Et tout d'abord, MEILLEURS VOEUX CINE pour 2009 ! Non, il n'est pas trop tard d'autant que pour l'instant, cela reste un voeu pieu tant nos rétines auront été malmenées par Twilight et Les Insurgés. Mais dès le 28 janvier, ça va changer avec Les Seigneurs de la Guerre et Walkyrie. En attendant, et afin de se persuader que le cinéma n'est pas qu'une affaire de gros sous et de conformisme, replongeons nous dans l'indispensable Perfect Blue de Satoshi Kon, une pièce maîtresse de l'animation et du cinéma tout court.
Si on ne tarit pas d’éloges, et avec raison, sur les maîtres de l’animation que sont, entre autres, Otomo (Akira), Miyazaki (Totoro), Oshii (Ghost in The Shell) ou Takahata (Le Tombeau des Lucioles), et bien qu’oeuvrant depuis moins longtemps, Satoshi Kon n’a pourtant rien à leur envier. Ses films sont d’une incroyable puissance formelle et narrative et se montrent d’une cohérence thématique admirable. Perfect Blue, Millenium Actress, Tokyo Godfathers, la série Paranoïa Agent, Paprika autant de chef-d’œuvres ayant illuminés nos écrans, nos rétines et nos cerveaux et que l’on doit au génie de ce mangaka d’origine.
Comme nombre d'entre eux (tous ?), il débute sa carrière en dessinant des mangas et notamment Kaikisen, publié en 1990, œuvre poétique et réaliste qui préfigure un style à venir mais qui surtout le révèle au yeux de Katsuhiro Otomo durablement impressionné par le talent de ce jeune dessinateur. Grand admirateur du mangaka (sa 1ère œuvre Dômu décidera Kon à faire carrière dans le dessin), il travaillera un temps sous sa coupe. Il s’occupera ainsi des décors de l’O.A.V Roujin Z scénarisé par Otomo, verra même sa deuxième œuvre, World Appartment Horror, adaptée en film live par le maître et enfin Kon écrira le scénario du premier segment de l’anthologie Mémories, The Magnetic Rose. Des expériences enrichissantes mais surtout frustrantes, à tel point que Kon reviendra à sa planche à dessin. Jusqu’à ce que Otomo sollicite son protégé pour adapter le roman de Yoshizaku Takeuchi, Perfect Blue. Au départ envisagé comme un projet destiné au marché de la vidéo, Kon et son scénariste Sadayuki Murai vont jouir d’une totale liberté pour remodeler ce film de commande et entraîner les spectateurs au-delà d'une simple histoire de célébrité harcelée.
Passion dévorante
Désirant avant tout interpeller un auditoire local, Kon situe le récit dans un environnement réaliste et bien connu des japonais, celui des otakus. Un terme qui désigne ces personnes dont la passion de toutes formes de contre-culture (jeux vidéos, mangas, variétés pop, séries télé…) les éloigne peu à peu de toutes formes de socialisation rationnelle voire se mue en amour exclusif et obsessionnel pour les plus extrêmes. Soit l'équivalent oriental du geek ou du nerd. Ainsi le film débute durant une convention où les fans de tout bord sont venus en masse côtoyer leurs idoles, qu’elles soient dessinateur, sentaï (Bioman et compagnie) ou chanteuse pop. Nous y découvrons celui qui sera renommé Mimaniac, figure extrême (son visage est difforme) et emblématique de l’otaku ne vivant plus que par et sous le regard de l’autre, tentant de donner un sens au monde au travers de produits culturels et ne distinguant plus la réalité du monde de simulacres créé (son antre est saturée d’images et photos de Mima, celles-ci semblent s’animer et même se matérialiser pour lui parler). Dans les œuvres prisées par les otakus, les personnages prennent le pas sur le récit, les séquences sur la narration et la copie sur l’original. De telle sorte que ces consommateurs n’ont plus conscience des références et des influences préexistantes. Une postmodernité théorisée par Baudrillard, Lyotard et récemment Hiroki Azuma dans son livre Génération otaku, les enfants de la postmodernité (2008). En ce sens, Perfect Blue est une grande œuvre formaliste qui s’ingénie à disséquer la culture otaku afin de mettre en exergue son fonctionnement comme ses limites, dans une sorte de déconstruction salutaire afin de redonner toute son importance à l'histoire plutôt qu'à la réitération de petits récits. Soit faire du projet Perfect Blue un pur produit cinématographique.
Ainsi, s'il rappelle par bien des aspects un long métrage interprété par des acteurs en chair et en os n'est pas le fruit du hasard mais bien d'une volonté consciente de Kon . Bien avant la 3D ou la motion capture, Perfect Blue s'avère être une petite révolution. Pas tant par son animation qui se rapproche par instants de mouvements réalistes mais bien par le soin apporté à la réalisation que se soit au travers du montage, de la composition des plans ou de la bande-son. Une bande originale signée Masahino Ikumi qui est plus qu'un accompagement puisqu'elle participe à la création d'une atmosphère noire et cauchemardesque. Au-delà des possibilités offertes par l'animation pour repousser des limites purement visuelles, Perfect Blue est un incroyable produit hybride pensé en termes cinématographiques. A tel point que Daren Aronofski s'en inspirera directement pour son Requiem for a Dream, reproduisant à l'identique trois plans (Jennifer Connely/Mima en position foetale dans sa baignoire et criant son désespoir sous l'eau).
Plus impressionnant, l'anime est en tous points supérieur à la version live du roman de Takeuchi réalisée en 2001 par Toshili Satou. Adaptation plus fidèle, Perfect Blue Yume Nara Samete (le titre en V.O.) se contente de révéler l’envers du décor de la célébrité mais est à mille lieues des expérimentations formelles et narratives de celui de Kon.
Perfect Blue est une oeuvre cinéphilique mais pas un film de cinéphiles. A sa vision, on pense à Hitchcock ou Argento sans qu'il soit nécessaire d'en recourir à des citations aussi explicites que réductrices. A titre d'exemple, la réalisation ne rappelle pas seulement l'ex maître italien dans l'emploi d'un des tubes des Cham comme ritournelle fatale pour celui qui l'entendra (le meurtre du scénariste dans le parking) mais bien dans la porosité entre un état conscient et le rêve.
Perfect Blue entretient donc de multiples rapports avec le médium cinéma, à tel point que l’on peut affirmer que c’est un dessin-animé qui se rêve long métrage de cinéma. Sachant que l’un des sujets du films est cette chanteuse se rêvant actrice (ou l’inverse), la mise en abyme devient vertigineuse.
Kon, le marionnetiste
A l'image de poupées gigognes, différents niveaux de réalité et thèmes vont s'interpénétrer et favoriser le brouillage analytique. Le cinéma est une question de point de vue et cette interrogation devient essentielle ici puisque l'on se demande perpétuellement qui observe qui. La réalisation de Kon trouvera toute son efficacité dans sa faculté à manipuler personnages comme spectateurs. Faisant de ces derniers les premiers voyeurs et donc la première menace pour Mima.
Après l'annonce de son départ du groupe, elle se délasse dans son appartement. Sa quiétude est rapidement perturbée par un coup de fil avec seulement une respiration haletante à l'autre bout puis la réception d'un fax menaçant. Soudain, Mima s'en saisit, se tourne vers la fenêtre et s'adressant à la caméra, donc à nous, pose la question « Qui êtes-vous ? ». Sa présence détectée, la caméra opère un violent zoom arrière et « sort » de l'appartement. En une simple séquence, Kon révèle à son personnage l'existence d'un regard extérieur et met d'emblée son auditoire mal à l'aise puisqu'il s'avère que ce regard est le sien. Tout simplement prodigieux. A noter que durant le reste du métrage, chaque scène dans l'intimité de Mima sera précédée d'un plan extérieur montrant la fenêtre de son appartement avec le rideau tiré. La caméra parvenant tout de même à pénétrer cette intimité, de force. Cette fois-ci, Kon fait du spectateur le premier violeur de Mima, bien avant le tournage de son viol pour les besoins de la série dont elle deviendra la vedette.
Et le réalisateur de poursuivre son entreprise de manipulation avec Mima. Placée dans un environnement inconnu, le monde du cinéma, en se soumettant à des actions de plus en plus traumatisantes (scène de viol, photos de nues), elle verra sa côté de popularité s'effondrer au contraire de celle de ses anciennes partenaires mais surtout sa psyché de plus en plus perturbée. Le génie de Kon s'affirmant dans une déstabilisation qui tient autant dans la nouvelle image renvoyée (Mima fleurte avec le porno, ou legenre du pink eiga) que celle qu'elle a dû abandonner (Les Cham n'ont jamais été aussi populaires que depuis son départ). La perte de repères comme le glissement dans la folie et la paranoïa se feront donc progressivement. C'est d'autant plus remarquable que le cinéaste expose dès le départ son intention de brouiller les pistes avec un montage du concert des Cham et Mima dans la vie quotidienne. Deux réalités, deux facettes d'une même personnalité qui se prolongent l'une l'autre (au plan de Mima empoignant la porte de son domicile succède un plan de Mima sortant des loges et traversant une horde de fans) jusqu'à se confondre. Comme le suggère toujours en ouverture la succession d'une séquence du girl's band se produisant sur scène et celle voyant Mima dans une rame de métro fredonner et mimer les gestes des chanteuses. Satoshi Kon créé d'emblée une indicernabilité entre d'abord divers registres de temporalité, puis de réalité et enfin de fiction. Et qui atteindra un sommet de virtuosité lors de cet enchaînement de scènes où Mima sera tour à tour montré en train de se réveiller, puis de tourner une scène dans la fiction policière puis de rêver, puis se retrouver dans la fiction et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il soit désormais impossible à Mima et aux spectateurs de déterminer dans quelle réalité se situe désormais le film. Un vertige entièrement dû à la réalisation remarquable de Kon qui reproduit certaines scènes où seul un détail visuel ou sonore (dialogue) diffère et qui envisage de manière similaire chaque niveau de réalité en éliminant toute transition.
Avant tout manipulée par son réalisateur, Mima Kirigoe est également une marionnette « humaine » manipulée par tous les autres protagonistes. Sa tenue de scène, mix de justaucorps de danse, jupe et et jarretière, l'annonce. En plus de matérialiser les fantasmes de salarymen libidineux, elle rappelle les vêtements des marionnettes italiennes de la Renaissance et le tutu des figurines des boîtes à musique. Puis ensuite par un jeu de perspectives qui montre Mimaniac voir son idole danser dans le creux de sa main. Enfin, c'est son impressario qui décidera pour le bien de sa carrière d'abandonner la cahnson pop afin de devenir actrice. Incapable de prendre une décision la concernant (à la question de Rumy d'exprimer ses désirs, elle baisse la tête et reste silencieuse), elle sera tout aussi incapable d'annoncer elle-même sa « démission » au public, laissant ce soin à une de ses partenaires. En se résignant à être le jouet de ses admirateurs comme de ses producteurs, elle va peu à peu perdre pied parmi les nombreuses « personnalités » ou masques qu'on veut lui faire endosser.
Le pouvoir d'une image.
Certains grincheux reprochent à Perfect Blue une animation approximative ou statique dans les scènes de foule. Mais vu le soin apporté par ailleurs, il y a lieu de douter que se soit le fait d'une défaillance artistique. Ces plans immobiles où ne subsistent que des formes sans visages peuvent s'interpréter comme la figuration de la menace sourde que représente le public pour Mima, terrorisée à l'idée de ne plus correspondre à l'image que les autres se font d'elle. Cette emprise psychique se fera également durement ressentir de manière plus physique. Un état paradoxal que Satoshi Kon s'emploiera à illustrer de manière magistrale. Alors que son destin est en train de se décider entre Rumy voulant qu'elle demeure dans le groupe et son producteur voulant faire d'elle une actrice, un plan nous montre Mima, la tête baissée et les mains jointes, encadrée par les visages des interlocuteurs se reflétant dans la vitrine derrière elle. Comme si ces reflets était une émanation de sa psyché déjà perturbée. Et au fur et à mesure que la réalisation fera progressivement basculer Mima et le spectateur de l'autre côté du miroir, un double de l'héroïne va apparaître et prendre de plus en plus d'envergure. Un double qui se matérialise comme une image lumineuse en surimpression de la réalité. Mais surtout, ce double verra sa nature tangible se renforcer à mesure que les fantasmes de ses admirateurs, de l’imposteur (dont on taira l'identité pour ménager l'ultime surprise), de Mimaniac, de Mima elle-même et des spectateurs convergeront. Dans la mise en scène de Kon, cette image d'une Mima idéalisée n'apparaît qu'aux personnes mentalement dérangées. Par le biais de sa réalisation, Kon va semer le doute jusqu'en dans l'esprit du spectateur qui même après plusieurs visions et malgré la connaissance du twist final, s'interroge toujours sur la nature de ce qui lui a été présenté. Etait-ce l'histoire d'une chanteuse qui rêve de devenir actrice ou le contraire ? Surtout, et si la vraie Mima n'était pas celle que tout le monde croyait ? Il est tout à fait envisageable que le personnage vivant tous ces tourments ne soit que la représentation mentale de ce que l'on prenait pour un double. Une hypothèse pas si farfelue si l'on considère les interrogations successives de Mima tout au long du film. « Qui êtes vous ? » est sa première ligne de dialogue dans la série mais s'adresse en filigrane à ce monde qu'elle découvre. « Qui es-tu ? », elle le prononce pour la première fois lors de l'apparition de ce double sur son écran d'ordinateur. Enfin, lors du plan final dans sa voiture, un « Qui suis-je ? » informulé mais induit par la réponse que son reflet dans le rétroviseur adresse à la caméra : « Je suis la vraie Mima ». D'accord, mais qui est-elle vraiment ?
Un première film d'une rare richesse scénaristique et formelle qui pose les jalons pour une oeuvre qui ne livrera pas tous ses secrets malgré des visions répétées. Avec Perfect Blue, Satoshi Kon a explosé les barrières narratives, temporelles et esthétiques dans un enchevêtrement hypnotique, terrifiant, beau et violent. Un film a re-découvrir à chaque vision et que cette analyse partielle n'aura fait qu'effleurer.
Analyse à retrouver comme d'hab' sur le meilleur webzine ciné du net, L'Ouvreuse ! (http://www.louvreuse.net)
Le 6 décembre 2006 sortait « Paprika », un film d'animation incroyable. Du bonheur pelliculé.Et incontestablement, un nouveau palier a été franchi en terme purement cinéphilique.
A ce niveau de réalisation on peut clairement parler de film. L'appellation "dessin-animé" ou même "manga" (terme qui d'ailleurs défini en fait les bande-dessinées japonaises !) ayant une connotation un chouïa péjorative auprès du grand public. Designs, fluidité de l'animation, richesse thématique et beauté des séquences, tout concourt à faire de ce film le parangon ultime du rêve éveillé ! En clair, c'est un chef-œuvre absolu sur l'enchevêtrement de différents niveaux de réalité.
Le réalisateur, Satoshi Kon, n'en est pas à son coup d'essai. Sa première incursion date de 1998 avec le japanime "Perfect Blue", variation toute personnelle sur le thème de la schizophrénie le tout pouvant être défini comme le digne rejeton d'un mix entre Hitchcock (pour la mise en scène et la femme comme objet de tous les désirs et obsessions) et de Dario Argento (pour l'utilisation des codes du "giallo" et l'interpénétration de niveaux de perception). C'est à dire que le film illustre une intrigue à suspense (avec meurtres et résolution à clés) aux meurtres violents mais parasitée par l'incursion dans le réel diégétique des rêves, ou plutôt phantasmes, de l'héroïne.
Et cette incursion du monde onirique se fera de plus en plus prégnante au fur et à mesure de sa filmographie (viennent ensuite "Millenium Actress" et "Tokyo Godfathers") pour culminer avec le présent opus (Paprika, donc pour ceux qui aurait perdu le fil) où cette fois-ci on assiste à un véritable feu d'artifice(s) mais surtout à l'invasion des rêves dans la réalité ! Au point de la remplacer ? Peut être...En tout cas la frontière est devenue tellement ténue que les personnages vont devoir redéfinir la notion de la réalité et apprendre à cohabiter avec leurs rêves (ou désirs, traumas, souvenirs, etc...).
Tentative de résumé : La DC-Mini est une machine, ressemblant à un serre-tête, inventée dans le but de pénétrer dans les rêves d'autrui afin, sinon de résoudre du moins d'expliquer les raisons des troubles dont souffre certains patients. Un but thérapeutique louable mais il est risqué de pénétrer le subconscient d'autrui. D'autant plus si la machine en question tombe entre de mauvaises mains... Evidemment, les 3 prototypes sont volés et des scientifiques ayant participé au projet vont voir leur inconscient parasité alors même qu'ils sont éveillés et en devenir fou. C'est la conceptrice de la DC-Mini qui va mener l'enquête dans le réel et le monde des rêves, grâce à son alter-égo onirique, la dénommée Paprika...
Parallèlement, se greffe une sous-intrigue avec ce personnage de flic essayant de comprendre, avec l'aide de Paprika, un rêve récurrent mélangeant une affaire d'homicide sur laquelle il bute et un trauma issu de adolescence.
Déjà, le ton est donné dès la première séquence qui voit ce flic pister un suspect au milieu d'un cirque. Quand soudain le prestidigitateur sur scène le désigne comme le coupable et le fait apparaître dans une cage au milieu de la scène. De là, il se voit toujours dans les gradins avant que la foule fonde sur lui, ces personnes ayant toutes le même visage : le sien ! Et encore, ce n'est que le début.
L'animation offre de multiples possibilités narratives et Satoshi Kon en profite un max. C'est absolument renversant de virtuosité. Un film qui pousse le spectateur dans ses derniers retranchements puisque le questionnant sans cesse sur la véracité des images qu'il voit : est-ce la réalité, un rêve, ou carrément les deux à la fois ? Où se trouve la frontière entre rêve et réalité ? En clair, une perte total de repères !
C'est vraiment une sacré expérience. En cela, ce film se rapproche des œuvres de David Lynch où les sensations et émotions éprouvées face à ses images importent plus que leur signification.
Ce qu'il y a également de fascinant dans Paprika c'est qu'il illustre la situation de nombre de japonais qui face à une forte pression sociale (travail ou vie privée) se réfugient dans le monde imaginaire qu'ils se sont crées. Et ce, soit de manière technologique (via les mondes virtuels de l'internet) soit de manière plus physique en se déconnectant de la réalité (isolement, perte de la raison...)
Il illustre également parfaitement un comportement plus général, commun à nous tous, induit par l'émergence d'une autre personnalité plus conformiste, plus séduisante....C'est à dire qu'on se cache derrière un "pseudo" pour chater, on se montre sous son meilleur jour en toutes circonstances, on fait ce que l'on attend de nous, etc. Et c'est le personnage de la scientifique qui est emblématique de ce comportement. Psychorigide dans la vie, sa personnalité dans le monde onirique, Paprika en occurrence, est son exact opposé : avenante, séduisante et libérée. Vivante quoi.
Mais c'est avec le personnage du flic que Satoshi Kon questionne son propre cinéma, ses films antérieurs. Le flic se destinait à une carrière de cinéaste avant de renoncer, causant la mort artistique et indirectement la mort physique de son meilleur ami. Ainsi, les doutes du réalisateur épousant ceux de son personnage. Une mise en abyme très intéressante et qui permet de conclure magnifiquement, le flic acceptant finalement de rentrer dans un cinéma programmant les précédents films de Kon ! Une très belle manière de dire que face à nos doutes, nos peurs et nos incertitudes sur la vie, l'ultime refuge apaisant reste encore notre capacité d'émerveillement, nos rêves, la projection de nos phantasmes sur un écran....
QUE VIVA CINEMA !!!