dans lequel il s’inscrit, Dead silence reste un magnifique conte macabre.
Intrigue simple voire minimaliste, narration linéaire mais une ambiance gothique et funèbre à souhait.
Un couple retrouve un étrange paquet devant leur porte. A l’intérieur, une poupée de ventriloque baptisée Billy. D’allure inquiétante, elle se révèle mortelle pour la femme. Poupée dotée d’une vie propre ou simple réceptacle d’un esprit démoniaque. Afin d’éclaircir l’affaire, l’homme revient dans sa ville natale pour enquêter. Au fur et à mesure de ses recherches, il apprend que ce meurtre est lié au passé refoulé des habitants et mettant en cause une inquiétante ventriloque Mary Shaw. Celle-ci bien que décédée continue a terrifier et demeure ancrée dans l’inconscient collectif.

Débutant son action en milieu urbain, l’appartement du jeune couple, l’action va bien vite être transposée dans la bourgade natale de notre héros. Et alors que sa voiture pénètre dans la ville, l’impression d’une force maléfique à l’œuvre se fait pressante. Une entrée digne d’un western lorsque la voiture remonte la rue principale où magasins et habitations semblent abandonnés depuis des lustres. Une ville fantôme, déjà. Avant d’être une ville de fantômes.

C’est en allant visiter son père avec lequel les relations sont tendues qu’il se remémore une vieille comptine que lui chantait sa mère, ayant pour sujet Mary Shaw et destinée à effrayer les enfants. Entre son père, la nouvelle jeune compagne de celle-ci et un vieux couple s’occupant de la morgue locale, tous semblent terrorisé et taire un secret inavouable.
Travaillant les cadres comme autant de peintures gothiques et clairement influencés par les films de Mario Bava (Le masque du démon surtout)comme de la Hammer (célèbre firme anglaise qui produisit de nombreux films mettant en scène un bestiaire désormais légendaire : le loup-garou, la momie, Dracula…), les couleurs désaturées donnent un ton à la limite monochromatique que vient relever une couleur rouge utilisé de la même manière que dans le 6ème sens de Shyamalan. Un climat oppressant qu’aucune blague à deux balles ne vient détendre. Et si le scénario est plus minimaliste et linéaire que leur précédente collaboration, c’est à dessein. Le but recherché est de générer la peur avec un minimum d’effets.
Et c’est parfaitement réussi. Les scènes impliquant la ventriloque sont à ce titre éloquentes. Sa représentation étant marquée par l’influence des terza madre d’Argento. Une Mary Shaw apparaissant de prime abord comme une riche excentrique vivant dans son théâtre sur l’eau et offrant à tous ses talents de ventriloque. Un talent bien vite remis en cause lors de la scène de flashback où 50 ans en arrière une altercation entre un enfant du public et la poupée Billy avait plombé l’ambiance. Un Billy vindicatif qui revendiquait son droit d’exister. C’est là le moment qui fait passer le film de chef-d’œuvre à excellente bande fantastique. Car plus jamais cette ambiguïté sur l’existence d’une conscience chez ce pinocchio dégénéré ne sera abordée, le scénario préférant rebondir sur une classique histoire de réincarnation.
Cependant, le film ménage de bons moments de trouille, notamment une apparition spectrale en droite ligne du Ring de Nakata. Attention, pas de petite fille aux cheveux longs et sales. Mais bien dans la manière de déclarer sa présence dans la pénombre (apparition d’une main cadavérique) avant qu’elle ne surgisse.
Pas d’autre ambition que de créer des émotions fortes pour James Wan qui s’y emploie avec délectation, utilisant de magnifiques décors aptes à recréer cette impression de peur latente que les films de couloirs (parfois très long, les couloirs) de la Hammer savait si bien véhiculer. Le théâtre où se situe une des dernières séquences semble hors du temps car isolé à la fois par l’eau environnante et l’épais brouillard que l’on doit traverser pour y accéder. Un lieu qui rappelle dans ses derniers instants la maison de Inferno de ce bon Argento.
Des références qui ne desservent jamais le film puisqu’elles ne sont jamais ostentatoires. Là n’est pas l’essentiel car même si on passe à côté, et quelque part tant mieux, l’histoire demeure envoûtante.
Et on arrive au grand twist final. Pouvant paraître préfabriqué, il relève clairement un film parfois un peu froid. Il fonctionne d’ailleurs assez bien, donnant au final une conclusion digne des « contes de la crypte ».
En conclusion, si ce film ne rénove pas le genre il sait s’en montrer digne et respectueux. L’utilisation et la mise en scène des obsessions et références de Wan sans être originales n’en demeure pas moins belles.
Mais des petits génies responsables du shocker Saw on attendait autre chose qu’une simple relecture de l’horreur gothique classique. Une petite déception donc.
Qui sera bien vite effacée par le rageur et tonitruant Death sentence d’un James Wan en solo , donnant à Kevin Bacon son rôle peut être le plus marquant dans un vigilante flick inespéré au regard de la radicalité et du jusqu’auboutisme affichés.
On en reparle ici même en janvier.

Mortel !

Posté le 19.11.2007 par houseofgeeks
Après Sandy Collora, voici un autre jeune réalisateur qui a tout compris à la manière de mettre en scène nos super-héros préférés. En plus il est français !
C'est David Sarrio et il a un talent fou ! Vous avez déjà dû entendre parler de ce teaser consacré à Daredevil et qui explose façon puzzle le long réalisé par Mark Steven Johnson ?
Et bien suite au succès de ces petits teaser, sa réputation a fait le tour de la toile. Tant est si bien qu'il a été sélectionné avec 14 autres candidats pour réaliser la suite de "the punisher", daube infâme avec Thomas Jane et réalisé par Johnathan Heinsleigh (j'sais jamais comment ça s'écrit, je vous parle même pas de la prononciation !).
Et pour mettre toutes les chances de son côté et plutôt que d'arriver avec sous le bras son cv, il réalise carrément, avec un budget minime et une tonne d'abnégation et de talent, le teaser de "the punisher 2" !
Malheureusement, ce fut insuffisant.
Et pourtant, regardez moi ça et dites moi que ça vous fait pas tripper de voir ça sur 2 heures de temps ! Osez que je vous démastique la gueule à coup de grenade !!

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Chef d'oeuvre de Rob Zombie : 4 ème couche !!

Posté le 09.11.2007 par houseofgeeks
Petite mise aux point pour tous ceux qui se disent fans et amoureux du genre horrifique, devenue nécessaire après avoir lu ou entendu des commentaires plutôt mauvais et au mieux tiédasse sur la nouvelle tuerie de Rob.

Que cela soit bien clair, Halloween version Rob Zombie est, comme son modèle la version de 1978 de Big John Carpenter, un putain de chef d'oeuvre !
Je suis pourtant pas fan de remakes et suis limite geek intégriste dès que l'on ose toucher à l'oeuvre du maître (et les remakes de Fog et Assault étaient suffisamment mauvais pour entretenir des doutes légitimes) mais franchement l'ami Rob m'a impessionné. Déjà ses deux premiers films sont des chefs -d'oeuvre - revoyez house of 1000 corpses ça a l'air foutraque et bordélique (un p'tit peu je l'accorde) mais les choix de mise en scène et l'amour inconditionnel porté au genre en font un film 1000 fois supérieur au tout venant horrifique - mais le pari d'apporter quelquechose en plus à l'histoire du mythique Michael Myers était sinon risqué du moins impossible à tenir.
Merde, le film de Carpenter est un monument de terreur pure qui tout en donnant ses lettres de noblesse au genre du slasher établissait un véritable traité de peur latente et de menace constamment différée faisant de Myers le vecteur ultime d'une force maléfique avec laquelle la middle-class américaine devait composer et apprendre à reconnaître et affronter.
Et bien Rob Zombie signe là un film complémentaire en tout point puisqu'en s'insérant dans les interstices et non-dits de l'original, il apporte toute son originalité et une vision bien particulière du chaos constitutif de chacun et par voie de conséquence de la société (américaine et par extension occidentale). Et n'oublions pas la bande sonore qui s'accorde parfaitement à la revisitation du myte en proposant des sons métalliques et déchirants et une musique parfaitement appropriée aux images et qui finit de vous vriller les tripes.

En conclusion, malgré une déférence à l'original parfois trop prégnante dans sa deuxième partie et qui la fait presque ressembler à un slasher basique (presque parce que cela demeure 10 niveaux au-dessus de n'importe quelle resucée de Vendredi 13 !), le film de Rob Zombie est un chef-d'oeuvre en tous points. A ce titre, la conclusion est un monument de désespoir qui achève de vous mettre sur les rotules.
Chez Carpenter, Myers était le réceptacle, l'enveloppe du mal absolu. Zombie en fait l'emblême et le vecteur de propagation du chaos ambiant.
Quand deux réalisateurs de génies arrivent, à 30 ans d'écart, à faire deux variations d'une même histoire aussi magistrales, on est vraiment proche de l'orgasme ultime !
Hail to the king !

HALLOWEEN : version salles VS workprint !

Posté le 08.11.2007 par houseofgeeks
Alors que le remake du chef d’œuvre de John Carpenter sortait à peine en salles, que circulait depuis quelques semaines sur le net une version workprint.
A l’inverse de la copie de travail de Hostel II largement téléchargée et qui n’était pas la version définitive puisqu’il manquait des plans à effets spéciaux et la bande sonore (sans compter un montage différent !), la copie de travail du film de Rob Zombie est bien finalisée, ne manque que le générique de fin. En fait, on parle bel et bien d’une véritable version alternative.
Ce qui aura mis le feu aux poudres de nombreux fans (ou geeks) criant au remontage des Weinstein bros et accablant Zombie d’avoir vendu son âme au diable (autrement dit avoir trop concédé de terrain à ses financiers !).
Mais le comparatif des deux versions apporte un cruel démenti et traduit les problèmes de rythme rencontré par Zombie dans le processus de finalisation. Des problèmes presque définitivement réglés avec la version salles.

Qu’est-ce qui change ? Dans le workprint, la première partie relatant de l’enfance de Michael, la scène du petit déj’ est légèrement rallongée pour laisser au beau-père (joué par William Forsythe) le temps de faire une allusion sur des attouchements pratiqués sur sa belle-fille.
Lors de son internement, le rôle du docteur Loomis est plus prégnant de même que celui du directeur du Sanatorium (cette vieille trogne de Udo Kier) prend plus d’importance puisque sont présentes les scènes le concernant (dans la version salle, il n’apparaissait qu’au moment de la constatation de la fuite du monstre). A contrario, le rôle de Danny Trejo est amoindri et la scène fondamentale où Myers l’élimine n’apparaît plus. Fondamentale car le concierge joué par Tréjo était le dernier point d’ancrage de Myers avec une certaine forme d’amitié et de loyauté. D’humanité en somme.
La grosse différence se porte sur l’évasion de Myers. Dans la version salles, il démastique la gueule des gardes chargés de le transférer. Ce qui donnait l’occasion de constituer la garde rapprochée de Myers par les interprètes de « The devil’s rejects » Clin d’œil assez réjouissant bien que la scène soit assez confuse. Dans le workprint, c’est beaucoup plus malsain puisque c’est lors du viol perpétré sur une des internées par 2 infirmiers dans l’antre de Michael qui lui donne l’occasion de prendre la tangente.
Bilan, l’idéal aurait été de conserver la 1ère partie du workprint agrémenté des séquences liées au personnage de Dany Trejo.

Vient la partie remake de l’original proprement dite. Quelques changements infimes (ajouts de certains plans), modification de l’agencement de séquences. Le meurtre du père adoptif de Laurie Strode est moins surprenant (il voit Myers s’avancer et s’en amuser : eh, c’est le soir d’Halloween). Surtout, l’action et la narration sont plus hachées. Cela augmente sans doute la brutalité des meurtres mais amoindri du coup l’atmosphère délétère bien plus prononcée dans la version salles.
Différence majeure : la fin de Myers. Trop rapide et classique dans le workprint, alors que la version salles est empreinte d’un véritable sentiment de danger et de malaise. Ainsi, dans la copie de travail disparaît la poursuite frère/sœur à travers les méandres de la bâtisse familiale en ruines.
Surtout, la fin de la version salles est un joyau de noirceur et de désespoir mêlés.
Verdict : La 2ème partie développée et distribuée en salles l’emporte haut la main.

Qu’en retenir ? Que l’idéal aurait été de mixer la 1ère partie de l’un avec la seconde de l’autre et saupoudrer le tout de plans et séquences absentes de la version « officielle ».
Mais en l’état, la version sorti le 10 octobre est digne d’éloges et contre toute attente apporte à l’original. Mieux, elle est son parfait (ou presque, donc) complément.

Reste l’espoir de voir les deux versions figurer sur le dvd à venir ? Aucune chance, le workprint ayant été vu ou téléchargé par les fans d’horreur de la terre entière, le dvd se cantonnera à la version « officielle ».
Mais peu importe, je le dis et le répète la version telle que sortie sur les écrans est vraiment LA vision de Rob Zombie du mythe.
Parce que ce qui frappe en voyant les deux versions, leurs montages divergents font que l'on assiste vraiment à deux films différents.
On peut même avancer que le workprint se focalise in fine autour du docteur Loomis (voir ses nombreuses scènes absentes par la suite et surtout la fin) alors que la version salles fait de Myers son vériable pivot, à la fois moteur de l'intrigue et agent de sa propre déconstruction.

Alors arrêtons de pinailler et sachons apprécier à sa juste valeur un tel sommet de réalisation aussi viscérale que salutaire dans une industrie toujours plus javellisée et préoccupée par son compte en banque.

Après la nouvelle chair, un nouveau Cronenberg

Posté le 08.11.2007 par houseofgeeks
On le pensait fini, incapable de se renouveler, répétant et les vidant de toute substance les même thèmes et motifs au point de devenir d’une vacuité insondable.
Non, Cronenberg est toujours là. Plus tout à fait le même. Il a évolué. Comme ce qu’il montrait dans ses essais sur la nouvelle chair. Cette mutation n’a pu se départir d’une certaine douleur. De l’intéressé mais aussi et surtout des spectateurs et fans de son œuvre qui restaient pour le moins dubitatif devant la tambouille post vidédrome et post matrix d’ « Existenz » (bien que conservant certaines fulgurances sur les niveaux d’imbrication de réalité, notamment) et le pensum prétentieux « Spider » recyclant une imagerie psychiatrique des plus simpliste.
Cronenberg est un auteur à part entière. Ses œuvres pour le moins viscérales et radicales l’ont cantonné à la confidentialité d’un cinéma d’horreur pas encore en odeur de sainteté parmi l’establishment. Comprenez pas assez rentable et par trop répulsif. A partir du moment où il a acquis une aura de respectabilité, à partir de « Crash » pourtant polémique mais lui ayant ouvert le palais des festivals cannois, il n’aura eu de cesse de satisfaire à tout prix ses thuriféraires. En voulant s’affranchir des codes du genre, Cronenberg tourne à vide préférant se regarder le nombril. Car c’est en les respectant, en les étreignant que l’on peut se montrer subversif et transgressif. Soit l’essence même d’un cinéma de genre qui en plus de donner des émotions fortes à quelque chose à dire.
Et alors qu’un David Lynch s’enfonce de plus en plus profondément dans une démarche quasiment autiste, Cronenberg est parvenu à sortir de cette spirale infernale avant qu’il ne soit trop tard.
La rédemption commence, et c’est un sacré clin d’œil, avec le magnifique « A history of violence », soit la quasi rédemption du personnage principal (bien que parler d’acceptation du « mal » serait plus juste). Alors qu’il se prédestinait à dépeindre l’Histoire de la violence, enfin redevenu humble il préféra s’attarder sur une histoire, une vie parmi d’autres. Celle de Tom Stahl (Viggo Mortensen), père de famille tranquille tenant un coffe-shop dans une bourgade reculée qui, confronté au danger, se découvre une capacité presque surnaturelle à dézinguer son prochain. Ainsi, utilisant les codes du film noir, du polar il peut digresser sur le refoulé, la part d’ombre présente en chacun et qui ici est matérialisé par le personnage de Ed Harris, absolument terrifiant, sur la contamination de la violence, comment elle affecte le corps physique mais également familial et celui de la communauté.
Et oui, il est toujours obsédé par les transformations du corps mais cette fois-ci au niveau comportemental et plus exclusivement les mutations physiques.
Ici, la violence se fait brute et sèche - les quelques débordements sanglants pour rappeler les dégâts qu’elle engendre - et contamine les rapports humains. Familiaux, amitié et conjugaux.
Un grand film un peu plombé par le dernier acte mais dont la séquence finale du repas familial relève le niveau à elle seule. Ou comment de simples échanges de regards et des gestes simples (poser une assiette) parviennent à faire culminer l’émotion.

La nouvelle et passionnante carrière de Cronenberg se poursuit avec le grandiose « Eastern promises » ou « les promesses de l’ombre », titre français pour une fois d’une beauté et poésie rare.
Une sage-femme (Naomi Watts) aide une jeune immigrée russe de 14 ans a accoucher. Elle sauve le bébé mais pas la jeune femme. Ne reste que le journal intime de cette dernière, écrit en cyrillique. Voulant retrouver sa famille, elle demande à son oncle de lui traduire. Mais ses pérégrinations l’entraînent dans le milieu de la mafia russe londonienne.. Sa rencontre avec le chauffeur de Kirill (Vincent Cassel), fils du parrain local va bouleverser sa vie. Ce Nikolaï (Viggo Mortensen) prendra une place prépondérante dans son existence comme dans l’organisation dirigée par Semyun (Armin Mueller-Stahl génial)
Ce film peut être considéré comme une préquelle au précédent, ou tout du moins une alternative au chemin emprunté par Viggo Mortensen. Ce n’est pas un hasard si Cronenberg poursuit leur collaboration.
Un film qui agit moins comme un miroir déformant à « History of violence » que comme son négatif. Après la mise à l’épreuve par la violence de la famille traditionnelle, cette fois-ci on se retrouve à scruter comment une famille mafieuse va se décomposer.La structure même du récit demeurant presque identique et chacun débutant par une mise à mort qui conditionnera le reste du métrage.
Là encore, Cronenberg joue parfaitement la partition du genre abordé, à savoir l’observation du fonctionnement et les interactions d’un clan mafieux. Récit et réalisation classiques et classieuse, les caractères sont typés et à la limite stéréotypés, pourtant une menace sourde et une atmosphère déliquescente se font ressentir. Trafic, meurtres commandités, prostitution, esclavagisme sexuel ne sont là que pour le décorum. Ce qui fascine et intéresse le réalisateur est le parcours, la transformation de cet homme à tout faire. Son langage corporel invalidant constamment le rôle qu’il joue ou qu’on veut lui faire jouer. Car comment expliquer que Anna la sage-femme soit intimement convaincu qu’il est incapable de tuer de sang-froid ?
Les mafieux russes ont leur vie tatouée sur la peau. Et s’ils disent beaucoup, ils ne disent pas tout.
Scène sublime que celle voyant l’intronisation de Nikolaï au sein du clan. Il se présente face aux 5 patriarches presque nu, laissant sa peau parler pour lui. A la fois symbole et signe d’appartenance ces tatouages, qu’ils soient le signe d’une hérédité ou qu’ils soient acquis par mérite stigmatisent des douleurs, des fêlures bien plus profondes. Comment face à une telle transformation corporelle garder son intégrité non plus physique mais bien morale ? Dorénavant, Cronenberg s’interroge sur les conséquences mentales d’un corps physique changeant et non plus sur les conséquences physiques produites par des dérèglements psychiques.
Et la confrontation dans les bains –douches, d’une beauté infinie et d’une âpreté extrême dans sa violence, cristallise merveilleusement ses doutes et ses choix moraux.
« A history of violence » se terminait sur une séquence sans parole, la famille réunie autour de cet homme ayant accepté sa part d’ombre. Cette fois-ci, le personnage de Viggo Mortensen est également à une table mais seul. Le tout bercé par un monologue en voix-off d’un passage du journal intime dissertant sur les promesses d’un monde merveilleux hors de Russie, appuyant tragiquement que finalement, il s’enfonce dans l’ombre.

C’est beau de voir un cinéaste faire peau neuve.
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