coup de gueule
Publié le 05/06/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Nouvelle pas très neuve, mais bon Sydney Pollack est mort le 26 mai dernier. Réalisateur des inoubliables Les 3 jours du condor, On achève bien les chevaux, Jeremiah Johnson (http://louvreuse.net/Analyse/jeremiah-johnson.html?ac=0)
…Bon, TF1 avec toute la cinéphilie commerciale qui la caractérise aura plutôt rediffusé Out of Africa. Reste les dvd.
En plus d’être un bon réalisateur c’était également un bon acteur, La mort vous va si bien, Eyes wide shut, les Soprano…
Continuons dans la nécrologie, avec un avis de décès plus cynique, celui du film Martyrs de Pascal Laugier. Réalisateur de Saint-Ange, film honteusement sous-estimé alors que le niveau de réalisation est époustouflant. Photo magnifique, personnages bien écrits, des interprètes au diapason (Lou Doillon et ), une ambiance diffuse et palpable de déliquescence, bref que du bon quand bien même certains le vilipendent pour son scénario certes un peu léger. Sans doute des critiques littéralement aveugles.
Martyrs donc qui s’est vu octroyé jeudi 29 mai par la commission de classification des films une interdiction aux moins de 18 ans. Pris de panique, le distributeur Wild Bunch annula purement et simplement la sortie prévue le 18 juin. Une sortie repoussée, peut être à septembre. Toujours est-il que depuis le retour de l’interdiction aux moins de 18 par décret en date du 12 juillet 2001, c’est la première fois qu’un film français qui plus est sans contenu pornographique est frappé d’une telle sanction.
Oui, on peut parler de sanction car cette interdiction va bien évidemment considérablement réduire le parc de salles. Déjà que les films de genre français ont pas trop la côte, c’est clair ça va pas aider la cause. Si cette interdiction est confirmée par le ministère de la culture, c’est clair que son exploitation et plus encore sa promotion vont être compliqués. Car dans une société où le bien-pensant le dispute à un retour tonitruant de l’ordre moral, un film basé sur les tortures autant physiques que psychologiques infligées à de jeunes filles qui n’auront qu’une idée en tête : se venger, face à la monstruosité bien réelle elle du couple Fourniret, le film court droit au lynchage médiatique.
Certains voient pourtant dans cette décision une aubaine pour capitaliser sur cette interdiction, avec le modèle Saw III en tête. Sauf que le Saw III en question était un épisode d’une franchise bien établie et tout sauf transgressive et subversive. Du divertissement pop-corn sanglant certes, mais décérébré. Car mis à part le premier, les suites sont à pleurer de bêtise.
Or, si l’on se réfère au buzz cannois et au pitch du film Martyrs s’avère beaucoup plus graphique, dérangeant et surtout réflexif. Il sera surtout construit autour d’un vrai scénario justifiant le crescendo de l’intrigue.
Seulement ça en France, on s’en contrefout. Si c’est pas con comme Astérix 3 et construit autour de clichés édifiants comme les Ch’tis 1, on en veut pas. Je parle des films français, mais les ricains sont parfois pas mieux logés. Voir le sort réservé au magnifique The Mist de Frank Darabont distribué dans à peine 40 salles !
Mais ce qui inquiète vraiment, c’est que cette classification masque un retour à la censure. Car les représentatns des distributeurs, exploitants , producteurs ont votés pour une interdiction aux moins de 16 ans tandis que les associations familiales ont voté pour l’interdiction aux moins de 18. Evidemment conscient de la mort commerciale qui adviendrait. En effet, outre la difficulté à exploiter le film en salles, cette interdiction condamne l’œuvre à ne pouvoir être diffusée à la télé sur des chaînes payantes entre minuit et 5 heures du mat’ !
Ci-dessous, extrait du communiqué publié par le Syndicat Français de la critique de cinéma :
Dans le traitement clinique de la fiction qu’il met en scène, Martyrs poursuit sur un mode artistique et théorique une problématique qui a nourri toute l’histoire du cinéma d’horreur : les relations complexes entre les corps et l’esprit, la frontière entre la vie et l’Au-delà. Bannir un tel film des écrans relèverait d’une censure insupportable. Or c’est bien le sort qui menace le film si la proposition d’interdiction aux moins de 18 ans de la Commission était suivie par le Ministre de la Culture. (...) Le SFCC demande donc au Ministre de la Culture de reconsidérer l’avis de la Commission pour donner à Martyrs un visa assorti d’une interdiction aux moins de 16 ans, accompagné d’un avertissement sur la violence d’images jamais gratuites au service d’un propos dérangeant.
Comme disait la marionnette de Jospin aux guignols de canal : « Pays de merde ! »
Enfin, terminons cette joyeuse rubrique par l’état de santé inquiétant de LA revue de cinoche toutes catégories confondues, MAD MOVIES.
C’est bien simple, le sommaire du numéro 209 à paraître ces prochains jours laisse sans voix. Bon, ils parlent de Diary of the dead, All the boys love Mandy Lane, etc…Mais à peine une page sur Indiana Jones 4 et ZERO sur SPEED RACER !!?? Tout ça pour laisser de la place à une preview sur X-Files 2 ??!! Et qu’on ne vienne pas me dire que les délais de bouclage couplés avec l’absence de projos de presse, et le point d’honneur à voir exclusivement les films sur grand écran et gnagnagna… Pour Indy, un petit mois de décalage pour avoir un mini dossier sur la saga voir son réalisateur c’était pas la mer à boire. Or, rien ou presque. Une critique et basta. Ok, les autres mag s’en sont donnés à cœur joie (dossier de 30 pages et hors-série) mais Mad est (était ?) quand même reconnu pour sa vision iconoclaste du cinoche et je suis sûr qu’en se foulant un peu ils nous auraient concocté un truc original. (pour ça attendre la parution du numéro 13 de la revue VERSUS début juillet. Vente en ligne à : http://www.versusmag.fr)
Mais apparemment, la politique de la maison c’est plus trop de se creuser les méninges. A part l’irréductible Stéphane Moïssakis et les plumes de JB Herment, G Esposito et Julien Séveon (et aussi le sympatoche B Provezza), pas grand monde pour maintenir la barque à flots. Que se soit en version papier ou sur le net, cela devient de plus en plus la foire aux preview de séries B crétines ou de remakes dont on se contrefout. Bon, j’exagère un peu la revue reste largement au-dessus de tout le reste (et malgré mes sévères critiques sur Mad, c’est dire ce que je pense du reste !). Mais cela devient inquiétant avec le cas Speed Racer. Prochain film des frères Wachowski à sortir le 18 juin, le mag ne s’est JAMAIS fait le relais de la moindre info ou photo (ou si petite que c’est passé inaperçu). Là encore, délais de bouclage, pas de projo, etc… Je veux bien ? Mais une petite preview dans le 209 sur le film avec un retour sur le manga et la série animée dont il est l’adaptation et surtout un ch’ti coup de projecteur sur l’influence esthétique du film (Murakami et le mouvement culturel japonais « Super Flat » et pas Spy Kids comme des incultes l’ont fièrement dit), c’était trop demandé ? Bordel, même CinéLive a fait une preview de quelques pages sur le film, c’est dire !! On me traitera de paranoïaque, de frustré ou de tout ce que vous voudrez, il n’empêche. L’occultation de Spielberg et des Wachos a des relents nauséabond de règlements de compte avec l’ancienne équipe de Mad les Dahan, Bordas et surtout maître Rafik Djoumi. Rafik Djoumi dont 3 des réalisateurs préférés sont Spielberg et les Wachowski. Je me trompe peut être (j’espère). A suivre, donc. Mad n’est pas encore dans le coma mais une petite remise en question lui ferait pas de mal ! Avec pourquoi pas un hors-série sur Spielberg et/ou les W Bros !!
Publié le 16/01/2008 à 12:00 par houseofgeeks
Aujourd'hui 16 janvier 2008 sort le film du trio de réalisateurs Ringo Lam, Tsui Hark et Johnnie To, TRIANGLE.
Un concept unique - ce que l'on nomme "cadavre exquis", une même histoire divisée en 3 segments, chacun réalisés par un cinéaste différent, l'un reprenant là où c'était arrêté l'autre - pour un résultat qui ne l'est pas moins puisque trois points de vue et styles aussi divergents que différent cohabitent pour livrer une histoire cohérente.
Mais les trois génies de Hong-Kong n'ayant pas une aura internationale démesurée, le film est distribué dans 11 pauvres salles !!
Et encore, estimons nous heureux que ce film bénéficie d'une sortie sur grand écran bien que confidentielle quand une bombe telle que l'inédit "Dog bite dog" de Soi Cheang déboule directement en dvd.
Quel autre alternative les cinéphiles ont de voir ce film ? Attendre plusieurs mois le dvd ou aller directement à la source, soit le voir en salles dans l'ancienne colonie britannique !
Avec un tel mépris affiché par les distributeurs, comment voulez-vous lutter contre le téléchargement ?
Publié le 22/12/2007 à 12:00 par houseofgeeks
Avant d'aborder la critique proprement dite du diptyque magistral de Johnnie TO, petit coup de gueule aux distributeurs français qui non content de cantonné ces films à une sortie confidentielle en salles, sabordent purement et simplement leur sortie dvd. Pour pouvoir prendre possession de ces 2 films indispensables, commandez les sur le site ASIA Diffusion.com. Très bon rapport qualité/prix, vitesse dexpédition et films proposés en zone 2 et surtout en V.O.S.T.F (version originale sous-titrée français).
Voilà, ça c'est fait.
Passons aux choses sérieuses.
Sous prétexte de redéfinir le genre du film de triades, Johnnnie TO livre une intéressante et étonnante réflexion sur le pouvoir. Car à l'instar de ses personnages soi-disant attachés aux traditions ancestrales pour les fouler du pied dans la minute suivante, Johnnie TO dynamite l'image de ces chefs de clan plus attachés à préserver leur domination qu'à un sacro-saint code d'honneur.
The milky way
Réalisateur insaisissable, travaillant sur plusieurs films au cours de l'année, sans que l'on puisse jamais connaître sa véritable implication, grâce au studio qu'il a fondé – Milky Way-, Johnnie To peut ainsi donner libre cours à son inspiration. Qu'il soit crédité comme « simple producteur » (bien que s'appropriant la « paternité » visuelle de certaines prod.) ou comme réalisateur (de plus en plus souvent en compagnie de quelqu'un d'autre), il a marqué de son empreinte la production de l'ancienne colonie britannique, parvenant en quelques années a monter une véritable usine à polars fonctionnant sur des codes désormais bien établis. Des oeuvres telles que « Running out of time », « the longest nite », « The mission », « Breaking news » ou « PTU » (liste vraiment loin d'être exhaustive !) permettant d'établir un mode d'emploi de son cinéma.
En plus de la comédie (élément fédérateur au niveau local), To injecte toujours une solide dose de mélodrame à ses polars, ceux-ci pouvant être autant définis par une intrigue policière forte que par les tourments émotionnels de ses personnages. Même si certains de ses films ont une trame minimaliste, ce qui caractérise réellement son cinéma est l'observation de l'évolution d'un petit groupe d'hommes aux méthodes viriles autant que par l’infantilisme affiché par nombre de ses personnages, ceux-ci passant le plus clair de leur temps à « jouer ». Un jeu qui se retrouve bien évidemment dans la mise en scène de TO, virtuose et esthétique au possible.
S'il est une véritable constante, c'est que ce réalisateur atypique alterne les productions rentables afin de financer des projets plus personnels et aboutis.
Le cinéma des triades
Et en matière de film personnel, le diptyque ELECTION 1 et 2 se pose là. Car la plupart des caractéristiques de son style sont ici sinon absentes, du moins en sourdine. Car plus qu'une histoire policière ludique, Johnnie TO aborde le genre des films de triades avec sérieux et intelligence, parvenant à souligner les contradictions de ces triades attachées à des valeurs et rites ancestraux mais seulement en tant qu'héritage culturel à respecter pour la forme et plus du tout comme référentiel et factuel de ces organisations criminelles.
A l'origine, c'est au début de la dynastie Mandchou (XVII ème siècle) que naissent de nombreuses sociétés secrètes afin de lutter contre l'oppression impériale. La plus connue étant la Tiandihui, une association fraternelle qui veille au bien être de ses proches et à l'équilibre social d'un milieu fragile, notamment par l'alimentation d'une caisse commune destinée aux mariages et funérailles de la paysannerie chinoise. Mais les notables villageois dénoncent les dérives mafieuses : extorsion de fond et renvoi des immigrés vers leur terre d'origine (entre 4 planches !) s'ils refusent de cotiser à la caisse commune. Les siècles passent et les activités violentes de Tiandihui s'intensifient, l'organisation changeant de nom pour celui de triades.
De fait, les triades s'intéressent bien vite à l'industrie cinématographique locale et les films les mettant en scène seront rarement critiques. Petit à petit les films se font plus réalistes jusqu'à les présenter de manière extrêmement défavorable. Une dérive qui va faire sombrer l'image des triades dans la caricature. Jusqu'à « The Club » (1981 – Che-Kirk WONG) qui met l'accent sur un traitement plus authentique dans la représentation de leurs activités pour arriver au final à les présenter comme un groupe d'individus versatile et opportuniste qui n'a que faire du code d'honneur quand des intérêts financiers et territoriaux sont en jeu. Ce film a fait l'unanimité aussi bien du côté des triades que des forces de l'ordre.
Puis vint « Le Syndicat du crime » (1986 – John WOO), succès qui fait apparaître les triades sous un jour plus glorieux et iconique que jamais, propulsant Chow Yun-Fat et Andy Lau au sommet et engendrant une flopée de films mythifiant l'image de ces gangsters honorables faisant des triades un symbole de glamour à la limite du fantasme adolescent.
Bien que certains films tentent de renverser la tendance ; comme « School on fire » (Ringo LAM) et « Gangs » (Lawrence Ah-Mon) de 1988, traitant de l'infiltration des triades en milieu scolaire pour trouver de la chair fraîche ; le genre continue à se vulgariser à outrance et tombe progressivement dans la médiocrité et le manque d'inspiration flagrant.
La démocratie du crime
Jusqu'à Johnnie TO. Mais plutôt que de reprendre les codes inhérents au genre pour les ressusciter, il va plus loin en faisant une véritable fresque politique sur l'impossibilité pour Hongkong (et par extension la Chine) de devenir une puissance démocratique à part entière.
Bien sûr, TO nous livre tout de même des grands moments d'action teintés d'humour burlesque (pour s'en convaincre voir une bonne partie du 1er où tout le monde tente de s'emparer du sceptre, symbole de la reconnaissance et de l'autorité du nouvel élu en tant que chef, celui-ci passant de main en main de manière tantôt brutale ou amusante), mais aussi des mises à mort aussi brutales qu’imprévisibles et glauques. Car cette fois-ci les personnages ont des motivations autrement plus sérieuses, la conquête du pouvoir.
Et ce n'est pas un hasard si le diptyque de Johnnie TO encadre la rétrocession de HK à la Chine. L'île étant en plein marasme culturel et politique, la fin de l'occupation britannique les laissant dans l'expectative, au bord du chaos (comme admirablement montré par Tsui HARK dans « The Blade » et « Time and Tide » notamment).
La triade ici considérée a la particularité d’opérer à des élections pour désigner leur représentant, le « délégué ». Un désir démocratique perturbé par le recours à des rites anciens à valeur symbolique certes mais auxquels ils restent très attachés puisque constitutifs de leur organisation. Là se pose la question du poids des traditions dans toute construction politique et la difficulté de s'en affranchir.
Mais surtout, ces élections sont entachées par le clientélisme, les pots de vins et l'influence lorsqu'il s'agit d'acheter les voix décisives. Une digne représentation du système à l’œuvre dans nos démocraties ?
Et si finalement c'est Lok qui est élu, les « oncles » le considérant comme le garant de leurs valeurs, il s'avère in fine aussi avide de pouvoir et impitoyable sinon plus que son concurrent, Big D.
L'attitude de Lok dans sa manière de se débarrasser de ses adversaires renvoie à la façon dont Kinji FUKASAKU dépeignait les yakuzas japonais dans des films aux titres aussi explicites que « Combats sans code d'honneur » ou « Le cimetière de la morale ». Alors que les membres de la triade font tout pour éviter une guerre des gangs en recourant à la conciliation et la concession, finalement le nouvel élu va résoudre le problème à sa façon. Le changement s'opérant de manière brutale, par un effet de montage et non pas par l'image. Après avoir tenté de désamorcer tout conflit les trois quart du métrage, on assiste in fine au retour à des méthodes plus expéditives.
Intéressante est justement la manière dont il tue. Pas d'emphase visuelle ou stylistique, restent les images brutes de mises à mort qui illustrent froidement combien il est long et difficile de tuer une personne.
Ainsi le premier ELECTION voit des méthodes féodales se substituer finalement au jeu démocratique afin qu'un semblant d'unité persiste face à la menace de dissidence brandie par Big D. Le sort peu enviable qui lui est réservé pour conclure le film en dit long sur la prise en compte d'un désir d'émancipation. Bien qu'ici le désir de Big D était principalement motivé par la soif d'exercer lui-même un pouvoir total sur le clan et ses actions.
Le mandat du nouvel élu dure deux ans, soit le temps séparant l'action de ELECTION 1 du deuxième. Cette fois-ci, on se retrouve après la rétrocession et on suit le parcours de Jimmy en rupture de ban qui tente de couper les ponts avec l'organisation en se livrant à des activités commerciales licites. Mais la Chine l'acceptera à la condition qu'il prenne le contrôle de la triade. Ainsi, l'accès au libéralisme économique est – il subordonné à la conservation et au maintien de méthodes barbares. Cet opus voyant l'ascension et la prise de pouvoir de la jeune garde incarnée ici par Jimmy qui supplante la vieille génération (Lok), ne s'embarrassant plus d'un héritage culturel ou d'un code d'honneur devenu désuet lorsque des intérêts économiques entrent en compte.
A HK, le plus fort c’est Johnnie TO
Un diptyque étonnant mais surtout impressionnant de la part de Johnnie TO car abordant frontalement, avec intelligence et virtuosité un sujet difficile, les perspectives d'avenir politique de la Chine, le tout via un genre jusque là moribond et ultra codifié, le film de triades. Car au-delà d'un fort contenu politique, TO renouvelle admirablement le film de mafieux. Ce que n'a pas su faire Scorcese avec le remake sans âme de « Infernal Affairs ».
Et au vu de cette oeuvre, l'émergence d'une conscience politique et d'un pouvoir démocratique semble peu envisageable.
Subsiste peut être un espoir incarné par la génération représentée par le fils de Lok, qui après avoir assisté à l'exécution de la fin du 1er film tentera dans le second de suivre l'exemple paternel en intégrant un gang. Mais alors qu'il choisi de tout abandonner par dégoût, il s'en ira vers un ailleurs (meilleur ?) jamais montré à l'écran.
Le plus terrifiant étant que ce que disent ces films de la société hongkongaise (et par conséquent chinoise) peut être rapporté à la logique capitaliste de l'ultra-libéralisme actuel qui phagocyte peu à peu les prérogatives politiques de nos démocraties.
La loi du plus fort étant érigée en tant que paradigme d'un système capitaliste. Ou quand la prédominance de méthodes et règles archaïques ne peut que porter préjudice à toute construction démocratique.
Publié le 17/12/2007 à 12:00 par houseofgeeks
La fin d'un rêve de gosse : Star wars ou comment le petit Lucas à force de jouer a parfaire son image, s'est mis à dos les vrais fans de la saga.
Attention, là je touche à un des fondements de la culture geek, la mythologie Star Wars. Sans renier lémerveillement lors de la découverte de la trilogie fondatrice, il faut bien reconnaître que la mise en chantier des 3 premiers épisodes relève plus de l'opération marketing d'envergure que d'une véritable envie de conter la génèse du mythe.
Premier problème, on attribue entièrement à Lucas la paternité de cette fresque épique.
Or, à l'époque de la première trilogie (un nouvel espoir, l'empire contre-attaque...) il ne faut pas oublier qu'il était entouré d'une équipe talentueuse malheureusement absente de la nouvelle trilogie.
En premier lieu, John Dykstra le superviseur en chef des effets spéciaux qui a été mis à l'écart peu après le retour du jedi pour d'obscures raisons et qui n'est réapparu au premier plan que 15 ans après en devenant l'un des fondateurs de la boîte d'effets-spéciaux Sony imagework. C'est Dykstra le responsable de ces fantastiques séquences de combats dans l'espace et qui le premier a mis au point le concept d'une caméra dont les mouvement seraient assistés par ordinateur, entre autres choses.
Puis, signalons également que l'ex-femme de Lucas était à la base du montage des trois films.
Ralph Mc Quarrie (scénariste entre autres de la saga indiana jones !) était le concepteur visuel de la saga. En clair, c'est lui le véritable gourou en matière de désign des décors, vaisseaux et personnages. Un de ses indispensables travaux ? Disons que sans lui, Dark Vador aurait ressemblé à l'empereur Ming du film Flash Gordon(comme le voyait Lucas).
Enfin, pièce maîtresse de ces épisode mythiques, le producteur (pas le poste le moins important, hein?) Gary Kurtz, totalement oublié depuis.
Pourquoi la disparition d'une telle dream team ? Simple, ainsi Lucas s'est complètement réapproprié la saga. Et en véritable démiurge, il a mis aux commandes des collaborateurs plus dociles.
Et le terme de Dream Team est réellement approprié, car depuis épisode I - La menace fantôme l'émerveillement, le rêve qui étaient l'essence même de la saga ont disparu. Remplacés par le marketing et les produits dérivés !
Et c'est là une autre preuve de la trahison de Lucas. Il ne pense plus qu'à proposer de plus en plus de figurines issues des films. Pour satisfaire les fans ? Les collectionneurs et les boutiques spécialisées oui !
Pourquoi cet énervement ?
Simple, un collègue me vantait les mérites de l'attaque des clones. Or ce n'est pas un film, c'est une véritable démonstration du mépris de Lucas pour les fans. Et surtout, c'est l'ultime preuve qu'il nous pisse à la raie !
Si, si, le terme n'est pas trop fort. D'abord, il y a encore plus d'images numériques et les péripéties font plus penser à un jeu vidéo (Padmé qui évite les pièges façon jeu de plateforme et surtout Yoda qui se prend pour Sonic !), après avoir présenté la race responsable des clones on les oublie le reste du métrage, la romance Anakin/Padmé est une véritable orgie de guimauve, John Williams le compositeur pète un câble (Non content de mélanger les thèmes musicaux, il nous gratifie d'un gag musical lors du baiser avorté entre Padmé et Anakin, directement hérité des "Y a-t'il..."!) et surtout Lucas n'a rien compris à l'attachement des fans de la première heure pour Bobba Fett le chasseur de prime. Si rattacher Bobba dès le début est intéressant, son "père" Jango avait un potentiel énorme. Mais il meurt comme une merde.
Non franchement, c'est du n'importe quoi.
Mais le pire de tout, la trahison ultime, intervient lors du retour d'Anakin sur Tatouine. Alors qu'il est parti récupérer sa mère prisonnière des hommes des sables, celle-ci meure dans ses bras.
La haine (et donc le côté obscur) le gagne et on va assister au massacre en règle de tout le campement. Et non, un fondu au noir vient interrompre au bout de 20 secondes l'acte fondateur qui fait basculer Anakin. Putain, c'est le moment décisif de la saga, celui où on doit voir la naissance de ce qui deviendra Dark Vador ! Au lieu du déchaînement de rage et de fureur, on a droit à quelques cris en arrière fond et à la méditation agitée de Yoda !
Non, définitivement non, je me fous de voir épisode III.
Et pourtant je l'ai vu. Commme on dit, il ne faut pas mourir idiot.
Je confirme, la curiosité est un vilain défaut.
Une véritable purge, voilà ce qu'est la revanche des Sith. Encore plus d'effets digitaux, un Anakin encore plus à la ramasse (supposé être le jedi ultime, il est même pas fichu de sentir qu'il y a un truc qui cloche chez la chancellier Palpatine !), du haut niveau.
Encore une fois, Lucas passe complètement à côté d'une scène fodatrice, le massacre des padawans se faisant hors-champ. Merde, c'est censé être une trilogie fondée sur la montée en puissance ouis l'apogée du mal via la figure majeure que représente Dath Vader ! Quant à Palpatine, il se ridiculise tout seul avec ses grimaces à deux balles et son air contri ou constipé, on sait pas trop, lorsqu'il balance ses éclairs d'énergie.
La seule approche vraiment intéressante est d'avoir fait des jedi les représentants d'une puissante secte, au comportement assez ambivalent et qui refuse à Anakin tout bonheur ou accomplissement personnel auprès de sa bien-aimé Padmé. Mais là encore, une piste bien mal explorée.
Le combat final entre Obi-Wan et Anakin est plus ou moins bien torché. Son issue tragique est assez poignante, Obi-Wan démembrant son élève et le laissant crever sur place !
Par contre, Lucas foire totalement (et c'est un euphémisme) la naissance physique de Darth Vader. Après avoir bousillé sa "naissance" psychique. Le seigneur Vader n'a plus rien de majestueux. Lorsqu'il s'ébranle, claudiquant à la limite de la chute, on croirait voir Boris Karloff dans "Frankenstein" ! Même démarche robotique qui rend le grand Vador d'autant plus ridicule.
Voilà comment George Lucas a tué dans nos mémoires le souvenir de ce badguy ultime, impitoyable et animé d'une haine et d'une détermination sans nom et prêt à tout afin d'anéantir toute résistance.
Paix à ton âme Dark Vador.....