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houseofgeeks
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Un regard passionné sur la contre-culture (cinéma, comics,séries), sans concession et avec réflexion
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20.08.2007
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12.07.2008
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Cinema

Dépressive Amérique

Posté le 05.11.2007 par houseofgeeks
A trois semaines d’intervalles, deux grands chocs cinématographiques animent cette fin d’année. A priori, « Halloween 2007 » et « Le Royaume » n’ont pas grand-chose en commun. Pour ne pas dire rien.
Mais à bien y regarder, ils proposent tous deux une vision assez désabusée de l’Amérique contemporaine. Et par extension des sociétés occidentales.

Au grand dam des fans hardcore (pour ne pas dire puristes extrémistes), Rob Zombie s’est attaqué à l’un des chefs-d’œuvre de John Carpenter, Halloween, film qui a véritablement lancé une carrière jusque là bancale. Et il a réussi ce pari insensé, se réappropriant le mythe pour en donner sa vision mélancolique
Développant ce que Big John avait expédié en une dizaine de minutes, il s’ingénie à montrer les conséquences terribles sur un être perturbé de l’échec de la famille, de l’école, de l’Etat à prendre en compte la souffrance de l’autre.
Toute la partie préquelle s’articule autour du détachement, de l’isolement de plus en plus profond de Myers. Ne s’exprimant plus que par des accès de rage et de violence brute là où chez Carpenter il n’était qu’une forme qui hantait tout le métrage, véritable manifestation presque ectoplasmique de l’essence même du mal.
Le mal, Mike Myers a conscience qu’il en a fait même s’il tente de le nier. Et c’est la différence fondamentale. Car même si la deuxième partie se confronte directement au film original, il le reproduit et l’évacue en 40 minutes, se focalisant sur un être immense (au sens propre comme figuré) accueillant le mal comme seul moyen d’expression d’une souffrance extrême.
Et comme dans son précédent film « The devil’s rejects », Rob Zombie parvient à créer de la compassion pour un personnage commettant des meurtres d’une violence inouïe.
Déjà passablement égratigné par les ligues de vertus ou des critiques puritaines choquées par les 2 premiers longs de Zombie, celui-ci enfonce un peu plus le clou et poursuit une thématique, certes délétère, que chaque monstre figure notre incapacité à comprendre et accepter toute forme de déviance.
Au-delà de toute complaisance envers le mal, Rob Zombie est véritablement intrigué par l’impossibilité de l’Amérique (des seventies ou contemporaine) à aimer l’Autre.


Cette impasse affective, les protagonistes de « The Kingdom » vont y être salement confrontés.
L’équipe réduite du FBI dirigée par l’agent Fleury (Jamie Foxx) part enquêter sur un attentat perpétré en Arabie Saoudite. Mais avant de pouvoir s’y atteler, il va falloir composer avec des us et coutumes pour le moins restrictives. Gagner la confiance de l’autre, montrer une estime réciproque et sincère s’avéreront capital. Etreignant tous les stéréotypes ayant habituellement cours dans ce genre de productions pour mieux les subvertir, Peter Berg (aidé de l’immense Michael Mann à la prod) réalise un incroyable traité sur les relations entre orient et occident actuellement au point mort. Petit bijou de tension, d’action et d’intelligence dans la caractérisation, « le Royaume » montre à quel point chacun est convaincu que l’autre ne rêve que de le détruire.
Pourtant, la fraternisation est possible comme le démontre Fleury et son homologue saoudien. Malheureusement, cet espoir sera bien vite liquidé (au sens figuré comme au sens propre !), dans un final absolument éblouissant de maîtrise de l’espace comme des enjeux. Le plus déchirant étant que l’anéantissement de tout espoir viendra de la main d’une fillette.
On peut difficilement taxer ce film de pro-Bushisme. Par contre il dénote une réelle évolution de l’état-d’esprit post-11 septembre qui tient maintenant plus de la résignation. L’affrontement est inévitable.
La reproduction des mêmes schémas de pensée engendre une violence toujours plus exacerbée.


Ces deux films magistraux apportent une vision de l’Amérique devenue dépressive, déprimée dont l’échec à cerner l’Autre l’entraîne sur une voie plus sombre, vers un isolement certain.
Alors, comme dans le dernier plan de « Halloween », L’Amérique est-elle condamnée à pleurer et crier sans fin ?




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THE KINGDOM

Posté le 04.11.2007 par houseofgeeks
S’il avait fallu attendre plus d’une décennie pour voir des films éminemment réflexif et pertinents sur le conflit viet-namien, les années 2000 semblent générer un temps de maturation beaucoup plus court. Décennie de la vitesse accélérée où tout concourt à donner un rythme frénétique à l’existence - déplacements, consommation, téléchargements, tout est plus rapide. Il n’est qu’à voir les films prenant pour sujet les deux conflits en Irak qui se succèdent régulièrement. Dernièrement, le rythme s’est notablement accéléré et la fin d’année 2007 a vu débuter une déferlante qui va se poursuivre jusqu’au mois de février. « Lions et agneaux », « Dans la vallée d’Elah », Battle of Haditha », « Redacted », une vague qui débute avec l'exceptionnel film de Peter Berg « Le royaume ».
Et quand je dis exceptionnel, je pèse mes mots car venant du réal de « Very bad things », un film dont l'action se déroule en Arabie Saoudite ne pouvait présager d’une telle intelligence. Un traitement sans nul doute du à Michael Mann intervenant ici à titre de producteur. Au-delà de la légitimité qu’apporte un tel nom, l’influence du maître à filmer est palpable.


Donc l'histoire voit une équipe d'agents du FBI emmené par Jamie Foxx enquêter sur un attentat ayant tués nombres de ressortissants américains sur le sol saoudien. Dont deux agents. Et pour cela ils doivent se rendre sur place, ce qui vu les relations entre les deux pays n'est pas gagné d'avance.
Si "le royaume" semble aussi porté sur la bipolarité de relations pour le moins ambiguës entre les états-unis et l'arabie saoudite c'est qu'il est le reflet d'une vision manichéenne véhiculée et acceptée par nombre d'américains, quand bien même, de rapports en révélations,la situation réelle est plus complexe.
Ce film dé-réalise le fantasme ultime des faucons de Bush Jr qui tentent de nous vendre un choc des civilisations qui n'a pas lieu d'être.

Déjà, le générique est un véritable concentré clair et précis de la situation géopolitique unissant ces deux pays. Ensuite, l'attentat en question est proprement ahurissant de réalisme. Au bout de 5 minutes de film, vous êtes déjà sur le cul. La réalisation, le montage, l'intensité et la violence font de ces premières séquences des modèles du genre.
Parce que les relations diplomatiques sont au point-mort, et du fait de cet attentat aussi meurtrier qu'impressionnant un climat de tension permanente règne. Et avant de jouer "les experts" en vadrouille au proche-orient, nos agents vont devoir composer avec des us et coutumes pour le moins restrictives. Et gagner la confiance de leur homologue saoudien, qui avoue ne rêver que de tuer les responsables. Un peu réac' non pour quelqu’un qui apparaît comme un "libertaire frustré" par le système militaire.
L’une des grandes forces du film est donc d’utiliser nombre de poncifs du genre pour mieux les exploser par la suite. Des personnages archétypaux qui semblent véhiculer de prime abord une pensée et une vision colonialiste du monde particulièrement nauséabonde.
Film d'une intelligence rare qui n'appuie pas lourdement sur les ressentiments et la tristesse légitimes de certains des protagonistes, et qui en présentent d'autres sous des côtés finalement plus sombres que prévus.
De même l'aspect émotionnel lié au drame personnel vécu par le personnage de Jennifer Garner est là aussi traité de manière extrêmement intelligente puisque jamais le film ne verse dans le pathos à outrance (avec gros plan sur les larmes coulant le long du visage et tutti quanti).

Si l’action est loin d’être frénétique (on est pas en présence d’un actioner de base non plus) ce n’est pas pour autant que l'on s'ennuie. Tout l’intérêt réside dans les tractations diplomatiques et le travail d'enquête qui tendent vers un final absolument détonnant. 30 dernières minutes remarquables, une plongée directe en pleine guérilla urbaine où la topographie menaçante des lieux et les tireurs embusqués rendent la situation encore plus anxiogène. Un must de tension paroxystique.
« le Royaume » montre à quel point chacun est convaincu que l’autre ne rêve que de le détruire.
Pourtant, la fraternisation est possible comme le démontre Fleury et son homologue saoudien. Malheureusement, cet espoir sera bien vite liquidé (au sens figuré comme au sens propre !), dans un final aussi spectaculaire qu'anxiogène. Le plus déchirant étant que l’anéantissement de tout espoir viendra de la main d’une fillette.
On peut difficilement taxer ce film d’être pro-Bush. Par contre il saisit une posture post-11 septembre moins altruiste et tenant maintenant plus de la résignation. L’affrontement est inévitable.
La reproduction des mêmes schémas de pensée engendre une violence toujours plus exacerbée.

Mais ce qui fait, à mon humble avis, de ce film un classique presque instantané est sa fin montrant que malgré toute la meilleure volonté du monde, il demeure un mur d'incompréhension culturel qui engendre une violence aveugle ou fanatique. Différentes causes, mêmes maux.
"on les tuera tous." ? Ok, mais après ? Sacrée impasse idéologique, s’il en est.

Hallowen zombiesque

Posté le 28.10.2007 par houseofgeeks
Inévitablement, quand il s’agit de remakes, le fan est plus que circonspect. Et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit de refaire un film du grand John Carpenter, au vu des pitoyables tentatives précédentes.
Tout aussi inévitable, la comparaison avec l’œuvre originale. Supérieure, inepte ? Inutile ou véritable réappropriation ? Alors, quand le projet du remake de « Halloween » est greenlighté, le fan tremble. Mais bien vite, il bave d’impatience lorsque le nom de Rob Zombie est avancé pour le réaliser.
Rob Zombie est un fan pur et dur de cinéma d’horreur. Les clips de son groupe de métal « White zombies » sont là pour l’attester. C’est donc logiquement qu’il se lance dans la réalisation. Un coup d’essai en forme de train fantôme bien barré avec le plastiquement incroyable « House of 1000 corpses » puis un coup de maître avec le non moins barré et dérangeant « the devil’s rejects », véritable déclaration d’amour aux films d’horreur des seventies et à ses figures les plus extrêmes. Ces deux chefs-d’œuvre lui octroyant la reconnaissance et la confiance des fans.
Et alors que tous les remakes des films de Carpenter s’avèrent des catastrophes artistiques (et au contraire succès marketing), c’est en toute légitimité que Robert Cummings s’attaque au chef d’œuvre séminal de Big John, « Halloween ».
Considéré à tort comme le père de tous les slashers (cet honneur revenant au « Black Christmas » de Bob Clark – 1974) et s’il en utilise les codes et les contraintes, Carpenter livre un véritable traité sur la propagation du mal et accessoirement un chef-d’œuvre de tension et de terreur brute. Le croquemitaine Michael Myers, personnification et abstraction ultime de la figure du mal, entrant direct au panthéon des plus beaux tueurs.
Après 8 suites plus ou moins réussies (sortent du lot, le 2ème épisode et Halloween 20 ans après), comment sortir de l’ornière une franchise mal en point, à la veille de fêter les 30 ans de création du monstre d’Haddonfield ?
Non pas en proposant une relecture ironique, référentielle et ultra jouissive comme « Jason X », mais bien en revenant aux origines du mythe.

« Halloween 2007 », se propose donc de se concentrer sur le personnage de Michael Myers et de narrer sa déchéance, la manière dont il plonge dans la folie homicide.
Plus qu’un simple remake, Zombie s’applique à combler les trous du récit de Carpenter. Respectueux de son aîné, il s’en éloigne suffisamment pour en donner sa propre version, sa définition du mal.
Michael Myers est la représentation de l’échec patent des institutions à éduquer et aimer un gamin fragile et perturbé par un environnement quotidien aussi violent physiquement que psychologiquement. Que ce soit la cellule familiale, l’école, le milieu médical tous sont impuissants face à cette souffrance se muant en folie destructrice.
Le petit Michael Myers alors âgé d’une dizaine d’années est déjà salement perturbé. Et le contexte familial autant que scolaire ne vont pas l’aider. Une mère aimante obligée de s’exhiber dans une boîte de striptease pour subvenir aux besoins de la famille, un beau-père haineux, violent et libidineux qui passe son temps à l’humilier et à baver sur les formes de sa belle-fille. Une sœur qui ne se préoccupe que de son petit copain. Seule la petite dernière bénéficie de la tendresse du petit Myers. Pas d’excuse ou de circonstances atténuantes. Simplement un constat presque clinique. Et si Michael profite de l’absence de sa mère pour tuer le reste de la famille, c’est à la fois pour répondre à ses pulsions comme pour soustraire sa petite sœur à cette ambiance néfaste et déliquescente. Chaque fois qu’il tue, Mike le fait masqué. Montrant par là même la disparition progressive de tout caractère humain et l’altérité au travail. Plus qu’un gimmick de tueur dégénéré, revêtir un masque devient une seconde nature.
Outre cette référence visuelle, Zombie utilise également une référence musicale pour définir sa vision de Myers. Ainsi, c’est dès que résonne les notes entêtantes du thème composé à l’époque par l’ami John, que Michael s’enfuit du bureau du principal pour poursuivre et punir un camarade de classe s’étant moqué une fois de trop de lui et surtout de sa mère. Un thème musical agissant comme un signal sonore résonnant seulement dans la tête du gamin. Une perception renforcée par le fait qu’à ce moment, la musique se superpose aux paroles échangées entre la mère et le docteur Loomis.
En plus de donner de l’épaisseur au background de Myers, Zombie se démarque de la version de 1977 en ne présentant plus seulement Michael Myers comme le réceptacle d’une force maléfique. Rob a l’intelligence de ne pas filmer le meurtre de la famille en point de vue subjectif comme chez Big John. Le malaise n’en est pas moins prégnant, puisque si nous ne nous trouvons plus dans la peau du tueur, nous sommes dans celle de ses victimes. La démarche lente et presque robotique renforçant le côté inéluctable de la mort. Surtout, à la fin de la séquence inaugurale du 1er « Halloween » , un mouvement de caméra vers le ciel après avoir figé l’action laissait entendre que la force maléfique s’en était allée, pour revenir 20 ans après investir le corps de michael. Or, dans la version de 2007, si l’action se fige également à près la découverte du massacre, la caméra opère cette fois un travelling latéral vers la voiture de police où est enfermée le jeune Michael. Le mal est toujours là et va se développer.

Autre apport majeur, la fascination de Michael pour toute sorte de masques. S’il passe son temps à s’en fabriquer, c’est bien pour se construire un visage en adéquation avec sa psyché. Plus que son mutisme, c’est définitivement le port d’un masque qui l’isole du reste de l’humanité.
Ce qui rend aussi la version de Zombie remarquable, c’est d’avoir développer l’affect de Myers. On l’a vu, il aime sa petite sœur mais aussi profondément sa mère. Et les scènes entre la mère (Sheri Moon Zombie) et lui sont déchirantes. Notamment dans l’institut psychiatrique où il est enfermé. La séquence où elle prend conscience que son fils n’a plus rien d’humain après l’avoir vu éructer de rage en tuant une pauvre infirmière est émotionnellement tétanisante.
Confronté à ce regard d’un noir abyssal, la mère préfère se suicider quand le docteur Loomis manque de s’y perdre en tentant de rallumer une flamme d’humanité.

Le tueur chez Carpenter était caractérisé par une forme, n’était-il pas rebaptisé « the shape » ? Rob Zombie opte pour une véritable montagne de force. L’ex-catcheur Tyler Mane (Sabretooth dans X_Men) incarnant un Myers véritablement brutal et rageur. A la peur latente d’attaques différées, Zombie préfère le déchaînement de violence. Et dans le cas présent cela fonctionne plutôt bien. Comment échapper, résister à un mastodonte pareil qui se débarrasse aussi vite et sans fioritures de gardes chargés de le transférer ou d’un camionneur aussi bâti que lui (Ken « Dawn of the dead » Foree) ?

Après avoir marqué sa différence en faisant de sa première partie une sorte de préquelle de l’original, Zombie se confronte finalement à Carpenter dans son deuxième acte se déroulant à Haddonfield. Reprenant des scènes entières au plan près parfois, Rob parvient tout de même à se démarquer pour éviter le simple plagiat stérile. Et c’est dans les explosions de violence de son « héros » qu’il trouve le salut. Choquantes, les scènes de meurtres savent pourtant ménager le suspense. Et celle où Laurie Strode (la sœur de Myers) découvre sa copine passablement charcutée et gisant à terre est emblématique. Elle se précipite pour appeler les secours tout en prenant les râles de la victime pour de la douleur alors qu’elle essaie justement de la prévenir que le tueur est toujours présent ! Imparable.

Le parti pris de Rob Zombie est de filmer le tout de manière presque documentaire. L’image et les cadres ont beau être travaillés et superbes, tout concourt à en faire la reconstitution réaliste d’un fait-divers. La violence y est brute, sèche. Les meurtres abominables sont loin de faire sourire. Indignement taxé de complaisance, Zombie est véritablement fasciné par le mal. Et ses précédents films sont là pour le rappeler.

Enfin, la séquence finale se déroulant dans l’ancienne maison familiale entrîne le film dans l’abstraction la plus totale. Emprisonnée dans cette bâtisse complètement décrépie, Laurie fait face au croquemitaine, son frère. Mais ça elle ne le comprend pas. Au désespoir de Michael qui s’est complètement mis à nu face à elle. Laurie ne pense qu’à s’échapper de ce labyrinthe et survivre. A partir de son enlèvement par Myers, nous n’avons plus de point de vue extérieur. Comme elle, nous sommes enfermés dans cette maison, véritablement illustration du psychisme complètement abîmé de Michael. Et on peut applaudir Rob Zombie d’être allé au bout de son concept. Le dernier plan étant un sommet de désespoir digne du final de « Blow out » de De Palma.

Peu importe s’il existe des différences entre la version salles et le workprint circulant sur le net. Et si son « Halloween » souffre parfois d’un certain manque de rythme et quelques incohérences, c’est essentiellement le fait du remontage des Weinstein Bros, toujours prompts à foutre leur nez où il ne devrait pas. Cependant, comme Mc Tiernan en son temps, ces retouches ne parviennent pas à circonscrire le talent du réalisateur. En l’état Rob Zombie a réussi son pari et à livrer enfin une adaptation digne de l’œuvre de Carpenter. A la fois différente dans son traitement plus bestial et respectueuse de l’original. Plus que jamais Zombie est un des meilleurs réalisateurs en activité, tous genres confondus.
Au final, au-delà d’une comparaison stérile la version de 2007 tout en apportant un nouvel éclairage est une œuvre inextricablement liée à la version de 1977 car parfaitement complémentaire.

Grinhouse part II

Posté le 28.10.2007 par houseofgeeks
Après avoir savouré à sa juste valeur le segment de Quentin, passons à la tambouille mexicaine de son ami Rodriguez. Contre toute attente, elle se révèle bien plus digeste que prévu. Mieux, son goût fortement épicé relève de belle manière l'expérience « Grindhouse » ainsi que sa carrière.




Et pourtant, depuis le début cela aurait dû nous sauter aux yeux tant sa filmographie est révélatrice : Robert Rodriguez est un vrai réalisateur estampillé « Grindhouse ». Ses films parfois montés à la hache foisonnent d'idées rarement exploitées entièrement, prétextes aux sujets les plus casse-gueule ou aux concepts aussi improbables qu'un mariachi préférant la musique des balles à sa guitare, des extra-terrestres boutés hors de la fac grâce aux propriétés d'une étrange poudre blanche, des espions en culottes-courtes (etc...).
Il aura fallu attendre le diptyque avec son pote Tarantino pour s'en apercevoir. Mais il serait plus juste de dire que c'est l'exploitation distincte des dits films qui aura fait éclater la vérité.
Tarantino est brillant, un geek aussi génial qu'ambitieux mais il n'est pas à proprement parler un « grindhouser » (désolé pour le néologisme). Il en a l'esprit mais pas la lettre.
Car on peut reprocher à Rodriguez sa propension à vouloir s'occuper de tout (réalisation, montage, musique voire peut être un jour la vente de pop corn) occultant souvent les enjeux narratifs (Sin City ou plutôt Statique City !) comme esthétiques (Spy Kids 3D, Shark boy et Lavagirl : véritables boursouflures visuelles) mais pas sa générosité, son excitation et son énergie passées à satisfaire nos plus coupables plaisirs de geeks hardcore : gunfights homériques, explosions dantesques filmées sous tous les angles, projection de sang et tripaille en tous genres le tout relevé de femmes létales, belles et excitantes.
Rodriguez respire, transpire le film d'exploitation. Et son « Planet terror » enfonce le clou une bonne fois pour toutes.

Ça commence très fort avec la bande-annonce de « Machete » entièrement dédiée à cette tronche impayable de Danny Trejo. En 2mn30 d'images aussi évocatrices que dévastatrices d'un Machete en action, avec des femmes ou en leader d'hommes brandissant des....machettes (!), il parvient à attiser notre désir d'en voir encore plus.
Plus qu'une bande-annonce, la note d'intention de ce qui va suivre.
Chassant sur les terres du schizophrénique « Une nuit en enfer », « Planet terror » s'apparente plus à une relecture qu'à un remake. Il joue sur la même dynamique d'une montée en crescendo trouvant sa résolution paroxystique dans un final débridé où les décors comme les corps finissent par exploser !
Exploitant le schéma même de « La nuit des morts-vivants » de George Romero, d'abord comme à reprendre (« Une nuit...) puis comme modèle à pervertir. Et de belle manière.
Le film regorge de personnages haut en couleur bénéficiant d'une iconisation outrancière et jouissive (l'entrée en scène de Bruce Willis est un régal !), de situations absurdes et scènes mémorables (voir ce que Naveen Andrews prélève et collectionne de ses adversaires !).
Car finalement, à l'instar des films d'exploitations dont il se réclame, l'histoire de « Planet terror » importe peu. D'autant qu'elle est archi-rebattue : une poignée de survivants doit combattre et survivre à l'attaque de zombies infectés par un virus chimique. C'est définitivement une intrigue prétexte à tous les délires. Le personnage de Rose McGowan en étant la parfaite illustration. Au fur et à mesure du métrage sa jambe droite, d’abord amputée, se voit remplacée tour à tour par un pied de table puis un bon gros shotgun, pour in fine arborer une superbe mitrailleuse digne de la révolution méxicaine, traduisant sa transformation en guerrière de plus en plus féroce et charismatique.

Le film est bardé de références et d’hommage plus ou moins appuyés - films de zombies (l’enfer des zombies, l’avion de l’apocalypse), les films de siège (Carpenter style !), les bandes italiennes post-apocalyptique – non plus destinées à contenter les fans hardcore mais rendues significatives et signifiantes par le scénario même. Montrant, comme à l’époque de « Une nuit en enfer », l’apport inestimable de Tarantino dans l’écriture.
L'hommage est rendu jusque dans l'habillage du film. Image tremblotante, rayures et grain à l'appui. Jusqu'à la fainéantise légendaire de Rodriguez ici exploitée par le biais d'une bobine entière portée disparue ! Une ellipse aussi folle que géniale et qui n’entrave en rien la compréhension et la cohérence des évènements.
Outre la patine visuelle, l’utilisation d’acteurs communs (Rose Mc Gowan, Michael Parks, Q.T himself) participe à l’hommage rendu.
Il va vraiment au bout du concept alors que Tarantino ne marquait son métrage que par intermittence. Des différences de traitement qui en font des films complémentaires, indissociables dans leur démarche de ressusciter ce genre de double-programme.
Cependant, l'expérience « Grindhouse » avait déjà été tentée par les deux compères en 1996. Et oui, « Une nuit en enfer » en était une tentative non avouée. Sauf que sa particularité était de l'expérimenter au sein du même film, sans coupures. La 1ère partie dialoguée est du Tarantino pur jus préparant à l'hystérique 2nde partie de l'ami Roberto.

Etrangement, le public américain bouda son plaisir ne rendant pas justice à la vision des deux compadre. Et si « Death proof » est sorti rallongé dans nos contrées, c'est bien sur l'aura d'auteur à part de Tarantino que le film fut vendu. Festival de Cannes oblige. Injustement oublié de la campagne promo de son pote, le film de Rodriguez apparaît comme le canard boiteux de la bande.
Certes, il ne gagnera pas de prix mais il saura à coup sûr faire frémir les amateurs de pelloches azimutées et gagnera leur coeur.
Car les personnages sont attachants, bien campés, les seconds couteaux au diapason (Mickael « Terminator » Biehn, Tom Savini maître es maquillages horrifiques...) et les séquences d'anthologies se succèdent : l’apocalypse s’abattant sur l’hôpital par le biais de l’attaque des infectés (dont une délectable référence au « Jour des morts-vivants » lorsque les infectés se repaissent des tripes des patients et du personnel soignant), l'assaut sur le snack où sont réfugiés les survivants, le démastiquage en règle pour s'en échapper...
Robert Rodriguez fidèle à lui-même.
Et contre toute attente, il étonne par son scénario travaillé, une mise en scène maîtrisée et surtout inventive, enfin au service de l’histoire et plus seulement ostentatoire et en roue libre.
Pas de digressions ou de réflexions sur la société ou le genre. Pas le temps. Comme si le film, lui-même pris de convulsions, devait lâcher tout ce qu'il a dans le ventre avant de succomber au virus (du conformisme ?).

Cependant, le film de Rodriguez permet de souligner la tendance actuellement à l'œuvre à Hollywood.
Face à une esthétisation de plus en plus conventionnelle, des images numériques de plus en plus lisses et transparentes, « Planet Terror » se présente comme une alternative on ne peut plus radicale. Ce n'est sans doute pas par simple pudeur et respect de son aîné (« la nuit des morts-vivants ») que les agents contaminant sont nommés infectés. Niant par là même leur nature zombifiée, ils stigmatisent toute une production grand public puisant aux sources du genre tout en refusant d'en assumer l'héritage.
Sans doutes les prétentions de « Planet Terror » s'avèrent être plus basiques. Il n'empêche qu'il détonne clairement dans le paysage.
Et s'il est autant marqué d'imperfections à la fois narratives et esthétiques, c'est bien pour rendre compte du lissage formel qui s'opère partout ailleurs.


Avarie de leur distribution oblige, nous avons rendu compte de chaque film distinctement. Or, « Death Proof » et « Planet Terror » sont les deux parties d'une seule et même oeuvre. Il est temps de rendre justice au travail du duo Rodriguez /Tarantino en soulignant ce que leur démarche a de fondamental.


Confronté à des films de genres malmenant les codes et la narration, le spectateur lambda se trouve démuni car incapable d'interpréter ce qu'il voit autrement que par des grilles de lecture obsolètes et hors sujet.
Dans le diptyque « Grindhouse », la question demeure de savoir comment appréhender ce trop plein de bavardages, ces suites ininterrompues d'outrances visuelles et stylistiques. Le fait que le public américain ait boudé son plaisir est là pour l'attester.
Les deux réalisateurs entreprennent de nous réveiller et d'échapper au cauchemar de Stepford (cf le livre « The Stepford wives » de Ira Levin où la société idéale s'apparente à la vie paisible et sans aspérités d'une bourgade idyllique)
Bien sûr, c'est l'hommage aux films ayant bercés leur adolescence qui a présidé à l'élaboration de « Grindhouse ». Ce fut pourtant un échec commercial cuisant.
Putain, mais avec des motifs aussi putassiers que des zombies, des voitures et des meufs bien roulées, ils auraient dû exploser le sacro-saint box-office !
Face à une réalité sculptée à même les codes dans lesquels se complaît son audience, « Grindhouse » propose une matière brute à (re)définir.
Ce film atypique, dans sa longueur comme dans sa forme et son unité, est révélateur d'une industrie toujours plus uniformisée.
A noter que le virtuose « Smokin' aces » (Mise à prix en V.F) de Joe Carnahan participe de la même démarche de questionner le positionnement d'hollywood face à des OFNIS dont la vacuité apparente ne doit pas masquer une réelle sincérité et respect des spectateurs.

Enfin, le recours à des effets spéciaux gorissimes à même le plateau (la KNB's touch), à des cascades sans artifices (se sont bien Russel et Zoé Bell au volant ou sur le capot) singularise le film, soulignant de fait une emprise du numérique toujours plus croissante (et inquiétante ?). C'est également le propos de « Zodiac » de David Fincher, sorti à la même période, que de s'interroger sur l'hybridation de la réalité avec le numérique. Sous une forme plus classieuse mais à chacun ses armes, Robert Tarantino ayant choisi une explosion festive et jubilatoire.

Plus qu'une expérience américaine convoquant la nostalgie d'un âge d'or où les séries B se permettaient tous les excès esthétiques autant que narratifs, « Grindhouse » se défini comme une exception culturelle américaine.
Lorsque l'on voit les limites de l'exception culturelle bien de chez nous, à quand une immigration choisie du couple Tarantino/Rodriguez ?

Grindhouse part I

Posté le 28.10.2007 par houseofgeeks
Le terrific duo Rodriguez/Tarantino revient malmener nos rétines et secouer nos esprits épris de conformisme avec deux films énergiques et hautement référentiels. Les deux amigos espérant ainsi recréer l'ambiance euphorique et galvanisante de leurs jeunes années où, gavés de pelloches aussi incroyables qu'improbables, ils ont cultivé leur amour pour le cinéma sous toutes ses formes.
Et alors que la production cinématographique outre-atalantique est frappée d'inanité, les remakes de classiques des seventies se multiplient de façon presque exponentielle. Et puisque ce retour sur ces années dorées est devenu inévitable, pourquoi ne pas leur rendre un vibrant hommage tout en donnant un sacré coup de pied dans la fourmilière !
C’est avec ce but avoué que naquit le projet « Grindhouse », proposer deux films en un. Mais le bébé est malheureusement loin d'être viable.

« Grindhouse » se veut (et doit se vivre dans l'absolu) comme une expérience de cinéma typiquement américaine, soit deux séries B présentées en double-programme et caviardées de bandes-annonces détonantes.
Mais suite au four commercial outre-atlantique, ce programme est dédoublé pour une exploitation maximum perdant donc toute singularité. Pour faire passer la pillule les frères wenstein nous proposent des versions rallongées de « Death proof » et de « Planet terror » (les traductions françaises enlevant un peu plus de charme à l'entreprise !).
Le projet « Grindhouse » tente de réactiver tout un pan du cinoche de drive-in : les films d'exploitation (sexploitation, blaxploitation, horror movies, rape and revenge,etc). Soit des bandes souvent fauchées et pas toujours très bien filmées ou montées mais dont l'esprit frondeur, les scripts bien barrés et la puissance d'évocation faisaient le bonheur des spectateurs des années 70.
Années fondatrices pour Tarantino, tous ses films étant clairement sous influence.

Pourtant, il est étranger à l'esprit des seventies. Son travail est très ludique mais aucunement engagé. Il n'est pas aussi radical que d'autres envers un contexte socio-politique, menant plutôt sa révolte contre un cinéma auteurisant et s'exhibant comme de qualité. Sa lutte se meut en une réhabilitation du cinéma de genre. De tous les genres. Et surtout ceux sans aucune légitimité.
Aussi « death proof » doit être pris pour ce qu'il est - une énième déclaration d'amour à ces films aux situations les plus improbables – et pas comme une re-création artificielle et vaine.
D'autant que les anachronismes tels que l'utilisation d'un portable ou de sms s'intègrent naturellement à la fiction. Nous sommes bien en présence d'un film contemporain. Tout le décorum (générique, grain, sautes de l'image, look général...) servant à identifier la référence aux seventies. Au delà d'un maniérisme envahissant, cet « habillage » renforce l'immersion du spectateur et apporte un regard rétrospectif. Tout en soulignant que, finalement, les préoccupations des jeunes filles d'il y a trente ans sont identiques à celles d'aujourd'hui.

Une gent féminine seulement absente de son 1er film « Reservoir dogs » puisque toute sa filmographie voit leur présence et leur importance croître. « Death proof » étant le point d'orgue de cette déclaration d'amour. On ne peut le réduire au fétichisme affiché et assumé par Tarantino pour les pieds. D'ailleurs, il en joue énormément dans ce film, à la limite de la parodie. Il aime les femmes. Entièrement.
Ici, 8 femmes sont à l'honneur. Magnifiées par des dialogues savoureux et jubilatoires et la caméra. Même dans la mort. La scène où la voiture des filles se fait percuter par celle de Stuntman Mike (Kurt Russel) est incroyable de violence, de lyrisme et de cruauté mêlés. Quatre angles de caméra différents permettant de détailler les dégâts sur leurs magnifiques corps.
Les seuls mâles présents ne jouissent qu'en les tuant (Russel) ou ne pensent qu'à les abreuver de « pina culada » (Eli Roth).

Rectification. Pas de femmes dans « Réservoir dogs » ? Physiquement c'est sûr. Mais n'oublions pas que la 1ère scène montre les malfrats en train de discuter dans un café de la signification profonde du hit de Madonna « Like a virgin » ! Une vraie conversation de filles. Juste retour des choses, dans « Death proof » elles parlent et se comportent comme des mecs. Ultime mise en abyme, elles ont droit également à leur séquence dans un coffee-shop où les digressions se portent sur le film « Point limite zéro » de Richard Sarafian.

Une référence qui habite et parcourt tout le film et surtout la seconde partie. Tout comme son modèle, au-delà du concept basique du road-movie se bornant à décrire une trajectoire rectiligne, le film épouse le parcours intime des protagonistes.
Dans « Vanishing point » cela s'apparentait à un retour sur le passé de Kowalski (sa dodge blanche se volatise au profit de la voiture noire qu'elle vient de croiser) sauf qu'ici on repart à la situation de base afin d'en mesurer l'évolution (la 1ère partie se voit re-doublée dans la 2ème).
Si le film de Sarafian représente le point de disparition des illusions communautaires et des idéaux portés par les sixties, « Death proof » figure la perte de l'innocence et la mort de l'amour idéalisé.
Le premier quatuor a beau faire, se sont de vraies midinettes croyant encore en un romantisme suranné. La tendance s'inverse par la suite puisque malgré leur image d'écervelées, se seront les plus aptes à survivre.
Tarantino livre rien moins que l'ultime film féministe. Certains y voient plutôt la concrétisation de son désir de faire un slasher. Rien n'est plus faux. Si Stuntman Mike s'apparente à un tueur en série (la voiture remplaçant l'arme blanche), il incarne plutôt une misogynie délétère.

Tarantino ne peut se réclamer totalement de l'esprit 70's, les conditions sociales et politiques sont complètement différentes. Les films de cette décennie se basaient sur une violence réaliste, sur le refus de l'autorité et l'affirmation de l'individu.
Des années 70 considérées comme dernier âge d'or du cinéma américain et modèle à reprendre. Se définir par rapport à cette décennie glorieuse est symptomatique de la main mise actuelle des studios sur le processus créatif. La référence constante chez de nombreux cinéastes (Soderbergh, Aja, Tarantino donc....) témoigne de leur désir de réappropriation et de faire des films adultes menés par les personnages et le scénario.
Si la plupart du temps cette référence relève d'une argumentation marketing (cf tous les remakes décérébrés de classiques du genre comme Zombie, Texas chainsaw massacre,etc), la démarche de Tarantino demeure d'une sincérité et d'une intégrité touchante. En se réappropriant les codes inhérents aux genres, en s'en amusant, en les détournant, il enrichit à la fois son cinéma et notre contre-culture.
Une belle preuve d'altruisme de la part de quelqu'un habitué à voir son oeuvre décortiquée et scrutée par les critiques. Remercions le d'aimer et de connaître ces films mieux que quiconque. Et tant pis pour les exégètes bornés et réducteurs qui ne veulent voir que roublardise et recyclage au lieu du travail d'un vrai passionné.
Les innombrables citations, les emprunts à des univers spécifiques n'ont pas besoin d'être repérés et identifiés pour produire la sensation d'un émerveillement, comme s'il s'agissait d'une hypothétique première fois. Se crée ainsi un monde de cinéma à la fois autiste et totalement ouvert où l’origine ( la réalité, le modèle) ne peut se dissocier de son autre (la reprise, la fiction).

Avec « Death proof », il opère une synthèse de son œuvre, thématiquement et visuellement, mettant un terme (provisoire ?) à son exploration de la psyché féminine. Dorénavant, il peut s'atteler à celle masculine comme semble l'attester son prochain projet au titre sans équivoque : « Inglorious bastards » !

L'ENNEMI INTIME

Posté le 13.10.2007 par houseofgeeks
Florent Emilio Siri voulait dépeindre la guerre d’Algérie comme les américains ont dépeint celle du Viêt-Nam, montrer à la fois la violence des combats et les désillusions engendrées.
Un pari insensé amplement réussi puisque « L’ennemi intime » n’est rien moins qu’un grand film de guerre digne de « Platoon », « Full metal jacket » et même du livre de Conrad « Au cœur des ténèbres » (base de travail de « Apocalypse Now »).La descente aux enfers du lieutenant Terrien qui se dessine en filigrane permet de relier la grande à la petite histoire, l’universel à l’intime.

C’est peu dire que le cinéma français reste peu disert en matière de films de genre. Ce ne sont pas les sporadiques tentatives de talentueux réalisateurs (Aja/Levasseur, Maury/Bustillo, Gens, Caro…) qui le sortiront de l’ornière. Il faut pour cela livrer un film à message, au militantisme confortable comme « Indigènes » pour trouver grâce et jouir d’une certaine reconnaissance.

Porté par le scénario de Patrick Rotman adaptant ses livres sur la question, le film complète admirablement la réflexion menée par son documentaire, lui aussi intitulé « L’ennemi intime ». Après avoir recueilli les témoignages des survivants, Siri lui, s’attelle à faire parler les morts.
Le contexte historique dans lequel évolue le film est celui des grandes opérations menées sous l’appellation « Plan Challe » (de février 1959 à mars 1960) et destinées à écraser définitivement les maquis algériens et de reconquérir les territoires contrôlés par les fellaghas. L’action du film se situant dans la période due juillet à décembre 1959, soit au paroxysme du conflit.
C’est là que débarque le jeune lieutenant Terrien (Magimel) pétri d’idéalisme et qui va se confronter au cynisme du sergent Dougnac (Dupontel impérial), au reniement du capitaine Berthaut et aux absurdités d’une guerre qui ne dit pas son nom.

Film de guerre mais aussi véritable western dans la manière qu’à Siri de magnifier les paysages marocains par l’utilisation du scope ou la façon dont se manifestent les fellaghas ne laissant, à la manière des indiens, comme traces de leurs passages que les stigmates de leur sauvagerie.. Et puis l’Algérie n’est – elle pas un territoire de l’ouest de la France, lieu d’une guerre civile dont les blessures ne se sont jamais refermées ?

Outre ses combats esthétiquement réussis, immersifs et viscéraux au possible, une des grandes réussite du film est de refuser toute héroïsation et tout manichéisme Aucune exaltation possible, la section de Terrien ne fait que réagir aux attaques, les rares initiatives s’avérant catastrophiques (la 1ère scène, l’attaque au napalm). Aucun morceau de bravoure bien que le film souligne le courage et l’abnégation de ces soldats. Et puis chaque camp se livre à des actes barbares, la France commettant des exactions hautement condamnables rendant la cause qu’elle défend douteuses et illégitime.

Le film insiste également fort à propos sur la participation des harkis à la seconde guerre mondiale aux côtés des français, mettant en évidence le caractère doublement fratricide du conflit en question . Un des soldats de la section, Saïd, s’apercevant que le fellagha capturé et lui ont combattu ensemble lors de la bataille de Monte Cassino.
Surtout, 9 petites années séparent les 2 conflits. Assez pourtant pour oublier les tortures infligées par la Gestapo et les reproduire ici (le capitaine Berthaut ).

« L’ennemi intime » s’attache donc à recontextualiser les évènements dans un contexte historique plus large et replacer ces faits dans le cadre d’une narration afin d’éviter tout didactisme lourdingue.

La mission assignée à Terrien et les siens, localiser et éliminer un dénommé Slimane, est un pur prétexte, l’objectif étant atteint par hasard sans qu’aucun s’en rende compte. Ce qui intéresse véritablement Siri, c’est le microcosme constitué par cette section hétéroclite composée de très (trop) jeunes appelés, d’un baroudeur, d’un harki, d’un idéaliste et d’un enfant et vivant en vase clos.
Outre ses déchirements autant fraternels qu’idéologiques, chacun s’accommode comme il peut de la violence environnante.
Plus particulièrement, le film tente de répondre à la question posée par le documentaire de Rotman, comment un homme ordinaire devient un bourreau banal ?
La structure du film est concomitante de l’évolution de Terrien, celui-ci devenant ce qu’il haïssait.
Dans un contexte d’isolement favorisant la perte de repères, la logique de la meute ou la préservation du groupe, les apparences trompeuses (paysannes ou fellaghas), le climat d’incertitude et l’ambivalence morale vont le précipiter au fond du gouffre.
Terrien incarne la figure du juste, il refuse la barbarie. Mais face à la logique de la guerre qui une logique de l’instant, de l’instinct, l’écart qu’il maintenait entre son être et sa fonction ne pourra être maintenu. Les évènements auxquels il sera confronté lui martèleront que le seul moyen de survivre est d’adhérer pleinement à sa fonction. Et d’oublier toute humanité.
Les traumatismes successifs subis par Terrien sont mis en scène de manière quasi hallucinatoire. Ainsi on passe d’une absence de musique et de bruits à un environnement sonore saturé, ne reste que la respiration saccadée et le visage halluciné de Magimel. Terrien atteint les limites de l’acceptable.
Face à une violence sauvage (pulsionnelle) et une violence rationnelle (utile), Terrien s’aperçoit, trop tard, que l’ennemi n’est pas en face mais en soi.

Alors aucun choix ne serait possible, quand bien même on serait préparé à ne pas répondre à la barbarie par la barbarie ? Non. Le personnage de Dougnac est là pour l’attester. Contre toute attente et alors qu’il faisait figure de bourreau ordinaire, il aura le courage de tout abandonner.

Aussi démonstratif que nécessaire, notamment dans les combats, tout en jouant du hors-champ et des allusions, Siri est parvenu à représenter cette violence sans tomber dans la complaisance.
S’il rend justice aux combattants, jamais il ne tente de réhabiliter cette guerre. Il en montre toutes les facettes (tortures, exécutions sommaires appelées aussi « corvée de bois », massacre de villages entiers, utilisation du napalm) et les contradictions.
Un film d’une intensité rare, qui tout en menant une réflexion approfondie sur ce conflit, sait ménager des séquences terrifiantes, fortement chargées en émotion et adénaline.

L’impression d’absence de la guerre d’Algérie sur nos écrans renvoie en fait à l’absence d’un grand film sur le conflit ou même d’un film d’action classique comme le génère toute guerre. Une béance que « L’ennemi intime » vient enfin combler.
Après la légitimation législative (loi du 18 octobre 1999 reconnaissant le qualificatif de guerre, renommant les actions de maintien de l’ordre ne guerre d’Algérie), Siri offre une légitimation cinématographique.

Alors, quand un film se montre aussi épique et intelligent dans la manière de traiter d’évènements aussi traumatisants que la guerre d’Algérie, on lève son petit cul et on se précipite dans le cinéma le plus proche !

HOSTEL

Posté le 04.10.2007 par houseofgeeks
Eli Roth, nouveau maître de l’horreur ? Assurément. Pourtant c’était mal parti car après un hommage appuyé à Evil Dead (Cabin fever) mal dégrossi, arriva Hostel premier dont la promo agressive, un pitch connu de tous et des extraits choisis suscita une attente fébrile.
A ce titre, il s’avère décevant en termes de tension, de rythme et d’horreur pure. Jouer la carte du changement de ton drastique –d’une sorte d’american pie en Slovaquie on passe à une réactivation des camps de la mort nazi – aurait pu s’avérer payant si l’histoire n’avait pas été diluée à outrance dans une première partie offrant peu d’intérêt en terme narratif et de caractérisation. Et paradoxalement, c’est là sa réussite. Car Eli Roth plutôt que de proposer un énième shocker, s’appuie sur des personnages archétypaux (des étudiants américains) pour opérer un hallucinant renversement de situation et de valeurs.
Partis dans l’est de l’Europe à des fins sexuelles (se faire un maximum de filles), ils se retrouvent perdus face à un pays et une culture différente. Maintenant, se sont eux les proies. Leur nationalité ne leur offrant plus qu’une valeur…marchande. Et si la menace est constamment différée c’est pour mieux nous inciter à nous désintéresser de leur sort. De sorte, qu’ils n’apparaissent plus que comme des cadavres en puissance. Une déshumanisation qui s’opère en même temps sur le spectateur qui après une heure d’exposition longuette n’espère plus qu’une chose, que les sévices commencent ! A l’instar des « tueurs » du film, les protagonistes ne nous intéressent qu’en tant que corps à dépecer. Bien servi par une bande son stressante et une imagerie délétère liée aux camps de concentration, il n’empêche que le film souffre d’un cruel manque de rythme. Mais il aura au moins permis de poser les bases d’une nouvelle mythologie de cette société secrète offrant à ses plus riches clients l’ultime divertissement : torturer et tuer quelqu'un en toute impunité.

Le premier est loin d’avoir fait l’unanimité bien qu’auréolé d’un certain succès critique autant que public. L’occasion avec le II de rectifier le tir.
Plus qu’une suite, c’est quasiment un remake. Enchaînant directement après la fin du premier, cette suite rappelle rapidement les évènements passés et expose clairement sa nouvelle note d’intention via une scène pour le moins viscérale. Concluant ainsi la première intrigue pour repartir sur une autre histoire.
Cette fois-ci nous suivons trois jeunes américaines étudiant l’art en Italie et partant faire une virée à Prague pendant leurs vacances. Elles sont vite réorientées vers le fameux hôtel de Slovaquie par une rabatteuse. Parallèlement, nous suivons le parcours à la fois physique et initiatique de deux amis avides de sensations toujours plus extrêmes. Si l’un semble plus qu’enthousiasmé par cette nouvelle expérience, l’autre se montre plus réticent, doutant de sa capacité à se laisser consumer par sa bestialité.
Après s’être joué de nos attentes dans le premier, cette fois-ci il joue avec. Plutôt que de montrer des mises à mort brutales ou des tortures sauvages, Roth se permet un certain raffinement dans la mise en scène. Des séquences hautement référentielles (notamment le cinéma d’horreur italien) comme autant de tableaux morbides. Que se soit l’exécution très saphique de la jeune vierge vidée de son sang à coup de faux, de la préparation de la viande avant l’équarrissage (le maquillage de la deuxième des amies dans une loge digne d’un théâtre), de la salle des trophées bien particulière ou de ce vieil épicurien consommant les meilleurs morceaux de sa victime, tout concourt à rendre la mort aussi esthétique et séduisante que possible.

Plus incisif, le rythme plus soutenu, nous nous prenons d’emblée d’affection pour les jeunes filles. D’autant que la menace incarnée par ces nouveaux bouchers se fait de plus en plus prégnante. Ils viennent observer de près leurs proies lors d’une fête médiévale.
D’ailleurs, ils deviennent les référents des spectateurs au même titre sinon plus que les futures victimes. Ce qui permet de développer ce qui avait été à peine amorcé dans le premier, à savoir le fonctionnement de cette société de tueurs.
Nous montrant comment s’effectue le recrutement des nouveaux clients (des ventes aux enchères, bien particulières), comment cette société s’immisce peu à peu dans leur esprit pour les obnubiler complètement, comment elle les divertit et les détend (grâce au sexe bien évidemment) avant l’acte fatidique. En clair comment elle les pervertit, laissant son empreinte physique (figuré par ce tatouage d’une tête de chien de chasse) autant que psychique.
Cette société mystérieuse personnifiant tout simplement la doctrine capitaliste animant nos sociétés contemporaines. Doctrine poussée ici jusqu’à l’absurde visuellement parlant mais parfaitement raccord idéologiquement. Seul importe l’argent qui permet de disposer des corps comme autant de marchandises. Aucune loyauté ou morale autres que celles du business.
L’horreur capitaliste dans toute sa splendeur. Et le « retournement » de situation final (entre guillemets car finalement plutôt logique) démontrant que c’est autant une question d’argent qu’une question d’éthique, de valeur morale.
Une fois encore, Roth utilise le genre qu’il adore pour pousser toujours plus loin la logique de l’idéologie dominante.
Se rapprochant, de fait de ces illustres aînés des années 70 dont le propos politique ne pouvait être figuré que par les films d’horreur, genre transgressif par excellence.
Et alors que les fleurons du genre tels que Halloween, Maniac, Massacre à la tronçonneuse ou même les dents de la mer mettaient en scène un tueur à la posture et au mode opératoire facilement identifiables, au psychisme altéré par un trauma d’ordre familial, structurel ou économique, le diptyque Hostel nous présente des « tueurs » au caractères indiscernable et portant le même uniforme. Surtout, c’est mû par une perversion insensée et rendue possible par une certaine manne financière qu’ils passent à l’acte. En somme, ils représentent une masse indifférenciée, c'est-à-dire nous.

Là où les deux films s’avèrent terrifiants, c’est qu’ils mettent en scène la façon dont l’Amérique appréhende les cultures inconnues et considère le reste du monde. Une vision toute particulière puisque résultante de la paranoïa ambiante post 11 septembre.
Tout en allant au bout d’une logique commerciale globale où les corps sont des marchandises comme les autres, où la capacité à céder ou non à des pulsions mortifères est subordonnée à une certaine richesse, ils s’interrogent sur la prédation autant physique que sexuelle.

Plus subtil qu’il n’en a l’air, Hostel II permet en outre de réapprécier à la hausse le premier volet. La seule chose que l’on pourra lui reprocher est une fin trop abrupte laissant clairement le champ libre à un troisième chapitre.
L’horreur n’est plus cette aberration perpétrée par une poignée d’illuminés en même temps que la critique de la société de consommation s’est radicalisée. Dorénavant, la seule justification à des actes aussi horribles est qu’ils peuvent se le permettre. Et si l’on considére que le rêve communiste a projeté sur le peuple son système de contrôle total, c’est alors à l’intérieur même de l’individu que le rêve capitaliste projette un système de contrôle non moins total.

Cette nouvelle vague horrifique générée par Hostel est-elle le signe d’une lucidité salutaire sur l’état de la société dans laquelle nous évoluons ou celui d’un cynisme généralisé ?

Car Hostel I et II entérine quelque peu la disparition progressive des tueurs à forte personnalité dont les apparitions sporadiques autant que terrifiantes déterminaient le rythme cardiaque du spectateur.
Cependant, cette tendance n’est peut être pas aussi affirmée puisque Rob Zombie reprendra très prochainement Halloween premier du nom pour livrer une vision toute personnelle de cette mythologie.

Live free or die hard !

Posté le 10.09.2007 par houseofgeeks
John Mc Clane est de retour ! 12 après sa dernière apparition sous l’égide de John Mc Tiernan, il revient enfin.
Las, ce n’est pas Mc T . qui s’en charge mais Len Wiseman. Les deux Underworld sont certes très réussis visuellement mais on ne peut pas dire que l’intéressé ait pour le moment réussi à imposer une vision et un univers à la fois personnel et original. Mais bon, tout le monde ne peut avoir l’étoffe d’un génie cinématographique.
Le bonhomme a un certain talent, pas de doute. Outre l’évidente opération commerciale que représente ce retour inespéré, il est intéressant de noter qu’il participe du revival généralisé des grandes figures héroïques des années 80 (Rocky Balboa l’année dernière et Rambo IV en 2008). Et alors que la démarche de Stalone , au-delà d’une énième tentative de relance de sa carrière, apparaissait sincère et humble de livrer un dernier chapitre à un personnage devenu maintenant mythique, le retour de Mc Clane suscite des interrogations.

Mais d’abord, a-t-on eu droit à du grand spectacle ? Sans retenue, la réponse est bien évidemment oui. Mais en a-t-on eu du bon ? Et là, ça coince un peu.
Pour illustrer un pitch aussi délirant que débile (comme tous ceux de la saga, d’ailleurs) ; une organisation « terroriste » dirigée par un super-patriote se charge de montrer à l’Amérique les failles de son système de protection et de sécurisation en prenant le contrôle du pays par le biais d’une gigantesque OPA ; nous avons droit à des scènes d’action vraiment hénaurmes. Le terrain de jeu ayant cette fois les limites de plusieurs états, nous assistons médusés à un incroyable accident de la circulation dans le pont reliant New-York et le New-Jersey, l’explosion d’une raffinerie de gaz naturel ou encore la destruction d’une autoroute à plusieurs niveaux lors de la poursuite d’un semi-remorque par un avion de chasse !
Tandis que Mc Tiernan utilisait la structure d’un film d’action pour en redéfinir le concept, redonner toute son importance aux véritables héros, ces hommes de la rue dont Mc Clane est à la fois le digne représentant et un modèle indépassable, tout en questionnant et travaillant son statut d’icône, Wiseman se contente de fournir le lot attendu de péripéties toujours plus spectaculaires.
C’est bien beau d’utiliser les gimmicks de la saga (Yipikaye, Mc Clane seul contre tous, le duel final, l’objectif dissimulé des « terroriste », les relations conflictuelles avec sa femme/sa fille ici, etc) mais c’est méconnaître et surtout faire injure au véritable apport de Mc T à cette franchise.
Dans son entreprise d’en faire toujours plus, « Die hard 4 » se rapproche du deuxième épisode tourné par Renny Harlin. Si « 58 minutes pour vivre » était un quasi remake de « piège de cristal », « Die hard 4 » est le quasi remake du troisième opus.
Les deux s’interrogent sur le buddy-movie, (genre emblématique du film d’action estampillé eighties depuis « 48 heures » ou « Lethal Weapon »). Là où Mc T en montrait les limites, Wiseman en utilise les ficelles les plus éculées.
Cependant, le side-kick interprété par Justin Long est loin d’être inutile à l’intrigue. Bien que son jeune âge soit justifié afin que la jeune génération ne connaissant pas John Mc Clane (mais est-ce seulement possible ?) puisse s’identifier, il est là avant tout pour guider Mc Clane au milieu de la technologie numérique et virtuelle qui régit son monde.
Car Mc Clane est un être analogique. L’un des enjeux est donc son adaptabilité à son nouvel environnement.
Après avoir contraint et marqué l’environnement physique des précédents opus, il doit ici passer l’épreuve du numérique.
On ne peut pas dire qu’il en sorte indemne.
Mais plus que des répercussions sur sa personne, c’est bien au niveau de sa représentation que l’icône du film d’action est bouleversée.
Les effets numériques, par nature, lissent les images. Cette fois-ci, ils ont eu la peau de notre anti-conformiste préféré.
Dans « Une journée en enfer » il coopérait déjà avec les forces de police et se pliait aux règles du jeu de Simon Gruber mais cela le conduisait dans une impasse (parfaitement rendue par l’épreuve de la fontaine) et précipitait le retour aux bonnes vieilles méthodes et le chaos (illustré par une caméra et une réalisation en roue libre).
Dorénavant, le personnage lui-même est le garant de l’autorité (voir les remontrances de John au jeune hacker). Alors que précédemment la menace l’impliquait en premier lieu (sa femme étant prise en otage dans les 2 premiers, vendetta du frère Gruber dans le 3ème), cette fois-ci il se trouve juste « au mauvais endroit, au mauvais moment » (suivant le slogan de la campagne promo), n’agissant plus que pour correspondre à l’image de l’ultime cow-boy que sa popularité aura façonnée. Un manque d’enthousiasme patent que révèle son assertion qu’il faut bien que quelqu’un fasse le job. Les années et surtout les exécutifs ont eu raison de la « bad-mother-fucker » attitude de Mc Clane. Toute la force du personnage tenait à sa capacité de se transcender face à un danger l’impliquant personnellement et donc émotionnellement. Et c’est pour corriger cette erreur que les costard-cravates d’hollywood ont orchestrés l’enlèvement de sa fille en milieu de film. Complètement artificiel, il ne fait qu’ajouter à notre déception.
Oubliant d’impliquer émotionnellement le spectateur, le film tente d’imprimer un rythme trépidant balisé par des scènes d’actions toujours plus incroyables.
D’accord, il en prend plein la gueule. Certes, il a encore plus de stigmates qu’avant. Oui, il est précipité dans des situations toujours plus désespérées. Cependant, l’essence même du personnage est pervertie.
La faute à des scènes d’action bien filmées mais sans âme, le charisme défaillant du bad-guy (malgré les efforts louables de Timothy Oliphant) et un duel final trop vite expédié, trop bavard et singeant de manière désolante celui du 1er.
Pire, le costume du héros est carrément passé à la trappe ! Mais où est son « marcel » désormais emblématique ?

Voulant relancer la franchise en la façonnant de telle sorte à attirer la jeune génération tout en essayant de contenter les fans de la première heure, le film s’avère un bon gros actionner très divertissant mais un piètre « Die hard ».
A l’image de l’environnement numérique de ce 4ème épisode (tant esthétique que narratif), la franchise et le personnage sont sous respiration artificielle.
Tant quils ne tombent pas dans un coma avancé, l’espoir demeure.

SEE NO EVIL

Posté le 08.09.2007 par houseofgeeks
Petit lien pour bande-annonce d'enfer d'un film qui gagne à être connu (donc distribué) puisqu'il renouvelle intelligemment le slasher.

http://www.cinoche.com/trailers/2291/2416

Did you see the sin ?

Posté le 26.08.2007 par houseofgeeks
Dans le genre renouveau du slasher movie, en attendant l'ultra aexcitant remake de Rob Zombie de "Halloween", un film sorti en 2006 aux states a été honteusement oublié et n'a jamais bénéificié de distribution digne de ce nom.
Alors , si vous entendez parler de "See no evil" (ou " le regerd du diable" en vf, sic) guettez sa sortie (en salles ou en direct to dvd).
Parce qu'on est loin de la purge sans nom qu'est "Captivity".
L'histoire est basique, un policier suite à la neutralisation d'un cinglé armé d'une hache, se fait trancher l'avant-bras gauche. On le retrouve quelques années plus tard, travaillant dans un centre de détention pour jeunes délinquants. Afin de favoriser leur r&habilitation, un groupe de 8 jeunes est envoyé rénover un vieil hôtel.
Evidemment, le tueur à la hache n'était pas mort et va pouvoir poursuivre son travail sur de la nouvelle chair fraîche...
C'est le catcheur Kane qui se glisse dans le personnage du boogeyman et il campe une nouvelle figure immédiatement culte.
Ses apparitions sont toujours précédées de mouches (signe de sa putréfaction galopante car n'oublions pas qu'il revient d'entre les morts)) et ses attaques sont aussi soudaines que brutales.
Mieux, les ados périssent de manière originale et pour une fois ils passent vraiment un sale quart d'heure !
Parmi les influences, celle des giallos italiens (pas pour le mode opértoire bien évidemment !), de massacre à la tronçonneuse et aussi de "Délicatessen" de Caro et Jeunet. Cette dernière référence sûrement fortuite.
Outre les effets de peur et les attaques du psychopathe, le réalisateur Grégory Dark soigne son image, dépeint des jeunes pour une fois pas trop débiles et surtout utilise très bien les décors de l'hôtel pour rendre cette course-poursuite labyrinthique aussi anxiogène que possible.
Avec son tueur iconique au possible, un traitememnt radical dans les mises à mort et un trauma enfin effrayant, laissez-vous tenter par "la main de Dieu"
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